Les archives du Gran Teatre del Liceu de Barcelone

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Le Gran Teatre del Liceu continue d'enrichir la base de données qu'il a rendue publique en janvier 2020 et permet désormais de visiter la période allant du printemps 1939 à la saison 1980-81 : des centaines de photographies, de programmes et d'informations artistiques sur les opéras, ballets et concerts des 80 dernières années, de la fin de la guerre civile à la saison actuelle.
Dans les années 1940, la structure des spectacles était fixée en une saison d'hiver avec l'opéra, une saison de printemps avec le ballet et une saison de carême. Ce dernier a duré jusqu'à la saison 1953/54.

Le Teatre a continué à fonctionner avec un répertoire connu et apprécié du public, en se concentrant davantage sur la qualité des voix que sur le décor, le chœur ou l'orchestre.
Les titres les plus programmés restent italiens : Il barbiere di Siviglia, Aida, Rigoletto, La traviata, La bohème et Madama Butterfly. Du répertoire français,  Carmen, Faust, Manon, Samson et Werther. Côté germanophone, priorité absolue à Wagner :  Tristan und Isolde, Die Walküre et Lohengrin. Mozart prend pleinement sa place avec Le nozze di Figaro, Don Giovanni, Così fan tutte, Entführung aus dem Serail, Die Zauberflöte, mais Strauss est réduit à trois titres : Rosenkavalier, Salomé et Elektra.

La passion traditionnelle du Lyceu pour les grandes voix se trouve dans une situation particulièrement propice en ces années. Trois sopranos se distinguent par leur lien personnel avec le Teatre : Victoria de los Ángeles, qui a fasciné le public par son style pur et élégant dès ses débuts dans le rôle de la Comtesse dans Le nozze di Figaro ; Renata Tebaldi, soprano déjà établie au moment de ses débuts au Teatre et rapidement devenue une idole, et bien sûr Montserrat Caballe qui lui restera fidèle pendant plus de 30 ans.Mais on y entend aussi Kirsten Flagstad, Elisabeth Schwarzkopf, Gertrude Grob-Prandl, Astrid Várnay, Lisa della Casa, Birgit Nilsson, Maria Callas, Magda Olivero, Grace Bumbry, Joan Sutherland, Renata Scotto, Leyla Gencer, Mirella Freni, Marilyn Horne, Leonie Rysanek, Edita Gruberová, entre autres.
Deux ténors catalans ont particulièremznt marqué ces années, Jaume Aragall et Josep Carreras, mais on entend aussi Mario Del Monaco, Giuseppe Di Stefano, Carlo Bergonzi, Franco Corelli, Alfredo Kraus, Richard Tucker, Plácido Domingo, Eduard Giménez, Dalmau González, Pedro Lavirgen, Luciano Pavarotti, Hans Hotter, Manuel Ausensi, Ettore Bastianini, Cornell MacNeil, Joan Pons, Boris Christoff, Cesare Siepi, Bonaldo Giaiotti,Nicola Ghiaurov,...

Entre 1939 et 1981, des personnalités de renommée internationale y ont dirigé : Eugene Ormandy avec le Philadelphia Symphony Orchestra (1955), Georg Szell avec le Cleveland Orchestra (1957), William Steinberg avec le Pittsburgh Orchestra (1964), Karl Böhm avec l'Orchestre Philharmonique de Vienne (1965), Karajan avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin (1972), Georg Solti avec l'Orchestre de Paris et Lorin Maazel avec le New Philharmonia Orchestra de Londres (1974).

Sans oublier la danse : le Marqués de Cuevas, les Ballets de Monte Carlo, le Ballet de l'Opéra de Paris, le New York City Ballet, la Igor Moisseiev Company, le Ballet de Teatre Kirov de Leningrad, des compagnies de Sofia, Belgrade, Prague, Brno, le Ballet du Rhin, l'Opéra de Strasbourg, le London Festival Ballet et le Ballet du Théâtre Français de Nancy. Le Ballet Estable del Gran Teatre del Liceu s'est également consolidé sous la direction de Joan Magriñà, poste repris plus tard par Assumpta Aguadé.

A cela s'ajoutent les milliers de documents que le Teatre a ouverts pour documenter la période allant de 1981 à la célébration du 175e anniversaire du Liceu en avril 2022.

Ces Annales sont le fruit des recherches de Jaume Tribó qui a collaboré avec les Archives de la Fundació del Gran Teatre del Liceu pour rendre publique l'histoire artistique du colisée de Barcelone.

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