La particularité de ce projet exceptionnel, outre la rencontre musicale et humaine, réside dans le choix de l’oeuvre symphonique principale : la 6e Symphonie de Gustav Mahler, œuvre incontournable du répertoire nécessitant plus de 100 musiciens sur scène.
Avec cette oeuvre gigantesque, deux créations en Belgique de compositeurs importants du XXe siècle : Initiale, brève fanfare de Pierre Boulez (1987) et le Chant Funèbre d’Igor Stravinsky récemment retrouvé et qui a déjà fait le tour du monde avec les Berliner Philharmoniker, le Philharmonia de Londres, le Chicago Symphony.
Pierre Boulez est une personnalité unique dans l’histoire des arts aux XXe et XXIe siècles. Initiale est une fanfare pour sept instruments à vents composée en 1987 et créée à Houston le 4 juin 1987.
Le titre de la pièce fait référence à l’inauguration du musée de la collection Menil, tout en évoquant l’intention de Pierre Boulez d’élargir sa composition, conçue comme la partie "initiale" d’un work in progress. À l’auditeur, s’il le désire, d’imaginer le texte futur auquel cette initiale colorée aurait servi d’introduction, comme le faisaient les grands caractères calligraphiés des manuscrits enluminés. (Klaus Stichweh)
Le Chant Funèbre est une oeuvre de jeunesse de Stravinsky que l’on pensait détruite lors de la révolution russe de 1917 ou de la guerre civile qui suivit mais elle a été retrouvée -totalement par hasard- dans une pile de vieux manuscrits poussiéreux au Conservatoire de Saint-Petersbourg. Composé en 1908, peu de temps après la mort de Nikolai Rimski-Korsakov (Stravinsky suivait ses cours de composition), il n'a été jouée qu'une seule fois, en janvier 1909, au Conservatoire de Saint-Petersbourg. Le compositeur se la rappelait comme l’une de ses meilleures oeuvres de jeunesse mais n’avait plus aucun souvenir de ce qu’il avait écrit et se disait curieux de voir ce qu’il avait composé juste avant L’Oiseau de Feu, le ballet qui le fît instantanément connaître à Paris en juin 1910. Ce Chant Funèbre présente une lente procession invariable avec des timbres musicaux très contrastés.
La 6e symphonie de Mahler est son œuvre la plus noire, la plus désespérée. Elle succède au rondo final triomphal de la 5e, hymne à la joie de Mahler et se dresse soudain dans sa cruauté, son abîme absolu, comme un rappel que la mort est tapie en nous et ose pleurer en nous. Mahler révèle qu’il s’agit d’un combat que lui-même a mené : après la générale, un de ses amis l’interroge : Mais comment un être aussi bon peut-il exprimer dans son œuvre tant de cruauté et de dureté ? et Mahler de répondre : Ce sont les cruautés que j’ai subies et les douleurs que j’ai ressenties ! Elle sera la "Symphonie tragique" selon Mahler lors de la création viennoise en 1907. Elle se déploie en quatre mouvements, format habituel des symphonies classiques mais rarement suivi par Mahler. C’est bien le paradoxe de cette œuvre que d’être la plus classique de Mahler et aussi une avancée étonnante vers la modernité. Bruno Walter écrira : La Sixième est d’un pessimisme blême : elle est issue de la coupe la plus amère de la vie humaine. Elle dit Non !, surtout dans son dernier mouvement… la tension montante et les climats du dernier mouvement font penser aux vagues énormes de la mer qui va inonder et tout détruire. L’œuvre s’achève dans le désespoir et la nuit noire de l’âme… »On ne sort pas indemne de l’écoute de cette symphonie… (Gil Pressnitzer)
Tarifs et Réservations
Adultes : 15€ - Jeunes (jusque 26 ans) : Gratuit - Seniors (60+) : 10€
Réservations : maud.casimir@imep.be ou 081/73 64 37 (du lundi au vendredi de 8:30 à 12:30 et de 13:00 à 16:30)
Confirmation de la réservation par paiement avant le 1er mai au compte BE62 3500 1539 7861 (en communication : nom et date du projet).
Placement libre.