Un rapport étrille la gestion de l'Opéra de Marseille
«Ni l'orchestre, ni l'opéra ne disposent d'un label national», poursuivent les magistrats, selon lesquels cette absence «a privé l'opéra de ressources en provenance de l'État» et «l'a aussi “affranchi” de toutes les obligations liées au respect de cahiers des charges». La ville est cependant engagée depuis 2022 dans une démarche pour obtenir le label «Opéra national en région», précise le rapport.
Par ailleurs, «en l'absence de comptabilité analytique, la commune ne connaît pas le coût complet de ce service qui emploie pourtant plus de 350 agents et génère des dépenses de fonctionnement de plus de 20 millions d'euros par an, soit l'équivalent du budget de fonctionnement d'une commune de 15.000 habitants», relève le rapport, notant qu'en outre «les recettes sont faibles», en raison notamment d'une politique de gratuité opaque. «Les tarifs sont bas, mais la commune ne peut les augmenter, au vu des conditions de confort qui devraient être améliorées», avec des «bâtiments, entrepôts et ateliers (...) dans un état avancé de dégradation», complète-t-il. Dans le même temps, l'activité des deux structures «s'infléchit», selon le rapport, qui pointe une réduction du nombre d'œuvres et de représentations proposées à l'opéra au cours des cinq saisons étudiées.
Enfin, en matière de ressources humaines, les magistrats fustigent un «recours croissant» aux intermittents, notamment pour «pallier l'absentéisme des fonctionnaires» tandis que les musiciens, dont certains «cumulent plusieurs emplois à temps complet», n'effectuent en moyenne «que la moitié ou les deux tiers» du «nombre de services (répétitions et représentations) prévu par le règlement de travail de l'orchestre»
Dans un rapport de décembre 2021, la Chambre régionale des comptes avait déjà sévèrement épinglé la gestion par la ville de ses musées municipaux.