Zoltan Kodaly perd une voix ardente

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Nous venons d'apprendre le décès de Cynthia Jolly à l'âge de 94 ans.
Soprano, traductrice, critique et professeur de musique, Cynthia Jolly s'est largement consacrée à l'oeuvre de  Zoltán Kodály et à la diffusion dans le monde anglophone de ses mélodies et de ses principes d'éducation musicale.
Elle avait fait ses débuts à Budapest en 1948. Fascinée par les airs populaires que Kodály avait collectés, elle avait obtenu un financement du British Council et du Ralph Vaughan Williams Trust pour oeuvrer à leur redécouverte.
Zoltan Kodály l'incita aussi à se rendre à Somogy, dans le Sud-Ouest de la Hongrie, pour savoir si des changements étaient apparus dans la musique qu'il avait enregistrée.
Avec un philologue anglais et un étudiant agricole écossais, je me mets à faire ce que j'aurais hésité à faire dans mon propre pays, écrivait-elle en 1968.
Le compositeur a suivi de près les résultats et l'a incitée à les présenter lors d'une conférence à l'Académie Franz Liszt (Budapest).
Riche des enseignements reçus en Hongrie, Cynthia Jolly poursuivait parallèlement sa carrière de soprano, y compris des apparitions au Wigmore Hall (Londres). En novembre 1949, elle propose un programme de récital qu'un critique qualifiera de "groupe de chansons modernes plutôt piquantes". Il fut bien reçu puisque le même critique ajoute que «sa défense était convaincante».
Et quand Zoltan Kodály recevra  un doctorat honorifique de l'Université d'Oxford, c'est elle qui interprètera ses airs.
Vivant un temps à Rome et à Vienne, elle y a combiné ses activités professionnelles et des écrits destinés à des publications spécialisées en Grande-Bretagne.
Son dernier concert au Wigmore Hall semble remonter à 1963, dans un programme en allemand, russe et hongrois où elle révèle "son intelligence vive, son sens du style et son imagination musicale dans la caractérisation des oeuvres" selon un autre critique.

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