La lumière est donnée par la Cappella Amsterdam

par

Read Full ArticleJohannes Brahms (1833-1897) : Warum ist das Licht gegeben dem Mühseligen, op.74/1 - Intermezzo, op.119/1 – Fünf Gesänge, op.104 – Schicksalslied, op.54 – Drei Motetten, op.110 – Drei Quartette – Fest und Gedenksprüche, op.109
Cappella Amsterdam (chœurs) – Philip Mayers & Angela Gasseznhuber (piano) – Daniel Reuss (direction)
2014  - DDD – 70,08’ – Textes de présentation en anglais, allemand, français – Harmonia mundi, HMC 902160

« Le célèbre Requiem allemand ne doit pas masquer la grande variété des œuvres que Brahms destina aux chœurs tout au long de sa carrière ». Voilà donc l’affirmation que nous pouvons lire dans le texte de présentation situé sur la quatrième de couverture du CD  et, avant d’entrer plus en détails dans les œuvres ici présentées par la célèbre Cappella Amsterdam, je peux dire que j’agrée à cette affirmation. En effet, souvent éclipsées par le Requiem, les œuvres vocales de Brahms n’en demeurent pas moins des œuvres d’envergure associant le céleste des œuvres pour chœurs à la beauté émouvante de l’écriture brahmsienne. Mais trêves d’éloge sur la composition car il en est à formuler sur l’interprétation.
Tout d’abord, notons qu’il n’est pas dans cet enregistrement uniquement question d’œuvres religieuses, mais aussi d’œuvres profanes composées pour chœurs et piano ainsi que d’un Intermezzo  utilisé à ses fins premières. De la sorte, nous nous trouvons face à des motets, des quatuors ou encore une œuvre pour chœurs et orchestre (ici arrangée pour chœurs et piano à quatre mains).
Les motets, dont la tradition remonte à la Renaissance, deviennent dans les mains de Brahms des laboratoires compositionnels et expressifs. Il est question dans ces derniers d’expérimenter les techniques des maîtres anciens tout autant que d’exprimer son langage et de la sorte nous pouvons, sans nous lancer dans une analyse complète, entendre aisément l’évolution du compositeur. Comme si, pour un instant, la Cappella Amsterdam nous offrait la possibilité d’être Brahms, l’illusion de toucher au plus près l’essence même de sa composition.
Si cette magnifique sensation se marque moins dans les autres œuvres, il n’en demeure pas moins que l’interprétation est sobre, brillante et expressive, rendant justice à ses œuvres qui se doivent de figurer dans la discothèque de tout amateur de la musique de Brahms.
Xavier Falques    

 Son 9 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10 

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