Le Journal

Paavo Järvi lance une plateforme « Young Talents » au Pärnu Music Festival

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Le Pärnu Music Festival (8-18 juillet 2026) — l'un des Coups de cœur de Crescendo Magazine dans son Guide des festivals 2026 — étoffe sa philosophie « mentor-disciple » avec une nouvelle plateforme entièrement dédiée à des solistes en début de carrière internationale : Young Talents. Fondé en 2011 par la famille Järvi sur la côte estonienne, le festival fait depuis longtemps figure de référence européenne pour le mentorat et la transmission orchestrale. L'initiative, portée par Paavo Järvi, prolonge cet engagement et trouve sa traduction concrète dans un concert inaugural confié à l'Estonian Festival Orchestra le 14 juillet.

Trois solistes pour le concert inaugural (14 juillet)

  • Paloma So — violoniste canado-chinoise, lauréate du Concours Wieniawski, actuellement en double cursus à Harvard et au New England Conservatory dans la classe de Donald Weilerstein. Elle interprétera le Concerto pour violon de Sibelius. « Une violoniste exceptionnellement douée ; dès la première écoute, il est apparu évident que je voulais l'inviter dans le cadre de ce nouveau programme », confie Paavo Järvi.
  • Anaëlle Tourret — harpiste française, harpe solo du NDR Elbphilharmonie Orchester de Hambourg dès ses 25 ans, protégée de Xavier de Maistre, dont le premier album Perspectives avait été nommé aux ICMA 2023. Elle interprétera le Concerto pour harpe de Haendel. Paavo Järvi la décrit comme « l'une des harpistes les plus remarquables qu'il ait rencontrées ».
  • Tähe-Lee Liiv — pianiste estonienne, révélée en 2020 comme plus jeune lauréate de l'émission Klassikatähed, sélectionnée en 2024 pour le projet Building Bridges d'András Schiff. Elle interprétera le Concerto pour piano n° 1 de Mendelssohn. Pour Paavo Järvi, elle est « en passe de devenir l'une des grandes solistes internationales estoniennes ».

« Le Pärnu Music Festival a toujours été davantage qu'une succession de concerts ; il est question de transmettre le flambeau », souligne Paavo Järvi. « En créant cette plateforme, nous offrons à ces solistes l'espace nécessaire pour collaborer avec l'Estonian Festival Orchestra et combler l'écart entre le statut de "jeune talent" et celui d'artiste international professionnel. »

La création estonienne au cœur de la programmation

Pour la troisième année consécutive, le festival commande deux œuvres orchestrales à des compositrices estoniennes, créées par Paavo Järvi et l'Estonian Festival Orchestra : Piove de Liisa Hõbepappel (née en 1994) et Flood d'Evelin Seppar (née en 1986). À l'affiche également, deux créations mondiales : le Secret Garden Concerto pour alto de Tõnu Kõrvits (soliste : Amihai Grosz, 11 juillet) et le double concerto pour flûtes At the Edge of the Bottomless Sea de Märt-Matis Lill, interprété par Henri Christofer Aavik avec l'Orchestre de la Ville de Pärnu et les solistes Maarika Järvi et Monika Mattiesen.

Le festival demeure structuré autour de la Järvi Academy, qui propose des masterclasses pour chefs d'orchestre et instrumentistes, dans un cadre d'échange artistique unique entre professionnels confirmés et étudiants.

Le site du festival du Pärnu Music Festival : https://parnumusicfestival.ee/en/home/

Bozar dévoile sa saison musicale 2026-2027 : « Reassembling »

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Le Palais des Beaux-Arts vient de dévoiler sa nouvelle saison musicale '26-'27, placée sous le signe du Reassembling — recomposer, mais aussi se rassembler à nouveau. Quelque 180 concerts articulés autour d'une ligne directrice claire : la reconnexion entre passé et futur, entre genres, disciplines, artistes et publics. Premier Grand invité de la maison : l'artiste sud-africain William Kentridge, dont la pratique multidisciplinaire incarne l'esprit de la saison.

Quatre portraits d'artistes

La compositrice islandaise Anna Thorvaldsdottir sera programmée à sept reprises, notamment par le Belgian National Orchestra, qui investira la Galerie Ravenstein pour Metaxis (21 juin '27), ainsi que par Het Collectief et le Quatuor Diotima. La soprano trinidadienne Jeanine De Bique croisera Vivaldi, Rameau et chants caribéens avec Apollo's Fire (Echoes across the Atlantic, 18 novembre '26). Le pianiste Pavel Kolesnikov abordera les Nocturnes de Chopin (7 novembre '26) avant de se produire en soliste avec le Belgian National Orchestra (26 février '27). Enfin, la pionnière électronique américaine Jlin présentera un set live (9 octobre '26), une œuvre acousmatique sur l'Acousmonium (30 janvier '27) et une commande de Bozar avec Third Coast Percussion et Ictus (21 mars '27).

Séries thématiques et festivals

La nouvelle série Echoes of Brussels explorera la mémoire sonore de la capitale, du palais du Coudenberg (6 décembre '26) à la bande-son immersive de l'Expo 58 (27 janvier '27). Un festival Stravinsky (2-7 février '27) réunira la Symphonie de psaumes, Le Sacre du printemps et Petrouchka. À noter également le Total Immersion Festival (24-31 janvier '27), ARCTIC FEVER! avec Ars Musica (15 novembre '26 – 4 décembre '26) et le Klarafestival (11-21 mars '27).

Grandes signatures internationales

Sur le tout nouveau Steinway acquis en janvier : Grigory Sokolov (15 décembre '26), Hélène Grimaud (19 mars '27) et Bruce Liu (14 mai '27). Côté orchestres : le Cleveland Orchestra & Franz Welser-Möst (8 octobre '26), le City of Birmingham Symphony Orchestra & Kazuki Yamada (14 novembre '26) et le Budapest Festival Orchestra & Iván Fischer (4 avril '27).

Transmusicalité et formats innovants

La Salle M rénovée accueillera l'ambient et l'électronique avec William Basinski (23 septembre '26), Sega Bodega (24 septembre '26) et Okkyung Lee (10 novembre '26), ainsi que la série mensuelle Bozar Bassment. Un double hommage John Coltrane / Alice Coltrane (centenaire et 90 ans) sera mené en partenariat avec l'Ancienne Belgique : concerts de Flat Earth Society, Aaron Parks, Joe Lovano (11 novembre '26) et Ravi Coltrane (8 mars '27, Journée internationale des femmes).

Le format Staging the Concert verra dialoguer les vidéos de William Kentridge avec Schubert et Chostakovitch (14 avril '27), tandis qu'Isabelle Faust redonnera vie à L'Histoire du soldat avec les marionnettes conçues par Georg Baselitz pour le Salzburger Marionettentheater (27 septembre '26). Nouveauté : Resonant Rooms, soirée itinérante de salle en salle avec un seul ticket — Pavel Kolesnikov (8 mai '27), Eric Thielemans (16 février '27) et le duo Merope (24 avril '27).

Un « plaidoyer pour la nuance »

Bozar consacre une partie de son communiqué à la controverse autour du concert prévu en novembre du Münchner Philharmoniker sous la direction de Lahav Shani, avec Janine Jansen en soliste — concert inscrit dans une tournée européenne (Vienne, Amsterdam). Christophe Slagmuylder, CEO et directeur artistique, justifie le maintien du concert : Bozar se prononce « sans ambiguïté contre la guerre à Gaza et contre le génocide », mais considère que Shani « n'est pas ici en tant que représentant d'Israël, mais en tant que chef d'orchestre d'un orchestre allemand » qui s'est lui-même prononcé contre la guerre. Une décision présentée comme cohérente avec l'esprit même du mot d'ordre Reassembling, dans un monde marqué par la polarisation.

Le site de Bozar : www.bozar.be

Julian Kainrath et Josu de Solaun enregistrent les trois Sonates pour violon et piano de Grieg

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Deux lauréats des International Classical Music Awards (ICMA) — le violoniste Julian Kainrath et le pianiste Josu de Solaun — se sont retrouvés à l'Auditorio Manuel de Falla de Grenade pour graver, sous la direction artistique de l'ingénieur du son Francisco Moya, l'intégrale des Sonates pour violon et piano d'Edvard Grieg. La parution est annoncée chez IBS Classical aux alentours de janvier 2027.

Pour Josu de Solaun, la complicité avec son partenaire relève de l'évidence : « Travailler avec Julian s'est imposé très naturellement sur le plan musical. Nous sommes très proches, nous connaissons bien nos familles respectives, et cette familiarité fait qu'en studio il y a très peu à construire verbalement. Les choses se mettent en place rapidement — un sens partagé de la pulsation, un instinct similaire pour savoir quand s'appuyer sur une phrase ou la laisser respirer, et une conscience presque physique de l'équilibre dans la salle. On a moins le sentiment de négocier une interprétation que d'écouter le même espace sous des angles légèrement différents. »

Le pianiste prolonge sa réflexion sur l'essence même du dialogue chambriste : « Plus généralement, la musique de chambre est pour nous quelque chose de très physique et inscrit dans le temps : elle vit dans le souffle, dans le poids d'un changement d'archet, dans la friction entre deux lignes qui ne sont pas identiques mais qui demeurent inévitablement liées. C'est une forme d'attention constamment recalibrée en temps réel, où même le silence a une direction et une texture. »

Trois sonates, trois perspectives

Josu de Solaun s'attarde sur la singularité du corpus griégien : « Les trois sonates pour violon de Grieg sont particulièrement fascinantes à cet égard. Plutôt que de présenter un univers stylistique unique, elles donnent le sentiment d'être trois manières différentes de penser un même matériau. La première encore partiellement enracinée dans la clarté classique, mais déjà troublée par de soudaines expansions lyriques ; la deuxième à la fois plus ample et plus intérieure, avec une sorte d'intimité nordique qui ne cesse de s'ouvrir à de larges gestes rhétoriques ; et la troisième, en ut mineur, où tout devient plus condensé et dramatique, comme si lyrisme et argumentation n'étaient plus dissociables, mais se transformaient constamment l'un en l'autre. Prises ensemble, elles ne se comportent pas tant comme une évolution linéaire que comme trois perspectives distinctes sur la manière dont violon et piano peuvent habiter une voix commune. »

Julian Kainrath confie pour sa part son enthousiasme : « Je ne pourrais être plus heureux d'avoir eu l'opportunité d'enregistrer mon premier album avec Josu de Solaun et d'avoir pu explorer l'incroyable musique de Grieg. Nous nous sommes rencontrés il y a près de deux ans, et le désir de collaborer et de partager des expériences musicales était là dès le premier instant. Je suis reconnaissant envers tous ceux qui rendent ces choses possibles. »

L'enregistrement a été réalisé à l'Auditorio Manuel de Falla de Grenade, qui abrite également les locaux du label IBS Classical.

Une nouvelle chaire universitaire en Catalogne pour faire rayonner l'héritage de Ricardo Viñes

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En Catalogne, l'Université de Lleida et la Diputació de Lleida — le conseil provincial de Lleida — unissent leurs forces autour du pianiste catalan, connu en France sous le nom de Ricardo Viñes, créateur de pages majeures du répertoire français du début du XXᵉ siècle.

Figure incontournable des avant-gardes parisiennes de la Belle Époque, le pianiste catalan Ricard Viñes i Roda (1875-1943) — que le public français connaît sous le nom de Ricardo Viñes — fait l'objet d'une nouvelle chaire universitaire de collaboration que viennent de lancer, en Catalogne, l'Université de Lleida (UdL) et la Diputació de Lleida, le conseil provincial qui administre la province de Lleida. Dotée de 45 000 euros sur deux exercices, cette structure entend faire connaître l'héritage artistique du pianiste lleidatan et perpétuer les valeurs qui ont jalonné son parcours. Sa direction a été confiée au musicologue Màrius Bernadó, professeur à l'Université de Lleida.

La chaire s'inscrit dans le prolongement des commémorations du cent-cinquantenaire de la naissance de Viñes, portées par la Generalitat de Catalunya, qui ont déjà donné lieu à près de deux cents manifestations au cours des derniers mois.

Un fonds documentaire dispersé à travers le monde

L'une des premières missions de la chaire consistera à rassembler le fonds documentaire du musicien — tant celui conservé à Lleida (plus de 8 000 documents y sont déjà déposés) que ceux identifiés dans des collections publiques et privées en France, aux États-Unis ou en Amérique du Sud. « Nous allons procéder au catalogage, à la numérisation et à la transcription de toute l'information disponible, avec pour objectif final de la rendre accessible sur un portail de connaissances dédié à sa figure », a expliqué Màrius Bernadó. Pour mener à bien ce chantier, l'équipe travaille au développement d'un outil d'intelligence artificielle destiné à faciliter la transcription des documents manuscrits.

Parmi les pièces conservées à l'UdL figure précisément un document de la Diputació Provincial de Lleida actant l'octroi à Ricardo Viñes d'une pension de 1 750 pesetas annuelles pour aller étudier à Paris, daté du 13 novembre 1889.

Concerts, expositions et publications

Au-delà de son volet patrimonial et scientifique, la chaire Ricard Viñes prévoit d'approcher la figure du pianiste auprès du grand public à travers des concerts, des expositions, des publications, des plateformes en ligne et d'autres propositions de diffusion. La première manifestation programmée sera une exposition inaugurée le 28 mai au Museu de la Música de Barcelone, consacrée aux débuts parisiens du pianiste et à ses connexions avec d'autres arts — la peinture et la littérature notamment.

Rappelons que Ricardo Viñes fut le créateur d'une part essentielle du répertoire pianistique français et espagnol du tournant du siècle : on lui doit les créations de Pour le piano et des Estampes de Debussy, de Gaspard de la nuit, Miroirs et Jeux d'eau de Ravel, ainsi que de pages signées Erik Satie, Manuel de Falla, Isaac Albéniz, Federico Mompou ou Déodat de Séverac.

Les finalistes du CMIREB 2026

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Les finalistes sont Andrew Ilhoon Byun, Clara Dietlin, Tae-Yeon Kim, Yo Kitamura, Leland Ko, Álvaro Lozano Cames, Lionel Martin, Krzysztof Michalski, Dilshod Narzillaev, Ettore Pagano, Ivan Sendetsky et Maria Zaitseva.

Le jury sera composé de Gilles Ledure (président), Natalie Clein, Roel Dieltiens, Valentin Erben, Ophélie Gaillard, Anne Gastinel, Marie Hallynck, Gregor Horsch, Anssi Karttunen, Daniel Müller-Schott, Sharon Robinson, Jian Wang et Sonia Wieder-Atherton.

Nouveauté cette année : les membres du jury utilisent des tablettes pour consulter les partitions — dont celle de l'œuvre imposée — et prendre leurs notes durant les prestations des candidats.

Rendez-vous du lundi 25 au samedi 30 mai, à 20h15, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Ludovic Morlot nommé Chief Conductor Designate de l'Orchestre symphonique de Porto Casa da Música

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La Casa da Música de Porto vient d'annoncer la nomination de Ludovic Morlot au poste de Chief Conductor Designate de l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música, avec une prise de fonction effective à l'ouverture de la saison 2027-2028. Le chef français cumulera cette nouvelle responsabilité avec ses fonctions de directeur musical de l'Orchestre symphonique de Barcelone, où il poursuit un mandat remarqué.

Sa relation artistique avec la phalange portugaise a débuté en 2025, à travers une série de collaborations qui ont immédiatement séduit tant le public que les musiciens de l'orchestre. Cette alchimie rapidement perceptible a naturellement conduit l'institution portuane à formaliser leur engagement commun dans la durée.

Figure majeure de la direction d'orchestre internationale, Ludovic Morlot s'est illustré pendant près d'une décennie à la tête du Seattle Symphony (2011–2019), avec lequel il a notamment remporté plusieurs Grammy Awards pour ses enregistrements de la musique américaine du XXᵉ siècle. Artiste associé du BBC Philharmonic et ancien chef associé du Boston Symphony Orchestra sous James Levine, il est régulièrement invité par les plus grandes formations européennes et américaines.

À Porto, il s'inscrira dans la dynamique d'une lignée de chefs qui ont contribué à faire de l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música l'une des formations les plus singulières et aventureuses de la péninsule ibérique, réputée pour son ouverture au répertoire contemporain comme pour son exigence dans le grand répertoire symphonique.

Avec cette nomination à Porto, qui s'ajoute à ses responsabilités barcelonaises, Ludovic Morlot occupe désormais une place de premier plan sur la scène symphonique ibérique. Les deux orchestres partagent une même volonté d'inscrire leur travail dans une perspective européenne, ouverte aux répertoires contemporains. Un terrain familier pour le chef français, qui aborde ce nouveau chapitre européen fort des années américaines durant lesquelles il s'est imposé comme l'une des baguettes les plus inventives de sa génération.

Crédits photographiques : May Zircus

Olari Elts prend la direction artistique du Sinfonietta Rīga

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Le chef estonien Olari Elts est nommé directeur artistique du Sinfonietta Rīga à compter de la saison 2026/27. Il succède au fondateur Normunds Šnē, dont le départ coïncidera avec la saison du vingtième anniversaire de l'ensemble letton.

La feuille de route annoncée associe le répertoire classique, à commencer par Beethoven, à la création contemporaine, avec une place pour les compositeurs lettons et une ouverture aux écritures internationales.

Olari Elts conserve par ailleurs ses fonctions de directeur musical et chef principal de l'Orchestre symphonique national d'Estonie.

Giedrė Šlekytė nommée à la tête du Royal Scottish National Orchestra

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Le Royal Scottish National Orchestra (RSNO) vient d'annoncer la nomination de la cheffe lituanienne Giedrė Šlekytė au poste de directrice musicale. Désignée avec effet immédiat, elle prendra officiellement ses fonctions au début de la saison 2027-2028. En parallèle, l'actuel directeur musical Thomas Søndergård accède au titre de directeur musical émérite — une distinction qui salue son apport à la phalange écossaise et coïncide avec le dix-huitième anniversaire de ses débuts à sa tête. Nommé chef invité principal en 2012, le chef danois avait pris la direction musicale de l'orchestre en 2018, après six saisons à ce poste.

Nikolaj Szeps-Znaider prolongé à la tête de l'Orchestre national de Lyon jusqu'en 2029

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La Ville de Lyon a officialisé la prolongation du contrat de Nikolaj Szeps-Znaider au poste de Directeur musical de l'Orchestre national de Lyon jusqu'au 31 août 2029. L'annonce a été faite conjointement par Grégory Doucet, Maire de Lyon, Philomène Récamier, adjointe à la Culture, et Nicolas Droin, Directeur général de l'Auditorium-Orchestre national de Lyon.

Violoniste et chef d'orchestre, Nikolaj Szeps-Znaider avait pris la tête de la formation lyonnaise en septembre 2020. Cette prolongation lui permettra de poursuivre un travail de fond engagé sur le répertoire de l'orchestre, avec Gustav Mahler placé au cœur de sa démarche : ses symphonies y dessineront un point de convergence entre les compositeurs qui l'ont nourri et ceux qu'il a, à son tour, inspirés. Le chef souhaite également proposer chaque saison un opéra en version concert, à commencer par Elektra de Richard Strauss en 2027.

Cette ambition se prolonge sur le terrain discographique avec la parution, au printemps prochain sous le label Alpha Classics, d'un coffret consacré à Richard Strauss.

« L'exigence de sa direction musicale apporte énormément à l'Orchestre national de Lyon. C'est une fierté du paysage culturel lyonnais », souligne Philomène Récamier. De son côté, Nikolaj Szeps-Znaider se dit « particulièrement heureux et honoré » de prolonger son engagement, convaincu que le travail accompli depuis six saisons permettra de « faire [de l'Orchestre] une nouvelle référence dans le paysage symphonique européen ».

La saison 2026-2027 s'ouvrira avec la Turangalîla-Symphonie d'Olivier Messiaen, avant de se déployer autour d'un fil rouge consacré aux musiques de Bohême et Moravie.

Palazzetto Bru Zane — Saison 2026-2027 : Clémence de Grandval et Paris à l'heure de Beethoven

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Le Centre de musique romantique française dévoile sa saison 2026-2027, articulée autour de deux grands cycles thématiques qui interrogent, chacun à leur manière, les mécanismes d'invisibilisation du répertoire français du XIXe siècle. À ces deux axes s'ajoute une riche programmation lyrique en coproduction, ainsi que la poursuite de cycles précédents (Massenet, Hahn, Gounod, Joncières).

Cycle Clémence de Grandval, une vicomtesse à l'avant-garde

Premier grand temps fort de la saison, ce cycle entend rendre justice à Clémence de Grandval (1828-1907), compositrice doublement entravée — par son genre et par son rang d'aristocrate qui la cantonnait au statut d'« amateur ». Élève et amie de Saint-Saëns, autrice d'une œuvre considérable embrassant la musique de chambre, la mélodie, le symphonique et l'opéra, elle écrivit à son maître : « Mon nom est un crime. »

Le festival vénitien déploie sept concerts du 3 au 29 octobre 2026 au Palazzetto et à la Scuola Grande San Giovanni Evangelista : musique de chambre (Trio Pantoum, Anches Doubles avec Ilyes Boufadden, French Flute autour de Grandval, Holmès, Chrétien et Bonis), mélodies (Coline Dutilleul, Clémence Tilquin), un ensemble lyrique mixte (Hélène Carpentier, Julien Dran, Jérôme Boutillier) et un programme « Au salon de Grandval » avec Raphaëlle Moreau et David Kadouch.

Côté œuvre lyrique, le cycle culmine avec une recréation moderne des Fiancés de Rosa (1863) en version concert au Konzerthaus de Berlin (4 mai 2027) par la Berliner Operngruppe — partition reconstituée par les Éditions musicales Palazzetto Bru Zane à partir du matériel d'orchestre conservé à la Bibliothèque-Musée de l'Opéra.

En France, deux rendez-vous notables : le Concerto pour hautbois par Ilyes Boufadden et l'Orchestre de Caen sous Nicolas Simon (8 décembre 2026) et un programme « La Légende des Amazones » au Musée du Louvre (2 juin 2027) avec l'Ensemble Aedes dirigé par Mathieu Romano, en lien avec l'exposition « Les Amazones ». De nombreux concerts essaiment au Canada (Domaine Forget, Salle Bourgie, Orchestre Métropolitain avec Keri-Lynn Wilson, Orchestre symphonique de Montréal).

Côté discographique : un disque « Choral and Symphonic Music » par le Hungarian National Philharmonic et György Vashegyi (mai 2027), un disque de musique de chambre porté par Héloïse Luzzati, David Kadouch et Edgar Moreau (collection La Boîte à Pépites), et le livre-disque Mazeppa sous la direction de Mihhail Gerts avec Tassis Christoyannis et Nicole Car (collection « Opéra français »).

Cycle Paris à l'heure de Beethoven

À l'occasion du bicentenaire de la mort de Beethoven, le Palazzetto inverse la perspective : non pas célébrer le maître de Bonn, mais éclairer la génération française que son ombre a recouverte — Reicha, Jadin, Boëly, Onslow, Devienne, Steibelt, Hérold, Méhul.

Le festival vénitien se tient du 3 avril au 13 mai 2027 (sept concerts), avec notamment le Geister Duo dans des sonates pour piano à quatre mains de Beethoven, Ladurner et Onslow ; le Trio Helden (Emmanuel Coppey, Paul Zientara, Stéphanie Huang) dans des trios à cordes de Jadin, Beethoven et Boëly ; le Quatuor Cambini-Paris autour de Devienne, Mozart, Baillot et Reicha avec David Douçot au basson ; le Quatuor Dutilleux dans les quintettes à deux altos d'Onslow ; Roberto Prosseda dans un programme « Éveil romantique » (Candeille, Steibelt, Jadin, Adam, Beethoven, Hérold) ; et Shuichi Okada / Clément Lefebvre en hommage au virtuose (Hérold, Steibelt, Beethoven).

Au Théâtre des Champs-Élysées, deux rendez-vous capitaux :

  • Beethoven 1808 (21 mai 2027) : la Symphonie n°1 de Méhul, l'air Ah! perfido! et la Pastorale avec l'Orchestre de chambre de Paris dirigé par Thomas Hengelbrock, Eva Zaïcik en soliste.
  • Roméo et Juliette de Daniel Steibelt (1793) en version concert le 9 juin 2027, par Les Talens Lyriques, le Vlaams Radiokoor et Christophe Rousset, avec Mélissa Petit et Cyrille Dubois — captation pour la collection « Opéra français ».

À noter également, en coproduction avec la Salle Bourgie et Arion Orchestre Baroque (Mathieu Lussier, Élisabeth Pion au piano-forte), la redécouverte de Cendrillon de Nicolò Isouard (1810), source méconnue de la Cenerentola de Rossini, mise en espace les 17-18 octobre 2026 à Montréal.

À paraître chez Bru Zane Label : un livre-disque de la Médée de Cherubini dans sa version originale en tragédie lyrique (Le Concert de la Loge, Julien Chauvin, Marina Rebeka — sortie mars 2027).

Productions lyriques en coproduction

Outre les œuvres déjà citées, la saison déploie un éventail particulièrement riche :

  • Roma de Massenet (version concert) : Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, Chœur de Radio France, Diego Ceretta, avec Rachel Willis-Sørensen, Jean-François Borras et Tassis Christoyannis (Monte-Carlo, 26 septembre 2026 / TCE, 28 septembre) — captation pour Bru Zane Label.
  • Mireille de Gounod : Opéra de Lausanne, Jean-Marie Zeitouni, mise en scène Bruno Ravella, avec Vannina Santoni et Thomas Bettinger (4-11 octobre 2026).
  • La Belle au bois dormant de Charles Silver (1902) : Hungarian National Philharmonic, György Vashegyi, à Pécs et Budapest (27-29 octobre 2026), avec Guylaine Girard, Andrew Haji, Thomas Dolié.
  • Fausto de Louise Bertin (1831) : Netherlands Radio Philharmonic, Giulio Cilona, au Concertgebouw d'Amsterdam (21 novembre 2026), avec Raffaella Lupinacci dans le rôle-titre.
  • La Fille de Madame Angot de Lecocq : Opéra de Lyon, mise en scène Richard Brunel, avec Hélène Guilmette (décembre 2026 - janvier 2027).
  • La Vie parisienne d'Offenbach (version originale 1866) : Christian Lacroix / Gianluca Capuano, Les Musiciens du Prince - Monaco, avec Marc Mauillon, Karina Gauvin et Jean-François Lapointe (Opéra de Monte-Carlo, fin décembre 2026).
  • Lancelot de Victorin Joncières (1900) : Münchner Rundfunkorchester, Leo Hussain, au Prinzregententheater de Munich (17 janvier 2027), avec Julien Dran et Michèle Losier — captation Bru Zane Label.
  • Roland à Roncevaux d'Auguste Mermet (1864) : Opéra de Saint-Étienne, Hervé Niquet, mise en scène Jean-Romain Vesperini, avec Thomas Bettinger et Antoinette Dennefeld (5-7 mars 2027).
  • La Carmélite de Reynaldo Hahn (1902) : Hungarian National Philharmonic, György Vashegyi, au Müpa de Budapest (30 avril 2027), avec Hélène Guilmette en Louise de La Vallière — captation Bru Zane Label, partition reconstituée à partir des sources de la Bibliothèque-Musée de l'Opéra.
  • Lucie de Lammermoor (version française de 1839) : coproduction avec l'Opéra national du Rhin et l'Opéra-Comique, Karen Kamensek, mise en scène Evgeny Titov, avec Lauranne Oliva et Julien Dran (Strasbourg / Mulhouse, juin 2027).

Concerts hors-cycles en France

Plusieurs rendez-vous à signaler en France hors des deux thématiques principales : un programme Saint-Saëns / Chaminade / Canal / Dubois à l'Académie-Festival des Arcs (30 juillet 2026), le récital d'Élisabeth Pion « La Touche des compositrices » à Piano aux Jacobins (18 septembre 2026), un programme « Le classique se fait jazz » avec Judith van Wanroij au Châtelet (27 février 2027), un gala Ambroise Thomas au Corum de Montpellier sous Jean-Marie Zeitouni (2 avril 2027), et le récital de valses chantées « Oh là là ! » par Cyrille Dubois et Tristan Raës à Tourcoing (10 avril 2027).

Recherche, éditions, formation

La saison s'accompagne d'un important volet scientifique : élargissement de l'espace consacré à Grandval sur Bru Zane Mediabase (premier catalogue de ses œuvres, exposition virtuelle trilingue) ; mise en ligne progressive du fonds Enoch (plus de 4 000 titres édités, manuscrits de Franck, Chabrier, Chaminade, Holmès, Messager, Ravel) ; numérisation des fonds Max d'Ollone, Charlotte Wyns et Jacques de La Presle (correspondance de plus de 10 000 pages d'un soldat-compositeur de la Grande Guerre). 5 000 images extraites des journaux illustrés du XIXe siècle (de La Caricature à L'Assiette au beurre) sont déjà indexées sur Mediabase.

Côté formation, le partenariat se poursuit avec l'Académie du Domaine Forget, l'Accademia Teatro alla Scala (concert à Milan le 24 février 2027 et reprise vénitienne pour Art Night), et le Concours International de Musique de Chambre de Lyon.

À Venise, les jeudis après-midi restent ouverts au public pour la découverte des fresques de Sebastiano Ricci, et la programmation s'enrichit de ciné-concerts (Lumière, le cinéma ! en novembre, Napoléon en février 2027 dans le cadre du Carnaval), de conférences et d'ateliers pédagogiques.