Le Journal

Brussels Philharmonic : une nouvelle direction bicéphale succède à Gunther Broucke

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Au 1er juin 2026, le Brussels Philharmonic et le Vlaams Radiokoor tournent une page. Après plus de vingt-cinq ans à la tête de l'institution, Gunther Broucke quitte ses fonctions d'intendant. Le conseil d'administration, présidé par Luc Delrue, a fait le choix de scinder la charge : Steven Cosyns prend la direction générale, Masa Spaan la direction artistique.

Le bilan de Gunther Broucke n'est pas mince. Depuis l'autonomisation en 1998 des ensembles issus de la radiodiffusion publique, il a conduit l'orchestre et le chœur à travers les turbulences vers une stabilité financière, une reconnaissance internationale et un ancrage bruxellois solide. On lui doit notamment le pari, audacieux à l'époque, de la musique de film — avec à la clé des enregistrements de bandes originales hollywoodiennes qui ont fait la singularité de la maison. On lui doit aussi le retour des musiciens à Flagey en 2005, geste à la fois symbolique et structurant qui a posé les bases de la croissance artistique des deux dernières décennies.

Masa Spaan arrive avec un profil exigeant. Violoniste de formation (Conservatoire d'Amsterdam), musicologue et philosophe de l'art (Université d'Amsterdam), titulaire d'un master en programmation musicale d'ArtEZ où elle s'est spécialisée dans le renouvellement de la pratique du concert, elle a signé ces dernières années la stratégie artistique de de Doelen à Rotterdam — l'une des salles les plus actives d'Europe en matière de programmation interdisciplinaire. Sa nomination dit clairement la direction prise : poursuivre l'excellence, mais aussi questionner les formats.

Steven Cosyns, lui, vient d'un autre monde. Ingénieur de gestion (Solvay), passé par Unilever, Coca-Cola, puis par des fonctions de direction chez DDB Brussels, DPG Media et BBDO Belgium, il a cofondé Egghunter, agence stratégique et créative. Un parcours qui tranche avec les profils habituels de la direction d'orchestre, et qui témoigne d'une volonté de doter l'institution d'une expertise managériale et entrepreneuriale assumée.

Le duo Spaan-Cosyns hérite d'une maison saine, à l'identité claire, dotée d'un chef principal — Kazushi Ono — et d'un réseau international consolidé. La suite s'écrira sur la capacité à conjuguer pertinence artistique, développement des musiciens et chanteurs, et rayonnement européen

Elim Chan nommée à la tête du San Francisco Symphony

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Annoncé ce 21 mai 2026, un tournant historique pour l'orchestre californien : Elim Chan deviendra sa prochaine Music Director, à partir de septembre 2027, pour un mandat de six ans. À 39 ans, la cheffe britannique d'origine hongkongaise succède à Esa-Pekka Salonen et devient la première femme à diriger un orchestre américain de ce calibre.

Révélée au public de San Francisco dès janvier 2023, Elim Chan a convaincu par son énergie, sa vision collaborative et son ambition artistique. Dans une interview exclusive au Times, elle dévoile ses priorités : « I want to do things differently » — ancrer l'orchestre dans toute la Bay Area, programmer avec un regard neuf, et tisser des liens avec les communautés asiatiques et le secteur tech, tout en restant fidèle au grand répertoire.

Son arrivée intervient dans un contexte sensible : le SF Symphony traverse une crise de direction depuis le départ de Salonen, qui dénonçait un manque d'ambition. Le pari d'Elim Chan ? Redonner du sens avant de demander des moyens : « You need the why before the money can even be mentioned. »

Elim Chan a été cheffe principale de l'Antwerp Symphony Orchestra de 2019 à 2022. Une collaboration nterrompue avant le terme prévu du contrat — une décision actée d'un commun accord en 2021, la cheffe privilégiant alors une carrière internationale à forte croissance

Thomas Adès nommé Principal Guest Conductor du Hallé Orchestra

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Le chef et compositeur britannique Thomas Adès, 55 ans, sera nommé Principal Guest Conductor du Hallé Orchestra à partir de la saison 2026/27, couronnant plus de trente ans de collaboration artistique avec cette formation de Manchester. Il y dirigera trois concerts qu'il a lui-même conçus, mêlant ses propres œuvres, des créations de Gabriella Smith et Francisco Coll, et un répertoire éclectique allant de Stravinsky et Elgar à Berg, Chabrier et Gerald Barry. Une nomination qui s'inscrit dans la lignée d'une programmation exigeante, à la croisée du patrimoine et de la création contemporaine.

Leslie Suganandarajah, nouveau directeur musical du Theater Freiburg

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Le chef germano-sri-lankais Leslie Suganandarajah (43 ans) prendra ses fonctions de Generalmusikdirektor au Theater Freiburg le 1ᵉʳ septembre 2027, succédant à André de Ridder. Il s'est imposé face à 129 candidats au terme d'un processus de sélection à plusieurs étapes.

Né en 1983 au Sri Lanka et formé en Allemagne (Hanovre, Lübeck), il a étudié la direction auprès de Nicolas Pasquet, Anthony Bramall et Gunter Kahlert. Lauréat du Forum Dirigieren du Deutscher Musikrat en 2011 et assistant de Michael Sanderling à la Dresdner Philharmonie en 2014-2015, il a été Kapellmeister à Coblence puis à Linz, avant de rejoindre en 2019 le Salzburger Landestheater, dont il est l'actuel directeur musical.

Paavo Järvi lance une plateforme « Young Talents » au Pärnu Music Festival

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Le Pärnu Music Festival (8-18 juillet 2026) — l'un des Coups de cœur de Crescendo Magazine dans son Guide des festivals 2026 — étoffe sa philosophie « mentor-disciple » avec une nouvelle plateforme entièrement dédiée à des solistes en début de carrière internationale : Young Talents. Fondé en 2011 par la famille Järvi sur la côte estonienne, le festival fait depuis longtemps figure de référence européenne pour le mentorat et la transmission orchestrale. L'initiative, portée par Paavo Järvi, prolonge cet engagement et trouve sa traduction concrète dans un concert inaugural confié à l'Estonian Festival Orchestra le 14 juillet.

Trois solistes pour le concert inaugural (14 juillet)

  • Paloma So — violoniste canado-chinoise, lauréate du Concours Wieniawski, actuellement en double cursus à Harvard et au New England Conservatory dans la classe de Donald Weilerstein. Elle interprétera le Concerto pour violon de Sibelius. « Une violoniste exceptionnellement douée ; dès la première écoute, il est apparu évident que je voulais l'inviter dans le cadre de ce nouveau programme », confie Paavo Järvi.
  • Anaëlle Tourret — harpiste française, harpe solo du NDR Elbphilharmonie Orchester de Hambourg dès ses 25 ans, protégée de Xavier de Maistre, dont le premier album Perspectives avait été nommé aux ICMA 2023. Elle interprétera le Concerto pour harpe de Haendel. Paavo Järvi la décrit comme « l'une des harpistes les plus remarquables qu'il ait rencontrées ».
  • Tähe-Lee Liiv — pianiste estonienne, révélée en 2020 comme plus jeune lauréate de l'émission Klassikatähed, sélectionnée en 2024 pour le projet Building Bridges d'András Schiff. Elle interprétera le Concerto pour piano n° 1 de Mendelssohn. Pour Paavo Järvi, elle est « en passe de devenir l'une des grandes solistes internationales estoniennes ».

« Le Pärnu Music Festival a toujours été davantage qu'une succession de concerts ; il est question de transmettre le flambeau », souligne Paavo Järvi. « En créant cette plateforme, nous offrons à ces solistes l'espace nécessaire pour collaborer avec l'Estonian Festival Orchestra et combler l'écart entre le statut de "jeune talent" et celui d'artiste international professionnel. »

La création estonienne au cœur de la programmation

Pour la troisième année consécutive, le festival commande deux œuvres orchestrales à des compositrices estoniennes, créées par Paavo Järvi et l'Estonian Festival Orchestra : Piove de Liisa Hõbepappel (née en 1994) et Flood d'Evelin Seppar (née en 1986). À l'affiche également, deux créations mondiales : le Secret Garden Concerto pour alto de Tõnu Kõrvits (soliste : Amihai Grosz, 11 juillet) et le double concerto pour flûtes At the Edge of the Bottomless Sea de Märt-Matis Lill, interprété par Henri Christofer Aavik avec l'Orchestre de la Ville de Pärnu et les solistes Maarika Järvi et Monika Mattiesen.

Le festival demeure structuré autour de la Järvi Academy, qui propose des masterclasses pour chefs d'orchestre et instrumentistes, dans un cadre d'échange artistique unique entre professionnels confirmés et étudiants.

Le site du festival du Pärnu Music Festival : https://parnumusicfestival.ee/en/home/

Bozar dévoile sa saison musicale 2026-2027 : « Reassembling »

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Le Palais des Beaux-Arts vient de dévoiler sa nouvelle saison musicale '26-'27, placée sous le signe du Reassembling — recomposer, mais aussi se rassembler à nouveau. Quelque 180 concerts articulés autour d'une ligne directrice claire : la reconnexion entre passé et futur, entre genres, disciplines, artistes et publics. Premier Grand invité de la maison : l'artiste sud-africain William Kentridge, dont la pratique multidisciplinaire incarne l'esprit de la saison.

Quatre portraits d'artistes

La compositrice islandaise Anna Thorvaldsdottir sera programmée à sept reprises, notamment par le Belgian National Orchestra, qui investira la Galerie Ravenstein pour Metaxis (21 juin '27), ainsi que par Het Collectief et le Quatuor Diotima. La soprano trinidadienne Jeanine De Bique croisera Vivaldi, Rameau et chants caribéens avec Apollo's Fire (Echoes across the Atlantic, 18 novembre '26). Le pianiste Pavel Kolesnikov abordera les Nocturnes de Chopin (7 novembre '26) avant de se produire en soliste avec le Belgian National Orchestra (26 février '27). Enfin, la pionnière électronique américaine Jlin présentera un set live (9 octobre '26), une œuvre acousmatique sur l'Acousmonium (30 janvier '27) et une commande de Bozar avec Third Coast Percussion et Ictus (21 mars '27).

Séries thématiques et festivals

La nouvelle série Echoes of Brussels explorera la mémoire sonore de la capitale, du palais du Coudenberg (6 décembre '26) à la bande-son immersive de l'Expo 58 (27 janvier '27). Un festival Stravinsky (2-7 février '27) réunira la Symphonie de psaumes, Le Sacre du printemps et Petrouchka. À noter également le Total Immersion Festival (24-31 janvier '27), ARCTIC FEVER! avec Ars Musica (15 novembre '26 – 4 décembre '26) et le Klarafestival (11-21 mars '27).

Grandes signatures internationales

Sur le tout nouveau Steinway acquis en janvier : Grigory Sokolov (15 décembre '26), Hélène Grimaud (19 mars '27) et Bruce Liu (14 mai '27). Côté orchestres : le Cleveland Orchestra & Franz Welser-Möst (8 octobre '26), le City of Birmingham Symphony Orchestra & Kazuki Yamada (14 novembre '26) et le Budapest Festival Orchestra & Iván Fischer (4 avril '27).

Transmusicalité et formats innovants

La Salle M rénovée accueillera l'ambient et l'électronique avec William Basinski (23 septembre '26), Sega Bodega (24 septembre '26) et Okkyung Lee (10 novembre '26), ainsi que la série mensuelle Bozar Bassment. Un double hommage John Coltrane / Alice Coltrane (centenaire et 90 ans) sera mené en partenariat avec l'Ancienne Belgique : concerts de Flat Earth Society, Aaron Parks, Joe Lovano (11 novembre '26) et Ravi Coltrane (8 mars '27, Journée internationale des femmes).

Le format Staging the Concert verra dialoguer les vidéos de William Kentridge avec Schubert et Chostakovitch (14 avril '27), tandis qu'Isabelle Faust redonnera vie à L'Histoire du soldat avec les marionnettes conçues par Georg Baselitz pour le Salzburger Marionettentheater (27 septembre '26). Nouveauté : Resonant Rooms, soirée itinérante de salle en salle avec un seul ticket — Pavel Kolesnikov (8 mai '27), Eric Thielemans (16 février '27) et le duo Merope (24 avril '27).

Un « plaidoyer pour la nuance »

Bozar consacre une partie de son communiqué à la controverse autour du concert prévu en novembre du Münchner Philharmoniker sous la direction de Lahav Shani, avec Janine Jansen en soliste — concert inscrit dans une tournée européenne (Vienne, Amsterdam). Christophe Slagmuylder, CEO et directeur artistique, justifie le maintien du concert : Bozar se prononce « sans ambiguïté contre la guerre à Gaza et contre le génocide », mais considère que Shani « n'est pas ici en tant que représentant d'Israël, mais en tant que chef d'orchestre d'un orchestre allemand » qui s'est lui-même prononcé contre la guerre. Une décision présentée comme cohérente avec l'esprit même du mot d'ordre Reassembling, dans un monde marqué par la polarisation.

Le site de Bozar : www.bozar.be

Julian Kainrath et Josu de Solaun enregistrent les trois Sonates pour violon et piano de Grieg

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Deux lauréats des International Classical Music Awards (ICMA) — le violoniste Julian Kainrath et le pianiste Josu de Solaun — se sont retrouvés à l'Auditorio Manuel de Falla de Grenade pour graver, sous la direction artistique de l'ingénieur du son Francisco Moya, l'intégrale des Sonates pour violon et piano d'Edvard Grieg. La parution est annoncée chez IBS Classical aux alentours de janvier 2027.

Pour Josu de Solaun, la complicité avec son partenaire relève de l'évidence : « Travailler avec Julian s'est imposé très naturellement sur le plan musical. Nous sommes très proches, nous connaissons bien nos familles respectives, et cette familiarité fait qu'en studio il y a très peu à construire verbalement. Les choses se mettent en place rapidement — un sens partagé de la pulsation, un instinct similaire pour savoir quand s'appuyer sur une phrase ou la laisser respirer, et une conscience presque physique de l'équilibre dans la salle. On a moins le sentiment de négocier une interprétation que d'écouter le même espace sous des angles légèrement différents. »

Le pianiste prolonge sa réflexion sur l'essence même du dialogue chambriste : « Plus généralement, la musique de chambre est pour nous quelque chose de très physique et inscrit dans le temps : elle vit dans le souffle, dans le poids d'un changement d'archet, dans la friction entre deux lignes qui ne sont pas identiques mais qui demeurent inévitablement liées. C'est une forme d'attention constamment recalibrée en temps réel, où même le silence a une direction et une texture. »

Trois sonates, trois perspectives

Josu de Solaun s'attarde sur la singularité du corpus griégien : « Les trois sonates pour violon de Grieg sont particulièrement fascinantes à cet égard. Plutôt que de présenter un univers stylistique unique, elles donnent le sentiment d'être trois manières différentes de penser un même matériau. La première encore partiellement enracinée dans la clarté classique, mais déjà troublée par de soudaines expansions lyriques ; la deuxième à la fois plus ample et plus intérieure, avec une sorte d'intimité nordique qui ne cesse de s'ouvrir à de larges gestes rhétoriques ; et la troisième, en ut mineur, où tout devient plus condensé et dramatique, comme si lyrisme et argumentation n'étaient plus dissociables, mais se transformaient constamment l'un en l'autre. Prises ensemble, elles ne se comportent pas tant comme une évolution linéaire que comme trois perspectives distinctes sur la manière dont violon et piano peuvent habiter une voix commune. »

Julian Kainrath confie pour sa part son enthousiasme : « Je ne pourrais être plus heureux d'avoir eu l'opportunité d'enregistrer mon premier album avec Josu de Solaun et d'avoir pu explorer l'incroyable musique de Grieg. Nous nous sommes rencontrés il y a près de deux ans, et le désir de collaborer et de partager des expériences musicales était là dès le premier instant. Je suis reconnaissant envers tous ceux qui rendent ces choses possibles. »

L'enregistrement a été réalisé à l'Auditorio Manuel de Falla de Grenade, qui abrite également les locaux du label IBS Classical.

Une nouvelle chaire universitaire en Catalogne pour faire rayonner l'héritage de Ricardo Viñes

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En Catalogne, l'Université de Lleida et la Diputació de Lleida — le conseil provincial de Lleida — unissent leurs forces autour du pianiste catalan, connu en France sous le nom de Ricardo Viñes, créateur de pages majeures du répertoire français du début du XXᵉ siècle.

Figure incontournable des avant-gardes parisiennes de la Belle Époque, le pianiste catalan Ricard Viñes i Roda (1875-1943) — que le public français connaît sous le nom de Ricardo Viñes — fait l'objet d'une nouvelle chaire universitaire de collaboration que viennent de lancer, en Catalogne, l'Université de Lleida (UdL) et la Diputació de Lleida, le conseil provincial qui administre la province de Lleida. Dotée de 45 000 euros sur deux exercices, cette structure entend faire connaître l'héritage artistique du pianiste lleidatan et perpétuer les valeurs qui ont jalonné son parcours. Sa direction a été confiée au musicologue Màrius Bernadó, professeur à l'Université de Lleida.

La chaire s'inscrit dans le prolongement des commémorations du cent-cinquantenaire de la naissance de Viñes, portées par la Generalitat de Catalunya, qui ont déjà donné lieu à près de deux cents manifestations au cours des derniers mois.

Un fonds documentaire dispersé à travers le monde

L'une des premières missions de la chaire consistera à rassembler le fonds documentaire du musicien — tant celui conservé à Lleida (plus de 8 000 documents y sont déjà déposés) que ceux identifiés dans des collections publiques et privées en France, aux États-Unis ou en Amérique du Sud. « Nous allons procéder au catalogage, à la numérisation et à la transcription de toute l'information disponible, avec pour objectif final de la rendre accessible sur un portail de connaissances dédié à sa figure », a expliqué Màrius Bernadó. Pour mener à bien ce chantier, l'équipe travaille au développement d'un outil d'intelligence artificielle destiné à faciliter la transcription des documents manuscrits.

Parmi les pièces conservées à l'UdL figure précisément un document de la Diputació Provincial de Lleida actant l'octroi à Ricardo Viñes d'une pension de 1 750 pesetas annuelles pour aller étudier à Paris, daté du 13 novembre 1889.

Concerts, expositions et publications

Au-delà de son volet patrimonial et scientifique, la chaire Ricard Viñes prévoit d'approcher la figure du pianiste auprès du grand public à travers des concerts, des expositions, des publications, des plateformes en ligne et d'autres propositions de diffusion. La première manifestation programmée sera une exposition inaugurée le 28 mai au Museu de la Música de Barcelone, consacrée aux débuts parisiens du pianiste et à ses connexions avec d'autres arts — la peinture et la littérature notamment.

Rappelons que Ricardo Viñes fut le créateur d'une part essentielle du répertoire pianistique français et espagnol du tournant du siècle : on lui doit les créations de Pour le piano et des Estampes de Debussy, de Gaspard de la nuit, Miroirs et Jeux d'eau de Ravel, ainsi que de pages signées Erik Satie, Manuel de Falla, Isaac Albéniz, Federico Mompou ou Déodat de Séverac.

Les finalistes du CMIREB 2026

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Les finalistes sont Andrew Ilhoon Byun, Clara Dietlin, Tae-Yeon Kim, Yo Kitamura, Leland Ko, Álvaro Lozano Cames, Lionel Martin, Krzysztof Michalski, Dilshod Narzillaev, Ettore Pagano, Ivan Sendetsky et Maria Zaitseva.

Le jury sera composé de Gilles Ledure (président), Natalie Clein, Roel Dieltiens, Valentin Erben, Ophélie Gaillard, Anne Gastinel, Marie Hallynck, Gregor Horsch, Anssi Karttunen, Daniel Müller-Schott, Sharon Robinson, Jian Wang et Sonia Wieder-Atherton.

Nouveauté cette année : les membres du jury utilisent des tablettes pour consulter les partitions — dont celle de l'œuvre imposée — et prendre leurs notes durant les prestations des candidats.

Rendez-vous du lundi 25 au samedi 30 mai, à 20h15, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles.

Ludovic Morlot nommé Chief Conductor Designate de l'Orchestre symphonique de Porto Casa da Música

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La Casa da Música de Porto vient d'annoncer la nomination de Ludovic Morlot au poste de Chief Conductor Designate de l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música, avec une prise de fonction effective à l'ouverture de la saison 2027-2028. Le chef français cumulera cette nouvelle responsabilité avec ses fonctions de directeur musical de l'Orchestre symphonique de Barcelone, où il poursuit un mandat remarqué.

Sa relation artistique avec la phalange portugaise a débuté en 2025, à travers une série de collaborations qui ont immédiatement séduit tant le public que les musiciens de l'orchestre. Cette alchimie rapidement perceptible a naturellement conduit l'institution portuane à formaliser leur engagement commun dans la durée.

Figure majeure de la direction d'orchestre internationale, Ludovic Morlot s'est illustré pendant près d'une décennie à la tête du Seattle Symphony (2011–2019), avec lequel il a notamment remporté plusieurs Grammy Awards pour ses enregistrements de la musique américaine du XXᵉ siècle. Artiste associé du BBC Philharmonic et ancien chef associé du Boston Symphony Orchestra sous James Levine, il est régulièrement invité par les plus grandes formations européennes et américaines.

À Porto, il s'inscrira dans la dynamique d'une lignée de chefs qui ont contribué à faire de l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música l'une des formations les plus singulières et aventureuses de la péninsule ibérique, réputée pour son ouverture au répertoire contemporain comme pour son exigence dans le grand répertoire symphonique.

Avec cette nomination à Porto, qui s'ajoute à ses responsabilités barcelonaises, Ludovic Morlot occupe désormais une place de premier plan sur la scène symphonique ibérique. Les deux orchestres partagent une même volonté d'inscrire leur travail dans une perspective européenne, ouverte aux répertoires contemporains. Un terrain familier pour le chef français, qui aborde ce nouveau chapitre européen fort des années américaines durant lesquelles il s'est imposé comme l'une des baguettes les plus inventives de sa génération.

Crédits photographiques : May Zircus