Le Journal

"Le Tombeau de Couperin" de Maurice Ravel, 105 ans

par

Le Tombeau de Couperin est une suite pour piano composée entre avril 1914 et 1917 et créée le 11 avril 1919 par Marguerite Long à la Société de Musique Indépendante (salle Gaveau). Elle comporte six pièces, sur le modèle des suites de danses de l'époque baroque.

L'œuvre porte la référence M.68, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, Maurice Ravel cherche à s'engager mais, déjà exempté de service militaire en 1895 en raison de sa faible constitution, il est refusé pour être « trop léger de deux kilos » (ne pesant que 48 kg). Le 1er octobre 1914, Ravel écrit à son ami Roland-Manuel « Je commence deux séries de morceaux pour pianos, dont une suite française. Oh non, ce n'est pas ce que vous croyez, La Marseillaise n'y figurera point, il y aura une forlane, une gigue, pas de tango cependant. »

À force de démarches pour être incorporé dans l'aviation, c'est finalement comme conducteur d'un camion militaire qu'il surnomma Adélaïde qu'il fut envoyé près de Verdun en mars 1916.

Victime selon toute vraisemblance d'une dysenterie puis d'une péritonite, Ravel est opéré le 1er octobre 1916 avant d'être envoyé en convalescence puis démobilisé en mars 1917. La nouvelle du décès de sa mère, survenu en janvier 1917, parvient au compositeur alors qu'il est encore sous les drapeaux. Elle le plonge dans un désespoir sans comparaison avec celui causé par la guerre : profondément abattu, il devait mettre plusieurs années à surmonter son chagrin.
Mûrie dès 1914, l'œuvre fut presque entièrement composée en 1917 alors que Ravel, malade, était démobilisé. Il termine Le Tombeau... en juin 1918 à Lyons-la-Forêt, chez Madame Dreyfus, sa « marraine de guerre » et la mère de Roland-Manuel.

Le Tombeau de Couperin est créé le 11 avril 1919 à la Salle Gaveau par Marguerite Long. Le succès est tel qu'elle doit bisser intégralement l'œuvre.

 

Richard Arnell, 15 ans

par

Le compositeur britannique Richard Anthony Sayer ("Tony") Arnell (Hampstead, le  – le ) a composé pour tous les genres de musique, et son catalogue comprend six symphonies (une septième a été terminée par Martin Yates) et six quatuors à cordes.

Arnell a fait ses études au Royal College of Music à Londres entre 1935 et 1939, et a eu comme professeurs John Ireland (pour la composition) et St John Dykes (pour le piano).
Il a reçu le Farrar Prize for composition lors de la dernière année dans ce collège.

Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Arnell se trouvait aux États-Unis pour assister à la Foire internationale de New York, et s'est trouvé bloqué à New York (comme d'autres compositeurs anglais, par exemple Arthur Bliss), et a dû y séjourner jusqu'en 1947. De ce fait, il a obtenu une solide réputation aux États-Unis, alors qu'il restait relativement inconnu dans sa patrie. Durant son séjour américain, Arnell était le Music Supervisor pour la BBC en Amérique du Nord. Il a reçu la commande pour composer (sur un texte de Stephen Spender) une cantate, The War God, pour la cérémonie d'inauguration de l'ONU, ainsi que celle d'une fanfare pour la venue de Winston Churchill à New York.

Sa musique a été jouée par Thomas Beecham, Leopold Stokowski et Bernard Herrmann entre autres, et plus récemment par Martin Yates (un de ses étudiants en composition à la Trinity). Entre 1947 et 1987, il a enseigné au Trinity College of Music à Londres, et parmi ses étudiants figure Peter Tahourdin (1949-52).

Arnell a composé la musique pour "The Land" (1942), un documentaire de 45 minutes dirigé par Robert J. Flaherty pour le Département de l'Agriculture des États-Unis. Il a aussi reçu de la Ford Motor Company la commande d'une suite symphonique inspirée par les ouvriers de l'usine de Dagenham. L'œuvre a accompagné un film intitulé "Opus 65". Arnell a créé dirigé le Music Department de la London International Film School jusqu'à sa retraite à la fin des années 1980.

Il a construit sa réputation de compositeur majeur pour la musique de ballet grâce à ses collaborations avec des chorégraphes de la stature de George Balanchine, John Cranko et Frederick Ashton. Ses nombreux ballets ont été montés avec succès à la fois à New York et Londres. Sa composition pour Punch and the Child a été enregistrée par Sir Thomas Beecham avec le Royal Philharmonic Orchestra.

Les sept symphonies numérotées d'Arnell de même que la Sinfonia Quasi Variazioni, le Concerto pour Piano (soliste David Owen Norris), les deux Concertos pour Violon (soliste Lorraine MacAslan), Lord Byron: a Symphonic PortraitRobert Flaherty ImpressionPrelude The Black Mountain et l'Ouverture The New Age, ont été enregistrés pour la première fois par le chef Martin Yates et le Royal Scottish National Orchestra entre 2005 et 2008. Les premiers enregistrements des ballets The AngelsHarlequin in April et The Great Detective, ainsi que Punch and the Child, ont été faits par Martin Yates et le BBC Concert Orchestra en 2008-09.

Arnell a laissé des esquisses pour sa Septième Symphonie, dédiée à Nelson Mandela, au moment de son décès, et elle a été terminée depuis par Martin Yates. Elle été enregistrée durant l'été 2010. Les quatuors à cordes ont été récemment enregistrés par le Tippett Quartet.

Nino Rota, 45 ans

par

Giovanni Rota Rinaldi, dit Nino Rota, né le 3 décembre 1911 à Milan et mort le 10 avril 1979 à Rome, est un compositeur et chef d'orchestre italien, réputé pour ses compositions pour le cinéma (musique originale pour environ 170 films), notamment pour les films de Federico Fellini. Il est également le compositeur de 4 symphonies, 11 opéras, 9 concertos ainsi que d'une musique de chambre abondante.

Nino Rota est né à Milan dans une famille de musiciens. Il étudie, dès son enfance, au Conservatoire de Milan, sous la direction d'Ildebrando Pizzetti.

Il acquiert une certaine renommée en tant que compositeur et chef d'orchestre dès son enfance, son premier oratorio, L'infanzia di San Giovanni Battista, ayant été par exemple représenté à Milan et à Paris en 1923, alors qu'il n'avait que douze ans.

En 1929, il intégre le Conservatoire Sainte-Cécile, à Rome, où il étudie sous la direction d'Alfredo Casella.

Le chef d'orchestre Arturo Toscanini lui conseille alors d'aller se perfectionner à Philadelphie (Pennsylvanie). Rota y obtient une bourse d'études au Curtis Institute où il étudie, de 1930 à 1932, sous la direction de Fritz Reiner (direction d'orchestre) et de Rosario Scalero (composition).

De retour à Milan, il poursuit ses études en étudiant la littérature à l'Université de Milan. Il publie également une thèse consacrée à Gioseffo Zarlino, compositeur de la Renaissance.

A partir de 1937, il s'oriente vers une carrière d'enseignement de la musique qu'il mène de front avec son œuvre de compositeur, et qui le conduit à prendre la direction, en 1950, du Conservatoire de Bari. Il poursuit jusqu'à sa mort en 1979.

Nino Rota écrit ses premières partitions pour le cinéma dès 1933 pour « Treno popolare » de Raffaelo Matarazzo, puis pour « Zazà » (1944), film réalisé par Renato Castellani. Il travaille aussi pour Edgar G. Ulmer, Alberto Lattuada, Henry Cass, Luigi Comencini, Terence Young et Henri Verneuil. Il fait la connaissance du réalisateur Federico Fellini alors que celui-ci travaillait sur son premier film, « Le Cheik blanc » (Lo sceicco bianco, 1952). C'est le début d'une fructueuse collaboration entre le réalisateur et le compositeur, incluant entre autres les musiques des films « Les Vitelloni », « La Strada », « La dolce vita ». La bande sonore du film « Huit et demi » est ainsi fréquemment citée comme un des éléments les plus marquants du film, lui donnant une certaine « cohérence ». Il compose également la musique du « Satyricon », d' « Amarcord », du « Casanova » de Fellini et de deux des quatre sketches de « Boccace 70 » dont l'un fut tourné par le « maître ». Son dernier travail avec Fellini est « Répétition d'orchestre » (Prova d'orchestra) en 1978, un de ses chefs-d'œuvre. La relation Rota-Fellini a été si importante qu'aux funérailles d'État à Rome auxquelles Fellini a eu droit, le célèbre trompettiste italien Mauro Maur joua devant une foule immense l'œuvre « l'Improvviso dell'Angelo » de Nino Rota.

Parmi les partitions les plus célèbres de Nino Rota, citons également celles du « Parrain » (dont un motif musical est proche du thème de la Force du destin de Verdi) et du « Parrain II », réalisés par Francis Ford Coppola, et de « Roméo et Juliette », réalisé par Franco Zeffirelli ou celles du « Guépard » ou de « Rocco et ses frères » de Luchino Visconti.

En dehors de ses travaux pour le septième art, Nino Rota a également composé dix opéras, cinq ballets et beaucoup d'autres œuvres instrumentales, dont le Concerto Soirée pour piano et orchestre (1962).

Il meurt le 10 avril 1979 à Rome d'une thrombose coronaire. Son décès survient juste après l'enregistrement de la bande sonore de « Répétition d'orchestre » de Federico Fellini.

Le Conservatoire de musique de Monopoli, près de Bari dans les Pouilles, lui est dédié.

 

Eugène d’Albert, 160 ans

par

Eugen d’Albert, né le 10 avril 1864 à Glasgow et mort le 3 mars 1932 à Riga, est un pianiste et compositeur allemand d'origine écossaise.

Éduqué en Grande-Bretagne, d'Albert fait preuve d'un talent musical précoce et, à l'âge de dix-sept ans, il obtient une bourse pour étudier en Autriche. Se sentant proche de la culture et de la musique allemandes, il émigre bientôt en Allemagne, où il étudie avec Franz Liszt et commence une carrière de pianiste de concert. D'Albert répudie sa formation et son éducation en Écosse et se considère comme allemand.

Tout en poursuivant sa carrière de pianiste, d'Albert se concentre de plus en plus sur la composition, produisant 21 opéras et un nombre considérable d'œuvres pour piano, voix, chambre et orchestre. Ses œuvres orchestrales à succès comprennent son Concerto pour violoncelle (1899), une symphonie, deux quatuors à cordes et deux concertos pour piano. En 1907, d'Albert devient directeur de la Hochschule für Musik de Berlin.

Il s'est marié six fois, avec notamment la pianiste et chanteuse Teresa Carreño, et a été successivement citoyen britannique, allemand et suisse.

D'Albert est né d'une mère anglaise, Annie Rowell, et d'un père allemand d'origine française et italienne, Charles Louis Napoléon d'Albert (1809-1886), dont les compositeurs Giuseppe Matteo Alberti et Domenico Alberti sont des ancêtres. Son père était un pianiste et un compositeur de musique de salon prolifique qui avait été maître de ballet au King's Theatre et à Covent Garden. D'Albert est né alors que son père avait 55 ans. Le Musical Times écrit en 1904 que « cela, ainsi que d'autres circonstances, expliquait une certaine solitude dans la vie familiale du garçon. Il a été incompris, et 'criblé, cabiné et confiné' à un point tel qu'il a largement porté préjudice au pays qui l'a vu naître ».

Eugen d’Albert s'initie d'abord à la musique en autodidacte, avant d'entrer à la National Training School de Londres -dont le directeur est le célèbre compositeur d'opérettes Arthur Sullivan- où il étudie le piano avec Ernst Pauer à partir de 1876. Trois ans plus tard, Anton Rubinstein lui prédit déjà un « succès mondial », et le chef d'orchestre Hans Richter emmène le jeune homme de seize ans à Vienne, où il est présenté à Franz Liszt et à Carl Tausig : c'est auprès d'eux qu'il parfait son éducation pianistique, tout en bénéficiant, pour la composition, des conseils de Johannes Brahms et du critique musical Eduard Hanslick.

Pendant de nombreuses années, d'Albert a considéré que sa formation et son travail durant cette période étaient sans valeur. Le Times écrit qu'il « est né et a été éduqué en Angleterre, et a remporté ses premiers succès en Angleterre, bien que, dans un élan d'impétuosité enfantine, il ait répudié il y a quelques années tout lien avec ce pays, où, selon ses propres dires, il est né par simple accident et où il n'a rien appris ». Plus tard, cependant, d'Albert modifie son point de vue : « L'ancien préjugé que j'avais contre l'Angleterre, que plusieurs incidents avaient éveillé, a complètement disparu depuis de nombreuses années. »

Michel Corette, 315 ans

par

Michel Corrette est un compositeur et organiste français de la période baroque tardive, voire classique, né à Rouen le 10 avril 1709 et mort à Paris le 21 janvier 1795.

Fils de l'organiste Gaspard Corrette et de Marguerite Thérèse Vérard, Michel Corrette quitte Rouen en 1720 pour poursuivre une formation qui avait sans doute été commencée par son père, organiste de l'église rouennaise de Saint-Herbland et ami de Jacques Boyvin, titulaire de l'orgue de la cathédrale de Rouen. En 1726, il se présente au concours pour le poste d’organiste de l’église Sainte-Madeleine en la Cité ; les trois concurrents ont joué également bien, mais le poste est confié à Thoutain. Corrette gagne alors sa vie comme professeur de musique et il publie dès 1727 ses premiers recueils de sonates (flûte, violon, cuivres et aussi musette, vielle à roue qui deviennent à la mode). En 1728, il est l’un des premiers musiciens français à éditer des concertos, d’après le modèle à ritournelle de Vivaldi.

Le 8 janvier 1733, il épouse Marie-Catherine Morize, dont il aura deux enfants. À cette époque, il vient d’être engagé comme chef d’orchestre dans les foires parisiennes de Saint-Laurent (en automne) et de Saint-Germain (début février jusqu’aux Rameaux) où les théâtres qui amusaient le public avaient pris le nom d’« opéra comique ». Corrette y crée ses fameux concertos comiques : composés sur des thèmes populaires, ils servaient de divertissements dansés entre les pièces de théâtre, le plus souvent en un acte. La série des 25 concertos comiques se continuera jusqu’en 1773.

Le Concerto turc est composé en 1742 à l'occasion de la venue à Paris de l'Ambassadeur ottoman Yirmisekizzade Mehmed Saïd Pacha, grand amateur de culture française.

Devenu organiste de Sainte-Marie du Temple, il publie en 1737 son Premier Livre d’Orgue, qui sera suivi en 1750 et en 1756 par un Second et un Troisième Livres. Il est ainsi au service des prieurs du Temple, issus de la famille royale : successivement le Chevalier d’Orléans, le Prince de Conti (prieur de 1749 à sa mort en 1776) et le Duc d’Angoulême. La page de titre de son Premier Livre de Noëls (1741) le présente comme organiste de la Maison professe des Jésuites, c’est-à-dire l’église Saint-Louis, où la musique était très appréciée. Le musicien quittera cette tribune en 1762, lors de l’expulsion de la Compagnie. Michel Corrette est donc l'un des organistes les plus en vue de Paris : il restera en poste au Temple de Paris jusqu’à ce que la Révolution française désaffecte l’église en 1791. Corrette a publié le dernier livre d’orgue de l’Ancien Régime : les Pièces pour l’orgue dans un genre nouveau (1787).

Corrette, qui occupe ces fonctions officielles d’organiste, est aussi un compositeur fécond, et l’ensemble de son œuvre nous fait mieux comprendre la pratique musicale et l’évolution du goût à Paris à son époque. Si l’on prend l’exemple de ses ouvrages pour le clavecin, on voit que son Premier Livre (1734) est encore proche de Couperin (suites de danses avec des titres), mais les huit livres suivants, intitulés Les Amusements du Parnasse (de 1749 à 1772) montrent une progression qui commence par une méthode pour débutants (Livre I) pour s’orienter vers des variations des thèmes de concertos comiques (Livre II), puis vers des transcriptions d’airs célèbres (Livre III, IV, VI), et enfin des transcriptions de marches militaires, et de romances à la mode (Livre VIII) -on remarque que les livres V et VII sont perdus. Il faut ajouter à cela de belles sonates pour clavecin avec accompagnement de violon (1742), et des Divertissements pour clavecin ou pianoforte (1779) qui vont jusqu’à utiliser des clusters (coups canons dans le Combat naval).

Corrette fut aussi un grand pédagogue, comme en témoignent ses méthodes instrumentales. Il suffit d’en voir la liste pour comprendre qu’à l’instar des encyclopédistes, il voulait codifier et divulguer l’ensemble des pratiques musicales de son temps. Ses livres d’accompagnement (Le Maître de clavecin, 1753 et Les Prototypes, 1754) ont eu un énorme succès, si l’on en juge par le nombre d’exemplaires que l’on trouve dans les grandes bibliothèques.

Corrette organisait chez lui, à partir de 1748, des concerts hebdomadaires où il se produisait avec ses élèves et des amateurs doués, tels que le Prince d’Ardore ou le musicographe allemand Marpurg. Cela lui permettait aussi de vendre des partitions et de diffuser de la musique italienne dont il fut un fervent défenseur.

Corrette a obtenu des privilèges pour éditer non seulement ses propres œuvres, mais celle de musiciens de son choix et en particulier des maîtres italiens. C’est dans le cadre de ces concerts privés qu’il faisait jouer ses Concertos pour orgue ou clavecin (parmi les tout premiers concertos pour clavier en France, en 1756) et ses nombreuses sonates et concertos pour toutes sortes d’instruments, y compris la viole d’Orphée, instrument qu’il invente pour utiliser les violes délaissées en les montant avec des cordes métalliques ! (1773).

Sa musique religieuse (motets, messes, psaumes) a presque complètement disparu, sauf le Psaume Laudate Dominum, constitué à partir du Printemps de Vivaldi (1765), les III Leçons de Ténèbres (1784) et les Quatre messes à deux voix égales (1788) qui ont été publiées de son vivant.

Dans son grand âge, Corrette continue à s’intéresser aux évènements qui bouleversent son pays, et il publie des œuvres révolutionnaires qui sont hélas perdues. Il meurt à 87 ans le 21 janvier 1795.

Michel Corrette, qui a été injustement méconnu, tient une place unique dans la musique du XVIIIe siècle français. Il aura été à la fois le serviteur des plus grands personnages de l’État (les prieurs du Temple au XVIIIe siècle sont des princes de sang) et un artiste qui s’intéresse à la chanson populaire et aux émois de la population (par exemple, en 1783, il célèbre le premier vol aérien avec la cantate Le Globe volant !). Il est à la fois un défenseur du répertoire français (vaudevilles, airs à la mode) et un propagateur de la musique italienne. Toujours à l’affût des nouveautés de la vie musicale parisienne, il en saisit le meilleur et il en fait son bien, avec une gaîté inaltérable et un humour plein d’esprit. Bien que savant et même érudit, il compose une musique agréable qui apparemment n’a d’autre prétention que d’être bien composée et de vouloir plaire à ces amateurs de plus en plus nombreux qui veulent jouer de la musique : à cette époque l’art n’appartient plus seulement aux professionnels mais devient accessible aux nombreux dilettantes, issus aussi bien de la noblesse, de la bourgeoisie que de nouvelles classes moyennes. Avec Michel Corrette, nous retrouvons une musique heureuse et joyeuse, tout à fait dans l’esprit du siècle de Louis XV.

 

Décès du chef Michael Boder

par

Au Theater an der Wien, Boder a dirigé de nouvelles productions de The Rake's Progress d'Igor Stravinsky, de Lazarus de Franz Schubert, de La Visite de la vieille dame de Gottfried von Einem, les créations de Hamlet d'Anno Schreier et d'Egmont de Christian Jost, ainsi que le concert d'ouverture de la saison 2011-12.

Né en 1958 à Darmstadt, Boder a étudié à Hambourg et à Florence. Il a commencé sa carrière comme assistant de Michael Gielen à l'Opéra de Francfort. À 29 ans, il est devenu directeur musical de l'Opéra de Bâle. Il a été directeur musical du Gran Teatre del Liceu de Barcelone de 2008 à 2012, puis chef d'orchestre principal du Det Kongelige Teater de Copenhague jusqu'en 2016. Boder s'est également produit régulièrement à l'Opéra d'État de Vienne ainsi que dans les maisons de Berlin, Dresde, Tokyo, San Francisco, Bruxelles et Milan. Son répertoire s'étend de Wagner, Strauss, Bruckner à Mahler, Berg et Schönberg. Il s'est engagé avec passion pour la musique des 20e et 21e siècles. Il a ainsi réalisé de nombreuses premières et créations de compositeurs tels que Georg Friedrich Haas, Friedrich Cerha, Hans Werner Henze, Krzysztof Penderecki, Manfred Trojahn et Aribert Reimann.

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Baptiste Arban, 135 ans

par

Joseph Jean-Baptiste Laurent Arban (né à Lyon le  et mort à Paris le ) est un cornettiste, enseignant et compositeur français. Il est l'auteur de la "Grande Méthode complète pour cornet à pistons et saxhorn" publiée en 1864, qui est encore aujourd'hui la méthode de référence pour l'apprentissage de la trompette et du cornet.

Jean-Baptiste Arban a probablement été le cornettiste français le plus brillant de son temps. Très jeune, il s'engage comme musicien dans la marine, jouant du cornopean.
C'est ainsi qu'il participe en 1840 au voyage de la goëlette Belle Poule qui va à Sainte-Hélène chercher les cendres de Napoléon.
En 1841, il entre au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où il étudie la trompette (naturelle) avec François Georges Auguste Dauverné et obtient en 1845 un premier prix.
Après être sorti du Conservatoire, Arban passe au cornet (inventé en 1831) et reprend du service dans la marine jusqu'en 1852. C'est pendant ces années qu'il met au point sa technique de jeu (en particulier le coup de langue), arrivant à un niveau de virtuosité qui stupéfie les dirigeants du Conservatoire lors de l'exécution en 1848, au cornet, d'une pièce pour flûte de Theobald Boehm.
De 1852 à 1857, il fait partie de plusieurs orchestres de salon et est même invité à diriger l'orchestre de l'Opéra de Paris.
En 1857, il est nommé professeur de saxhorn à l'École militaire, et publie sa "Grande Méthode complète pour cornet à pistons et saxhorn" dans laquelle figurent, entre autres études de virtuosité, les célèbres Variations sur le Carnaval de Venise. Le , il peut enfin inaugurer une classe de cornet au Conservatoire de Paris, après une tentative infructueuse sept ans plus tôt.

En 1874, il démissionne du Conservatoire pour diriger des concerts à Saint-Pétersbourg, à la demande du tsar Alexandre II, où il remporte un grand succès. Il reprend son poste au Conservatoire de Paris en 1880, et innove en recommandant l'usage d'une embouchure moins profonde que celle traditionnelle. Ces recherches aboutiront au célèbre cornet "Arban-Courtois” développé avec le facteur Antoine Courtois. Jusqu’à sa mort en 1889 à Paris, il travaillera sur l’amélioration du cornet.

Chef d'orchestre du Casino et des bals de l'Opéra, il fait partie des compositeurs de musique festive de danses de Paris au XIXe siècle.

Très prolifique et également célèbre en son temps en cette qualité, il a souvent collaboré pour l'écriture musicale avec Alexandre-Charles Fessy.
La plus grande partie de son répertoire n'est plus jouée aujourd'hui, excepté ses Variations le Carnaval de Venise, qui restent une des pièces maîtresses de grands solistes pour cornet aujourd'hui. Sa Fantaisie Brillante continue également à être fréquemment jouée et enregistrée.

Les contributions de Jean Baptiste Arban à l'enseignement et à la technique de jeu du cornet sont bien connues, mais on connaît moins sa contribution à la conception et à la fabrication de l'instrument.
En 1846, il travaille pour Adolphe Sax, qu'il conseille sur la production de ses saxhorns, et teste le « cornet compensateur » d'Adolphe Sax en 1848.
Alors professeur de cornet au Conservatoire de Paris, Arban développe en 1880 un nouveau modèle de cornet et le fait breveter en 1883 comme « cornet Arban ». Un an plus tard, il renonce à ses droits sur le brevet et Antoine Courtois construit le « cornet Arban » ainsi qu'une embouchure « Arban-Courtois ». En 1886, Arban essaie d'imposer son cornet au Conservatoire, mais sa demande est rejetée.

Entre 1883 et 1888, Arban expérimente des améliorations à la construction du cornet et, après 1885, collabore avec Bouvet, ingénieur concepteur d'instruments. Ils font breveter un « cornet Arban-Bouvet » en 1885 et l'instrument est fabriqué par Millereau, facteur de cuivres de 1861 jusqu'au rachat de sa fabrique par Henri Selmer en 1931, tandis que François Sudre construit, en 1884 à Marseille, un cornet à compensation dit « Arban compensateur ».

L'héritage le plus connu d'Arban est sa "Grande méthode complète de cornet à piston et de saxhorn" : presque tous les élèves des classes de trompette ou de cornet l'utilisent à un moment ou à un autre. Bien que les conseils donnés en début d'ouvrage soient datés, ses exercices sont toujours très utilisés. Son volume imposant (environ 400 pages dans l'édition IMD) et la grande variété des exercices (niveaux et de techniques instrumentales), font un peu de cette méthode la « bible du trompettiste ».

Le prix de la musique de la fondation Jürgen Ponto est décerné au Javus Quartett

par

Le quatuor Javus de Vienne remporte cette année le prix musical de la fondation Jürgen Ponto. Ce prix destiné à encourager les jeunes artistes est décerné pour la septième fois et est doté de 60.000 euros. Il comprend des concerts au festival Beethoven de Bonn, au festival de quatuor à cordes de Heidelberg et au festival de musique du Schleswig-Holstein.
Les festivals de musique sont les partenaires de coopération de la fondation pour l'organisation du prix de musique : "Les quatre musiciens ont connu une évolution extrêmement prometteuse au cours des dernières années et ont atteint un niveau artistique digne d'un podium.
Avec son prix, la fondation Jürgen Ponto souhaite contribuer à ce que la réputation de cet ensemble, qui comptera bientôt parmi les quatuors à cordes les plus en vue de sa génération, s'impose encore plus largement", a déclaré le jury pour justifier sa décision.
L'ensemble, composé de Marie-Therese Schwöllinger et Alexandra Moser (violon), Marvin Stark (alto) et Oscar Hagen (violoncelle), s'est formé en 2016 et est basé à Vienne. Il a été largement influencé dans son développement par Lukas Hagen, le premier violoniste du Quatuor Hagen, et étudie actuellement avec Johannes Meissl à l'Université de musique et des arts du spectacle de Vienne.
Outre ses activités de concerts en Allemagne et à l'étranger, le quatuor a reçu en 2020 le prix du public du oncours Irene Steels Wilsing dans le cadre du Printemps de Heidelberg, ainsi que le "Prix Hans Gál" en 2022.

Inauguration à Recanati du nouveau musée connsécré à Beniamino Gigli

par

Le nouveau musée consacré à Beniamino Gigli a ouvert ses portes le 6 avril à Recanati (Italie). Il s'agit d'une refonte majeure de l'exposition existante, créée en 1961 grâce à une donation des héritiers du légendaire ténor (30 mars 1890-30 novembre 1957) et située dans la Sala dei Trenta du Teatro Persiani de Recanati, la ville natale de Gigli.
Le parcours, organisé de manière chronologique et thématique pour retracer la vie et la carrière du chanteur, a pour principale nouveauté un caractère multimédia et interactif. Des costumes de scène, des objets, des souvenirs, des photographies, des lettres et des documents appartenant à Gigli alternent avec des installations audio et vidéo qui permettent aux visiteurs d'apprécier les performances lyriques du ténor, tant sur disque que dans ses apparitions cinématographiques.
Le nouvel aménagement se distingue également par son accessibilité.

Les compositrices mises en lumière à Marseille

par


Longtemps ignorées et invisibilisées, les compositrices de musique ancienne ou actuelle de cinq pays seront mises en lumière à Marseille du 6 au 13 avril, fruit d'un projet de plus de deux ans dopé par le mouvement MeToo. «Dans les conservatoires, les écoles de musique, les salles de classe s'appellent Chopin, Beethoven..., les frises chronologiques du Moyen-Âge à nos jours ne montrent que des hommes», souligne la pianiste Nathalie Négro, à l'origine de cet événement musical, baptisé «Musical Bounce Back» (Rebond musical) avec sa compagnie Piano and Co

Longtemps, les spectateurs des salles ont en effet eu peu d'occasions d'entendre des compositrices. Un rapport sur l'égalité hommes-femmes dans le spectacle vivant en France établi en 2006 pour le ministère de la Culture soulignait: «97% des musiques que nous entendons dans nos institutions ont été composées par des hommes». Et Nathalie Négro n’hésite pas à ajouter: «Et pourtant les femmes occupent une place bien réelle dans l'histoire ancienne et actuelle de la musique» 

Grâce à un projet Erasmus, cofinancé par l'Union européenne, Piano and Co s'est rendu dans cinq pays, - Portugal, Chypre, Grèce et Arménie, en plus de la France -, pour rechercher ce «matrimoine musical» et travailler avec de jeunes musiciennes et musiciens à établir un kit pédagogique pour que les femmes soient davantage reconnues dans la musique. «Ils nous ont présenté les compositrices de leur pays (...), que ce soit en musique traditionnelle, électronique ou classique», raconte Nathalie Négro. Des commandes ont aussi été passées à des compositrices pour ce «Musical Bounce Back».

Jeudi 11 avril, la compositrice grecque Esthir Lemi présentera ainsi un concert en création mondiale avec Angela Da Ponte du Portugal et les Françaises Iris Kaufmann et Mélanie Gentilhomme ainsi que Tanya Dufort jouant du daf, tambour sur cadre circulaire de tradition persane.
Le lendemain, la compositrice française Eve Risser proposera une œuvre interculturelle croisant instruments traditionnels et classiques pour une soirée «compositrices européennes».
Toute la semaine, une exposition au Conservatoire mettra en lumière les artistes musiciennes découvertes lors du projet afin d'inspirer les nouvelles générations. Une projection du film de Lisa Rovner, Sisters with transistors, rendra aussi hommage aux héroïnes de la musique électronique le 11 avril.

(d'après le Figaro)