Le Journal

Vincerò est né, à la mémoire de Caruso

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Vincerò est né, et c'est le premier Concours d'opéra italien. Il est créé cette année en l'honneur et en mémoire du grand ténor Enrico Caruso décédé il y a 100 ans.
Sous le Haut Patronage du Ministère italien de la Culture, le Concours s'adresse aux chanteurs des cinq continents. Son objectif est de diffuser la culture musicale et de découvrir de nouveaux talents.
Après deux sélections internationales, la finale se déroulera à Naples les 29, 30 et 31 octobre 2021 (grand gala avec orchestre en live streaming).
Les finalistes se présenteront devant un jury composé des directeurs artistiques et surintendants de onze théâtres de renommée internationale : Teatro alla Scala de Milan, Metropolitan Opera House de New York, Festival de Salzbourg, Royal Opera House Covent Garden à Londres, Teatro Real à Madrid, Opéra National de Paris, Teatro de la Monnaie à Bruxelles, Théâtre National à Prague, Deutsche Oper à Berlin, Semperoper à Dresde, Théâtre Bolchoï à Moscou. Présidé par Dominique Meyer, surintendant à La Scala (Milan), le jury est complété par six représentants d'importantes publications et de magazines musicaux internationaux dont Crescendo Magazine en la personne de son rédacteur en chef, Pierre-Jean Tribot.

A l'origine de Vincerò, il y a l'association culturelle Euro Artists et son directeur artitique Angelo Taddeo: "Nous sommes la patrie de l'Opéra, un art que nous avons exporté dans le monde entier, mais jusqu'à présent nous n'avions jamais eu un concours aussi vaste, digne de notre grande histoire musicale. Donner des chances égales aux nouveaux talents de l'opéra, au-delà des distances géographiques, politiques, culturelles, économiques et religieuses.
Dominique Meyer s'est dit heureux de faire partie de cette initiative : Nous choisirons des chanteurs ambassadeurs de la beauté et de la musique, capables de créer les émotions que nous aimons tant à l'opéra.

S'annonce donc un Concours passionnant, tout entier placé sous la bannière du Bel Canto, qui s'inscrit désormais dans le monde de l'Opéra International.

L'inscription, réservée aux chanteurs nés entre 1985 et 2003, est ouverte jusqu'au 20 mai 2021. Toutes les informations et modalités d'inscription sont disponibles sur le site: www.vincerocompetition.org "

Pour les plus jeunes
Le ténor italien Enrico Caruso (Naples,  est la première star mondiale de la musique grâce au disque, et en particulier à la société anglaise Gramophone Company et ses déclinaisons locales. Pour certains critiques, il reste encore "le plus grand chanteur d'opéra de tous les temps".

Élevé à Naples dans une famille pauvre de sept enfants, il fait d'abord partie de la chorale de sa paroisse. Comme son père, à l'âge de 10 ans, il commence à travailler comme mécanicien puis comme ouvrier dans une fabrique de tissu et, le reste du temps, il s'adonne à la chanson populaire dans les restaurants de la ville.
Il suit les cours de Guglielmo Vergine pendant trois ans mais s'il maîtrise mieux la technique vocale, il a du mal à déchiffrer une partition, ne joue d'aucun instrument et chante essentiellement d'oreille.
A 22 ans, il fait ses débuts dans L'Amico Francesco de Domenico Morelli et il est repéré par des impresarios : il endosse rapidement ses premiers rôles dans Cavalleria rusticanaFaustRigoletto et dans La traviata, une oeuvre qui marquera aussi sa vie sentimentale puisqu'il s'éprend de sa partenaire et qu'ils auront deux fils.

En 1898, il crée Fedora d'Umberto Giordano sous la direction du compositeur. Un succès qui lui vaut de nouvelles propositions de contrats. Son expérience de la scène et de nouveaux cours de chant auprès de Vincenzo Lombardi lui permettent de progresser encore, au point de susciter l'admiration de Puccini qui lui fait passer une audition, et de Toscanini qui l'engage en 1900 pour La Bohème à la Scala. Sa voix chaude et puissante lui vaut une réputation qui dépasse les frontières : il chante à Covent Garden dès 1902 et donne des concerts aux États-Unis.

Son premier enregistrement est réalisé sur un gramophone en  dans une chambre d'hôtel de Milan. Suivront 487 autres : les airs "traditionnels" parmi lesquels Una furtiva lagrima (L'elisir d'amore), Addio a NapoliCubaRachel, Quand du seigneur (La Juive), Celeste Aida (Aida), Amore o grillo (Madame Butterfly) avec Antonio Scotti, Vesti la giubba (I pagliacci) ou Libiamo ne' lieti calici (La traviata) avec Alma Gluck. Il chante en français, en espagnol, en anglais, en italien et en latin.
Ses enregistrements ont fait de Caruso un modèle universel pour des générations de ténors, et sa réputation a joué un rôle majeur dans le succès social et économique du phonographe
, écrit le New York Times.

Les concerts américains marquent l'apogée de cette carrière hors du commun. En 1903, il est acclamé dans Rigoletto au Metropolitan Opera (New York) qui devient sa scène préférée et où il crée plusieurs grands rôles de ténor. En 1906, il joue Carmen à San Francisco quand le grand tremblement de terre met la ville à mal.

Si sa vie conjugale se délite, il poursuit sa carrière. Mais il rencontre des problèmes de santé : bronchites, angines et migraines et, en 1909, il est opéré d'un nodule sur une corde vocale.
Pour échapper à la guerre, il entame une tournée en Amérique du Sud de 1917 à 1919, participant à une collecte de fonds en faveur des alliés. Il y rencontre la jeune Américaine Dorothy Park Benjamin qu'il épouse en 1918.
Mais à partir de 1920, sa santé ne lui laisse plus guère de répit : pleurésie, infection généralisée, six opérations en trois mois et il se blesse au rein gauche lors d'une représentation de Samson et Dalila au Met. Il retourne alors à Naples où il meurt de septicémie le 2 août 1921, à l'âge de 48 ans.
Les hommages posthumes sont sans fin et sans frontières. Ainsi, depuis 2013, un cratère de la planète Mercure est nommé Caruso, et l'astéroïde 37573 est baptisé Enricocaruso.

 

Prix Sir Georg Solti 2021

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C'est Gemma New (Nouvelle-Zélande, 34 ans) qui a reçu le Prix Sir Georg Solti 2021 de direction d'orchestre.

Remarquée pour ses interprétations pointues et dynamiques, Gemma New dirige le Hamilton Philharmonic Orchestra et elle est premier chef invité du Dallas Symphony Orchestra. Une carrière soutenue par la Fondation Solti en 2017, 2019 et 2020.
Cette saison, elle a fait ses débuts avec l'Orchestre Symphonique de Seattle et avec l'Orchestre Symphonique de Nouvelle-Zélande qu'elle a dirigé dans trois programmes dont Le Messie de Haendel. En janvier, elle est revenue à l'Orchestre Symphonique d'Atlanta, fait ses débuts cette semaine en Espagne avec l'Orchestre National d'Euskadi et, pour sa 2e saison à Dallas, elle dirige trois programmes d'abonnement.
Gemma New a déjà fait de larges débuts américains : avec le Cleveland Orchestra, le Philadelphia Orchestra, le National Symphony Orchestra, le San Francisco Symphony, le Detroit Symphony, l'Indianapolis Symphony, le Milwaukee Symphony, et avec le NewYork Philharmonic lors d'un concert pour les jeunes. La saison précédente était plus internationale : elle avait dirigé l'Orchestre Philharmonique d'Helsinki, le Kristiansand Symfoniorkester, le Beethoven Orchester Bonn, l'Ulster Orchestra et l'Orchestre Symphonique de Nouvelle-Zélande.

A la Camerata Salzbourg

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La Camerata Salzburg s'est choisi le Venezuélien Giovanni Guzzo (35 ans) pour premier violon.

Giovanni Guzzo a commencé sa formation musicale à l'âge de cinq ans au piano ; à six ans, il a ajouté le violon. Il était à 12 ans, le plus jeune lauréat du concours national de violon "Juan Bautista Plaza" au Venezuela. Il a obtenu une bourse d'études à la Royal Academy of Music de Londres, dont il est sorti avec les honneurs. Il y fut d'ailleurs le plus jeune professeur de violon.
Soliste, chambriste, violon solo et chef d'orchestre, Giovanni Guzzo s'est produit au Wigmore Hall (Londres), au Lincoln Centre (New York), aux BBC Proms, aux Festival de Salzbourg et de Verbier, et sous la direction de chefs d'orchestre tels que Sir Simon Rattle, Iván Fischer, Semyon Bychkov, Marin Alsop, Herbert Blomstedt, Reinhard Goebel et Juanjo Mena.

Giovanni Guzzo joue un violon de Gennaro Gagliano de 1759.

Amsterdam radical

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En raison des restrictions imposées par la pandémie, le Dutch National Opera a annulé toutes les productions de la saison : pas d'Anna Bolena (mai) et pas de Damnation de Faust (juin) donc.
Rendez-vous en septembre.

Le Messie, retour aux origines

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Pour Pâques, l'English National Opera prépare l'incontournable Messie pour BBC2.
En respectant les distances bien sûr, mais pour l'occasion, l'ENO retourne à la coutume des représentations du vivant de Haendel, avec un spectre de voix solistes plus large : huit au lieu des quatre habituelles. Il y aura la mezzo-soprano Christine Rice et le contre-ténor Iestyn Davies, les sopranos Nadine Benjamin et Nardus Williams, les ténors Anthony Gregory et John Findon, le baryton Benson Wilson et la basse William Thomas.

Dmitri Bashkirov s'en est allé

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Le pianiste géorgien Dmitri Bashkirov est décédé hier à l'âge de 89 ans.
Né à Tbilissi, il avait débuté le piano dans le milieu familial puis au Conservatoire de sa ville natale avec Anastasia Virsaladze, avant de rejoindre le Conservatoire Tchaïkovski de Moscou et travaillé avec Alexandre Goldenweiser.

En 1955, il remportait le concours de piano Marguerite Long-Jacques Thibaud (Paris) et débutait une carrière de soliste avec les plus grands orchestres et des chefs tels que Kurt Masur, Zubin Mehta, Wolfgang Sawallisch....

Impitoyable lorsqu'il enseignait, il était néanmoins extrêmement recherché et il a marqué ses étudiants au Conservatoire de Moscou, au Conservatoire de Paris, au Mozarteum de Salzbourg, à l'Académie Sibelius d'Helsinki, et l'Escuela Superior de Música Reina Sofía de Madrid (il avait acquis la nationalité espagnole en 1997) où il dirigeait la classe de piano depuis 1999 : on compte parmi eux Arcadi Volodos, Dmitri Alexeev, Luis Fernando Pérez, Dang Thai Son, Nikolai Demidenko, Elena Bashkirova (sa fille, l'épouse de Daniel Barenboim), Kirill Gerstein, Denis Kozhukhin, Eldar Nebolsin, Vestards Simkus, David Kadouch, Jong Hwa Park, Claudio Martínez Mehner, Bruno Vlahek, Plamena Mangova, Stanislav Ioudenitch,...

Palmarès du 3e Concours de Composition de Bâle

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Le 3e Concours de Composition de Bâle a eu lieu du 4 au 7 mars. Parmi les 355 partitions soumises, le jury a sélectionné 12 œuvres (7 pour orchestre symphonique et 5 pour orchestre de chambre) qui ont été créées à Bâle.
En voici le palmarès :

1er Prix (60 000 CHF) : Yiqing Zhu (Chine) pour DeepGrey ;
2e Prix (25 000 CHF) : Artur Akshelyan (Arménie) pour Trois pièces pour orchestre ;
3e Prix (15 000 CHF) : Miguel Morate (Espagne) pour Comme s'en va cette onde.

Le Concours (bisannuel depuis 2017) veut promouvoir les compositions contemporaines pour orchestre symphonique et de chambre, donner une visibilité à l'écriture de nouvelles œuvres pour de grandes formations. Il est soutenu par la Fondation Paul Sacher.

La Sonnambula, 190 ans

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Il n'est pas interdit de se faire du bien, même (surtout !) si les salles et les spectacles manquent cruellement aux mélomanes.
Au moment où Milan et le Théâtre de la Scala sont à nouveau frappé par l'épidémie, souvenons-nous qu'il y a 190 ans, La sonnambula de Bellini séduisait le public pour la première fois.
L'opéra semi-seria en deux actes sur un livret de Felice Romani est créé au Teatro Carcano de Milan le Succès immédiat pour l'ouvrage considéré, avec Les Puritains et Norma, comme l’un des trois chefs-d’œuvre du compositeur. Il sera rapidement représenté dans les principaux théâtres italiens et étrangers : outre New York et Paris, il est mis en scène à Londres avec Maria Malibran dans le rôle-titre (version partiellement traduite en anglais).

Nouveau deuil pour la musique ancienne espagnole

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Nous vous annoncions la semaine dernière le décès de Genoveva Gálvez. Puis c'est le claveciniste Esteban Mazer, de nationalité argentine mais basé à Barcelone, qui s'en est allé. Aujourd'hui, nos confrères de Scherzo annoncent un nouveau deuil :  celui du violoniste et violoniste José Vázquez, Cubain de naissance mais résidant en Espagne hors de ses séjours à Vienne où il a enseigné la viole de gambe à l'Université de musique.

Collaborateur d'innombrables groupes espagnols et internationaux dont Musica Antiqua Köln, Vázquez possédait la plus grande collection privée d'instruments anciens au monde, par l'intermédiaire de la Fondation Orpheon : deux cents instruments originaux (de 1560 à 1780) dont des violes de gambe, des violes d'amour, des violons, des altos, des violoncelles, des violons, des barytons, des luths et des instruments à clavier, avec les archets originaux correspondants.
Né à Cuba, son éducation s'est déroulée aux États-Unis avant de poursuivre la viole de gambe avec Hannelore Müller et de violon baroque avec Jaap Schroeder à la Schola Cantorum Basiliensis (Suisse).

Arrivé en Espagne (1974) avec l'intention d'étudier la médecine, il s'était rapidement rendu à l'évidence : la musique était l'affaire de sa vie.

L'opéra de Lyon voit son budget raboté

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C'est la stupéfaction à l'Opéra de Lyon : la subvention de la ville va passer de 7,5 millions d’euros (2020) à 7 millions en 2021.
"En termes de politique culturelle, nous ne pouvons que nous inquiéter de l'idéologie anti-opéra qui semble sous-tendre cette décision", a déclaré le Directeur Général, le Belge Serge Dorny.
La Mairie de Lyon évoque, elle, un rééquilibrage qui lui permet de venir en aide à d'autres structures culturelles.