Radio France : Gatti Ma Non Troppo
Ce soir, c’est « carte blanche » pour Daniele Gatti, la deuxième d’un cycle viennois de trois concerts. Et dans son jeu, le chef a quatre atouts : Mozart, Haydn, Beethoven, et un public prêt à valser.
On attaque avec l’ouverture de Don Giovanni. Force tranquille, presque détaché, le maestro conduit un Orchestre National de France qui s’exécute sans emphase ni débauche. Cela dit, ce Mozart n’eut rien de mollasson : la vélocité des cordes était grisante, la pesanteur comme l’espièglerie de la partition transcrites avec virtuosité. Bref, le ton de la soirée était donné, on pouvait enchaîner.
Haydn, Symphonie n°82 en ut majeur, dite « L’Ours ». Une exécution forte d’une savante nonchalance. Pour donner la réplique à ce chef tout en élégance sobre, un orchestre allègre, armé d’une riche palette de nuances et d’un grand nuancier de phrasés. Les pages défilent : celles, toutes pimpantes et pompeuses, du premier mouvement, les ritournelles fluettes de l’allegretto, la badinerie d’un menuet tout en pointillé, et le vivace, qui eut le mérite de réveiller ceux qui commençaient à s’ennuyer. Les tuilages, les jeux de question-réponse, les homorythmies : tout était soigné.