Clérambault, une intégrale artisane et intimiste de l’œuvre d’orgue et clavecin

par

CREATOR: gd-jpeg v1.0 (using IJG JPEG v62), quality = 90

Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)  : Première et deuxième Suites pour clavecin en do majeur, en do mineur. Suites pour orgue du premier et du deuxième tons. Michel Louet, clavecin, orgue de la collégiale de Levroux. Livret en français. Octobre 2023, juin 2024. 65’38’’. Ctésibios CTE080

À Bastille, des racines pas toujours très carrées

par

Une soirée, trois ballets : Thème et Variations de Balanchine, Rhapsodies de November et enfin Corybantic Games de Wheeldon ; avec pour point commun justifiant la programmation le renvoi à trois « univers » distincts : la Russie, l’Afrique et la Grèce. L’occasion, également, de voir que, si le Ballet de l’Opéra national de Paris continue d’exceller dans son répertoire historique, la sortie de cette zone de confort n’est pas toujours étincelante.

La soirée s’ouvrait donc sur Thème et Variations de Balanchine, créé en 1947 pour le Ballet Theatre de New York. Point de surprise ici : tous les marqueurs habituels du néoclassique balanchinien sont bien présents. Plateau nu à l’exception de deux lustres, costumes académiques mais pas moins somptueux pour autant… Sur scène, Bleuenn Battistoni étincelle jusque dans la moindre gargouillade, nonobstant les aspects himalayens de la chorégraphie. À ses côtés, Thomas Docquir semble par moments plus timide, si ce n’est hésitant, dans ce nouvel ajout à son répertoire, mais n’hypothèque pas pour autant son statut d’ultra-favori pour la prochaine nomination d’étoile masculine. Soulignons également, si un rappel était de rigueur, que les pas de quatre, malgré quelques décalages, ainsi que le corps de ballet dans sa globalité, se distinguent toujours par leur remarquable maîtrise technique dans ce répertoire, avec une mention toute particulière pour Messieurs Enzo Saugar et Shale Wagman pour leur présence scénique particulièrement remarquée.

Le bas blesse un peu plus quand vient Rhapsodies de Mthuthuzeli November, initialement créé en 2024 pour le Ballet de Zurich. D’un point de vue chorégraphique, les deux principales réserves pourraient peut-être se résumer ainsi : d’une part, la construction même du ballet ; conçu comme une exploration de portraits et une série d’instantanés, il est naturellement bien complexe de trouver un fil directeur au sein de ces 22 minutes de chorégraphie, où bien des passages ont des airs de déjà-vu. D’autre part, les danses observées dans les rues du Cap sont probablement fort éloignées des enseignements prodigués à Nanterre, et le corps de ballet échoue à rendre une copie réellement convaincante dans cet univers trop étranger à la grande majorité de ses membres. Il faut attendre l’andante de la deuxième partie pour voir une partie ces réserves commencer à se lever. Notons tout de même les interprétations d’Isaac Lopez-Gomez, Yvon Demol et, surtout, de Laetitzia Galloni, remarquable de bout en bout, tant dans sa félinité gershwinienne que dans sa justesse d’interprétation.

Vient finalement Corybantic Games de Wheeldon, librement inspiré des danses pyrrhiques des prêtres de Cybèle. Point d’armure ni de distribution purement masculine ici — et qu’importe le glissement civilisationnel de la Phrygie vers la Grèce —, le décor épuré et mouvant signé Jean-Marc Puissant se veut une référence au style dorique des temples helléniques. Sur scène, un quintette se distingue par son énergie scénique et sa virtuosité d’interprétation, flirtant par instants avec la sensualité chez ces dames. Ainsi, aux côtés de la dernièrement étoilée Roxane Stojanov, visiblement tout à fait à son aise dans ce répertoire, notons également les interprétations de Messieurs Enzo Saugar (encore), Lorenzo Lelli, mais également de mesdemoiselles Naïs Dubosq, qui se distingue décidément sur le long terme par la grande qualité de ses interprétations, quel que soit le chorégraphe, et surtout de Lucie Devignes, qui brûle les planches à chacune de ses interventions dans ce kaléidoscope créneleurien.

Jean-Sébastien Bach transcrit par Ferruccio Busoni : Un passionnant voyage entre l’orgue et le piano  

par

Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750) / Ferruccio Busoni (1866 – 1924) : Prélude et Fugue en ré majeur BWV 532 ; Toccata, Adagio et Fugue en ut majeur BWV 564 ; Choral « Ich ruf zu dir, Herr Jesus Christ » BWV 639 ; Prélude et Fugue en mi bémol majeur BWV 552 ; Choral « Nun komm, der heiden Heiland » BWV 659 ; Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565. Jean-Philippe Collard, piano. 2024 - Livret en français, anglais et japonais. 68’29’’. LA DOLCE VOLTA LDV 139.

Acis & Galatea : Garciá-Alarcón révèle les multiples facettes d’un Haendel étincelant

par

C’était la fête vendredi soir au Grand Manège de Namur. On célébrait le 20e anniversaire de la Cappella Mediterranea, le fidèle ensemble instrumental qui accompagne Leonardo García Alarcón au gré de ses multiples aventures.

Acis & Galatea, un hit du XVIIIe siècle

Au programme, Acis & Galatea, une pastorale devenue un tube, joué près de 70 fois dans l’Angleterre du XVIIIe siècle. Un thème tiré d’Ovide que le compositeur avait déjà utilisé à Naples en 1708 sous le titre de Acis, Galatea e Poliferno pour une cantate d’une virtuosité très méridionale. Neuf ans plus tard, Haendel, désormais installé en Angleterre goûte les plaisirs de la campagne dans la fastueuse propriété du duc de Chandos. Il y écrivit ses fameux « Chandos anthems », plusieurs concertos et deux opéras. Loin de la turbulence éprouvante des opéras italiens sur la place de Londres, Haendel peut créer dans les jardins du château une délicate pastorale inspirant les sentiments les plus doux et les décisions les plus nobles. En soi, ce chef d’œuvre savamment ouvragé constitue un somptueux « air du catalogue » de ses possibilités d’écriture : influences italiennes et françaises inscrites dans une tradition anglaise qui remonte à Purcell. Il suffit d’y puiser ses affects pour incarner les multiples sentiments qui jalonnent de délicieux parcours amoureux. Grâce ensorcelante des pâturages, délicieux gazouillis des oiseaux, mélancolie inquiète d’Acis face à l’absence de son amoureux, amour éperdu d’Acis qui supporte mal celle de son aimée, insensible aux appels à la raison de son ami Damon, unisson chaleureux des retrouvailles en conjonctions avec la nature.

Vivaldi : Guillaume Rebinguet Sudre rend les sonates pour violon à l’art des Tenebrosi

par

Vivaldi Incognito. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Sonates pour violon en ré mineur RV 12, en ré majeur RV 10, en do mineur RV 6, en mi bémol majeur RV 756. Adagio du Concerto pour violoncelle en sol mineur RV 416. Guillaume Rebinguet Sudre (*1978) : Toccata pour clavecin en sol majeur. Preludio pour théorbe en si bémol majeur. Guillaume Rebinguet Sudre, violon. Étienne Mangot, violoncelle. Simon Waddell, théorbe. Clément Geoffroy, clavecin. Livret en français, anglais. Novembre 2023. 60’05’’. L’Encelade ECL 2302

Hommage au Requiem de Mozart : quand Occident et Orient ne font qu’un

par

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1792) : Requiem en ré mineur, K.626 ; Fazil Say (1970*) : Mozart ve Mevlana, Op. 110. Fatma Said, soprano - Marianne Crebassa, mezzo-soprano - Pene Pati, ténor - Alexandros Stavrakakis, basse - Burcu Karadağ, ney - Aykut Köselerli, kudüm - Rundfunkchor Berlin, Klaas-Jan de Groot, chef de choeur - Luzerner Sinfonieorchester, Michael Sanderling, direction. 2025. Livret en anglais, français, allemand. 67’. Werner Classics. 5021732754738

Roth fait vibrer la Belle-Époque au Théâtre des Champs-Élysées »

par

Édouard  Lalo (1823-1892) :  Namouna,  Suite no 1 ; Claude Debussy (1862-1918) :  Prélude à l’Après-midi d’un faune. L. 86 ; Albert Roussel (1869-1937) :  Bacchus et Ariane op.43 / Suite n°2  ;  Paul Dukas (1865-1935) :  L’Apprenti sorcier. Les Siècles, direction : François Xavier Roth.  2023.  Livret en : français, anglais et allemand. 61’24’’. Harmonia Mundi.  HMM 902736