Paul Lewis exceptionnel dans Haydn

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Pour le deuxième des trois récitals de Paul Lewis prévus cette saison à Flagey, et où il combine chaque fois sonates de Haydn, pièces tardives de Brahms et oeuvres inclassables de Beethoven (deux séries de Bagatelles en attendant les Variations Diabelli pour le dernier concert de la série, le 9 février prochain), le pianiste anglais se montra exceptionnellement convaincant dans deux des plus belles sonates de Haydn qui n’auraient pu souhaiter de meilleur défenseur.

Dès les premières mesures de la Sonate N° 33 en do mineur, Hob. XVI:20, on comprend le regain d’intérêt pour l’oeuvre pianistique de cet immense compositeur que défendent maintenant des interprètes comme Schiff, Bavouzet ou Hamelin. Comme Paul Lewis sait mettre en avant le côté à la fois vif, spirituel et profond (mais jamais aimable) de cet immense compositeur, comme ses trilles fusent, et comme il sait rendre sans lourdeur indue la profondeur de l’Andante con moto. On admire sans réserves sa virtuosité aisée dans le Finale virtuose, comme la façon dont il sait traiter cette musique avec le sérieux qu’elle mérite mais sans rien d’empesé.

Les mêmes éloges s’appliquent à la grande sonate N° 62, Hob. XVI:52, probablement la plus belle de Haydn. Lewis nous en donna un premier mouvement plein d’esprit, joué avec humour et gourmandise, alors que le poignant Adagio, impeccablement construit et senti, voyait le pianiste aborder ces étonnants passages qui semblent déjà annoncer Schubert avec toute l’intensité requise. Quant au Finale, Lewis -servi par une technique irréprochable- en rendit à la perfection l’imagination bouillonnante et la fine malice.

Les sept Bagatelles Op. 33 de Beethoven furent elles aussi de belles réussites, Lewis se montrant très réceptif à leur humour abrupt et bourru (N° 2) comme à leur côté pince-sans-rire (N° 5) ou si spirituel « à la Haydn » (N°7).

Pour être moins exceptionnelles, les Fantaisies Op. 116 de Brahms qui ouvrirent la soirée étaient également de très belle tenue, ces exquises miniatures invariablement abordées avec sérieux mais sans tiédeur. Veillant à toujours assurer la clarté de l’interprétation en dépit de l’écriture souvent touffue de Brahms, Lewis se montra tour à tour énergique (N° 1), pudique (N° 2 et 4), tempétueux et dramatique (N° 3 et 7) et particulièrement inspiré dans l’Intermezzo (N°6) déclamé avec beaucoup de beauté et de fines nuances dynamiques.

Bruxelles, Flagey, 18 octobre 2018.

Crédit photographique :  Jack Liebeck

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