Mots-clé : Camille Saint-Saëns

Les quatre ailes de Marie Trautmann-Jaëll (II)

par

Seconde partie du dossier Marie Jaëll par Anne-Marie Polome

Ses écrits

Marie Jaëll tient un premier Journal de 1871 à 1882, de la fin de la guerre à la mort de son époux, puis un second commencé lors de son premier séjour à Weimar, près de chez Liszt (1883-1884), et consigné dans le Cahier Vert offert par le musicien qu’elle associe ainsi à ses réflexions.  Son abondant courrier est conservé à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.  De 1904 à sa mort, elle note, dans ses Cahiers de Travail, ses réflexions profondes sur l’approche esthétique du piano, la pédagogie musicale, ses recherches scientifiques, le tout agrémenté de remarques pertinentes.  Ces écrits confirment que, toute sa vie, Marie a énormément médité. On pourrait dire qu’elle a fait de l’introspection et sa foi en Dieu est inébranlable. 

En 1871, elle note : Je joue merveilleusement mais je n’y suis pour rien, pourtant ce sont là les véritables artistes. Leur science ne vient pas de l’homme mais de Dieu. Puis : J’ai été heureuse de voir que dans l’art, je cherche plus à progresser qu’à plaire. Et en 1883 : Oui, j’adore passionnément jouer du piano. C’est une des plus grandes joies de ma vie. C’est beau, c’est beau de sentir qu’on fait passer toute son âme à travers ces touches d’ivoire, c’est beau de l’entendre vibrer et de sentir qu’elle fait vibrer d’autres âmes.  

Cette recherche perpétuelle de l’amélioration et cette passion qu’elle veut transmettre généreusement vont l’amener à élaborer une nouvelle manière de toucher le clavier du piano et, par là, l’âme de l’auditeur.

Francis Poulenc : la fraîcheur et le feu

par

"Unis la Fraîcheur et le Feu" disait Eluard à Poulenc, qui fit de ce titre un merveilleux petit cycle de mélodies. Fraîcheur d'un charme mélodique désarmant, Feu d'une inspiration ardente, revivifiée par la Foi. Cette union improbable et pourtant si naturelle a garanti le succès du musicien, de son temps à nos jours. Analyse d'une popularité sans faille, d'une éternelle jeunesse, au travers de ses plus grandes œuvres.

 "En Poulenc, il y a du moine et du voyou" disait Claude Rostand. Et, plus récemment, Stéphane Friédérich titrait  : "Francis Poulenc : la gravité du pince-sans-rire". A la lecture du catalogue de l'œuvre, cette alternance frappe en effet tout de suite. Il ne s'agit cependant pas d'empreinte commune, de tragi-comédie, de mélange shakespearien des genres, mais plutôt d'une évolution parallèle, faisant concourir constamment pages légères et pages profondes, poèmes enjoués et motets vibrants, ballets érotiques et cantates douloureuses. Dichotomie étrange, qui jamais n'embarrassa le Maître, conscient de ses deux penchants, et les réunissant joyeusement, pour le plus grand bonheur des mélomanes. Et Denise Duval pourra chanter tour à tour Les Mamelles de Tirésias et Dialogues des Carmélites sans aucune angoisse métaphysique.

Chez Poulenc, il n'y a pas de "périodes", au grand dam des critiques qui aiment classer, répertorier, scinder. Il a trouvé son style tout seul, apparu comme Minerve sortant du cerveau de Jupiter. Par une feinte indifférence, l'inspiration "voyou" côtoiera l'inspiration "moine", avec une recrudescence de celle-ci à partir de 1936, lors de la conversion du compositeur. 

Un chef-d’œuvre à découvrir : ASCANIO

par

Camille Saint-Saëns, ASCANIO, opéra en 5 actes et 7 tableaux. Bernard Richter (Ascanio) Jean-François Lapointe (Benvenuto Cellini) Clémence Tilquin (Colombe d’Estourville) Eve-Maud Hubeaux (Scozzone) Karina Gauvin (la Duchesse d’Etampes) Jean Teitgen (François I er) Mohammed Haidar (un Mendiant) Joé Bertili (Pagolo) Raphaël Hardmeyer (Charles-Quint) Bastien Combe (D’Estourville) Maxence Billiemaz (D’Orbec) Olivia Doutney (une Ursuline) / Chœur de la Haute Ecole de Musique de Genève / Chœur Du Grand-Théâtre de Genève / Orchestre de la Haute Ecole de Musique de Genève / Guillaume Tourniaire. 2017 DDD – 191’17. Présentation en français et en anglais. Livret en français et en anglais. Chanté en français. 3 CD B Records LBM 013.

Gina Bachauer, une grande pianiste trop oubliée

par

Gina Bachauer ; the Rare Recordings. Oeuvres de Edvard Grieg, Ludwig van Beethoven, Jean-Sébastien Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Maurice Ravel, Claude Debussy, Johannes Brahms, Franz Liszt. Gina Bachauer, piano.  Chefs et orchestres divers. 1949 à 1962-ADD-66'05, 75'13, 71'01 et 74'59-Textes de présentation en anglais et allemand-Profil Günter Hänssler PH 18018 (4 cd)