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Das Rheingold, ou le retour triomphal des Berlinois à Salzbourg

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Un début de cycle peut en cacher un autre. Treize ans après leur départ pascal pour Baden-Baden, le Philharmonique de Berlin revenait au Manège des rochers (Felsenreitschule) sous la baguette d’un Kirill Petrenko toujours aussi sidérant. Sur le plateau, la proposition de Kirill Serebrennikov, bien que clivante, n’en est pas moins enthousiasmante.

Si l’aspect cyclique du Ring n’est habituellement mis en exergue qu’à la fin du Crépuscule des Dieux, le parti pris du Ring de Serebrennikov l’exacerbe dès le prologue de la Tétralogie, dont chaque opéra aura lieu sur un continent différent. Ainsi, une catastrophe mondiale a eu lieu en préambule et, sur un continent africain désormais désertique et couvert par endroits de coulées de lave, le reste de l'humanité s’est organisé en différentes tribus. À l’instar des Wälsungen, ne touchant jamais le sol et ayant conservé quelques réserves d’eau ainsi qu’un ersatz de maîtrise technologique, leur permettant d’alimenter péniblement un arbre. À l’inverse, Nibelungen et géants arpentent désormais une terre aride en tentant de s’accaparer ces ressources.

Visuellement, il faut toutefois composer avec les impératifs du Manège des rochers. Pas de proscenium, de coulisses ni même de rideau de scène. Un décor unique avec uniquement quelques accessoires scéniques pouvant être déplacés d’une scène à l’autre. Dans sa proposition visuelle, outre les éléments physiques du décor sur le plateau ainsi que les parois sculptées à même le Mönchsberg, le metteur en scène peut toutefois également compter sur huit écrans mobiles indépendamment les uns des autres, pour projeter des vidéos des personnages mais également des visuels descriptifs visant à enrichir les éboulis de lave refroidie, le tout avec un esthétisme particulièrement léché.

Dans la fosse, d’aucuns rappelleront que c’est l’apanage des plus grandes formations et chefs que de donner au public une lecture des œuvres leur conférant un nouvel éclairage. Dans cet exercice, les Philharmoniker déploient un effectif relativement modeste (six contrebasses contre huit à Bayreuth ou Bastille notamment, cinq harpes contre six habituellement). Toutefois, les dispositions acoustiques uniques de la fosse de la Felsenreitschule – la phalange n’est enfoncée que d’environ 180 cm, sans parois entre elle et les gradins, aux antipodes de la fosse du Bayreuther Festspiele – permettent au maestro Petrenko de livrer un rendu unique. La gestique est sobre, mais précise en diable, et permet de livrer une lecture, certes analytique, mais permettant surtout une construction méthodique de l’intensité dramatique de la partition. Au-delà des leitmotivs, c’est une myriade de détails de cette partition qui deviennent soudain saillants, sans que les effets d’ensemble n’en pâtissent, avec des reliefs exceptionnels.

Le Vaisseau fantôme à la Philharmonie du Luxembourg

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Version de concert du "Vaisseau fantôme"  avait été donnée à la Philharmonie du Luxembourg sous la direction du jeune chef finlandais Tarmo Peltokoski. Le moins que l'on puisse dire est que cette production était contrastée.

D'abord chez les solistes : le Daland du baryton-basse allemand Albert Dohmen n’offrait pas le timbre adéquat, et surtout il rendait des notes graves trop caverneuses pour saisir l’auditeur. Et s'il jouait convenablement son rôle, prenant son timbre en main au fur et à mesure du drame, il manquait de couleurs vocales et donc de chair pour son rôle, ce qui handicapait jusque dans ses duos.

Le baryton américain Brian Mulligan en Hollandais manquait, quant à lui, de profondeur et d’incarnation pour donner à son chant le caractère spectral faisant appartenir le capitaine maudit autant au monde des morts qu'à celui des vivants. Son timbre trop blanc, trop sec, presque objectif ne faisait pas trembler l’auditeur. Il ne suscitait donc aucune émotion particulière dans son aria "Die Frist ist um,… und abermals verstrichen», laquelle s’achève pourtant sur un appel au néant afin de finir son errance.

Leurs duos sonnaient très confus, peu audibles et quasi brouillons à chaque fois.  La Santa de la soprano suisse Gabriela Scherer manquait de souffle dans ses aigus, notes dont son rôle est richement pourvu afin d’indiquer sa folle aspiration à la mort. Elle ne parvenait pas non plus à emporter lorsqu'elle chantait la ballade de Senta " Johohohe! Johohohe! Johohohe! Johohe!", en la prenant de façon froide, extérieure et quasi sans passion. Cette conception blanche du chant handicapait durant tout l'opéra, y compris dans ses duos.

Le trio entre Daland, le Hollandais et Senta en était également peu clair, difficilement audible et très confus. Les qualités des solistes étaient ainsi dans les rôles secondaires, voire tertiaires. 

Le label de l’Orchestre symphonique de Hambourg 

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Luciano Berio (1925-2003) : Folk Songs ; Xavier Montsalvatge (1912-2002) : Cinco canciones negras ; Manuel de Falla (1876-1946) : El amor brujo. Catriona Morison, mezzo-soprano ; Symphoniker Hamburg, Sylvain Cambreling. 2020. Livret en allemand. 64’41. Symphoniker Hamburg. SyHa 202001. Philippe Boesmans (né en 1936) : Chambres d’à côté, Trakl-Lieder (transcription pour petit orchestre de Sylvain Cambreling) ; Arnold Schönberg (1874-1951) : Ode pour Napoléon Bonaparte, Op.41b (version pour orchestre à cordes) ; Giacinto Scelsi (1905-1988) : Quattro Pezzi. Sarah Wegener, soprano ; Dörte Lyssewski, narratrice ; David Kadouch, piano ; Symphoniker Hamburg, Sylvain Cambreling. 2021. Livret en allemand. 71’54’’. Symphoniker Hamburg. SyHa 202101