Mots-clé : Eléonore Marguerre

L’univers tout entier tonne et résonne à Orange : la soirée des 150 ans des Chorégies

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Le théâtre antique d’Orange est en partie connu pour son gigantesque mur en pierre dominé par l’empereur Auguste dont Louis XIV disait qu’elle était « la plus belle muraille de son royaume ». Hier soir nous avions face à nous non pas un mais deux murs ! Quelle impression, quel spectacle d’être confronté à près de trois cents choristes et à un orchestre version XXL pour l’occasion. C’est dire la démesure de l’œuvre à l’affiche, la nature de l’événement et la volonté des Chorégies de marquer un nouveau grand coup pour les 150 ans du festival. Alors cette soirée d’anniversaire était-elle à la hauteur du caractère exceptionnel de cette trop rare 8ème symphonie ?

Il y avait de quoi être optimiste, il est vrai que cette édition 2019 des Chorégies est pour le moment un très bon cru. Après le très réussi « Guillaume Tell » et la magnifique Nuit Espagnole en compagnie de Placido Domingo, nos espérances étaient donc grandes. D’autant que pour nous Mahler est un compositeur à part, un « vieux compagnon de route », toujours là quand il le fallait dans notre vie. Nous avons tous un chanteur ou un artiste fétiche ; pour nous c’est le grand Gustav. Pour bénéficier d’une écoute vraiment impartiale et d’un regard neuf durant ce concert nous avons mis de côté pendant plusieurs semaines les enregistrements légendaires de Solti, Ozawa, Lenny Bernstein ou Sinopoli ! Quand on est trop familier d’une œuvre, il est parfois difficile de trouver la capacité de se laisser gagner par une nouvelle lecture. D’oser la nouveauté. Heureusement pour nous, Jukka-Pekka Saraste était là !

Une Chauve-Souris festive à Lausanne

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En ombres chinoises, se profile Vienne, la cité impériale avec sa Grande-Roue au Prater. Devant une haute maison en forme de tour qu’escalade un ténor hurlant à tue-tête son amour, est projeté un message-invitation du Dr Falke à Gabriel von Eisenstein, tandis qu’un acrobate chauve-souris se jette dans le vide. C’est ainsi qu’Adriano Sinivia présente cette Fledermaus (chantée en allemand avec les dialogues parlés en français) aussi déjantée que sa Cenerentola de l’automne 2015, en se mettant dans la peau d’un Falke ridiculisé par son accoutrement de mammifère volant, qui ne songe qu’à se venger de son compère.

Une vision de l'opéra de Janacek sans animaux : pourquoi pas ?

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Vincent Le Texier (Harasta), Lenneke Ruiten (Foxie) © B. Uhlig

La Petite Renarde rusée de Leos Janacek
Venant du monde de la mode, l'artiste belge Christophe Coppens réalise sa première mise en scène d'opéra avec cette oeuvre populaire de Janacek. Coup d'essai, coup de maître ? Sans doute. Tout d'abord, il met à profit l'exceptionnelle largeur de la scène du "Palais de la Monnaie" : de 15 mètres, il l'élargit à 30 ! Il divise cet espace énorme en trois : côté cour un vrai café avec comptoir et tables, côté jardin bureau du garde-chasse/agent de sécurité avec ordinateurs et caméras de surveillance, et au milieu, une sorte de salle polyvalente, surveillée par un grand renard inquisiteur, et qui servira à abriter les événements de la forêt.