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Renaissance, au Artonov Lab, envisage trois mémoires

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Dans le panorama événementiel du Festival Artonov qui, outre les concerts, performances ou spectacles de danse, propose, pour sa 12ème édition, un regard par le trou de la serrure sur la culture populaire japonaise, au travers d'une exposition de sculptures bouddhiques et textiles boro (tissus rapiécés des campagnes) signés d'artisans anonymes, je choisis de retrouver Sturm und Klang à l'ancienne centrale électrique de Sainte-Catherine (Artonov s’installe volontiers dans des architectures sortant de l’ordinaire), devenue espace de création interdisciplinaire – une autre source d’étincelles. Dans Renaissance, c’est du passé qu’il s’agit, un temps qui a eu lieu, qu’on pourrait croire déchu, révolu, décédé – que le programme de ce soir définit toutefois comme une réalité susceptible de réémerger, travestie peut-être, à la surface de la vie. Trois œuvres, aux démarches compositionnelles distinctes, parlent donc de mémoire – comme d’un processus de mutation.

A la manière de Hans Zender, auprès de qui elle se perfectionne à l’Ecole supérieure de musique de Francfort – dans son « interprétation composée » du Winterreise de Schubert, le compositeur et chef d'orchestre allemand fait ressortir, avec des moyens contemporains, des dimensions expressives et structurelles jusque-là peu saillantes –, sa compatriote Isabel Mundry met en évidence des relations habituellement peu perceptibles – comme le dévoilement du réseau de poutres de soutènement d’un édifice – dans la musique de Guillaume Dufay, compositeur de l'école bourguignonne (point de départ de l'école franco-flamande) dont les pièces annoncent le madrigalisme et la musique de la Renaissance ; une façon d’en renouveler l’écoute autour d’une instrumentation contemporaine qui change la perspective et la temporalité.