Mots-clé : Mady Mesplé

Tout Ravel en un siècle et en boîte intégrale

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 Maurice Ravel (1875-1936) : l’oeuvre intégrale. Enregistré entre 1913 et 2016 Livret en anglais, français et allemand. Artistes dont : Samson François, Bertrand Chamayou, Anne Queffelec, Martha Argerich, Jean Philippe Collard, Michel Béroff, Pierre Barbizet, Christian Ferras, Renaud Capuçon, Gautier Capuçon, le Quatuor Ebène, Jean Martinon, André Cluytens, Charles Munch, Carlo-Maria Giulini, Michel Plasson, Armin Jordan, Victoria de los Angeles, José van Dam, Mady Mesplé, Gabriel Bacquier, Gérard Souzay, Jessye Norman, Sabine Devieilhe. En bonus, 4 CD historiques comprenant des enregistrements rares de Ravel par Ravel, Robert Casadesus, Marguerite Long, Alfred Cortot, Marcelle Meyer, Henriette Faure, Arthur Rubinstein, Pierre Monteux, Quatuor Calvet, Francis Poulenc, Fanny Heldy, Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire Enregistré entre 1913 et 2016 21 CD Warner Classic. 0190295283261. 

Une Lakmé pour l’éternité, Mady Mesplé 

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En l’espace de dix-sept jours disparaissent deux des figures emblématiques du chant français, Gabriel Bacquier le 13 mai, Mady Mesplé, le 30. Comment oublier cette voix de soprano léger qui vous envoûtait par une seule phrase, Où va la jeune Hindoue, fille des parias ? ouvrant l’Air des clochettes de ‘Lakmé’, avec cette fraîcheur affectueuse et ce charme subtil et souriant qui s’ajoutaient à la pureté du timbre, à la justesse de l’intonation et à la facilité de l’aigu ? Et dire que trois ou quatre carrières se sont succédé dans un parcours artistique témoignant de l’indomptable énergie d’une chanteuse qui a osé défendre autant la création contemporaine que le récital ou les apparitions à la télévision destinées à rapprocher le spectateur lambda d’un répertoire lyrique jugé hermétique .

Née à Toulouse le 7 mars 1931, fille de parents d’un milieu modeste qui s’étaient rencontrés dans une chorale, la petite Magdeleine prend des cours de solfège dès sa plus tendre enfance, chante à longueur de journée depuis qu’elle a entendu une représentation de Faust au Capitole et, par une dérogation au règlement, réussit à entrer au Conservatoire de Toulouse à l’âge de… sept ans et demi dans les classes de piano et d’accompagnement, ce qui lui vaudra rapidement un premier prix. Mais comme la famille n’a pas les moyens de l’envoyer à Paris afin de poursuivre ses études au Conservatoire National Supérieur, elle joue du piano dans les bals populaires, les cabarets, tout en servant régulièrement d’accompagnatrice à un jeune violoniste, Christian Ferras. A dix-huit ans, elle réintègre l’école de musique toulousaine pour se glisser dans la classe de chant de Madame Izar Lasson, l’épouse de Louis Izar, le directeur du Capitole qui, rapidement, l’envoie auditionner à Liège avec l’Air des clochettes. Aussitôt engagée pour la saison 1952-53, elle travaille le rôle de Lakmé avec Georges Prêtre, en poste à Toulouse, débute à l’Opéra Royal de Wallonie au début 1953 dans cette incarnation qui remporte un succès considérable et qui lui permet, durant trois saisons, d’aborder Gilda, Rosina, Philine de Mignon et la rare Dinorah de Meyerbeer. Sous contrat en tant qu’invitée par La Monnaie de Bruxelles pour la saison 1955-56, elle y ébauche une première Lucia di Lammermoor, une première Reine de la Nuit. Mais son collègue de troupe, Gabriel Bacquier, lui conseille de se faire entendre en France.

Coup de chapeau à un artiste hors du commun, Gabriel Bacquier 

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Quatre jours avant son 96e anniversaire, Gabriel Bacquier tire sa révérence avec une ultime pirouette qui sied si bien à ce personnage haut en couleurs qui pouvait jouer sur les registres les plus variés en passant des emplois légers de l’opérette et de l’opéra-bouffe aux rôles nobles de l’opéra. Sa voix de baryton ample, chaude et souple s’adaptait aisément aux personnages majeurs des répertoires français, mozartien et verdien ; et son jeu d’acteur savait les rendre intelligents et sensibles, modifiant souvent les concepts standards établis par la tradition.

Mais qui aurait imaginé que le rejeton né à Béziers le 17 mai 1924 dans une famille modeste entreprendrait une importante carrière lyrique de près d’un demi-siècle ? Passant d’une formation de graphiste chez son oncle imprimeur à un emploi de journalier aux Chemins de fer locaux, il est fasciné par le chant dont une certaine Mme Bastard lui inculque les rudiments, avant de le présenter, en octobre 1945, au Conservatoire de Paris où il aura notamment pour professeurs Yvonne Gall et Paul Cabanel. Durant l’été de 1945, avec une troupe d’amateurs, il campe… le Grand-Prêtre de Samson et Dalila aux Arènes de Béziers puis, au Théâtre Municipal, l’Ourrias de Mireille. Pour la saison 1949-50, il joue les seconds plans à l’Opéra de Nice ; mais en juin, il sort du Conservatoire avec un premier prix de chant et d’opéra-comique, un second prix d’opéra. Refusé à l’Opéra de Paris comme sa consoeur Régine Crespin, il doit courir le cachet, pousser la chansonnette dans les cabarets, les cinémas, en cultivant la muse légère à la Gaîté-Lyrique. L’été à Valenciennes, il ébauche Escamillo ou Scarpia. Puis avec la Compagnie Lyrique Française fondée par le baryton José Beckmans, il part en tournée au Maroc. En 1953, il auditionne devant Joseph Rogatchewsky qui l’engage pour trois ans dans la troupe du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles où il se forge son répertoire. En octobre 1956, il est accepté par l’Opéra-Comique où il débute avec Marcello de La Bohème, Sharpless de Madama Butterfly et Albert de Werther ; et il finit par apparaître à l’Opéra durant la saison 1958-9 en incarnant Giorgio Germont, Rigoletto, Valentin et Alvar dans Les Indes galantes. Le 19 mars 1959, à la Salle Favart, il prend part à la création de La Véridique Histoire du Docteur de Maurice Thiriet, tandis que le 31 décembre, il est affiché au Teatro La Fenice de Venise dans le rôle du muletier Ramiro de L’Heure espagnole. Au Palais Garnier, le 10 juin 1960, il incarne le Baron Scarpia face à la Tosca de Renata Tebaldi ; et à ce propos, il me narrera avec humour : « Elle ouvrait la bouche et la voix était de l’or pur ! Elle m’avait dit : « Gabriel, si Scarpia doit mourir, venez vers moi, car je ne peux pas courir vers vous ! ». Je le faisais galamment, elle plantait le couteau, je tombais…et l’effet était réussi ! ». Et en juillet 1960, il paraît pour la première fois au Festival d’Aix-en-Provence où il remporte un triomphe sous les traits de Don Juan.

Dima Bawab, soprano 

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Crescendo Magazine vous propose une rencontre avec Dima Bawab. Soprano d’origine palestinienne, née en Jordanie, la musicienne est aussi à l’aise dans le répertoire baroque que dans le contemporain. On la retrouve dans de nombreux projets qui fédèrent les énergies et les talents par-delà les frontières.  

J’ai lu, en préparant l’entretien, que vous avez appris le cor d’harmonie. Qu’est-ce qui vous a poussé vers cet instrument ?

J’ai commencé mes études musicales à Amman, ma ville natale. Lorsque j’ai voulu apprendre un deuxième instrument (le piano étant le premier), j’avais choisi initialement le saxophone car je développais à ce moment-là une passion pour le Jazz. J’ai été convoquée au bureau du directeur de mon conservatoire me priant d’accepter de choisir le cor comme deuxième instrument car notre orchestre était en manque de corniste. J’ai accepté et je suis rapidement tombée amoureuse de cet instrument qui m’a permis d’intégrer l’Orchestre National et le Big Band à peine deux ans plus tard. 

Vous avez ensuite préféré le chant, qu’est-ce qui ce qui vous a motivée à passer du cor au chant ?

Il était prévu que je mette le cor de côté uniquement le temps de stabiliser ma technique vocale, notamment la respiration. Mais le chant a vite pris le dessus et je me suis consacrée entièrement aux disciplines complémentaires tels le théâtre, l’analyse et les langues.

Vous avez été repérée par Mady Mesplé. Comment s’est passée cette rencontre ?

J’ai rencontré Mady Mesplé lors d’un stage qu’elle animait pour des chanteurs issus de grandes écoles. A l’époque, je n’avais que 17 ans et seulement 1 an d’expérience en chant lyrique. Elle a été très gentille de bien vouloir m’entendre, et durant les 3 semaines de stage, elle m’a prise sous son aile et m’a orientée vers le Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse où j’ai pu poursuivre mes études musicales auprès d’Anne Fondeville Bleuse. Je suis sortie diplômée du premier prix avec félicitations de tous les membres du jury. J’ai par la suite poursuivi mes études supérieures au CNSMD de Paris.