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Elīna Garanča ou le chant sans frontières

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Aussi loin que je cherche à remonter dans ma mémoire les artistes qui m’ont laissé une empreinte indélébile -et ils sont nombreux dont de tout grands chanteurs- je crois que je dois revenir à l’incomparable Dietrich Fischer Dieskau pour trouver une émotion comparable à celle que laisse Elīna Garanča sur le vif. Et je garde le souvenir de Dietrich Fischer-Dieskau chantant, dans sa langue maternelle, ses compositeurs fétiche : Schubert, Schumann ou Brahms, alors que le récital de la mezzo-soprano lettonne inclura cinq langues étrangères. Ce sont des artistes capables de tisser avec l’auditeur un lien d’une telle intensité qu’on les perçoit comme s’ils chantaient exclusivement pour chacun d’entre nous. La communication du Liceu parlait de « la plus grande mezzo-soprano au monde » et ce vieux routier des salles de concert froncera légèrement le sourcil trouvant, a priori, pareil énoncé quelque peu réducteur. Et pourtant…

Le programme inclut quatre blocs de langues : une sélection de sept lieder de Brahms, piochés dans ses différents opus, dans lesquels son instrument rayonne avec des couleurs moirées, tendres à foison, qui feraient pâlir de jalousie le plus beau des violoncelles. Le penchant du Hambourgeois pour les voix graves est bien connu : il a écrit différents opus de « lieder » pour ces voix et son admiration pour Pauline Viardot fera jaillir la merveilleuse Rapsodie pour alto op 53. Garanča est tout simplement splendide : son phrasé est souple, la diction transparente et sincèrement vécue à chaque inflexion des paroles ; l’émission parfaite : le son semble projeté à travers le chas d’une aiguille pour s’épanouir, au besoin, de toutes ses résonnances les plus chaleureuses.

Un baryton intelligent, Luca Pisaroni

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Dans le cadre de sa saison 2017-2018, le Grand-Théâtre de Genève propose cinq récitals de chant avec piano. Vendredi dernier, l’ouverture des feux a été proposée au jeune baryton-basse vénézuélien Luca Pisaroni qui s’est fait un nom sur toutes les grandes scènes internationales et dans les festivals d’importance, sans être jamais apparu à Genève. Mais c’est maintenant chose faite grâce à ce concert donné à l’Opéra des Nations avec ce remarquable accompagnateur qu’est le pianiste écossais Malcolm Martineau que l’on applaudit régulièrement ici.

Subtilité et émotion

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Robert SCHUMANN (1810-1856)
« Gedichte der Königin Marie Stuart » (Les Adieux de la reine Marie Stuart) (opus 135) - 
Lieder und Gesänge aus « Wilhelm meister » (opus 98a) - Duos (opus 78, 34 ) et divers opus
Johannes BRAHMS (1833-1897)
Lieder (divers opus)
2015-DDD-64'-présentation, livret et textes en allemand et anglais-chanté en allemand-LINN CKD 443