Pēteris Vasks, discret, humble et ému
Après une visite éclair au Mumons (le musée des « Sciences, Arts & Curiosités » de l’université consacre une exposition didactique à l’électricité – je n’y croise pas le Reddy Kilowatt de mon enfance), je m’attable, avec un ami, autour d’une burrata, gaiement fondante, issue de l’immigration ancienne de la région, et nous discutons projets et musiques avant de rejoindre Arsonic, où s’ouvre l’édition 2026 d’Ekinox (appellation rénovée du Festival Musical du Hainaut – le classique, accessible), pour un concert entièrement orienté par le feulement feutré des cordes.
A 80 ans, Pēteris Vasks, compositeur letton passé progressivement du modernisme d'avant-garde à une nouvelle simplicité nourrie d’accents spirituels et mélodiques proches de ceux de son voisin estonien Arvo Pärt, fournit les éléments d’un programme taillé sur mesure pour Jean-Paul Dessy, dont les gestes de direction de l’orchestre (les cordes de Musiques Nouvelles) se font ce soir encore plus déliés et imprégnés, comme éternels. Epifania, écrit en 2010, déploie, comme un moment calme et éphémère, un thème lyrique qui monte vers une exaltation contenue avant de revenir, en compagnie d’un ancien chant populaire letton : retour de ce qui était enfoui, mémoire qui réélabore ce qu’elle conserve – une piste pour la réponse à la réflexion initiale de Vasks sur « ce qui reste au terme d'une vie entièrement consacrée à la musique ».