Voyage stylistique au Festival international de Colmar
Comme chaque année, le Festival international de Colmar propose trois concerts par jour à son public. Le premier est destiné aux jeunes talents du CNSM de Paris, le deuxième à la musique de chambre, et le troisième à un ensemble ou soliste de prestige.
Pour cette première journée complète, nous avons commencé avec un récital de la pianiste tadjike Anastasiya Magamedova. Consacrée aux compositrices, cette prestation fut l’occasion de découvrir une musicienne sobre, efficace, avec un jeu lisible et une belle gestion des textures. Le public a ainsi pu profiter des Trois morceaux pour piano de Lili Boulanger, des Soirées musicales Op.6 de Clara Schumann, de L’oiseau lunaire de Sato Matsui ainsi que des Six études de concert Op. 35 de Cécile Chaminade. Malgré quelques fragilités dans le maintien de la tension et de l’attention dans certaines pièces, Anastasiya Magamedova nous a livré de très beaux moments. L’oiseau lunaire nous a permis d’apprécier sa gestion très juste des silences et sa sensibilité jusque dans les motifs les plus simples, tandis que les Trois morceaux pour piano furent un terrain de jeu idéal pour démontrer toute sa maîtrise des textures et son toucher très fin. Un récital agréable et homogène qui aurait peut-être mérité de compter l’une ou l’autre pièce avec une atmosphère différente.
