Livres : un ouvrage de plus sur Glenn Gould !

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Glenn Gould
Chemins de traverse
par Bruno MONSAINGEON

Glenn Gould est à n'en pas douter le seul pianiste à prendre autant de place sur une étagère en disques qu'en livres. Après avoir écrit quatre livres et réalisé deux films sur Glenn Gould, Bruno Monsaingeon nous revient avec un livre "florilège". Chemins de traverse est en quelque sorte un recueil de textes ou mini-essais de Glenn Gould mis en parallèle avec des extraits d'anciens livres écrits sur Glenn Gould par Monsaingeon. Pas grand chose de nouveau donc. A qui donc ce livre est-il destiné ? Aux gouldiens possédant déjà toute la littérature et filmographie sur le sujet ? Aux non-initiés désireux de comprendre Gould en un seul livre plutôt que de devoir en lire une demi-douzaine ? Sans doute. Toutefois, ce livre ne continent pratiquement que des écrits de la main de Gould, pas vraiment de Monsaingeon, mis à part la préface ; aussi, pour découvrir Gould mieux vaut se référer aux anciens livres de Monsaingeon ou à celui de Michel Schneider : Glenn Gould piano solo. Ce livre n'apporte pas grand chose à la littérature gaullienne, c'est une simple anthologie des textes du pianistes canadien agrémentés à chaque page de gauche de quelques phrases piochées çà et là. On y apprend un projet avorté d'un disque consacré aux Sonates de Scarlatti, mais ces Sonates ne sont pas de son goût et il préfère abandonner l'idée. On y retrouve son amour des compositeurs de la Seconde École de Vienne, son désamour pour Mozart, son mépris envers Liszt ainsi que sa grande admiration pour Bach et son adoration pour Orlando Gibbons. A relire ses textes, une question se pose. Glenn Gould est-il un grand penseur de la musique ? A cette question ce livre y répond en partie. Glenn Gould parle merveilleusement bien des oeuvres qu'il aime, joue et comprend. Malheureusement, Gould avait certains compositeurs en horreur et ne pouvait s'empêcher d'écrire quelques lignes assassines sur eux. Pour lui les oeuvres de Mozart lui servent à "faire courir ses doigts tout au long de gammes et d'arpèges " et procurent un "plaisir tactile" comme chez Clementi, Scarlatti ou Saint-Saëns. D'autres avis très tranchés parsèment encore Chemins de traverse : avis au passionnés. Glenn Gould est un de meilleurs penseurs quand il pose sa plume et se remet au piano pour jouer Bach, Byrd et parfois Beethoven. Un gros livre pour les fans absolus mais sans rien de bien nouveau...
François Mardirossian
2012, Editions Fayard, 395 pages (textes de Glenn Gould) sélectionnés et mis en page par Bruno Monsaingeon

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