Pour CAP 48, l'ONB, Abdel Rahman El Bacha et Andrew Litton

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Abdel Rahman El Bacha © Alix Laveau

Au programme, la suite d’orchestre Les Biches de F. Poulenc et le Concerto en sol majeur pour piano de M. Ravel puis la suite de Casse - Noisette de P. Tchaïkovski.
Pour Les Biches -originellement ballet, sous l’impulsion du chef américain, l’ONB fit preuve d’une extrême précision associée à un vrai amusement, nous rappelant l’argument sans grande consistance. La tenue néo-classique de la partition fut interprétée avec virtuosité et jeu, évoquant l’esprit dominant de la partition, celui de la fantaisie libertine. Le Concerto en sol majeur pour piano de Ravel était interprété avec autant d’élégance que de sobriété par Abdel Rahman El Bacha. Le premier mouvement alternait le naturel d’une désinvolture nouvelle venant d’Amérique et un incessant changement de dynamique et de mouvement. Associer un caractère musical et son contraire requièrent d’une profonde maîtrise pianistique. Le second mouvement fut d’une rare élévation. El Bacha allia à la ponctuation régulière de la main gauche la longue phrase de la main droite jouée avec une liberté énigmatique, venant nous signifier l’ambiguïté harmonique et l’irrégularité des appuis, mais aussi la profonde fragilité d’une avancée, symbolisée ici par la longue ligne mélodique. Les instruments rentrèrent peu à peu avec cette intense intériorité donnée par le monologue du soliste. Le presto final, fougueux et brillant fut exécuté avec une grande aisance. El Bacha au piano fait preuve d’une extrême sensibilité qui se déploie dans la grâce comme dans le raffinement, mais aussi dans cette maîtrise typique des grands maîtres, celle de la justesse du geste, à l’instar de l’escrimeur ou du tireur à l’arc. Il use de cette très fine précision du geste qui offre au public cette partie sublime et inaccessible du moment vécu et partagé. En toute discipline, la sobriété est et demeure une règle d’or absolue.
La suite de Casse-Noisette fut un ravissement, tant pour les musiciens que pour le public. La richesse thématique et la variété instrumentale furent mises en évidence, si bien que l’imagerie musicale, fort bien exécutée, nous permit d’assister à une véritable narration où se déployèrent tour à tour les différents solistes, allant des arpèges de harpe au célesta de la Danse de la Fée Dragée. Un magistral et merveilleux concert, magistral dans son exécution et merveilleux par le choix du programme, une belle résonance à CAP48.
Marie-Sophie Mosnier
Palais des Beaux - Arts, Bruxelles, le 2 octobre 2013

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