A Toulouse, Carmen jette l'éponge

par

Les représentations de Carmen par la Fabrique Opéra de Toulouse prévues au début du mois de mai ont été annulées car le «risque financier» trop élevé.
Pour rappel, La Fabrique Opéra est née en 2007. Pour redynamiser l’opéra et son public, Patrick Souillot monte alors un projet de spectacle coopératif avec, pour acteurs principaux, des jeunes lycéens de formations techniques et professionnelles. La structure nationale voit le jour à Grenoble et plusieurs associations locales portent le nom de La Fabrique Opéra (comme à Orléans ou Annecy).
A Toulouse, le projet "Carmen" démarré en janvier dernier implique quelque 400 lycéens et de nombreux musiciens et chanteurs tel le ténor Luca Lombardo.
Mais hier, le projet a été définitivement annulé : la direction de La Fabrique Opéra de Toulouse évoque un risque financier lié à l’annulation de la subvention accordée par la maison mère de La Fabrique Opéra et regrette que toute une équipe -principalement des jeunes, dont la plupart avait fait de Carmen leur projet de fin d’études- soit sacrifiée.
Mais au siège national de La Fabrique Opéra, on apprécie peu la présentation de la situation par les Toulousains et on répond : "Au terme d’une série de mises en garde de plusieurs mois restée infructueusenous avons été contraints de rompre le partenariat le 29 Janvier soit il y a deux mois et demi (et non pas une semaine, contrairement à ce qui a été allégué par l’association locale), et leur avons signifié par lettre recommandée. Cette rupture entraîne l’interdiction d’utiliser le nom La Fabrique Opéra. Dès le 8 Juin 2015, nous avions alerté par écrit sur la constitution d’une équipe trop importante et les coûts élevés impactant le budget du projet toulousain et brimant la dynamique des jeunes, qui doivent rester les premiers concepteurs de la réalisation des éléments de mise en scène. Nous réitérons le 8 août par écrit, les enjoignant à diminuer le budget et améliorer la dynamique amateur et associative du projet. (...) Nous n’avons d’autre choix que de nous séparer, décision douloureuse pour nous, mais nécessaire pour éviter un désastre comme celui-ci. La gestion des responsables du projet toulousain n’est en rien conforme avec la manière dont on gère une production sous le nom La Fabrique Opéra. Malgré cela, les acteurs de Carmen à Toulouse continuent à utiliser le nom et le concept La Fabrique Opéra. Le 7 mars, nous envoyons une nouvelle injonction écrite par LRAR de ne plus utiliser notre nom. Ils continuent tout de même à se réclamer La Fabrique Opéra dans la presse comme si de rien n’était.
Deux mois et demi après notre séparation, ils arrêtent aujourd’hui le projet. Le non-respect de leurs engagements est dommageable pour les spectateurs et pour le projet, pour les Toulousains. S’ils s’étaient mis en conformité avec les obligations liées à l’usage de notre nom au moment opportun, cela ne serait pas arrivé. A contrario, ils agissent au nom de
La Fabrique Opéra sans autorisation, dévoient le concept et nous causent un préjudice".
L'idée d'un spectacle monté par des bénévoles et des centaines de lycéens, telle qu'elle a été développée à Toulouse, vient de s'effondrer. Ce qui n'hypothèque pas pour l'heure d'autres projets sous la coupole de La Fabrique Opéra.

Les commentaires sont clos.