"La Sorcière", un opéra à redécouvrir

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Bijou sombre et oublié, La Sorcière renaît au Victoria Hall de Genève
La HEM et l’association Ascanio présentent une version de concert de la pièce du compositeur Camille Erlanger.
Dans un musée imaginaire des pièces délaissées, La Sorcière mériterait sans doute une vitrine de choix, placée sous les yeux de tous les visiteurs. Ce drame lyrique en quatre actes et cinq tableaux rappelle une fois encore combien sont cruelles, pour les arts de la scène, les morsures du temps et l’évolution des goûts du public.

Il y a un siècle et des poussières à peine, en 1912 précisément, l’ouvrage de Camille Erlanger faisait un tabac lors de sa création à Paris et semblait pouvoir conquérir durablement les spectateurs en Europe. Et aujourd’hui ? Plus grand monde pour se souvenir de la trame noire de cet ouvrage, et à peine quelques férus d’opéra pour évoquer précisément le destin de son compositeur.

Dès lors, l’occasion unique qui s’offre de redécouvrir une version de concert de ce bijou oublié est à cueillir sans hésitation. On doit cette renaissance de taille -une superproduction mobilisant 180 artistes, entre distribution, chœur et orchestre- au mano a mano entre l’association Ascanio et la Haute École de musique de Genève (HEM).
Leur collaboration prolonge en quelque sorte la première, qui a vu le jour en 2017. À l’époque, les deux acteurs avaient braqué leurs projecteurs sur Ascanio de Camille Saint-Saëns, donnée pour la première fois dans son intégralité à l’Opéra des Nations.

Le chef d’orchestre et fondateur de l’association, Guillaume Tourniaire, sera une fois encore sur le podium pour ce voyage musical aux reliefs sombres. Car avec La Sorcière, on plonge dans les affres de l’Inquisition, au cœur d’une Espagne, celle du début du XVIe siècle, lancée dans une chasse impitoyable aux Maures, après avoir porté à terme sa Reconquista.

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