Sonates pour violon et piano de Mendelssohn

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Mendelssohn est probablement l’un des compositeurs du XIXe siècle dont la connaissance musicologique a connu les développements les plus spectaculaires. On sait que le jeune Felix était d’une étonnante précocité. Mais ses œuvres de prime jeunesse n’étant pas accessibles dans un premier temps, elles n’ont été prises au sérieux qu’un bon siècle après sa disparition. Yehudi Menuhin, le premier, exhuma son concerto pour violon et cordes en ré mineur. Début du grand chamboulement : il allait falloir attribuer un numéro à celui que l’on considérait comme « le » concerto pour violon de Mendelssohn. Numéro 2, donc, numérotation qui n’est toujours pas entrée dans les mœurs. Et il y a eu les symphonies pour cordes, une douzaine, plus une en un seul mouvement (n’y voyez aucune allusion à la douzaine d’œufs chez le crémier). Et d’autres concertos encore. Il avait la plume facile le petit Felix. 

Mais ce n’est pas tout ! En cherchant bien, les musicologues mendelssohniens ont découvert l’existence de versions alternatives à ses créations majeures, car Felix remettait sans cesse ses œuvres sur le métier. 

Ce qui nous amène à ses sonates pour violon et piano dont Breitkopf publie un urtext, signé Birgit Müller. Là encore, il faut parler au pluriel et non plus se limiter à la sonate pour violon et piano, op. 4, en fa mineur (MWV Q 12), unique en son genre dans la plupart des catalogues mendelssohniens de référence, car la seule publiée de son vivant. Nous devons maintenant compter avec les essais de la prime jeunesse, certains incomplets, n’en parlons pas, un autre parfaitement achevé (une sonate en fa majeur, MWV Q 7), et une sonate tardive également en fa majeur (MWV Q 26), restée inédite pendant plus d’un siècle, exhumée par Yehudi Menuhin au milieu du XXe, dont on connaît deux versions. 

Toutes ces sonates ainsi que les mouvements isolés et inachevés avaient été publiés dans le cadre de l’édition critique des œuvres de Mendelssohn. Le volume que propose aujourd’hui Breitkopf est un tiré à part des trois sonates achevées avec les deux versions de la dernière. À noter que l’édition réalisée par Menuhin (Peters), qui a donné lieu à plusieurs enregistrements, est une synthèse de ces deux versions d’une authenticité contestable. La présente édition remet les pendules à l’heure.

Mendelssohn, Sonates pour violon et piano, Breitkopf & Härtel, EB 9557.

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