Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

Sir Simon Rattle et le BRSO : une leçon de direction d’orchestre, de musique et d’humanité

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« À quoi sert le chef d'orchestre ? », se demandent beaucoup de curieux de musique, voire de mélomanes pas tout à fait suffisamment avertis pour saisir les subtilités de cette activité en effet pour le moins mystérieuse. Après tout, les musiciens ont la partition sous les yeux ! Alors, à quoi bon leur indiquer ce qu’ils doivent jouer ?

Toute naïve qu’elle puisse paraître, la question est pertinente. Et les réponses complexes. Bien sûr, il y a les impulsions à donner, le rythme à unifier, la vision à transmettre, pour arriver à une interprétation homogène, qui est donc celle que conçoit le chef d'orchestre. Quand certains dirigent, on voit, en quelque sorte, défiler la partition tant les gestes semblent en être quasiment une analyse. Ce ne sont peut-être pas ces chefs-là qu’il faut observer pour se convaincre de leur utilité, ou plutôt de leur nécessité.

Car il y a aussi (les deux n’étant du reste pas totalement contradictoires, mais tout de même, chaque chef a sa tendance) ceux qui indiquent les dynamiques à répartir, les sonorités à équilibrer, les solistes à solliciter... bref à réagir en fonction de ce qu’il entend, voire qu’il anticipe (ce pour quoi il faut un réel talent). Tout cela nécessite une oreille extérieure.

Soirée magistrale avec Simon Rattle et le BRSO à Luxembourg 

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Ce lundi 17 novembre se tient le concert de l’Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise (BRSO) à la Philharmonie de Luxembourg. La phalange bavaroise, actuellement en tournée européenne, est placée sous la direction de Simon Rattle, son directeur musical depuis la saison 2023/2024. Deux œuvres figurent au programme de la soirée : Taras Bulba de Leoš Janáček et la Symphonie n° 7 en mi mineur, WAB 107, d’Anton Bruckner. Il s’agit d’une association audacieuse proposée par Rattle, qui perçoit chez les deux compositeurs une nature extatique et profondément aimante, donnant naissance à une véritable conversation entre ces deux œuvres.

Le concert débute avec Taras Bulba de Janáček, rhapsodie pour orchestre composée entre 1915 et 1918 et inspirée de la nouvelle éponyme de Nikolaï Gogol. L’œuvre, en trois mouvements, retrace des épisodes tragiques de la vie du cosaque Taras Bulba et de ses deux fils. On y retrouve la force expressive caractéristique du compositeur, que le BRSO restitue avec une intensité remarquable. L’orchestre navigue avec aisance entre les épisodes narratifs, passant d’élans héroïques à des moments plus délicats ou empreints de mysticisme. Mention spéciale pour le solo de cor anglais ouvrant le premier mouvement, les interventions d’une grande justesse du premier violon solo tout au long de la pièce, ainsi que le malicieux solo de clarinette mib, brillamment exécuté. Porté par le langage orchestral incisif de Janáček, Rattle met en valeur des contrastes marqués qui renforcent la tension dramatique et culminent dans les élans grandioses du finale.

Esa-Pekka Salonen et Yuja Wang, récits d’osmoses

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C’est un programme en trois parties, mais avec cinq œuvres, que nous proposait l’Orchestre de Paris et son futur directeur musical (qui prendra ses fonctions en 2027) Esa-Pekka Salonen. Et comme il est également compositeur, le concert commençait (ou presque...) par l’une de ses œuvres.

En effet, cette œuvre, c’est Fog, dans sa version orchestrale. Elle a été composée en 2019, dans des circonstances très particulières. Le compositeur était alors directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Los Angeles (LA Phil), dont la future salle de concert, le Walt Disney Concert Hall, était en construction. Une nuit d’insomnie, l’architecte, le célèbre Frank Gehry, appela le chef d'orchestre pour lui demander de le rejoindre sur le chantier. Ils convièrent également le violon-solo du LA Phil, Martin Chalifour, qui joua, à l’emplacement qui allait être la scène, le Prélude de la Troisième Partita pour violon seul de Bach. Main dans la main, émus aux larmes, Gehry et Salonen constatèrent qu’avant-même l’achèvement du bâtiment l’acoustique était déjà excellente. D’où cette idée d’une pièce, inspirée par le Prélude de Bach (et possiblement précédée par lui, joué depuis un autre endroit que la scène), en hommage à l’architecte (dont c’était par ailleurs le 90e anniversaire).

Deux premiers prix au 79e Concours de Genève - alto

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Le 79e Concours de Genève, consacré à l’alto, s’est achevé dans la soirée du 12 novembre, au terme de sept mois de sélection et de compétition. Le jury, présidé par Tabea Zimmermann, a décerné deux premiers prix ex æquo à la Suissesse Sarah Strohm, 20 ans, et à l’Américain Brian Isaacs, 25 ans, ainsi que le deuxième prix à la Japonaise Ayaka Taniguchi, 23 ans.

Le Concours de Genève, qui a la particularité de changer chaque année de discipline, n’avait pas proposé l’alto depuis 2005. C’était donc une occasion précieuse pour de jeunes altistes qui disposent moins fréquemment que leurs collègues violonistes ou violoncellistes d’une telle tribune pour faire valoir leur instrument. Au total, 91 musiciens âgés de 14 à 28 ans et issus du monde entier ont présenté une candidature vidéo début mai, à l’issue de laquelle 36 d’entre eux ont été retenus. Après l’épreuve du récital en ligne en septembre, la demi-finale sur place s’est ouverte le 8 novembre. Elle comprenait trois volets — un récital solo d’un programme libre de 50 à 60 minutes, une session de musique de chambre avec deux œuvres imposées de Mozart et de Berio, et la présentation d’un projet artistique. Enfin, lors de la dernière étape avec l’Orchestre de la Suisse Romande sous la direction de Cornelius Meister, le 12 novembre, les trois finalistes devaient interpréter en création Nouvel élan, œuvre composée par Léo Albisetti, Premier Prix du Concours de composition 2024, ainsi qu’un des quatre concertos proposés (Bartók, Beamish, Hindemith ou Penderecki).

Ivo Pogorelich et Beethoven, rencontre entre deux éternels enfants terribles ? Pas sûr...

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Se faire connaître par un échec à un concours n’est pas banal. Ivo Pogorelich, pianiste croate éliminé dès le deuxième tour du Concours Chopin en 1980, n’est pas banal. Et la démission du jury de Martha Argerich, scandalisée de cette sortie précoce alors qu’elle criait au génie, a mis le concurrent déchu dans la lumière médiatique.

Aussitôt, il signe un contrat d’exclusivité avec Deutsche Grammophon. Après un premier enregistrement tout naturellement consacré à Chopin, il s’attaquait, l’année suivant le concours, au Graal de la Sonate, avec l’ultime de Beethoven, l’Opus 111 (couplée avec d’étourdissantes Études Symphoniques de Schumann). Il en exhalait magistralement la stupéfiante modernité. Se lancer dans Beethoven, au disque, en commençant par la fin (Thomas Mann alla jusqu'à parler d’« Adieu à la Sonate » pour cette 32e), et le faire avec autant d’autorité, il fallait oser.

Quatorze albums pour le prestigieux label allemand. En 1996, il perd son épouse (qui était sa professeure depuis 1976, alors qu’il avait dix-sept ans). Pendant vingt ans il se fera plus rare à la scène, et ne mettra plus les pieds dans un studio. Quand il y retourne, en 2016, c’est pour Sony, avec deux Sonates de Beethoven, parmi les moins jouées : les Nos 22 et 24 (couplées avec une abyssale Deuxième Sonate de Rachmaninov, mais enregistrée plus tard). Avouons une certaine circonspection à l’écoute de cette lecture aussi exacerbée, soulignant les moindres inflexions de la musique, dans des tempos particulièrement lents.

Les Grands Interprètes ouvrent leur saison classique avec Tokyo Philharmonic Orchestra

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Du 28 octobre au 11 novembre, le Tokyo Philharmonic Orchestra a effectué une importante tournée européenne, avec huit concerts dans sept pays. Parmi eux, celui donné à la Halle aux Grains de Toulouse constituait l’unique étape française.

Une ouverture de saison prestigieuse

Pour célébrer leur 40e saison musicale, l’association Les Grands Interprètes a invité le Tokyo Philharmonic Orchestra à ouvrir leur série classique. Myung-Whun Chung, directeur musical honoraire de la formation, dirigeait le concert, tandis que Maxim Vengerov tenait la partie soliste dans un programme exigeant associant le Concerto pour violon de Tchaïkovski et des extraits des Suites de Roméo et Juliette de Prokofiev.

Fondé en 1911 et rassemblant aujourd’hui quelque 160 musiciens, le Tokyo Philharmonic Orchestra est la plus ancienne formation symphonique du Japon. Dans la capitale nippone, qui compte à elle seule une dizaine d’orchestres, celui-ci se distingue par un son dense et chaleureux. En résidence au New National Theater, il assure régulièrement la fosse pour les productions d’opéra et de ballet. Cette double vocation – symphonique et lyrique – explique sans doute la réussite éclatante du concert toulousain.

Le retour triomphal de Maxim Vengerov

Le public de la Ville rose n’avait pas entendu Maxim Vengerov depuis 2006. Les médias évoquaient un « concert explosif » – expression peut-être promotionnelle, mais qui s’est révélée d’une justesse étonnante. La soirée fut en effet électrisante : la salle entière s’est levée, submergée par un déluge de bravos. Mais qu’est-ce qui a pu susciter un tel enthousiasme ?

Un concert familial plein de fantaisie avec Dana Ciocarlie aux Théâtre des Abbesses

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Dans le cadre d’un partenariat entre l’École normale de musique de Paris – Alfred Cortot et le Théâtre de la Ville – Les Abbesses, une série de concerts met en lumière les lauréats de l’« Artist Diploma ». Le 8 novembre dernier, un imprévu a bouleversé la programmation : le jeune pianiste initialement prévu a dû renoncer à se produire, victime d’une tendinite aiguë. C’est alors que Dana Ciocarlie, professeur à l’École normale, a accepté de le remplacer au pied levé.

Avant le début du concert, l’organisatrice prend la parole pour raconter les péripéties de ce remplacement de dernière minute : les échanges téléphoniques avec l’artiste empêché, la décision de l’annulation, l’envoi d’un message à plus de soixante-dix pianistes potentiels, les réponses reçues — souvent avec des programmes inadaptés à un concert familial — et enfin le choix de la remplaçante idéale. Ce rendez-vous, prévu à 11 heures, s’adresse en effet à tous les publics dès sept ans : il fallait donc une artiste capable de s’adresser aux enfants et de rendre la musique vivante et ludique.

Concertiste reconnue, nommée aux Victoires de la musique, célèbre notamment pour son intégrale Schumann enregistrée en public au Palais de Béhague, Dana Ciocarlie dispose dans son répertoire de programmes spécialement conçus pour les plus jeunes. Sa disponibilité ce matin-là fut une véritable chance — pour la salle comme pour le public, conquis par son récital interactif.

Birgit Nilsson Prize 2025 : honneur au Festival d’Aix-en-Provence à Stockholm

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La cérémonie de remise du Birgit Nilsson Prize, décerné cette année au Festival d’Aix-en-Provence, s’est tenue le 21 octobre dernier au Konserthuset de Stockholm, en présence du roi Carl XVI Gustaf et de la reine Silvia.

L’annonce du sixième Prix Birgit Nilsson avait été faite en mai dernier, « pour les réalisations artistiques exceptionnelles du Festival, avec une mention spéciale pour la création en 2021 de l’opéra Innocence de Kaija Saariaho ». Doté d’un million de dollars américains — ce qui en fait le prix le plus prestigieux et le mieux doté du monde de la musique classique —, il avait été attribué pour la première fois en 2009 à Plácido Domingo, puis à Riccardo Muti (2011), au Philharmonique de Vienne (2014), à Nina Stemme (2018) et à Yo-Yo Ma (2022).

Une cérémonie sous le signe de l’opéra contemporain

Puisque le Prix 2025 met en lumière Innocence de Kaija Saariaho, créé à Aix-en-Provence, sa librettiste Sofi Oksanen figurait parmi les invitées d’honneur. Sir George Benjamin, dont les opéras Written on Skin et Picture a Day Like This furent également créés à Aix (respectivement en 2012 et 2023), était présent aux côtés du roi et de la reine, ainsi que de la maire d’Aix-en-Provence et du président du Festival.

En amont de la cérémonie, Oksanen et Benjamin participaient à un press talk en compagnie d’un invité surprise : Klaus Mäkelä. Tous trois ont évoqué la fabrique du Festival d’Aix et la genèse de Innocence, tandis que le chef finlandais laissait entrevoir « une grosse production » à venir pour l’édition 2026.

Un hommage au rôle du Festival

Dans son discours, Susanne Rydén, présidente de la Fondation Birgit Nilsson, a parfaitement résumé la motivation du Prix 2025 : « Depuis la naissance de l’opéra, cet art a offert à l’humanité des expériences musicales extraordinaires, des émotions fortes et des récits mêlant réalité et fiction, stimulant à la fois l’esprit et la société. La Fondation Birgit Nilsson est convaincue que l’opéra a un rôle essentiel à jouer à notre époque, en apportant de nouvelles perspectives et en nous invitant à vivre des expériences tant personnelles que collectives. Tout au long de ses 77 ans d’existence, le Festival d’Aix-en-Provence a précisément offert cela, en créant des expériences qui ont profondément marqué artistes et publics. »

Un concert d’une grande tenue

Outre la remise du prix par le roi de Suède, les moments les plus attendus pour les mélomanes furent sans doute les intermèdes musicaux. Trois chanteurs — le baryton Peter Mattei, la soprano Matilda Sterby et le ténor Daniel Johansson — se sont produits sous la direction de Susanna Mälkki.

Dans la sérénade de Don Giovanni et la romance puis le final de Tannhäuser, Peter Mattei a déployé son timbre velouté avec une autorité naturelle et une stabilité vocale impressionnante, semblable au tronc d’un grand arbre. En une seule apparition dans le final de Tannhäuser, Daniel Johansson a fait valoir une voix ouverte et ample.

La véritable révélation de la soirée fut toutefois Matilda Sterby, boursière Birgit Nilsson 2024. Lauréate du prix Schymberg 2022 et du concours international Wilhelm Stenhammar 2024, la soprano allie une technique irréprochable à une projection puissante, idéale pour le répertoire wagnérien. Dans l’air du mariage de l’acte V d’Innocence — dont la création suédoise date de moins d’un an —, elle a séduit par la richesse de son timbre, son aisance sur toute la tessiture et une présence scénique évidente. Sa manière d’entrer dans le rôle laisse présager une carrière internationale prometteuse.

À Angers, une virtuose du saxophone à l’ONPL

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Omniprésent dans le jazz, le saxophone l’est beaucoup moins dans le répertoire classique où il a pourtant commencé à être utilisé dans l’orchestre par Berlioz, Bizet, Magnard, avant que Ravel, Prokofiev ou Frank Martin ne s’en emparent également. Le dernier concert de l’ONPL (Orchestre National des Pays de la Loire) était une occasion en or pour découvrir les rutilants saxophones alto et soprano joués par la jeune virtuose Asya Fateyeva. Condamné pour son néoclassicisme intempestif qui a relégué sa musique dans l’oubli, Alexandre Glazounov pourrait fort bien revenir en grâce à notre époque où les compositeurs ont cessé d’être sous le diktat impérieux de la modernité. Composé en 1934 lors de son exil parisien, son Concerto pour saxophone alto et cordes, en un seul mouvement, utilise toutes les possibilités expressives de l’instrument dans un langage devant autant à son maître Rimski-Korsakov qu’au souvenir du prodigieux talent mélodique de Tchaïkovski, figure tutélaire de tous les compositeurs russes. Une occasion rêvée pour Asya Fateyeva de déployer une grande qualité sonore et un véritable sens lyrique.

C’est ensuite avec un saxophone soprano que la jeune instrumentiste revient sur scène pour interpréter la brève Fantaisie pour saxophone, trois cors et cordes composée par le très prolixe compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos. Commencée à New York, achevée à Rio de Janeiro, cette pièce dédiée au saxophoniste français Marcel Mule est un mini concerto de coupe classique utilisant la tessiture la plus aiguë et la plus périlleuse de l’instrument. Succès assuré pour Asya Fateyeva et Sora Elisabeth Lee, cheffe invitée de ce concert d’abonnement. Généreuses, les deux musiciennes ont présenté en bis les truculentes et joyeuses Danses roumaines de Bélà Bartok dans une très habile transcription pour saxophone et cordes.

Lahav Shani et l’IPO à la Philharmonie de Luxembourg

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Ce dimanche 9 novembre a lieu le concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël à la Philharmonie du Luxembourg. La phalange israélienne, placée sous la direction de son directeur musical Lahav Shani, est actuellement en tournée européenne pour une série de neuf concerts. Au programme de la soirée, deux œuvres emblématiques du répertoire symphonique : le Concerto pour piano n° 5 en mi bémol majeur, op. 73, dit « L’Empereur », de Beethoven, ainsi que la Symphonie n° 5 en mi mineur, op. 64 de Tchaïkovski. Le soliste du soir est le pianiste Yefim Bronfman.

Le concert s’ouvre avec le Concerto pour piano n° 5 en mi bémol majeur, op. 73, dit « L’Empereur ». Cette œuvre présente plusieurs points communs avec la Symphonie n° 3 en mi bémol majeur, op. 55, dite « Héroïque », du même compositeur. Les deux pièces partagent en effet la même tonalité et un souffle épique, tout en repoussant les limites des formes classiques — particulièrement dans le premier mouvement.

Yefim Bronfman démontre ici toute la maîtrise et la musicalité de son jeu pianistique. Le premier mouvement, Allegro, est conduit de main de maître, avec une architecture claire et intelligemment construite. Le pianiste ne tombe jamais dans la redondance, malgré la longueur du mouvement ; au contraire, il en souligne les contrastes, oscillant entre héroïsme et lyrisme. Les cadences sont exécutées avec brio, virtuosité et sensibilité.

L’Adagio constitue un véritable havre de paix, interprété avec une sérénité presque céleste, plongeant le public dans une atmosphère méditative. La transition vers le Rondo s’effectue avec une remarquable fluidité. Dans ce dernier mouvement, Bronfman déploie une intensité jubilatoire et une joie communicative. Le duo avec les timbales — révélant une belle complicité entre le timbalier et le pianiste — marque l’approche de la conclusion, juste avant la dernière explosion orchestrale.