Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

Ravel à Noël avec le Belgian National Orchestra

par https://paulandoates.com/dating-uk-stanley-planes/

Depuis quelques années, le concert de Noël de l’Orchestre National de Belgique (Belgian National Orchestra comme il faut dire désormais) est devenu l’un des évènements de la saison, permettant à toutes les générations de mélomanes, et surtout aux nombreux enfants présents, de se réunir autour d’une oeuvre musicale festive et joyeuse. Après Casse-noisette l’an passé, c’est au tour de l’Enfant et les sortilèges de Ravel d’être au menu de ce concert un peu particulier.

Concert de Noël : we have a dream à l’OPRL

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En cette période de fin d’année, nombre d’institutions culturelles célèbrent Noël par un ou plusieurs évènements « extraordinaires » qui perpétuent la tradition. La musique n’échappe naturellement pas à ce credo d’autant plus lorsque son répertoire participe, par le caractère festif, dansant et volontiers pétillant, à cette célébration attendue. Pour éviter de rester dans ce cadre certes large mais tellement reproduit qu’est la palette des valses des grands Viennois, entre-autres, certaines institutions vont plus loin et proposent des spectacles inédits qui, de prime abord, ne font pas partie de leur ADN.

Sokolov, un pianiste de génie !

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Une fois de plus, Grigory Sokolov a été l’invité de la série ‘Les Grands Interprètes’ organisée par l’agence de concerts Caecilia. Et une fois de plus, l’on ne peut que déposer les armes. devant un pianiste hors du commun qui proscrit toute afféterie pour n’aller qu’à l’essentiel.

Et c’est bien la sensation qui émane d’emblée de l’opus 2 n.3, la Troisième Sonate en ut majeur de Beethoven, abordée avec une précision du trait et une dynamique soutenue ahurissantes, alors que le dolce du second thème ruisselle de tendres accords. L’Adagio n’est que simplicité désarmante avec ces grappes d’arpèges translucides irisant une main gauche sonore comme une basse d’orgue. Le Scherzo revêt une allure champêtre pleine d’allant, tandis que le Finale a une élégance aérienne et un legato dans le cantabile qui préfigurent le Mendelssohn des Lieder ohne Worte. En regard de ce premier Beethoven datant des années 1794-95, Grigory Sokolov oppose celui de la fin avec les onze Bagatelles op.119 élaborées dès 1820. A chacune d’elles, il prête une spécificité qui allie la confidence à la nonchalance et à la fantaisie que suscitent le passage rapide des mains, le trille ou le rubato le plus subtil.

Le Mozart de Marc Minkowski

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Pour la seconde fois depuis mai 2009, Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre sont les invités du Service Culturel Migros de Genève. En entrant sur la scène du Victoria Hall, le chef prend la parole pour présenter son programme et s’émeut en évoquant le souvenir de sa grand-mère qui avait fait ses classes de chant au Conservatoire de la Place Neuve, et en la rapprochant de notre ténor veveysan adulé, Hugues Cuenod, l’un de ses grands amis, qui avait été un interprète notoire de la musique religieuse de Mozart.

 Un violoncelliste à la rescousse !  

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Amère déception ! Telle est l’impression que nous a laissé le programme Schumann présenté, le mercredi  5 décembre, par l’Orchestre de la Suisse Romande sous la direction de Marek Janowski. De l’époque où il en fut le chef titulaire, entre 2005 et 2012, l’on a conservé le souvenir de symphonies de Brahms, Beethoven ou Bruckner d’une lourdeur extrême ; néanmoins, l’on chérit l’évocation d’un concert de dimanche après-midi où figuraient Tod und Verklärung de Richard Strauss et un premier acte de Die Walküre, stupéfiant par son souffle tragique.  

L’OSR centenaire !

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En cette dernière semaine de novembre, l’Orchestre de la Suisse Romande commémore ses cent ans d’existence par trois concerts exceptionnels.

Le 27 novembre, Jonathan Nott, son directeur artistique et musical, a choisi un programme éclectique débutant par une œuvre étroitement associée au répertoire de la formation, la Troisième Symphonie dite Liturgique d’Arthur Honegger, créée à Zürich le 17 août 1946 sous la baguette de son dédicataire, Charles Münch puis mise régulièrement à l’affiche par Ernest Ansermet. «J’ai figuré musicalement le combat qui se livre dans le cœur (de l’homme) entre l’abandon aux forces aveugles qui l’enserrent et l’instinct du bonheur, l’amour de la paix, le sentiment du refuge divin», déclarait le compositeur. Dans le Dies irae initial, le chef provoque l’opposition des blocs sonores aux arêtes tranchantes pour faire surgir l’exaltation des cordes face à la rigidité des cuivres. Le De profundis clamavi est une sombre méditation que transperce le lyrisme consolateur des violons contrepointé par les volutes de la flûte. Et le Dona nobis pacem ressemble à une marche inexorable, scandée par les cordes jusqu’au paroxysme de la violence ; puis un legato soutenu exprime l’apaisement en une conclusion impressionnante.

Joyce DiDonato à Liège: le “best-of” d’une diva incontournable

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C’est un accueil digne de celui d’une rock-star qu’a réservé le public de l’Opéra Royal de Liège à Joyce DiDonato hier soir. On ne présente plus la “diva yankee” à la voix souple et au charisme unique. Originaire du Kansas, la mezzo-soprano s’est forgé une carrière internationale dans les salles les plus prestigieuses depuis ses débuts à l’Opéra Bastille dans le rôle de Rosina du Barbier de Séville de Rossini en 2002.

Pour fêter Penderecki

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Pour fêter dignement le 85ème anniversaire de Krzysztof Penderecki (né le 23 novembre 1933), son épouse Elzbieta a eu l’idée de lui offrir un cadeau sortant résolument de l’ordinaire sous la forme d’un festival consacré exclusivement à sa musique et composé de 11 concerts tenus sur 8 jours et s’achevant précisément le 23 novembre, jour même de l’anniversaire du jubilaire.

Le prestige du compositeur et les dons d’organisatrice comme le carnet d’adresses de Mme Penderecka (sans même parler de l’amitié que portent au couple nombre de musiciens de premier plan) ont visiblement accompli des miracles, cette semaine varsovienne ayant réuni des interprètes invariablement de haute qualité, où l’on trouve des stars telle que la violoniste Anne-Sophie Mutter ou l’altiste Youri Bashmet, les chefs d’orchestre Leonard Slatkin et Christoph Eschenbach, d’autres éminents musiciens comme le flûtiste Patrick Gallois ou le clarinettiste Michel Lethiec, mais aussi bon nombre de jeunes interprètes polonais et étrangers fort prometteurs et dont il sera question plus loin.

Festival L’Esprit du piano à Bordeaux

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Depuis 2010, le festival L’Esprit du Piano investit l’Opéra de Bordeaux (autre fois le Grand Théâtre, aujourd’hui l’Auditorium) pour faire vibrer les murs de la salle par de grands maître comme Aldo Ciccolini, Gregory Sokolov, Menahem Pressler, Paul Badura Skoda ou Arcadi Volodos, mais aussi des jeunes talents tels que Alexandre Kantorow, Florian Noack, Jean-Paul Gasparian, Pavel Kolesnikov, Vadym Kholodenko, Behzod Abduraimov, pour ne citer qu’eux. Le jazz et autres genres ont bien leurs places (Chic Corea, Yaron Hermann, Chilly Gonzales, Abd Al Malik…). Depuis 2012, le Festival s’exporte en Chine avec des jeunes interprètes (Marie-Ange Nguchi, Selim Mazari, Paolo Rigutto…) où on organise également des auditions de jeunes pianistes chinois.

Pimpant, le baroque ?

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Pour sa nouvelle saison de concerts, le Service culturel Migros a décidé de varier son offre en proposant autant de programmes avec des orchestres symphoniques qu’avec des formations de chambre. C’est pourquoi sont apparus, pour la première fois à Genève, I Barocchisti et son fondateur, Diego Fasolis, qui a réuni divers instrumentistes tessinois et italiens pour façonner un ensemble à géométrie variable (allant de quatre à quarante musiciens). Ce chef que l’on applaudit régulièrement à l’Opéra de Lausanne prône une interprétation ‘dans le style’ du répertoire baroque sur des instruments d’époque.