Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

Concours Reine Elisabeth : Andrew Ilhoon Byun, une nature discrète

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Diplômé de la Julliard School et du New England Conservatory, chambriste passionné, Andrew Ilhoon Byun (Canada, 28 ans) est actuellement artiste en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth où il travaille avec Gary Hoffman et Jeroen Reuling.

Son « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man se base sur une volonté de garder une vraie clarté au discours. Une certaine neutralité imprègne la cadence de départ. Toute l’interprétation du concurrent canadien va en fait osciller entre une retenue réfléchie et une tentation à répondre à armes égales au fracas de l’orchestre, ce qui ne va pas de soi. Les frémissements de la flûte saluent l’apparition des frimas de l’hiver : le violoncelle du candidat y répond en demi-teintes. ce qui n’est guère aisé par la suite vu le fracas de l’orchestre qui le couvre démesurément. Le printemps ramène son lent cheminement répétitif où le violoncelle s’intègre à un éveil du monde où il articule sa cadence comme un beau chant solitaire mais distant. Le dialogue (le combat ?) de l’été entre l’orchestre et le soliste demeure sommaire dans son acharnement. Les contraires semblent vouloir se rejoindre dans la mélancolie de l’automne, un moment désarçonné par les éructations de l’orchestre mais le concurrent reprend bien la parole restituant à la fin de l’ode son côté interrogatif.

Ce qui nous a choqué dans la tonitruance de l’orchestre apparait clairement dans l’écriture d’une grande finesse de Dutilleux dans son « Tout un monde lointain ». Voilà une partition où le violoncelle prend délibérément la main dès la méditation d’« Enigme » où il signe un dialogue millimétré avec les instruments de l’orchestre qui se déploie tout au long de « Regards ». Le concurrent reste attentif à maintenir un chant discret tout au long de la méditation centrale et demeure toujours dans un rapport d’équilibre avec un orchestre inspirateur.

Cette partition appelle une connivence entre l’instrument soliste et l’orchestre. Celle-ci peut se développer dans un chant éperdu et c’était bien sûr la voie privilégiée par Rostropovitch. D’autres préféreront un discours plus discret qui creuse les potentialités de la partition vers l’inconnu. C’est dans cette voie que s’est engagé Andrew Ilhoon Byun : il le fait avec une juste retenue qui rend toute sa modernité à la musique de Dutilleux.

Concours Reine Elisabeth : Krzystof Michalski, un parcours habité

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Krzystof Michalski (Pologne, 23 ans) commence ses études à la Musica Mundi School de Waterloo où il est l’élève de Jérôme Pernaud. Il rejoint ensuite le Conservatoire de Paris où il obtient son master en 2024 dans la classe d’Edgar Moreau.  Il sera le dernier à interpréter l’œuvre phare de cette finale, le concerto n°1 de Chostakovitch qui aura été défendu par pas moins d’un tiers des finalistes !

Les remous tumultueux de l’hiver, les demi-teintes énigmatiques de l’automne, l’agitation trépidante de l’été, la poésie raréfiée du printemps : le concurrent polonais ne nous fait grâce d’aucune des sollicitations de « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man qu’il subit plus qu’il ne les domine. Il termine d’ailleurs sa prestation dans l’imposé avec un grand point d’interrogation.

On trouve un autre tonus dans l’attaque sautillante de l’allegretto du concerto n°1 de Chostakovitch : le rythme est soutenu, le chant expansif sous les traits d’ironie des bois.

Changement complet de climat avec la longue complainte du moderato où, petit à petit, s’installe une sensation d’austérité qui renforce encore le côté poignant d’un mouvement maintenu dans une sorte d’apesanteur jusqu’au désespérant éclat final qui ne peut conduire qu’à un silence meurtri. Un poids tragique enserre le début de la cadence jusqu’à ce que celle-ci s’engouffre dans un cri plaintif qui ouvre le pas pesant de l’allegro molto avant de l’envoyer caracoler au milieu des sarcasmes grimaciers. Un beau parcours bien habité.

Concours Reine Elisabeth : Leland Ko revendique un ludisme décontracté

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Il nous présente une lecture très personnelle de « Four Odes to the Tidings of Flowers ». Il y a quelque chose de félin dans son approche en finesse de l’imposé et c’est pour ensuite proposer un caractère ludique dans l’animation qui l’oppose à l’orchestre très intrusif. Un beau bouillonnement traverse la deuxième section où le violoncelle survole en souplesse le dialogue. Même affirmation personnelle dans les grands glissandi à partir desquels le concurrent confirme sa volonté d’imposer son instrument comme le vecteur moteur de la partition, accumulant les ambiances typées, des instants calins aux grandes phrases revendicatrices. Le tout avec une souplesse qui aère singulièrement le propos dans une page parfois très ostentatoire Le dernier mouvement nous accueille dans une atmosphère étrange où le soliste développe une conversation discrète dans un climat presque chambriste, en solitaire ou en réponse aux instruments de l’orchestre.

Leland Ko a le mérite de présenter une œuvre rarement jouée dans les concours. Ecrit en 1945 et créé l’année suivante à Boston sous la baguette de Koussevitzky par sa dédicataire Raya Garbousova, le concerto de Barber relève de la veine romantique de ce compositeur.

L’allegro moderato semble se vivre comme un voyage : le violoncelle vagabonde dans les climats souples suggérés par l’orchestre. Il les saisit et les développe avec une belle ductilité qui conduit vers une cadence particulièrement développée non exempte d’un certain ludisme.

L’andante sostenuto nous convie à une rêverie apaisée : le chant règne en maître et le violoncelle a tout loisir de répondre aux avances épurées des bois, particulièrement au fil d’un long dialogue avec le hautbois. Un moment délicieux qui induit un réel hédonisme. Le molto allegro e appassionato repose sur une rythmique délibérément dansante que le candidat suscite avec une bonne humeur débordante non sans s’abandonner dans des moments d’un franc lyrisme. Mais l’orchestre ne tarde pas à relancer le débat et le soliste s’abandonne pleinement au jeu des sollicitations. Il domine le débat jusqu’à une conclusion gagnante qui enthousiasme le public.

Concours Reine Elisabeth : Alvaro Lozano Cames et la finesse du trait révélateur

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Alvaro Lozano Cames (Espagne, 20 ans) est le benjamin de cette session violoncelle, ce qui ne l’empêche pas d’afficher à 20 ans un sacré palmarès. Etudes à la Fondation Barenboïm-Said à Séville, bachelor de l’Escuela superior de Musica Reina Sofia, master classes avec Helmerson, Maisky et Muller, il a déjà donné de nombreux concerts, notamment en formation de chambre.

Le candidat joue « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man avec la volonté de jouer dans des sonorités nettes et sensibles, tout en assumant des contrastes saisissants. Les moments apaisés n’en gardent pas moins la primeur même face à un orchestre particulièrement sonore dans l’été et le printemps. Le début de l’automne distille un climat aimablement transparent qui nous mène vers une fin interrogative.

Le concerto n°1 en mi bémol majeur op.107 de Chostakovitch commence d’une façon presque goguenarde. Le violoncelliste joue avec malice du caractère sautillant de l’allegretto auquel il insuffle un entrain émoustillant. Par contraste le ton se noircit dans le moderato d’abord phrasé avec une retenue engagée avant de prendre une dimension planante qui accentue l’impression d’intemporalité : beaucoup de pudeur dans ce chant profond, complexe mais plein d’une détresse humaine qui donne au propos une dimension presque tragique. Un climat d’inquiétude domine le début de la cadence mais il s’emballe ensuite d’une façon presque farouche vers un allegro con moto au pas solidement cadencé et qui frise le grotesque.

Concours Reine Elisabeth : Dilshod Narzillaev, un génial bâtisseur d’atmosphères

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Bachelor de l’International centre for music at Park University et master du conservatoire de New England, Dilshod Narzillaev (Ouzbékistan, 28 ans) se perfectionne actuellement à la Chapelle musicale Reine Elisabeth avec Gary Hoffman. Il aborde avec une belle retenue la cadence d’ouverture de « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man et conduit ensuite le dialogue avec l’orchestre avec un engagement mesuré. En fait, le candidat traite chaque ode comme un moment séparé auquel il attache une marque personnelle : tour à tour rêveuse et engagée, combattive ou éthérée. Méditative, elle inquiète ; virulente, elle interpelle.

Cette approche très diversifiée n’en implique pas moins une réelle cohérence, celle d’un musicien résolu à nous raconter une histoire et qui sait rendre l’exercice intéressant.

Le concerto n°1 en mi bémol majeur op.107 de Chostakovitch nous ramène dans un territoire plus connu. On réagit d’emblée au stimulus du thème claudiquant du début de l’allegretto, servi avec une verve décidée qui, pas à pas, fait monter le tonus général avec un enthousiasme bienvenu. Maintenu dans un tempo attentiste, le moderato retrouve ce style déclamatoire des grands mouvements lents de Chostakovitch où la force de conviction suffit, dans un contrôle absolu, à évoquer une impression d’immensité. Le concurrent y maintient une retenue émouvante qui donne toute sa portée à cette méditation hors norme. Ce moment d’exception se prolonge dans le début de la cadence qui nous emmène insensiblement aux bords du silence. Mais c’est pour mieux rebondir ensuite avec une vitalité acharnée qui fait littéralement exploser l’allegro con moto dans son insolente veine populaire. Un grand geste musical où l’imagination transcende la clarté maîtrisée de l’expression.

Concours Reine Elisabeth : Clara Dietlin, un esprit de finesse poussé dans ses derniers retranchements

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Après une licence et un master au conservatoire supérieur de Paris, Clara Dietlin (France, 24 ans) se perfectionne désormais à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth avec Jeroen Reuling et Gary Hoffman.

Dans « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man, elle joue la carte de la discrétion avec un automne très impressionniste en dépit de son fracas final et un hiver très diffus face à la densité de l’orchestre. Entre les deux, un été tourbillonnant où elle ne tient pas tout-à-fait le choc de l’orchestre et un printemps en suspension. Le tout donnant une sensation de dispersion qui laisse l’œuvre singulièrement fragmentée.

On la retrouve ensuite, elle aussi, dans la symphonie concertante op.125 de Prokofiev, un page décidément fort en vogue puisque nous l’aurons entendue trois fois au cours de la finale. On se demandait comment la candidate française allait pouvoir adapter sa sonorité assez fine avec les grands élans expressifs de l’écriture de Prokofiev. L’attaque de l’andante est sur ce point plutôt éloquente d’autant plus qu’elle se poursuit dans un moment plutôt rêveur et que la concurrente s’efforce à maintenir cette intensité tout au long du mouvement tout en négociant des moments d’une belle fraicheur. Elle se lance ensuite dans la course folle d’un allegro giusto très enlevé, soutenu par une rythmique obsédante qui contraste fort avec le chant inspiré mais discret de la section centrale. Elle sait raison garder dans la cadence et termine ce long mouvement avec un sain engagement. Le procédé fonctionne sans doute moins bien dans les sollicitations variées du finale qui se dilue un peu trop. Il n’empêche qu’avec une belle élégance, Clara Dietlin nous fait apprécier une lecture moins généreuse de cette œuvre monumentale mais pas inintéressante.

Concours Reine Elisabeth : le lyrisme évolué d’Ettore Pagano

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Après des études en Italie (Stauffer Center for strings de Crémone, Conservatoire Santa Cecilia à Rome), Ettore Pagano (Italie, 23 ans) termine sa formation à l’Université des Arts de Berlin auprès de J.P.Maintz. Tout comme Lionel Martin le premier soir, Ettore Pagano impose une vision globale de « Four Odes  to the Tidings of Flowers » .Parti des passages les plus tonitruants et accidentés, il dépouille peu à peu l’œuvre jusqu’à une quasi abstraction : virtuosité énergique dans ses confrontations avec l’orchestre de l’hiver, caractère obstiné de l’été traité en scherzo, sérénité tourmentée de l’automne, recherche d’une immanence dans la complainte répétitive du printemps. Clairement, il y a un concept dans cette interprétation et il est bien défendu.

On retrouve ensuite le concurrent italien dans la symphonie concertante op.125 de Prokofiev qui fit l’objet de discussions entre Prokofiev et Rostropovitch. L’influence de ce dernier sur le répertoire de son instrument est colossale et ne cesse de s’affirmer au fil du temps. Ainsi, 10 des 12 œuvres concertantes jouées lors des finales du Reine Elisabeth cette année sont-elles dues aux interventions du violoncelliste russe !

Dès l’attaque de l’andante initial s’impose un beau chant, à la fois ample et large. Il traverse tout l’allegro giusto au travers des multiples sollicitations atmosphériques qu’accumule le compositeur. Le soliste conduit sa vision de l’œuvre là où Kitamura semblait la subir. Cette maîtrise délibérée habite un finale particulièrement actif où le soliste joue le jeu des sollicitations, parfois ironiques, souvent dérangeantes du compositeur. Le patchwork fonctionne bien. Il est l’œuvre d’un musicien raffiné.

Concours Reine Elisabeth : Ivan Sendetsky, un maître de l’intimisme

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Bien que de nationalité russe, Ivan Sendetsky (29 ans, il fêtera ses 30 ans le 4 juin prochain) a conduit l’essentiel de sa formation en Occident. Gradué du New England Conservatory, il a étudié à la Royal Academy of Music (Londres) ainsi qu’aux Hochschule für Musik Hanns Eisler (Berlin) et de Bâle.

Dans « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man, Ivan Sendetsky tire parti d’une technique raffinée pour construire des moments sonores d’une belle intimité. Dans ses choix d’ordre de passage ; il enchaîne les passages aux effets identiques, notamment les longs glissandi du violoncelle proches de la cadence ou les pianissimi ténus en contraste avec un orchestre éructant. Sa lecture de l’imposé devient ainsi un recueil de sensations variées, d’instants subtils mais dépourvus d’une ligne conductrice, renforçant ainsi le caractère disparate de cet imposé.

Il s’attaquait ensuite au concerto princeps pour violoncelle du 20e siècle, le n°1 en mi bémol majeur op.107 de Chostakovitch que l’on entendra d’ailleurs quatre fois au cours de cette épreuve finale. D’emblée, l’attaque sautillante de l’allegretto initial impose une vitalité allègre, un côté quasi caricatural qui dissimule un réel foisonnement sonore. On retrouve dans la sérénité du moderato le beau souci d’intimisme du concurrent dans une longue mélopée savamment construite : un beau moment de temps suspendu. C’est d’ailleurs dans la continuité de cette profonde méditation que le soliste va construire avec une rare subtilité sa cadence dont le côté franchement implorant va déboucher avec une verdeur populaire dans un cinglant allegro con moto.

Concours Reine Elisabeth : Yo Kitamura, l’art d’être correct sans aller au bout de ses intentions

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A 22 ans, Yo Kitamura (Japon) est titulaire du Soloist Diploma de la Toho Gakuen School of Music et étudie avec Jens Peter Maintz à l’Université des Arts de Berlin. Premier Prix de plusieurs concours dont l’Enescu et le Pau Casals en 2024, il affiche tout au long de ses prestations une décontraction souriante qui séduit.

Très concentré dans « Four Odes to the Tidings of Flowers » de Fang Man, il perd un peu de cette aisance au profit d’un contrôle très précis de la sonorité. Il n’hésite pas à choisir un autre ordre de passage entre les quatre odes. Et la surprise est que cela ne change rien à nos impressions. Trop respectée, l’œuvre de Fang Man demeure une accumulation d’épisodes variés qui ont chacun leur pertinence mais sans générer vraiment d’unité. Cette lecture propre, précise paraît presque docile et ne génère pas un intérêt majeur.

La symphonie concertante op.125 de Prokofiev reste en deçà de nos attentes. L’engagement du soliste dans l’andante initial est réel mais il demeure très factuel, avec une linéarité chantante qui va droit de l’avant et une retenue évidente qui repousse tout effet même si l’accompagnement souvent forcé de l’orchestre pourrait l’y inviter. Le violoncelliste japonais garde une juste mesure dont l’intérêt pour l’auditeur ne tient peut-être pas la distance. L’allegro giusto commence comme un véritable scherzo emporté par un soliste vindicatif au milieu des sarcasmes amusés de l’orchestre : on est impressionné sur l’instant mais cette rectitude peine ensuite à animer les émouvants passages nostalgiques qui vont parsemer ce mouvement fort complexe. L’andante con moto final gambade ensuite aimablement mais sans l’humour primesautier, ni la nostalgie discrète que suggère l’écriture de Prokofiev.

Au terme de cette prestation très correcte, une constatation s’impose : Yo Kitamura a les moyens de nous dire des tas de choses intéressantes mais il ne nous les dit pas vraiment.

"Pierre et le Loup" et "Symphonie fantastique" à la Philharmonie de Paris : quand l'orchestre raconte

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Deux œuvres bien différentes étaient proposées par l’Orchestre de Paris, dirigé par son ancien directeur musical Daniel Harding : Pierre et le Loup de Prokofiev, et la Symphonie fantastique de Berlioz. Si l’on peut peiner, intuitivement, à voir le lien entre les deux, la présentation sur le site de la Philharmonie donne une piste : « Un délicieux conte musical et une page symphonique magistrale, défiant tous les superlatifs : deux œuvres contrastées, ayant pour point commun de constituer une véritable déclaration d’amour à l’orchestre ! »

Pierre et le Loup est probablement l’une des œuvres de musique classique les plus connues. Nul besoin de la présenter. Et pourtant, elle n’est pas si souvent proposée par les grands orchestres symphoniques, hors concerts spécifiquement destinés au jeune public. Dans le cadre des concerts de saison de l’Orchestre de Paris, le soir, suivi par la Symphonie fantastique, il y a bien quelques enfants, mais guère plus que d’habitude.