Au Concert

Les concerts un peu partout en Europe. De grands solistes et d’autres moins connus, des découvertes.

A Genève, un guitariste d’exception : Pablo Sainz Villegas

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Pour achever sa saison de concerts et récitals à l’affiche de la série ‘Les Grands Interprètes’, l’Agence Caecilia invite l’Orquestra de Cadaqués et son chef titulaire Jaime Martin. Fondée en 1988 par de jeunes musiciens provenant d’Espagne et d’Europe, la formation se limite à une trentaine d’instrumentistes et a pour objectifs précis de collaborer avec des compositeurs d’aujourd’hui, de promouvoir la carrière d’artistes prometteurs et d’œuvrer à la redécouverte de la musique espagnole.

Et c’est assurément dans ce but que sont proposées en premier lieu deux pages extraites de la Suite espagnole pour piano op.47 d’Isaac Albeniz orchestrées par Albert Guinovart. La première, Asturias, appelée aussi Leyenda, met d’abord à mal la cohésion des bois dans un flot sonore bruyant qui se canalise dans le cantando largamente médian puis dans le da capo. La seconde, Castilla, est beaucoup plus racée grâce à une envolée jubilatoire qui emporte l’ensemble des cordes ne comportant que six premiers et six seconds violons à l’homogénéité parfaite.

À Genève, une création à l’OSR  

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Pour l’un des derniers concerts de la saison 2018-19, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande présentent une de leurs commandes dont ils ont assumé la création le mercredi 8 mai, le Concerto pour flûte et orchestre ‘Memento Vivere’ qu’Eric Montalbetti a écrit à l’intention d’Emmanuel Pahud. Selon les dires du compositeur, le sous-titre « Souviens-toi que tu es vivant » signifie que la flûte est avant tout l’instrument du souffle et que l’arrêter serait comme le faire mourir. Dans une esthétique qui rappelle le dernier Messiaen, l’œuvre est d’un seul tenant, même si elle comporte quatre parties qui s’enchaînent les unes aux autres. Ainsi, le Prélude aux Dieux antiques est développé comme une houle incantatoire suscitant les volutes de la flûte, comme un Premier souffle s’appuyant sur un tissu de cordes, xylophone et harpe que lacéreront de fulgurantes stridences. Le soliste recourt alors à la flûte basse pour évoquer un Memento mori dans le registre grave. Mais un dialogue entre le violon solo et l’alto donne libre cours à une Renaissance en trois parties, accumulant les blocs sonores sur lesquels se juchera la flûte délivrant un message d’espoir. Et les spectateurs ovationnent le soliste et le compositeur, visiblement ému et humblement reconnaissant de la qualité d’une exécution dont, en l’espace de deux jours, pourront témoigner les publics de la Seine Musicale à Paris et du Lac Sala Teatro à Lugano.

Le concert européen du Berliner Philharmoniker dans la nef du Musée d’Orsay

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Depuis la chute du mur de Berlin et la réunification de l’Allemagne, l’orchestre Philharmonique de Berlin investit chaque 1er mai un lieu phare du patrimoine culturel européen pour un concert hors-les-murs. Il commémore ainsi l’anniversaire de sa fondation. Cette année, l’Orchestre a choisi le Musée d’Orsay, succédant à l’Acropole d’Athènes, à l’église Sainte-Irène d’Istanbul ou au Palazzo Vecchio de Florence pour ne citer que ces lieux.

Sous la direction de Daniel Harding, l’Orchestre a proposé un programme extatique composé d’œuvre de Wagner, de Berlioz et de Debussy, sous le signe de l'amour : amour mystique et religieux, amour platonique, amour fusionnel… La plus grande partie du concert se déroule comme une succession d’harmonies envoûtantes dont l’ivresse musicale, dans une acoustique plus que généreux de la nef éclairée par une douce lumière du printemps à travers les verrières, devient presque léthargique. Placés entre les statues, les musiciens doivent adopter une configuration peu habituelle, comme les premiers violons et les contrebasses contournant La Liberté éclairant le monde de Frédéric-Auguste Bartholdi, fondue en 1889 en l’honneur du centenaire de la Révolution française d’après un prototype de la statut géante de New York (1886). Si, dans une salle de concert avec un acoustique précise, cette disposition devrait altérer sensiblement l’équilibre sonore, le grand espace du Musée d’Orsay, sous un très haut plafond, fait fondre et fusionner les sons, ce qui joue en faveur de ce programme. Autant dire que le choix est intelligent et ingénieux, parfaitement adapté au lieu.

À Genève, un chef pour Chostakovitch

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Pour son premier concert après sa longue tournée en Extrême-Orient, l’Orchestre de la Suisse Romande invite David Afkham, jeune maestro d’origine iranienne né à Freiburg-in-Brisgau qui, depuis 2014, est le premier chef de l’Orchestre National d’Espagne et qui en deviendra le directeur artistique à partir de septembre 2019.

Son programme commence par un classique de Beethoven, le Troisième Concerto en ut mineur op.37, qui a pour soliste le pianiste israélo-palestinien Saleem Ashkar dont le jeu précis qui se veut consistant paraît bien vite boursouflé et sans âme face à un tutti massif qui, Dieu sait pourquoi, inclut dix premiers et dix seconds violons et les cordes graves par huit. Dans le Largo pris ‘lentissimo’, le canevas s’irise de demi-teintes que le piano incorpore sporadiquement avant de livrer une ‘cadenza’ trop oratoire et un rondò articulé à l’extrême avec des arpèges à l’arraché et une stretta bousculée par un tempo trop rapide. En bis, une Träumerei des Kinderszenen de Schumann qui s’empreint furtivement d’un brin de poésie !

Un West-Side Story trop classique de Barrie Kosky au Komische Oper

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Créée en 2013, cette production du chef d’œuvre de Leonard Bernstein était très attendue. En effet, le Directeur Artistique maison (Intendent) de la Komische Oper Berlin est un des grands noms actuels de la mise en scène lyrique. On l’avait remarqué notamment dans ses opéras et oratorios baroques :  Saul à Glydebourne en 2015, et deux opéras de Rameau à Dijon Castor et Pollux en 2014 et des Boréades toutes récentes en Mars dernier. Place aujourd’hui au « musical » West-Side Story, qui est avant tout un chef d’œuvre du XXe siècle, un vrai de vrai.

La scène s’ouvre sur un plateau vide, où les Jets et les Sharks s’affrontent autour d'un ballon de basket. Le théâtre est comme mis en abîme, puisque l’on aperçoit en fond de scène des éléments de machinerie mis à nus. Cet aspect brut colle bien avec ce que Kosky développe dans certaines de ses interviews : Ce dernier n’est pas dans l’optique de réinventer le théâtre, mais de le transcender lui-même, d’en faire sentir la chair et le sang. Il y a en effet un côté brut, animal, dans cette version du West-Side de Bernstein et Sondheim, donné notamment grâce aux muscles saillants et aux tatouages des Sharks. L'onirisime pointe aussi, au moment où des dizaines de boules à facettes descendent sur scène lors du Mambo, mais illuminant surtout le Cha-Cha qui suit, figurant la rencontre entre Maria et Tony.

Tcha Limberger et le Tatavla trio dans un concert interactif à Bozar

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Ce samedi 27 avril, on retrouvait à Bozar Tcha Limberger et ses musiciens pour un concert interactif dans le cadre de Balkan Trafik -un concert 100% Grec ! Le concert était destiné à des enfants à partir de 6 ans, mais pas que... Outre les familles, des adultes sans enfants était également venus profiter de ce voyage musical.

Le concert a débuté avec une introduction par une animatrice de “Jeugd en Muziek Brussel”. Elle nous a appris des petites chansons en grec, des rythmes et une danse. Les rythmes grecques irréguliers ne sont pas toujours évidents pour les enfants mais, heureusement, certains parents très enthousiastes chantaient à pleine voix. Il faut dire qu’il n’y avait pas beaucoup de monde dans la salle, ce qui n’aidait pas pour la dynamique de groupe. Mais l’atmosphère était conviviale et détendue, le public étant là avant tout pour s’amuser et partager un bon moment.

Les finalistes du Concours International d’Art Lyrique de Namur

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A l’issue des deux premières journées, le jury du Concours International d’Art Lyrique de Namur (CIALN) a désigné 10 finalistes (dont 2 Belges) qui prendront part à l’épreuve finale, ce vendredi,  dans la Salle de Concert de l’IMEP.

L’occasion ici de faire plus ample connaissance avec ces dix personnalités et de savoir déjà ce qu’elles donneront à entendre (air choisi par le jury dans le répertoire proposé).

Le Festival Beethoven 2019 à Varsovie

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Le printemps à Varsovie est marqué par le festival Beethoven. Créé et dirigé par Elżbieta Penderecka, ce festival ne cesse de nous ravir. Invitant des artistes et des orchestres du monde entier : cette année, le public pouvait ainsi écouter des phalanges d’Espagne, de Corée du Sud, d’Italie, de Finlande, d’Allemagne, de Suisse et aussi les grands orchestres polonais. Le festival est une fenêtre sur le monde, formidable ouverture où l’on croise du public et des professionnels venus de la planète entière, saine attitude à une époque qui voit les esprits et les frontières se fermer. En l’espace d’un week-end, on pouvait avoir un aperçu de cette marque de fabrique unique et enthousiaste.

Le concert avec Susanna Mälkki et son Philharmonique d’Helsinki était des plus attendus. Venant en clôture d’une tournée européenne qui les a emmenés en Allemagne, Autriche, Pays-Bas et Pologne, l’orchestre et sa cheffe présentaient un programme de démonstration qui commençait par un inévitable Sibelius : mais avec l’un de ses poèmes symphoniques les moins usités : En Saga. Susanna Mälkki imprimait une marque intéressante en se concentrant sur une lecture plus orchestrale que narrative qui mettait en avant les masses instrumentales et la force de l’orchestration sibelienne. Violoniste inclassable, Pekka Kuusisto, ne pouvait pas livrer une lecture conformiste du célèbre Concerto pour violon de Tchaïkovski. Dès l’entrée du violon, le violoniste nous emmenait dans son monde musical, prenant le contre-pied du spectaculaire pour livrer une lecture ultra-narrative et même plutôt chambriste et lumineuse, comme si le musicien cherchait les lumières de lac Léman sur les rives duquel l’oeuvre fut composée. L’entente avec l’orchestre et sa cheffe était parfaite, même si le manque de projection du violoniste pénalisait certains passages. En bis, comme de coutume, Pekka Kuusisto sortait encore des sentiers battus avec une chanson populaire suédoise qui voyait l’instrumentiste jouer et siffler.

L'éloquence de l’Amatis Piano Trio

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Chaque année depuis 1995, l’European Concert Hall Organisation (ECHO), qui regroupe 21 des plus grandes salles de concert d’Europe, met en valeur quelques solistes ou groupes de musique de chambre particulièrement prometteurs choisis par ses membres. C’est le projet « Rising Stars », qui a ainsi déjà bénéficié à Lorenzo Gatto, Jakob Koranyi, Khatia Buniatishvili, Edgar Moreau, au Quatuor Modigliani, …

L’Amatis Trio, formation internationale fondée en 2014 par Lea Hausmann, Samuel Shepherd et Mengjie Han et déjà récompensée par plusieurs prix à des concours prestigieux, a été sélectionné pour la saison 2018-2019 par l’Elbphilharmonie de Hambourg, le Konzerthaus de Dortmund, la Philharmonie de Cologne et le Festspielhaus de Baden-Baden.

Un bouleversant Deutsches Requiem   

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Au cours de chaque saison, l’Agence Caecilia intercale plusieurs concerts exceptionnels dans sa série ‘Les Grands Interprètes’. Et c’est bien le mot ‘exceptionnel’ qu’il faut utiliser pour qualifier la remarquable exécution d’Ein deutsches Requiem op.45 de Brahms, donnée le 12 avril au Victoria Hall de Genève par le MDR Rundfunkchor et le Sinfonieorchester Basel sous la direction de Marek Janowski.

En premier lieu, le Chœur de la Mitteldeutschen Rundfunk, établi à Leipzig, est l’un des plus importants de la Société de radiodiffusion allemande ARD et a pour directeur artistique actuel le chef estonien Risto Joost ; et la qualité indéniable de chacun des registres contribue à une cohésion parfaite, ce qui lui octroie une palette de nuances expressives d’une rare richesse.