Concert anniversaire à Monte-Carlo 

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Ce concert commémore un double anniversaire. Tout d’abord, le centenaire de la disparition du compositeur Camille Saint-Saëns en 2021 mais aussi les 100 ans du décès du Prince Albert Ier de Monaco  (1840-1922). Le Prince Albert Ier dit le “Prince savant”  a donné une vive impulsion à l'activité musicale à Monaco. Il a bénéficié de ses liens privilégiés avec les compositeurs Jules Massenet et Camille Saint-Saëns, ses collègues à l'Institut de France. Saint-Saëns a composé l'Ouverture de fête pour l'inauguration du Musée océanographique de Monaco en 1910.

C’est avec le Concerto pour violon et orchestre n°3 de Saint-Saëns que concert célèbre le compositeur français. On ne présente plus l’excellent Daniel Lozakovich qui fait désormais  partie des violonistes majeurs de sa génération. Enfant prodige et boxeur à ses heures perdues, le jeune homme de 20 ans tarde un peu à entrer sur scène et il s’accorde longuement  ! La cause : il a dû remplacer une corde de son instrument en dernière minute et jouer avec une nouvelle corde entraîne la nécessité d'accorder plus souvent. Mais dès les premières notes, le jeune homme  est maître à bord et domine la situation. On salue la précision d'intonation et d'attaque ainsi qu’une intensité d'expression combinée à des prouesses de vélocité. L'orchestre sous la direction de Kazuki Yamada est superbe, c'est une performance absolument incroyable.Après une ovation debout, Lozakovich offre deux bis. Le très virtuose Scherzo de Fritz Kreisler et une Allemande de Bach.


Le grand chef et compositeur Vittorio de Sabata fut le directeur musical de l'Opéra de Monte-Carlo de 1918 à 1929. Compositeur émérite et de talent, il considérait la composition comme plus importante que la direction d'orchestre ; néanmoins il a acquis une plus grande reconnaissance comme chef d'orchestre et son oeuvre compositionnelle est peu à peu oubliée.  Souhaitant honorer l’art de son prédécesseur,  Kazuki Yamada a remis certaines oeuvres au programme des concerts de l'OPMC. L'année passée, on a été conquis par un chef-d'oeuvre, Gethsemani, et il y a deux ans, on découvrait son autre poème symphonique, Juventus. Cette saison, on découvre une partition de jeunesse : la Suite pour grand orchestre en quatre temps.  Composée à l'âge de 18 ans, cette oeuvre est bien écrite et  agréable à l'oreille, mais ce premier opus ne présente pas un grand intérêt.

Le concert se termine par La Mer de Claude Debussy. Kazuki Yamada est à la recherche de ces dissonances inattendues, de ces surprises qui surgissent de partout. Il transforme le son de cette pièce familière au point de se l'approprier. Une totale cohésion avec l'orchestre, merveilleux, prodigieux, miraculeux. Il  faut saluer les solos des premiers pupitres de l’OPMC : Liza Kerob au violon, Thierry Amadi au violoncelle et Federico Hood à l'alto.

Monte-Carlo, Auditorium Rainier III, 3 octobre 2021

Carlo Schreiber

Crédits photographiques :

 

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