Le Journal

Création à Detroit

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L'Orchestre Symphonique de Detroit donnera cette semaine la création mondiale d'une oeuvre du compositeur américain Mohammed Fairouz, d'origine palestinienne, dans une synagogue Detroit. La soliste, Maya Beiser, est née en Israël.
L'oeuvre d'une demi-heure pour violoncelle amplifié et grand orchestre puise ses thèmes dans le judaïsme, le christianisme et l'islam.

Censure culturelle en Pologne

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Le nouveau gouvernement polonais a annoncé une augmentation de 9,5 % des subsides à la culture. Mais ces investissements sont réservés à des projets cultivant l'identité nationale: culture polonaise, tradition polonaise et identité polonaise. Les autres projets sont menacés de perdre leur financement.
Il s'agit donc bien d'une politique de subvention très "ciblée", une nouvelle forme de censure.

Byron Janis à Hollywood

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Le réalisateur Martin Scorsese est en train de travailler sur une vie de Byron Janis. Il a acheté les droits sur une biographie du pianiste américain pour son prochain film.

Byron Janis est né le 24 mars 1928 à Mc Keesport (Pensylvanie). Ses parents sont juifs, originaires d’Europe de l'Est, émigrés aux Etats-Unis. Son nom "Janis" est une déformation de Yanks, diminutif de Yankelevitch. Il commence ses leçons très tôt avec Abraham Litow et progresse si vite qu’il est présenté au couple Lhévinne dont il devient l’élève à l’âge de huit ans. Mais les Lhévinne, très occupés par leurs concerts, délèguent l’enseignement du jeune Byron à Adèle Marcus; cela durera 6 ans.
Janis fait ses débuts à l’âge de 9 ans à Pittsburg et, à 15 ans, il joue pour la première fois avec orchestre. Vladimir Horowitz le repère un peu plus tard et le prend comme élève (l’un des seuls élèves que l’on connaisse au grand pianiste). Pour pouvoir suivre des leçons régulières, il suit le maître en tournées autour du monde et donne lui-même plusieurs concerts.
En 1960, il est choisi pour représenter les Etats-Unis dans le cadre d’un échange culturel avec l’URSS. Il y part en tournée et y retourne deux ans plus tard, pour y jouer, dans une même soirée le concerto de Schumann, le 1er de Rachmaninov, et le 3e de Prokofiev. Un événement enregistré par les studios Mercury.
La fin des '60 marque l’apogée de sa carrière : il donne jusqu’à 100 concerts par an. Quand on lui reproche de copier Horowitz, il répond qu’à force d’entendre jouer son maître, il connaissait son phrasé par cœur.
Coup de projecteur en 1967, quand Janis découvre par hasard deux manuscrits inconnus de valses de Chopin. Une découverte à l'origine d’un téléfilm sur la vie de Chopin qu’il tourne peu après 1970.
En 1973, Byron Janis commence à souffrir d’arthrose dans les mains. Le début d'une descente aux enfers jusqu'à ce que, en 1985, il devienne ambassadeur de la Fondation contre l’Arthrite et retrouve l’énergie et la force nécessaires pour continuer sa carrière, grâce aussi à des soins efficaces.

Byron Janis a surtout enregistré les grands concertos du répertoire (notamment pour Mercury), mais peu de pièces pour piano seul à l'exception notable des les Tableaux d’une exposition de Moussorgski parus en 1994. En 1996, il enregistre un récital Chopin pour EMI puis, en 1998, un récital Chopin/Liszt. Son activité de compositeur est moins connue mais réelle:  il a composé la musique d’un documentaire sur Gary Cooper (dont il a épousé la fille) et compose beaucoup de pop. Un coffret lui est consacré dans la collection des Grands Pianistes du XXe siècle, chez Philips.

Shani à Vienne

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Le chef d'orchestre israélien Lahav Shani, 26 ans, sera le principal chef invité de l'Orchestre Symphonique de Vienne à partir de la saison 2017-18.
Lahav Shani a été lauréat du 1er prix du Concours International Gustav Mahler en 2013. Il a étudié le piano à la Buchmann-Mehta School of Music (Tel-Aviv) avant d'entamer ses études son entrée, en 2009, à l'Académie de musique Hanns Eisler de Berlin.
Lahav Shani est apprécié par les uns, qualifié de tête brûlée par d'autres. A suivre donc... car il a les cartes en main.

Condamnation à Bordeaux

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On se souvient que Corinne Auguin, l'ancienne régisseuse de l’Opéra de Bordeaux était poursuivie pour détournements de biens d’un dépôt public et faux en écriture. Son mari était impliqué, les détournements s'étant étalés sur 10 ans et ayant considérablement modifié leurs habitudes de vie. Elle vient d’être condamnée à cinq ans de prison dont trois ferme et son mari à trois ans dont deux fermes. Ils sont condamnés aussi à verser 2,2 millions d’euros de dommages et intérêts. On ignore aujourd'hui s'ils envisagent une procédure d'appel.

Dialogues contestés

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Les héritiers de Francis Poulenc s'opposent à la reprise ce mois au Bayerische Staatsoper des Dialogues des Carmélites, une production de 2010 de Dmitri Cherniakov qui dévie de manière significative de l'intrigue originale.
Ils s'opposent en particulier au Final où les religieuses sont tuées par une explosion de gaz au lieu de l'exécution de l'original.
Le mois dernier, ils ont obtenu une ordonnance du tribunal qui a interdit la distribution du DVD en France, une décision contre laquelle les distributeurs vont en appel. Ils s'attaquent à présent à la scène munichoise.
Munich répond que "la mise en scène doit avoir la liberté de dévier de l'histoire [...] les idées sont représentés du point de vue d'aujourd'hui." A suivre...

Reconduction chez les SEL

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Le contrat du chef allemand Christoph König auprès des Solistes Européens Luxembourg (SEL) est reconduit jusqu’en 2019.
Né à Dresde en 1968, membre du chœur de Dresde (Dresdner Kreuzchor), Christoph König a poursuivi sa formation au Semperoper (Dresde), à Wuppertal et à Gelsenkirchen. Il a été en poste à Bonn et à Malmö avant de rejoindre les Solistes Européens Luxembourg en 2010.

Annulations et remplacements

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L'Orchestre Symphonique de Vienne a annoncé que son directeur musical Philippe Jordan, 41 ans, a annulé tous ses concerts de janvier et février pour des raisons de santé. Il y a là des concerts au Wiener Konzerthaus, au Musikverein de Vienne et une tournée européenne en France, en Suisse, en Autriche et en Allemagne.
Il sera remplacé par le jeune chef israélien Lahav Shani et par l'ancien percussionniste Adrien Perruchon.

Les Belges à Lille

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Pour commencer l’année, l’Orchestre National de Lille invite ses homologues belges -les Orchestres Philharmonique Royal de Liège et National de Belgique- à se produire dans le cadre de son Carrefour des orchestres. Les deux phalanges se trouvent réunies dans un même mois de janvier, désormais celui d’Ars Belgica.
Le 12, l'OPRL, avec le chef autrichien Christoph Campestrini, s'envole vers le Nouveau Monde pour un road trip version USA et offre à Lille son programme du concert du  Nouvel An.Direction Los Angeles avec l’extraordinaire City Noir de John Adams, une partition luxuriante créée par Gustavo Dudamel en 2009 et inspirée par les films noirs des années 1940-1950. Adams y invente une fois de plus une musique pleine de verve à l’énergie communicative. Il est suivi du Concerto en sol de Ravel (1931) empreint de l'esprit du jazz des Années folles, qui permet à l’OPRL d’accueillir à nouveau le pianiste argentin Nelson Goerner. Acclamé dans Schumann, Debussy, Chopin ou Rachmaninov, il vient de publier un disque Chopin chez Alpha. Viennent ensuite les Danses Symphoniques – West Side Story de Leonard Bernstein, comédie musicale visionnaire qui transpose l’intrigue de Roméo et Juliette dans le quartier du West End des fifties.

Le 28, place à l’ONB ! Depuis qu’il a remporté le concours Tchaïkovski à Moscou à l’âge de 22 ans, le pianiste Nikolaï Luganski est partout. Il s’est fait une place parmi les grands grâce à sa technique fabuleuse et la maturité de ses interprétations, essentiellement du répertoire romantique. Il jouera le Concerto n°1 pour piano de Brahms. Un concerto qui se voulait à l’origine une symphonie; en témoigne le caractère épique, voire tragique, de l’œuvre. Juste avant, l’orchestre interprète le poème symphonique Le chasseur maudit, bel exemple de coloration orchestrale élégante qui semble être la marque de fabrique César Franck (encore un Belge !). Une nouvelle œuvre de Guia Kantcheli est également au programme de cette soirée en création française. Le compositeur géorgien vit depuis quelque temps en Belgique et il a d'ailleurs accordé à Crescendo une interview à lire en nos pages.

Peter Maenhout au MAfestival de Bruges

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Peter Maenhout est le nouveau président de l'association Festival de Flandre Bruges. Il en était administrateur depuis 2011.
"En tant que président, je veux me concentrer sur la mission du MAfestival, un festival international d'été de musique ancienne, avec un programme audacieux et une approche novatrice de la tradition."
Le nouveau président succède à Yves Roose qui a été président pendant 20 ans et reste membre du conseil d'administration.