Le Journal

Concours Sibelius 2015

par

Alors que l'épreuve de demi-finale du Concours de violon ne comptait que deux Coréens (!) et deux Finlandais, ceux-ci n'ont pas été retenus par le jury à la veille de la Finale.
Les 6 finalistes sont Emmanuel Tjeknavorian (Autriche), Minami Yoshida (Japon), Nancy Zhou (USA), Mayumi Kanagawa (USA), Christel Lee (USA) et Friedericke Starkloff (Allemagne) qui est concertmeister de la NDR Philharmonie.

Annulation en Iran

par

L'Orchestre Symphonique d'Iran devait se produire dans le cadre de la Coupe des clubs de la World Wrestling. La prestation a été annulée après que les organisateurs ont refusé la présence des femmes sur la scène. Le chef Alexander Rahbari précise qu'il en a été informé 15 minutes avant le début de la compétition.
Les chaises étaient disposées et tout avait l'air en ordre, dit Rahbari. Mais avant l'hymne national, ils ont annoncé que les femmes ne pouvaient pas monter sur scène. Impossible pour moi d'accepter cela. Nous jouons tous ensemble ou nous ne jouons pas.

Les horloges à l'heure

par

Le pianiste et professeur Sergei Babayan a eu récemment l'occasion de commenter les prestations des Concours. Pas de surprise mais une utile piqûre de rappel.

"Certains jeunes pianistes choisissent des oeuvres spectaculaires, rapides, juste pour gagner le concours. Face à cela, je suis déçu et je me demande surtout ce que le pianiste va devenir. Qu'il s'agisse de Bach, Beethoven, Schubert ou Chopin, des oeuvres au contenu profond, elles n'ont aucun sens si le pianiste ne peut pas transmettre un message. On pointe facilement les candidats qui ne sont là que pour gagner la concours et ceux qui aiment vraiment la musique.
La vraie "concurrence" commence après le concours. C'est dans la vie quotidienne que les musiciens sont évalués, qu'on peut se rendre compte s'ils sont de véritables artistes capables de faire de la musique et toucher le public."

Sergei Babayan (53 ans) est né en Arménie et naturalisé américain.
Après ses études avec Lev Naumov puis au Conservatoire de Moscou, il s'installe aux USA en 1989, l'année où il remporte les Concours Robert Casadesus et de Cleveland. En 1991, il est Finaliste du Concours Reine Elisabeth puis, en 1992, Premier à Glasgow et 3e au Busoni.
Féru de musique romantique, il joue aussi les contemporains en concerts et récitals un peu partout, et au CD. En 1996, il a fondé la Sergei Babayan International Piano Academy au Cleveland Institute of Music. Parmi ses élèves, Daniil Trifonov.

Premier hommage à Luc Bondy

par

De Valerio Tura (La Monnaie).

Je viens d'apprendre la disparition prématurée de Luc Bondy. J'ai eu le privilège et le plaisir de travailler avec lui à trois reprises au Théâtre Royal de la Monnaie, à Bruxelles.
Deux fois sur des opéras écrits par son ami Philippe Boesmans : une reprise de Wintermärchen de Shakespeare et la nouvelle production de Julie, opéra de chambre sur la pièce de Strindberg où Bondy a travaillé aussi sur le livret . La troisième, c'était sur une co-production du Tour d'écrou de Britten.
Ses interprétations de ces trois opéras étaient trois chefs-d'œuvre de mise en scène de théâtre musical. Bondy était un artiste très exigeant, déterminé, parfois têtu voire fantaisiste, mais toujours très rigoureux, minutieux, grave, sévère, avec lui-même d'abord. Il était intimement imprégné et ancré dans le théâtre, instinctif et spontané.
Avec Bondy, après Chéreau et Ronconi, nous avons perdu l'un des plus grands, un des plus authentiques metteurs en scène de ces dernières décennies: un véritable innovateur, mais jamais, jamais gratuitement provocateur. Ses productions n'ont pas toujours été pleinement réussies. Sa Tosca controversée et sa Clemence de Titus ne sont pas complètement convaincante. Mais je me souviens aussi sa production exceptionnelle de Hercules de Haendel, à Aix-en-Provence.
J'ai eu avec lui, immédiatement, une relation aisée et chaleureuse, peut-être aussi parce que nous pouvions échanger en italien, une langue qui le charmait. C'était un homme cultivé, bien élevé, doux, un homme d'esprit. Dans les moments de liberté, nous pouvions parler de beaucoup de choses, pas seulement de théâtre et de musique. Je garde le beau souvenir d'une nuit où, avec une bonne bouteille de Chianti, nous avons eu une longue discussion sur les écrivains italiens modernes: Bondy voulait en savoir plus. Nous avons parlé de Pier Paolo Pasolini, dont il connaissait le travail, surtout du côté du cinéma, et nous avons parlé de Italo Calvino, qu'il ne connaissait pas.
Le lendemain, j'ai offert à Bondy un petit cadeau: deux livres de Calvino en traduction française. Quelque temps plus tard, quand nous nous sommes revus, il voulait savoir si Calvino avait écrit pour le théâtre ... La dernière fois que nous nous sommes parlé, je l'appelais pour lui demander s'il pouvait rencontrer un compositeur italien, un ami qui voulait lui parler d'un projet sur lequel il travaillait. Bondy a été immédiatement disponible ... "Donne-lui mon numéro de téléphone, il peut m'appeler quand il veut ...".

Luc Bondy s'en est allé

par

Luc Bondy vient de quitter, à 67 ans, une vie qu'il a généreusement habitée.
Les familiers de La Monnaie garderont les souvenirs de Cosi fan tutte, des oeuvres de Philippe Boesmans, ... Les amateurs d'opéra en cultiveront d'autres et les fidèles des théâtres ne seront pas en reste.
Luc Bondy est le fils de François Bondy (1915-2003) qui, élève du lycée de Nice vers 1930, y devient un des amis de Romain Gary, et le petit-fils de Fritz Bondy (1888-1980), alias « N. O. Scarpi », écrivain et cinéaste suisse originaire de Prague. Il passe une partie de son enfance et de son adolescence en France, à Paris où il suit l'enseignement de Jacques Lecoq.
Il s'installe en 1969 à Hambourg et y monte plusieurs pièces (Ionesco, Shakespeare, Goethe, Genet,...) puis, de 1974 à 1976, il travaille à la Städtische Bühne -théâtre municipal- de Francfort. À partir de 1981, on le retrouve à Cologne où il présente notamment Yvonne, princesse de Bourgogne de Witold Gombrowicz, Oh les beaux jours de Becket et Macbeth de Shakespeare, en 1982. De 1985 à 1987, il est codirecteur, avec les dramaturges Diter Sturm et Christoph Leimbacher, de la Schaubühne de Berlin où il succède à Peter Stein.
En 1994, il est élu membre de l'Académie des Arts de Berlin et, à partir de 1997, il enseigne la mise en scène au séminaire Max Reinhardt.
Il rencontre le succès dans toute l'Europe, tant au théâtre qu'à l'opéra, et dirigera, de 2002 à 2013, les Wiener Festwoche (Austriche).
A la direction du Théâtre de l'Odéon (Paris) depuis 2012, il monte, dès sa première saison, Les Beaux Jours d'Aranguez de Peter Handke et Le Retour d'Harold Pinter.
On le savait malade mais chacun voulait croire qu'il ne s'agissait que d'une parenthèse.

Financement participatif

par

L'Opéra Comique lance une opération de financement participatif : le public-mécène participera à l'élaboration d'un nouvel opéra à tous les stades de celle-ci : de la partition au travail avec les comédiens, des maquettes aux décors et costumes.
La nouvelle pièce est titrée Kein Licht et le livret est confié à Elfriede Jelinek, Prix Nobel de Littérature 2004. C'est le Français Philippe Manoury qui assure la partition et l'Allemand Nicolas Stemann est à la mise en scène.
Kein Licht se veut ancrée dans la tradition de l'opéra-comique et du singspiel allemand, alternant le parlé et le chanté. La forme, très accessible avec ses passages parlés, sera au service de cet opéra contemporain "sur un sujet d'actualité".
Il s'agit d'une coproduction européenne alliant le Festival Ruhrtriennale, le Berliner Festpiele, le Théâtre National de Zagreb, les théâtres de la ville de Luxembourg, le Festival Musica de Strasbourg et Ircam.
L'objectif est de réunir 50.000 euros soit 15% de la participation du plus gros producteur, l'Opéra Comique (700.000 euros de contribution).
Pour l'Opéra Comique, fermé pour travaux jusqu'en janvier 2017, il s'agit d'alléger sa contribution, mais aussi, comme lors d'initiatives antérieures, de maintenir le lien avec son public. La création aura lieu à la salle Favart en octobre 2017.

 

De Gergiev, sans surprise

par

Valery Gergiev a, comme toujours, tenu des propos qui lui confortent la proximité du Kremlin. A Tokyo, il a déclaré qu'il n'a pas l'intention d'aller diriger en Turquie car "C'est une région très dangereuse".

Harnoncourt: pas encore

par

Nikolaus Harnoncourt qui avait annulé ses concerts d'octobre et novembre vient de faire pareil pour ceux qu'il devait diriger les 5 et 6 décembre au Musikverein de Vienne. On ne sait pas encore qui le remplacera.
Nikolaus Harnoncourt fêtera ses 86 ans le 6 décembre.

Le Prix Busoni 2015

par

Le Prix Busoni (Busoni-Kompositionspreis 2015) dédié aux compositeurs a été décerné à Ashley Fure (33 ans). Née dans le Michigan (USA), elle est à l'oeuvre dans les domaines acoustique, électroacoustique et de l’installation multi-media.
Le Prix Busoni, fondé en 1988 par Aribert Reimann, est attribué à de jeunes compositeurs encore peu connus.

L'art d'Alfred Brendel

par

Decca Classics annonce, pour le 8 janvier prochain, la sortie de tous les enregistrements d'Alfred Brendel réalisés pour Philips. Au total 114 CD reprenant les albums en studio, les enregistrements "live" et ceux réalisés pour la radio. C'est une première, en étroite collaboration avec le Maestro.