Le monde de la médecine se divise sur les effets de la musique de Mozart sur certaines personnes, notamment sur les épileptiques. Un «Effet Mozart»?
L'"Effet Mozart" est un terme qui apparaît en 1993 quand deux chercheurs en médecine, Frances Rauscher et Katherine Kyse, se penchent sur la musique de Mozart et en concluent que l'écoute de certaines oeuvres peuvent améliorer la spatio-temporalité des patients épileptiques. Intéressant, car c'est l'intelligence spatio-temporelle qui permet d’imaginer mentalement des formes en 3D.
L' oeuvre la plus "efficace" serait la sonate pour deux pianos en ré majeur (KV 448) car après dix minutes d’écoute, les patients sondés répondent mieux aux tests spatio-temporels par rapport aux patients qui écoutent de la musique relaxante.
Depuis lors, plusieurs autres études ont été menées, notamment avec la musique de Philip Glass ou de la pop, mais la sonate pour deux pianos tient le haut du pavé.
Pour le professeur de neurologie John Hugues, cette sonate fonctionne bien car elle met l’accent sur certaines notes très précises comme le sol 2 (35e touche du piano), le do 4 (52e touche) et le si 4 (63e touche). Et aussi parce que chez Mozart certains motifs musicaux sont repris plusieurs fois dans l'oeuvre oeuvre, parfois en changeant quelques notes, ce qui permet de mieux mémoriser la mélodie, favorisant ainsi le développement de l’intelligence spatio-temporelle à long terme.
Mais la sonate n’est pas la seule à agir. Différents tests témoignent aussi de l'efficacité du 23e concerto pour piano en la majeur K488 (Mozart encore) et de Acroyali & Standing in motion du chanteur grec Yanni.
La dernière étude sur des patients épileptiques date de 2011 (Taïwan). Onze enfants y participaient : pendant un an, toutes les crises d’épilepsie sont comptabilisées. Les six premiers mois, rien ne change mais, les six mois suivants, ils écoutent tous les soirs la sonate pour deux pianos de Mozart.
Sur les onze enfants, huit ont arrêté de faire des crises (ou leur nombre s'est considérablement) pendant les "mois Mozart".
D'autres chercheurs restent sceptiques et considèrent que l’effet est temporaire ou clairement inexistant. Mais c'est une piste à tout le moins inoffensive et à ne pas négliger.