Le tribunal de commerce de Paris a prononcé lundi la liquidation judiciaire de Virgin, laissant sur le carreau 960 salariés en France, qui restent mobilisés dans les magasins occupés et dont le sort est désormais entre les mains du liquidateur judiciaire. Au cours d'une audience express d'une trentaine de minutes, le président du tribunal a prononcé la liquidation judiciaire attendue de l'enseigne culturelle, après le rejet la semaine dernière des offres de reprise des enseignes Cultura et Vivarte. Les 960 salariés de Virgin, dont Butler Capital Partners est le principal actionnaire avec 74% de parts, ont rendez-vous dès mardi avec le liquidateur judiciaire, Me Frédérique Levy. Le groupe Lagardère est un des actionnaires de Virgin. Le distributeur de biens culturels avait été placé en redressement judiciaire mi-janvier.
"Je demande aux salariés de rejoindre ceux qui occupent les magasins, c'est un moyen de pression pour qu'on obtienne les 15 millions d'euros, nous ne partirons pas avant de les avoir", a lancé au mégaphone à la sortie de l'audience M. Olharan. Un comité d'entreprise est programmé le 24 juin pour évoquer les modalités du plan social pour les salariés de l'enseigne et la quarantaine de salariés des filiales. Pour l'heure, ce plan est doté d'un budget de 8 millions d'euros et les salariés en réclament 7 de plus.
La présidente de Virgin, Christine Mondollot, a déclaré à l'AFP que cette décision est "un échec terrible qui coûte cher à tout le monde". Elle a dit "regretter infiniment" le rejet des offres de reprise, qui auraient permis de "sauver des emplois".
Dans le magasin des Champs-Elysées, quelques heures avant l'annonce de la liquidation, des salariés étaient réunis au milieu des rayons quasi vides. Les syndicats ont également rendez-vous mercredi au ministère de la Culture.
Ils comptent notamment demander la mise en place d'une "cellule de reclassement pérenne pour le secteur culturel" a expliqué Philippe Gelinaud (CGT), évoquant Virgin mais aussi les librairies Chapitre ou encore la Fnac au sujet de laquelle des informations de presse -démenties par la direction- faisaient état lundi d'un futur plan social à la Fnac.