Le Journal

Johann Valentin Meder, 375 ans

par

Johann Valentin Meder (né le  à Wasungen et mort en juillet 1719 à Riga) est un ténor, compositeur et organiste.

Johann Valentin Meder est le fils du chantre Johann Erhard Meder. Il étudie d'abord la théologie à Leipzig (1669), mais ne termine pas ses études et à partir de 1671 mène une vie instable de musicien dans diverses positions professionnelles, qui le conduit en 1685 à Riga en passant par Gotha, Cassel, Brême, Hambourg, Copenhague, Lübeck et Reval, où il devient professeur en 1680 comme cantor de lycée et écrit l'opéra Die beständige Argenia. Avant de retourner définitivement à Riga, il fait de courts séjours à Dantzig et à Königsberg. À Riga, il travaille comme organiste de cathédrale jusqu'à sa mort.

Il nous reste de lui des motets, des cantates, une Passion selon saint Matthieu, ainsi que diverses œuvres de musique instrumentale.
En raison de la composition de deux opéras, il perd le soutien du conseil municipal de Dantzig.

Ouverture du Centre Nikolaus Harnoncourt à l'Université Bruckner de Linz

par

Un peu plus d'un an après l'annonce de la création d'un Centre Nikolaus Harnoncourt (NHZ) à l'Uiversité privée Anton Bruckner de Linz, celui-ci sera solennellement inauguré lors des journées Harnoncourt à St. Georgen im Attergau ce 3 mai.
La famille Harnoncourt a mis l'héritage du chef d'orchestre et chercheur en musique à la disposition de l'Université : 460.000 euros par an seront mis à la disposition du NHZ par le Land pour assurer l'héritage artistique, a-t-on appris en 2023.

Le fonds se compose de médias audiovisuels, d'environ 50 mètres d'étagères de partitions ainsi que de près de deux mètres cubes de correspondance, d'essais, de notes sur les œuvres et la pratique d'exécution, de manuscrits de conférences ainsi que de matériel relatif à l'enseignement universitaire d'Harnoncourt.
Le Centre se donne pour mission de numériser les archives du chef d'orchestre, décédé en 2016 à St. Georgen im Attergau, qui s'étendent sur sept décennies, et de les rendre accessibles au public. De plus, un atelier de réflexion philosophique et culturelle à St. Georgen invite toujours « des personnalités de notre temps à se pencher sur les thèmes sociaux brûlants actuels ».

 

Bob Permentier,nouvel intendant du Belgian National Orchestra

par
La Ministre des Affaires étrangères et des Institutions culturelles fédérales, Hadja Lahbib, a nommé Bob Permentier comme nouvel intendant de l’Orchestre National de Belgique, a annoncé jeudi l’orchestre. Il est entré en fonction le 1er mai 2024, pour un mandat de six ans.
Né en 1971, Bob Permentier connaît parfaitement le Belgian National Orchestra, dont il est membre depuis 1994 au pupitre des bassons. Le quinquagénaire est aussi, depuis 13 ans, le directeur artistique de B-Classic, la branche limbourgeoise du Festival van Vlaanderen, qui réunit chaque année des musiciens de renommée nationale et internationale. "Son expérience parmi les 80 musiciens du Belgian National Orchestra et ses connaissances du monde culturel belge – tant ses aspects organisationnels que relationnels – correspondent parfaitement à la mission de l’orchestre : promouvoir et questionner le répertoire symphonique de façon novatrice, tout en occupant une place centrale au cœur de la société contemporaine à l’échelle belge et mondiale", peut-on lire dans le communiqué de presse de l’orchestre.

La vision du nouvel intendant pour l’orchestre se veut "fédératrice", cherchant à élargir le public et construire "des ponts entre la musique symphonique et le tissu social belge". M. Permentier souhaite proposer un "équilibre entre tradition et innovation, où l’excellence artistique que requiert le répertoire symphonique côtoie des formats qui transcendent les genres audiovisuels".

"Je suis convaincu que le Belgian National Orchestra, situé au cœur de la capitale de la Belgique et de l’Europe, peut jouer un rôle de pionnier et d’inspirateur dans la coopération entre les orchestres symphoniques européens et internationaux" déclare Bob Permentier, qui est entré en fonction ce mercredi 1er mai. "Notre musique est le langage par lequel nous établissons des liens, jetons des ponts entre les cultures et créons un dialogue harmonieux, et je suis impatient et honoré de pouvoir y contribuer."

 

(d'après la RTBF)

Aafje Heynis, 100 ans

par

La contralto néerlandaise Aafje Heynis est née le  à Krommenie (Pays-Bas) et morte le  à Huizen (Pays-Bas).

L'anecdote de ses débuts est célèbre : en 1945, libérés de l'occupation allemande, les habitants du Zaan viennent la chercher -presque de force- pour l'amener à chanter avec eux : elle interprète alors de manière inoubliable Dank sei Dir de Haendel. Elle a par ailleurs été présentée comme la rivale de Kathleen Ferrier.

C'est accompagnée de son père à l'harmonium, qu'Aafje Heynis commence le chant dans un chœur d'enfants. Sur l'avis de Jan Mienes, le chef de chœur de sa ville natale, elle auditionne pour suivre l'enseignement de Jo Immink à Amsterdam.
De 1946 à 1949 elle suit les cours d'Aaltje Noordewier-Reddingius. Elle se perfectionne jusqu'en 1955 avec Laurens Bogtman et Roy Henderson.
Elle gagne très vite une bonne réputation grâce à son interprétation de la Rhapsodie pour alto de Brahms avec l'Orchestre royal du Concertgebouw, sous la direction d'Eduard van Beinum.
S'ensuivent de nombreux concerts dans des églises, des récitals de lieder et l'interprétation de la Passion selon saint Matthieu de Bach. C'est avec le label Philips qu'elle enregistre Brahms, Bach, Haendel et Mendelssohn.
Avec l'Orchestre royal du Concertgebouw, sous la direction de Bernard Haitink elle donne un enregistrement de légende de la Symphonie nº 2 de Gustav Mahler.

Giacomo Meyerbeer, 120 ans

par

Giacomo Meyerbeer, de son vrai nom Jakob Liebmann Meyer Beer, est né le 5 septembre 1791 à Tasdorf, près de Berlin, au sein d’une riche famille juive. Son père, Juda Herz Beer (1769-1825) était particulièrement impliqué dans le mouvement d’émancipation et d’intégration des juifs de Prusse. Au début du XIXe siècle, les Juifs ne bénéficiaient toujours pas de la citoyenneté prussienne ; la fonction publique leur était interdite, et bon nombre d’autres métiers. Il était ainsi pratiquement impossible pour un Juif de faire carrière dans la musique sans se convertir.

Dès l’enfance, le petit Jakob est instruit par des professeurs particuliers : Franz Lauska (1764-1825), professeur de piano à la Cour qui lui donna ses premières leçons dès 1798, puis Muzio Clementi (1752-1832) et Georg Joseph Vogler (1749-1814). A l’âge de 10 ans, Meyerbeer interprète en public le oncerto pour piano en ré mineur de Mozart et acquiert très vite une réputation de pianiste brillant. De 1803 à 1807, il étudie la composition avec Carl Friedrich Zelter (qui sera aussi le professeur de Felix Mendelssohn) et achève le 12 décembre 1803 sa première sonate pour piano. Attiré par l’opéra, il devient ensuite l’élève de Bernhard Anselm Weber (1766-1821), alors chef d’orchestre de l’Opéra royal de Berlin. C’est à cette époque qu’il compose sa première œuvre scénique, le ballet-pantomime Der Fischer und das Milchmädchen, qui est créé au Théâtre royal de Berlin le 26 mars 1810.

En 1816, il se rend en Italie, où il assiste à une représentation de l’opéra Tancredi de Gioachino Rossini (1792-1868). Ce spectacle est une véritable révélation. Il compose alors des opéras (Romilda e Costanza en 1817, Semiramide riconosciuta et Emma di Resburgo en 1819, Margherita d’Anjou en 1820, L’esule di Granata en 1822 et enfin Il crociato in Egitto en 1824) qui lui assurent une notoriété non seulement en Italie mais aussi dans toute l’Europe, où il est considéré comme l’égal de Rossini. Reconnaissant envers l’Italie où il a remporté ses premiers succès, le compositeur italianise son prénom, se présentant désormais sous le nom de Giacomo Meyerbeer.

De 1825 à 1841, l’essentiel de sa carrière se déroule à Paris. Grâce au soutien de Luigi Cherubini, il débute le 18 février 1827 une fructueuse collaboration avec le librettiste Eugène Scribe. Leur première œuvre commune, Robert le Diable, est créée à l’Opéra le 21 novembre 1831 et obtient un triomphe. Meyerbeer devient membre étranger de l’Académie des Beaux-Arts de Paris et est élevé à la dignité de Chevalier de la Légion d’honneur le 19 janvier 1832.

La mort en 1840 du roi de Prusse Frédéric-Guillaume III et l’accession au trône de son fils aîné Frédéric-Guillaume IV va se révéler bénéfique pour Meyerbeer. Le nouveau roi va en effet adopter des mesures beaucoup plus libérales pour les Juifs de Prusse. Le 11 juin 1842, Frédéric-Guillaume IV nomme Meyerbeer Generalmusikdirektor (directeur général de la musique) de l’Opéra royal de Prusse et superviseur de la musique de la Cour royale. La direction de la musique sacrée est quant à elle confiée à un autre compositeur d’origine juive, mais converti au protestantisme, Felix Mendelssohn (1809-1847).

À partir de 1851, Meyerbeer va résider la plupart du temps à Berlin avec sa famille, et participer à la vie artistique particulièrement riche de la cité. Cela ne l’empêche pas de voyager régulièrement dans toute l’Europe afin d’y présenter ses œuvres.

Très fatigué par son intense activité créatrice, Meyerbeer meurt soudainement le 2 mai 1864 à Paris, alors qu’il supervise les répétitions de son dernier opéra, L’Africaine.

Tout au long de sa vie, Giacomo Meyerbeer n’a jamais renié son appartenance au judaïsme. Il commémorait les anniversaires de sa famille selon le calendrier lunaire juif et, au décès de son grand-père, survenu alors qu’il avait 20 ans, il avait fait la promesse à sa mère de vivre dans le respect des lois mosaïques. Son œuvre musicale juive est cependant minime : on ne connaît de lui que deux compositions hébraïques. La première est une œuvre de jeunesse, un Hallelujah pour chœur et orgue écrit en 1815 pour la communauté réformée de Berlin et chanté dans l’oratoire de Judah Herz Beer, le père du compositeur.

La deuxième, Ouv’noukho Yomar, résulte des travaux de Samuel Naumbourg (1817-1880), l’un des principaux réformateurs du culte israélite français au XIXe siècle. En 1846, alors que Naumbourg prépare la publication d’un recueil de chants hébraïques en deux volumes Zemirot Israel, Chants Religieux des Israélites, il demande à Meyerbeer l’autorisation d’y insérer l’une de ses compositions : Prière d’enfants, publiée initialement en 1839 pour trois voix de femmes a cappella, avant d’être traduit en allemand en 1841 sous le titre Kindergebet. Meyerbeer accepte et Naumbourg en réalise un arrangement pour chœur d’hommes et enfants sur le texte de la prière "Ouv’noukho Yomar", récitée lors de la rentrée des rouleaux de la Torah dans l’Arche Sainte pendant les offices de Chabbat et des fêtes. Ce morceau est publié à Paris en 1847 dans le second volume du recueil de Naumbourg qui comporte, au demeurant, les morceaux d’autres compositeurs tels Fromental Halévy (1799-1862) ou encore Charles-Valentin Alkan (1813-1888).

Henri Joseph Rigel, 225 ans

par

Henri Joseph Rigel, 225 ans

 

Le compositeur français d’origine allemande Henri-Joseph Rigel est né à Wertheim le 9 février 1741 et mort à Paris le 2 mai 1799. Ses fils Louis Rigel (1769-1811) et Henri Jean Rigel (1772-1852) sont également compositeurs.

 

Rigel reçoit sa formation musicale d'abord auprès de son père, puis auprès de Niccolò Jommelli et François-Xavier Richter à Mannheim. En 1767, il s'installe à Paris où il connaît rapidement le succès au Concert Spirituel, pour lequel il composa plusieurs oratorios et dont il est pour quelque temps le directeur. À partir de 1783, il est professeur de solfège à l'École royale de chant. Après la Révolution, il est professeur de piano de « première classe » au Conservatoire de Paris.

 

Parmi ses œuvres, on trouve 15 symphonies, des concertos, six quatuors (op. 10, c. 1773) et sonates pour le clavecin, deux motets (Regina coeli et Ave verum corpus). Entre 1788 et 1799, il composa 16 opéras. Ses compositions sont influencées par Christoph Willibald Gluck et se rallient aux mouvements internationaux de l'époque. Rigel est également l'auteur de mélodies comme Les Adieux de la présidente de Tourvel au Vicomte de Valmont, une romance sur des paroles du marquis de La Maisonfort publiée dans les Feuilles de Terpsichore en 1784.

 

Vicente Martin y Soler, 270 ans

par

Vicente Martín y Soler ( à Valence -  à Saint-Pétersbourg) est un compositeur espagnol d'opéras et de ballets.

Bien que relativement oublié aujourd'hui, il était comparé à son époque favorablement à son contemporain, Mozart, en tant que compositeur d'opera buffa, d'où son surnom de « le Mozart valencien. Ses œuvres les plus connues restent d'ailleurs les opéras comiques qu'il composa à Vienne avec le librettiste Lorenzo da Ponte : Una cosa rara (1786, d'après la pièce "La Luna de la sierra" de Luis Vélez de Guevara), Il burbero di buon cuore (1786, d'après la pièce de Carlo Goldoni), L'arbore di Diana (1787). C'est également lui qui introduisit la valse à Vienne (dans Una cosa rara).

Martín y Soler étudie la musique à Bologne avec Giovanni Battista Martini. Son premier opéra, Il Tutore burlato (Le Tuteur moqué), une adaptation de La Frascatana de Giovanni Paisiello lui-même tiré de la pièce, du même nom, de Filippo Livigni, est créé en 1775. Le livret est par la suite traduit en espagnol et adapté sous forme d'une zarzuela intitulée La Madrileña o El tutor burlado, dont la première est donnée à Madrid en 1778.

En 1777, il se rend à Naples pour composer son premier ballet pour le teatro San Carlo. Durant cette période, il travaille avec le chorégraphe Charles Le Picq pour composer quatre ballets d’action : La Griselda (1779, d'après Apostolo Zeno), Il ratto delle Sabine, La Belle Arsène (1781), et Tamas Kouli-Kan (1781, d'après Vittorio Amedeo Cigna-Santi). Il compose aussi deux ballets mezzocarattere (« de demi-caractère »), La sposa persiana (1778) et Il Barbiere di Siviglia (1781, d'après la pièce de Beaumarchais).

À Naples il travaille aussi avec le librettiste de la CCour, Luigi Serio, à la composition d'opere serie, produisant Ifigenia (1779) et Ipermestra (1780).

En 1785, il s'installe à Vienne, où il rencontre un grand succès grâce aux opéras qu'il compose sur des livrets de Lorenzo da Ponte, qui collabore simultanément avec Mozart et avec Antonio Salieri. La musique d'Una cosa rara est d'ailleurs citée par Mozart dans la scène finale de Don Giovanni (1787).

En 1788, il est invité à la Cour impériale de Russie à Saint-Pétersbourg, où il compose les opéras en russe L'Infortuné Héros Kosmetovitch (1789, livret écrit en partie par Catherine II), Melomania (1790), et Fedoul et ses enfants (1791, avec Vassili Pachkevitch). Durant cette période, il achève aussi deux opéras en italien : La capricciosa corretta (1795, livret de da Ponte, probablement adapté de "La Mégère apprivoisée" de Shakespeare) et La festa del villaggio (1798). Il compose aussi nombre de ballets tragiques dont Didon abandonnée (1792), Amour et Psyché (1793, inspiré des Psyché de Molière, Corneille et Philippe Quinault), Tancrède d'après Voltaire et Le Retour de Poliorcète (1799).

Il meurt à son poste de compositeur de la Cour en 1806, contribuant avec Giuseppe Sarti à créer l'opéra russe, selon le souhait de Catherine II. Son opéra Una cosa rara, très spectaculaire du fait de son style combinant le buffa (le style bouffe) napolitain et la vigueur espagnole, est encore de nos jours enregistré et représenté, spécialement à Barcelone et en Italie.

Le Concert de Gala 2024 des ICMA à Valence

par

Le vendredi 3 mai à 19:00, Deutsche Welle lancera la première du Concert de Gala ICMA qui a eu lieu au Palau de la Musica à Valence le 12 avril.
Voici le lien : https://www.youtube.com/@DWClassicalMusic

Après l'énorme succès rencontré par les précédents concerts des International Classical Music Awards (1,4 million de téléspectateurs pour le concert de 2022 au Luxembourg, 1,8 million de téléspectateurs pour le concert de 2023 à Wroclaw), le concert de cette année devrait connaître un nouveau succès.

Le programme interprété par l'Orquesta de Valencia, sous la direction d'Alexander Liebreich, présente les lauréats des prix de cette année.

 

"Nerone"d’Arrigo Boïto, 100 ans

par

Nerone est un opéra en quatre actes sur un livret en italien. L'œuvre représente une série de scènes de la Rome impériale à l'époque de l'Empereur Néron, illustrant les tensions entre la religion impériale et le christianisme. L'opéra se termine par le Grand incendie de Rome. Boito est mort en 1918 avant d'avoir terminé son travail.

Arrigo Boito est connu comme compositeur de l'opéra Mefistofele, le seul opéra de Faust, en dehors de la version de Gounod, à avoir réussi à s'imposer sur les scènes d'opéra. Il est également connu comme librettiste et traducteur. Il a écrit des livrets pour plusieurs compositeurs italiens, en premier lieu Verdi (Otello, Falstaff), mais aussi Ponchielli (La Gioconda) et Faccio (Amleto). Il a traduit Der Freischütz de Weber et Rienzi de Wagner. Boito a travaillé sur le sujet à partir de 1862, avant même d'avoir terminé Mefistofele.

L'artiste et son frère faisaient partie du groupe Scapigliatura dont le nom fait allusion à des cheveux froncés ou ébouriffés. Ce groupe d'artistes lombards, qui a existé entre 1860 et 1880, se caractérisait par une protestation anti-bourgeoise, une résistance à la rhétorique du Risorgimento et une critique de l'Église et de la religion. En revanche, l'amour sensuel et le "mal" étaient glorifiés. C'est donc logiquement que l'opéra de Faust de Boito porte le nom du diable, que le personnage central de l'Otello de Verdi est le méchant Iago et que l'empereur romain, célèbre pour sa cruauté, s'est proposé comme sujet d'opéra de la Scapigliatura.

Nerone n'était certes pas le premier ni le dernier opéra consacré à la vie et à l'œuvre de l'Empereur romain. On peut citer au moins trois œuvres, le Nero de Georg Friedrich Haendel (Hambourg, 1705), le Néron d'Anton Rubinstein (Hambourg, 1879) et le Nerone de Pietro Mascagni (Milan, 1935).
Aucune de ces œuvres n'a pu s'établir durablement à l'affiche des opéras.

Depuis que Boito a commencé à composer en 1875, peu de temps après la première représentation de la deuxième version à succès de Mefistofele, le livret de Nerone devait être terminé à ce moment-là. On sait que Verdi s'est intéressé au sujet et a encouragé et rassuré Boito. Boito était près de Verdi dans les dernières heures de sa vie. L'année de sa mort, 1901, le livret de Nerone a été publié et il a été largement salué. Outre Verdi, l'éditeur Giulio Ricordi a également tenté de convaincre le compositeur de la qualité de son travail. Par exemple, l'éditeur lui a écrit que Nerone était prêt à être joué même sans l'acte V. En juillet 1911, Boito joua les quatre premiers actes au piano pour Ricordi et ce dernier convainquit le compositeur d'autoriser à présenter l'œuvre pour la première mondiale à La Scala. Cela était prévu pour l'hiver 1911-1912, mais Ricordi est décédé et la première a été reportée. En 1913, le compositeur a parlé à Enrico Caruso de la reprise du rôle titre et le chanteur de renommée mondiale a accepté, mais pour une représentation à New York. Encore une fois, le doute de Boito l'a emporté. Boito a repris une nouvelle fois des parties entières, a rejeté des passages déjà terminés et les a retravaillés. En 1916, il a retiré à nouveau le Nerone -maintenant pour une révision de l'ensemble du premier acte2. Mais la mort l'a surpris en 1918.

Au moment de la mort de Boito, qui avait travaillé sur le sujet pendant soixante ans, l'orchestration des trois premiers actes était achevée, mais certaines parties de l'acte IV étaient encore à l'état d'écriture.

Toscanini a proposé à Antonio Smareglia de terminer l'opéra laissé inachevé par le grand écrivain et artiste d'opéra de Padoue. Ayant accepté cette mission, le compositeur, après avoir achevé l'œuvre, en a été inexplicablement privé et chassé, sans explications, par Toscanini lui-même. Une explication plausible serait que Smareglia aurait exposé des doutes sur la validité effective de l'œuvre au chef d'orchestre au caractère coléreux et dictatorial. Toscanini a fait ensuite terminer l'œuvre par Vincenzo Tommasini. La première mondiale a eu lieu à La Scala le , obtenant un grand succès pour l'époque. Par la suite l'opéra a été très rarement joué.

La réduction pour piano a été faite par Ferrucio Calusio (1889-1983). Les parties vocales ont été publiées en 1924, la partition complète en 1925.

Boito avait également écrit une version en prose, en cinq actes, qui représentait son premier objectif, avec un acte final qui est absent dans l'opéra. Dans cet acte, Néron souffre d'une dépression psychologique en récitant l'Oreste, après l'apparition du fantôme d'Agrippina. On retrouve les idées de la scène d'ouverture du drame dans laquelle Néron essaie d'apaiser les mânes et la colère de sa mère. Cet acte, initialement présent dans le livret, a été abandonné sur les conseils de Ricordi.

En 1948, Toscanini dirigea à nouveau l'œuvre à la Scala. Il existe un enregistrement de cette mise en scène. L'opéra a également été représenté à plusieurs reprises par l'Opéra de Rome, d'abord pour l'inauguration de l'opéra en mars 1928, puis en décembre 1945 sous la direction de Gabriele Santini, juste après la chute des régimes totalitaires d'Hitler et de Mussolini, et enfin une nouvelle fois en été 1950, en plein air, dans les thermes de Caracalla.

La première aux États-Unis a eu lieu le , interprétée en version de concert par l'Opera Orchestra of New York au Carnegie Hall.

Il existe une traduction allemande d'Ernst Lert, Stuttgart (1928), qui suggère que l'œuvre y a été jouée à l'époque8. L'opéra était à l'affiche du Festival de Brégence 2021, mis en scène par Olivier Tambosi et dirigé par Dirk Kaftan. Le rôle-titre était interprété par le ténor mexicain Rafael Rojas.

 

Muriel Herbert, 40 ans

par

Muriel Emily Herbert, née en 1897 à Sheffield et décédée le , est une compositrice britannique du début du XXe siècle. Une grande partie de son travail est pour voix solo et piano, avec des arrangements de chansons tirées de textes de poètes anglais et irlandais tels que Thomas Hardy, Robert Herrick, Ben Jonson, James Joyce et William Butler Yeats.

Muriel Herbert grandit à Liverpool. Enfant, elle chante et joue de la musique chez elle, car sa mère est directrice de la chorale de l'église. Son frère aîné, Percy, également musicien, l'encourage à étudier la musique, pour laquelle elle a une capacité naturelle1.

Elle commence à écrire des chansons pour voix et piano à un jeune âge. Son père meurt en 1909 et la famille Herbert doit lutter contre la pauvreté. Hugh Farrie, journaliste au Liverpool Post, encourage Herbert à devenir pianiste de concert, mais son intérêt préféré est la composition.

En 1917, Muriel Herbert reçoit une bourse de Liverpool et fréquente le Royal College of Music de Londres. Elle étudie avec le compositeur irlandais Charles Villiers Stanford et, à la fin de la Première Guerre mondiale, elle reste près de Londres, enseigne à la Wycombe Abbey School pour filles, donne des cours particuliers, donne des récitals et continue à développer ses capacités musicales.

Au début des années 1920, elle rencontre Roger Quilter, qui voit ses œuvres d'un bon œil et les recommande à l'éditeur Augener, qui signe même le contrat comme témoin. Augener publie les chansons BeautyCradle SongLoveliest of TreesRenouncement et When Death to Each Shall Come en 1923, et AutumnMost Holy Night et Have you seen but a white lily grow en 1926. Plus tard, Robert Elkin publie quelques-unes des autres chansons artistiques de la compositrice et deux œuvres pour violon et piano (Giboulée et Enchanted April).

En 1925, après avoir épousé un jeune universitaire français, Emile Delavenay, elle se rend à Paris pour sa lune de miel. Là, le poète Tom McGreevey, ami de son mari, la présente à James Joyce. Herbert joue et chante ses versions des poèmes de Joyce, J'entends une armée charger et Lean out of the window. Plus tard, Joyce lui offre des exemplaires dédicacés de ses recueils de poésie, Chamber Music et Pomes Penyeach, ainsi que la permission de publier ses arrangements de ses textes.

Bien que Muriel Herbert ait reçu un ARCM honorifique du Collège royal et ait donné des émissions occasionnelles de sa musique vocale pour la BBC, une grande partie de sa musique reste rarement jouée. Grâce aux efforts d'un ancien élève, Bill Lloyd, et de la fille d'Herbert, Claire Tomalin, sa musique commence à être jouée et enregistrée3. En 2008, James Gilchrist, ténor, Ailish Tynan, soprano, et David Owen Norris, piano enregistrent 36 des chansons d'Herbert avec Linn Records. Ses chansons sont rééditées par BiblioFox Music Publishing4.