Le Journal

Heather Harper, 5 ans

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Son histoire est celle du chant lyrique en Angleterre et en Europe au XXe siècle .
Heather Harper, décédée le 22 avril 2019, est née à Belfast en 1930 dans un foyer de musiciens amateurs et professionnels : sa soeur Alison était violoncelliste au City of Birmingham Symphony Orchestra et son frère Ian cor principal du Royal Philharmonic Orchestra, du English Chamber Orchestra et de la Royal Opera House.

Si elle a débuté ses études en remportant une bourse pour étudier le piano à la Trinity School of Music à Londres (où elle y étudiera le violon et l'alto également), c'est très vite vers le chant qu'elle se dirige : elle devient membre des Ambrosian Singers, du BBC Chorus et des George Mitchell Singers.
Sa carrière décolle en 1954 lorsque sa professeur de chant Helen Isepp lui donne l'opportunité de chanter Lady Macbeth dans la production de Macbetto de Verdi avec l'Oxford University Opera Club. Elle est alors invitée à chanter Violetta dans La Traviata et Mimi dans La Bohème en 1956, cette fois pour la télévision.

Sa voix présentait l'avantage d'avoir débuté en mezzo-soprano tout en possédant la facilité et l'envergure d'une soprano colorature : avant d'aborder les rôles dramatiques de la deuxième partie du XIXe siècle (Wagner et Strauss), elle a pu s'illustrer avec brio dans le répertoire baroque, exigeant une précision très détaillée et virtuose dans les doubles croches.

C'est en 1962 qu'elle montre sa réelle maîtrise du répertoire contemporain : elle remplace Galina Vishnevskaya pour la création du War Requiem de Britten aux côtés de Dietrich Fischer-Dieskau et de Peter Pears à la cathédrale de Coventry. Elle avait, en 1960, déjà montré sa "versatility" (polyvalence, souplesse), en participant à la création anglaise du Erwartung d'Arnold Schönberg : elle apporte au rôle de la Femme Solitaire une dimension lyrique plus que dramatique, qui a donné une perspective intéressante à cette version.

Invitée régulière de l'Aldeburgh Festival, elle a pu enregistrer plusieurs rôles dans des opéras de Britten : notamment le rôle de Mrs Coyle dans l'opéra pour la télévision Owen Wingrave (en 1970), la Gouvernante dans Le Tour d'écrou (1972). Elle a également placé dans ses programmes de concert, au milieu d'oratorios de Haendel, de Haydn, de la Missa Solemnis de Beethoven, des moments de musique moderne anglaise : Les Illuminations et Our Hunting Fathers de Britten, le Requiem de Frederic Delius, des oeuvres de Vaughan Williams, la troisième symphonie de Tippett.

Elle fait ses débuts au Glyndebourne Festival en 1957 avec La Flûte Enchantée. Elle y chantera plus tard Anne Trulove dans le Rake's Progress de Stravinski. C'est par le rôle d'Helena dans Le Songe d'une Nuit d'été de Britten qu'elle fera ses débuts à Covent Garden en 1962.

Très à l'aise avec le caractère parfois difficile de certains chefs, elle laisse le souvenir d'une grande facilité dans l'interprétation de Schéhérazade de Ravel et des Quatre derniers lieder de Richard Strauss avec Pierre Boulez. Elle a su tenir tête à Karl Böhm et à Georg Solti. Otto Klemperer lui composera même un cycle de lieder.

Amparo Iturbi, 55 ans

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Amparo Iturbi Báguena (Valence, le  - Beverly Hills, le ) est une pianiste espagnole. Sœur de José Iturbi, elle a accompagné son frère dans l'aventure américaine, faisant plusieurs apparitions dans des films hollywoodiens.

Amparo Iturbi fait ses débuts à Barcelone à l'âge de 15 ans. En 1925, elle a donné son premier grand concert à l'étranger,  à la Salle Gaveau à Paris. Plus tard, avec son frère, elle a constitué un duo de piano qui a fait une tournée en Italie, Suisse, Belgique, Pays-Bas et Angleterre. Elle a également accompagné la célèbre soprano catalane Maria Barrientos. Ses débuts aux États-Unis n'ont eu lieu qu'en 1937.

Au début des années 1960, Amparo Iturbi a donné à son domicile de Beverly Hills des leçons de piano à des élèves sélectionnés. Certains élèves ont considéré son enseignement comme « rigoureux » en raison de la technique Iturbi, qui exigeait que les doigts soient positionnés au repos comme des marteaux en attendant de frapper les touches avec le bout des doigts seulement. Le maintien de cette position et la mise en action d'une touche sans bouger les doigts adjacents étaient obligatoires. Il était essentiel que les muscles et les tendons de l'avant-bras soient « détendus » à tout moment, tout en jouant. Cette technique quasi-contre-intuitive a été considérée comme difficile, voire douloureuse par certains pianistes.

Elle est décédée à Beverly Hills, le , d'une tumeur au cerveau.

Franz Mazura, 100 ans

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Le baryton-baasse autrichien Franz Mazura est né le  à Salzbourg et mort le  à Mannheim.

Franz Mazura fit ses études à Detmold et débuta à Cassel en 1949. Après avoir chanté à Mayence, Brunswick et Mannheim, il débuta au Festival de Salzbourg en 1960, à l'opéra de Berlin en 1961, au Festival de Bayreuth en 1971, à l'opéra de Hambourg en 1973 ; il chanta également à l'Opéra d'État de Vienne, au Metropolitan Opera, à l'Opéra de Paris (où il chante régulièrement à partir de 1972), à la Scala, au Teatro Colón.
Réputé dans de nombreux rôles wagnériens, il chante à Bayreuth les rôles de Gunther, Alberich (L'Anneau du Nibelung ), Klingsor, Gurnemanz (Parsifal), Biterolf (Tannhäuser), et les reprend sur de nombreuses scènes internationales.
Il chanta également le rôle de Wotan, notamment au Met de New York.
En 1979, il participe à la création mondiale de la version en trois actes de Lulu de Alban Berg. L'année suivante il reçoit le titre de Kammersänger de l'Opéra de Mannheim.

En raison de son timbre grave et menaçant et de la clarté tranchante de sa diction, Franz Mazura était très apprécié comme interprète des rôles de méchant de l'opéra du XIXe siècle et du XXe siècle, en premier lieu Don Pizarro, Alberich, Klingsor, Scarpia... Mais c'est en tant qu'interprète de rôles plus modernes qu'il atteignit sa plus grande gloire : il fut un inoubliable Moïse et Wozzeck.

Le , 3 jours avant ses 92 ans, il interprète der Sprecher des Gurre-Lieder de Schönberg avec l'orchestre de l'Opéra de Paris, en concert à la Philharmonie de Paris. En 2017, il participa à la création d'un opéra composé par Giorgio Battistelli dans le rôle d'Abraham.

D'une longévité exceptionnelle, il chantait encore en 2019 au Staatsoper de Berlin, dans le rôle du précepteur d'Oreste dans Elektra de Richard Strauss, spectacle déjà donné au festival d'Aix en Provence en 2014, dans une mise en scène de Patrice Chéreau, sous la direction de Daniel Barenboim ; puis un mois plus tard, au même endroit, le rôle de Hans Schwarz dans Les Maîtres chanteurs de Nuremberg de Richard Wagner.

Il s'est éteint le 23 janvier 2020 à l'âge de 95 ans, sans avoir jamais cessé d'exercer son métier de chanteur.

Oswald Lorenz, 135 ans

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Oswald Lorenz (30 septembre 1806 - 22 avril 1889) était un musicologue et compositeur allemand.

Né à Johanngeorgenstadt, Lorenz est le fils du maître d'école Christian Gottlob Lorenz et est originaire de la région d'Erzgebirge en Saxe.
Professeur de musique et écrivain, il devient l'ami de Robert Schumann, dont il dirige le journal musical du 1er juillet au 31 décembre 1844. Il écrit de nombreux articles pour la Neue Zeitschrift für Musik, publiée depuis 1834. Dans ce journal, sous le pseudonyme de "Hans Grobgedakt", il publie en 1843 sa critique de Zehn Adagio in freiern Styl für die Orgel - Op. 11 de l'organiste Christian Gottlob Höpner à la Frauenkirche de Dresde.
À la fin de l'année 1844, Lorenz s'installe à Winterthur, où il travaille comme professeur de chant et organiste de 1845 à 1872 et où il meurt à 82 ans en 1889.

Schumann dédie à Lorenz le cycle de chants Frauen-Liebe und Leben -probablement aussi en allusion au fait qu'Oswald est resté célibataire toute sa vie.
En 1838, Lorenz met en musique Mignons Lied.
En 1849, il publie le "Schulgesangbuch für die Stadtschulen von Winterthur".

 

Le chef d'orchestre britannique Sir Andrew Davis décède à l'âge de 80 ans

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Le chef britannique Sir Andrew Davis est décédé hier à l'âge de 80 ans.
Né en février 1944 à Ashridge, il a dirigé d'importantes institutions musicales internationales, telles que l'Opéra lyrique de Chicago (2000-2021), l'Orchestre Symphonique de Melbourne (2013-2019), l'Orchestre Symphonique de Toronto (1975-1988), l'Orchestre Philharmonique de Stockholm (1995-1998) ou l'Orchestre Symphonique de la BBC (1989-2000).
Il a également dirigé le Festival de Glyndebourne de 1988 à 2000.

L'Académie d'opéra italien Riccardo Muti en Chine

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En novembre 2024, l'Académie d'opéra italien Riccardo Muti se déroulera pour la première fois en Chine. L'Académie, un projet avec lequel le chef d'orchestre cherche à diffuser universellement la grande tradition d'interprétation de l'opéra italien, se concentrera à cette occasion sur Cavalleria rusticana, un titre que Muti a récemment réenregistré avec l'Orchestre Symphonique de Chicago.

Muti travaillera sur l'opéra de Mascagni aux côtés de jeunes chefs d'orchestre du monde entier, sélectionnés par un comité d'examen et par des auditions en face à face dans la ville de Suzhou où se dérouleront, du 23 novembre au 3 décembre, les répétitions -toutes ouvertes au public- et les concerts de l'Académie.

Cette première Académie d'opéra italien Riccardo Muti en Chine bénéficiera de la collaboration de l'Orchestre Symphonique de Suzhou.
La master class se tiendra au Suzhou Culture and Arts Center et se terminera par deux concerts : le premier sera dirigé par Riccardo Muti lui-même, tandis que le second présentera les jeunes chefs d'orchestre sélectionnés à l'issue de son travail sur Cavalleria rusticana.

Création de "Der Doppelgänger" de Lucia Ronchetti

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Le Schwetzinger SWR Festspiele 2024 ouvrira sa saison de festivals le vendredi 26 avril avec la première représentation de l'opéra Der Doppelgänger de Lucia Ronchetti (musique) et Katja Petrowskaja (livret) dans une mise en scène de David Hermann.
En se basant sur l'œuvre de jeunesse éponyme de Fiodor Dostoïevski, Katja Petrowskaja, lauréate du prix Ingeborg Bachmann, et la compositrice Lucia Ronchetti,  imaginent une satire sociale musicale et psychologique. Une compétition kafkaïenne entre le protagoniste et son double, où la réalité et l'illusion se confondent.
La direction musicale est assurée par Tito Ceccherini à la tête de l'Orchestre Symphonique de la SWR.
Cette commande du festival SWR de Schwetzingen est le fruit d'une coproduction avec le théâtre de Lucerne et est soutenue par la fondation musicale Ernst von Siemens.

Romeo Castellucci quitte le "Ring" à la Monnaie

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Le metteur en scène italien Romeo Castellucci a abandonné sa production du Ring de Wagner à La Monnaie de Belgique, en invoquant le manque de ressources.

Les deux derniers opéras, Siegfried et Götterdämmerung, sont repris par Pierre Audi, ancien directeur de l'Opéra national des Pays-Bas et actuellement au festival d'Aix-en-Provence.

 

John McCabe, 85 ans

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Le compositeur et pianiste britannique John McCabe est né à Huyton, Merseyside, le , et mort le  à Rochester, Kent.

Compositeur très prolifique depuis son plus jeune âge, à 11 ans il avait déjà écrit treize symphonies.
Après des études à Manchester et à Munich, il a entrepris une carrière de compositeur et de pianiste virtuose. Il a composé dans presque tous les genres, avec cinq symphonies, quinze œuvres concertantes et huit ballets. Comme de nombreux compositeurs de sa génération, McCabe a fait des expériences avec le sérialisme, pour se tourner ensuite vers le post-tonalisme.

Il s'est fait connaître tout d'abord comme pianiste, ayant dans son répertoire des œuvres de Bax, Corigliano, Haydn, Hindemith, Rawsthorne et Webern.

Comme compositeur, il s'est fait connaître avec le cycle vocal Notturni ed Alba (1970). Il a ensuite écrit cinq symphonies (1965-2000), plusieurs ballets, des quatuors à cordes, de la musique instrumentale (surtout pour le piano).
Aujourd'hui, il est connu notamment pour ses concertos : quatre pour le piano (1966-76), trois pour un ou deux violons (1959, 1980, 2003), et d'autres pour alto (1962), clavecin (1968), hautbois d'amour (1972), clarinette (1977), orchestre (1982), trompette (1987) et flûte (1990), ainsi qu'un double concerto pour alto et violoncelle (1965) et un pour clarinette et hautbois (1988).

John McCabe a été nommé Commandeur de l'Empire britannique en 1983 pour services rendus à la musique.

Randall Thompson, 125 ans

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Randall Thompson est un compositeur et pédagogue américain né le 21 avril 1899 à New York et décédé le 9 juillet 1984 à Boston.

Randall Thompson a étudié à l'Université Harvard, puis il travailla à New York avec Ernest Bloch. Ayant obtenu une bourse de l'Académie américaine, il séjourna à Rome de 1922 à 1925, d'où il ressortit lauréat du Prix de Rome américain.
Rentré aux États-Unis, il enseigna comme professeur assistant de musique et directeur de chœur au Collège de Wellesley de 1927 à 1929.
Il obtint un doctorat en musique de l'Eastman School of Music à l'Université de Rochester, enseigna de 1937 à 1939 à l'Université de Californie, puis dirigea l'Institut Curtis à Philadelphie, le département musical de l'Université de Virginie de 1941 à 1946.
Il enseigna à l'Université de Princeton de 1946 à 1948, puis fut professeur à l'Université Harvard jusqu'en 1965.

Thompson est particulièrement connu pour ses œuvres chorales. Nationaliste, il puise son inspiration dans la musique folklorique américaine et dans le jazz. Il était membre honoraire de la société "Phi Mu Alpha Sinfonia Fraternity" à l'Appalachian State University de Boone (Caroline du Nord).

Thompson a composé trois symphonies et de nombreuses œuvres vocales, dont The Testament of Freedom, Frostiana, et The Peaceable Kingdom, d'après les tableaux d'Edward Hicks. Son œuvre chorale la plus populaire est son Alleluia, commande de Serge Koussevitzky pour l'inauguration du Berkshire Music Center à Tanglewood. Il a également composé les opéras Solomon and Balkis et The Nativity According to St. Luke.

Leonard Bernstein fut l'un des élèves de Thompson à l'Université de Harvard. Parmi ses autres élèves figurent Samuel Adler, Leo Kraft, Juan Orrego-Salas, John Davison, Thomas Beveridge, Charles Edward Hamm, George Lynn, William P. Perry, Christopher King, Frederic Rzewski et David Borden.

En l'honneur de sa vaste contribution à la musique chorale pour voix d'hommes, il devint, le 2 mai 1964, le premier récipiendaire de la prestigieuse récompense Glee Club du mérite de l'Université de Pennsylvanie. Créée en 1964, cette récompense souhaitait « honorer une personnalité chaque année qui s'était distinguée par sa contribution au monde musical et sa capacité à créer un climat propice dans lequel nos talents pourraient trouver une expression solide ».
Il reçut aussi la Médaille Sanford de l'Université Yale.