Le Journal

"4e quatuor à cordes" de Darius Milhaud, 105 ans

par

Darius Milhaud a composé dix-huit quatuors à cordes entre 1912 et 1950 qui sont pour son biographe Jean Roy « dix-huit visages, dix-huit caractères, maintes sautes d'humeur, maints mouvements de l'esprit, du cœur, de l'âme...»

Le Quatuor à cordes no 4 opus 46, composé en 1918 à Rio de Janeiro, est créé le 5 avril 1919 par le Quatuor Capelle.

 

"La Chauve-souris" de Johann Strauss II, 150 ans

par

Die Fledermaus (en français, La Chauve-Souris) est une opérette viennoise composée en 1874 et créée au Theater an der Wien de Vienne le 5 avril 1874.

À la base du livret, une pièce autrichienne de 1851, « Das Gefängnis » (La Prison) adaptée par Henri Meilhac et Ludovic Halévy en 1872 sous le titre « Le Réveillon ». L'œuvre retourne à Vienne où l'histoire est transformée par Richard Genée et Karl Haffner. Strauss achève la partition en 42 jours et connait le succès dès sa sortie.

Créée en français à Paris le 30 octobre 1877 sous le titre La Tzigane, dans une version remaniée de Delacour et Wilder, elle ne rencontre le succès qu'à partir de 1904 dans une nouvelle adaptation de Paul Ferrier.

 

Claude Delvincourt, 70 ans

par

Le pianiste et compositeur français Claude Delvincourt est né à Paris 8e le 12 janvier 1888 et mort le 5 avril 1954 à Orbetello (Italie).

Il est le fils d'un diplomate, Pierre Delvincourt, et de Marguerite Fourès. Sa vocation s'éveille de bonne heure auprès d'une mère fort bonne pianiste, il prend à 7 ans ses premiers cours de piano. Il a pour maître un ami de la famille, Léon Boëllmann, puis Henri Büsser, alors jeune Prix de Rome.
Il manifeste le désir de devenir compositeur, mais son père souhaite qu'il prépare d'abord le concours de Polytechnique. Bachelier ès lettres et ès sciences-mathématiques, il entre néanmoins au Conservatoire de musique et de déclamation à 20 ans et devient l'élève de Georges Caussade et de Charles-Marie Widor. En 1911, il obtient le second premier prix de Rome derrière Paul Paray. Il lui faut attendre 1913 pour que lui soit décerné le premier grand prix pour sa cantate Faust et Hélène, ex æquo avec Lili Boulanger.

Au lendemain de la déclaration de guerre, le 10 août 1914, il s'engage dans l'armée et se bat héroïquement. Le 31 décembre 1915, il est grièvement blessé en Argonne et perd l'usage de son œil gauche. Il faut attendre plus de deux ans la guérison. Sa longue convalescence se passe dans la région de Dieppe, où il sympathise avec le curé de la paroisse Saint-Jacques. En juillet 1926, il prend le poste d'organiste de cette église et voit la reconstruction de l'orgue par Victor Gonzalez en 1929.

En 1918, il se remet à composer : six poèmes de Maurice d'Assier et un Ave Verum pour soli, chœur, orgue. Son poème symphonique Offrande à Siva est une œuvre originale aux couleurs vives, tout comme Ce monde de Rosée, un recueil de 14 anciens uta japonais. Le Bal Vénitien, créé par Walther Straram en 1930, est une suite de cinq danses.

Il écrit pour les voix avec Aurore (Victor Hugo) et Nuit triomphante (Paul Colin). La Source, sur des poèmes de Leconte de Lisle, lui vaut en 1912 la première place au concours d'essai du Prix de Rome. En 1926, il compose Boccaceries, cinq pièces pour piano qui seront orchestrées peu avant sa mort. En 1931, il compose Croquembouches, un recueil de 12 pièces pour piano, Heures juvéniles, Images pour les Contes du Temps passé (à quatre mains).

Le 8 décembre 1935, les Concerts Colonne donnent la première audition de Pamir, suite d'orchestre où l'on retrouve l'essentiel de la musique écrite pour le film « La Croisière Jaune ». Il compose également six chansons de la Ville et des Champs d'après des airs populaires du XVIIIe siècle, Onchets, cinq mélodies sur des poèmes de René Chalupt, Quatre chansons de Clément Marot. Il compose de la musique de chambre : Quintette avec piano (1907), Trio avec piano (1909), les Danceries, cinq pièces pour violon et piano (1935).

En décembre 1938, le théâtre Montansier de Versailles représente son opéra-bouffe La Femme à Barbe, sur un livret d'André de la Tourasse, que l'Opéra-Comique reprend en octobre 1954. Lucifer, mystère en un prologue et trois épisodes sur un texte de René Dumesnil, inspiré librement du « Caïn » de Lord Byron, est créé le 15 décembre 1948 à l'Opéra. Cet opéra est caractérisé par l'emploi dans la fosse d'un quatuor vocal tenant lieu de récitant et par les chœurs placés de chaque côté de l'orchestre dans les avant-scènes du rez-de-chaussée et du premier étage. Il faut encore mentionner la musique de scène d'"Œdipe-Roi" dans l'adaptation de Gabriel Boissy (Orange, 1939), la musique de scène du "Bourgeois Gentilhomme", la charmante Radio-Sérénade qu'il avait écrite en 1914 sous le titre Sérénade dans la classe de Charles-Marie Widor. En 1947, il ajoute à son Ave Verum, écrit en 1921, trois autres motets (Ave Maria, Tu es Petrus et un Tantum ergo) donnés en première audition le 4 mars 1951 aux Concerts Lamoureux.

Il succède le 15 avril 1941 à Henri Rabaud à la tête du Conservatoire. Pendant l'Occupation, il parvient, avec l’aide de l'organiste et professeur d'orgue Marie-Louise Boëllmann et de Jacques Chailley, à soustraire ses élèves au STO institué par la loi du 16 février 1943, en réunissant les élèves concernés par cette mesure pour former l'Orchestre des Cadets du Conservatoire. Il parvient à convaincre les autorités allemandes que de cette manière ces jeunes gens s’acquittent de leurs obligations. Lors du premier concert de l’Orchestre des Cadets du Conservatoire, le 12 décembre 1943, Roger Désormière dirige une symphonie de Joseph Haydn, mais surtout des œuvres de musique française. Les musiciens français restèrent au programme de l’orchestre par la suite.

Toutefois, au printemps 1944, les Allemands s'aperçoivent de la supercherie. Delvincourt gagne du temps, fournit aux élèves menacés de faux papiers d’identité, et les aide à entrer dans la clandestinité. Bientôt c'est lui-même qui doit disparaître, caché par un ami juif jusqu'à la Libération.

Ancien Croix de feu, Delvincourt avait également rejoint les rangs du Front national des musiciens, organisation de résistance à l'occupant, créée à l'instigation du Parti communiste français.

En 1953, il institue un cours obligatoire de culture générale pour tous les élèves du Conservatoire afin de sortir le musicien de son isolement.

Le Quatuor à cordes est le dernier ouvrage qu'il a achevé, et c'est en se rendant à Rome pour la première audition qu'il est victime de l'accident de voiture survenu sur une route d'Orbetello (province de Grosseto, en Italie) qui lui coûta la vie.
« J'ai voulu que ce quatuor fût une musique entièrement gratuite ; je ne veux pas être prisonnier d'aucun système, d'aucune doctrine, et je me suis gardé de me laisser envahir par une préoccupation littéraire. »
Il laisse inachevé un concerto pour piano.

Albert Roussel, 155 ans

par

Le compositeur français Albert Roussel est né à Tourcoing le 5 avril 1869 et mort à Royan le 23 août 1937.

Membre d'une famille de la bourgeoisie industrielle tourquennoise dans laquelle on compte plusieurs artistes amateurs de bon niveau, Albert Roussel fait ses études secondaires à l'Institution libre du Sacré-Cœur de Tourcoing.

Orphelin à l'âge de sept ans, il est recueilli par son grand-père, maire de Tourcoing, puis par sa tante maternelle. Il intègre le collège Stanislas de Paris où l'organiste Jules Stolz lui fait découvrir Bach, Beethoven et Mozart.

La lecture des romans de Jules Verne le décide à devenir marin.
Il est admis à l'École navale en 1887 et sert quelques années dans la Marine nationale. Il naviguera beaucoup et ses nombreux voyages seront une source d'inspiration pour ses œuvres musicales.

Il démissionne de la Marine en 1894 pour se consacrer exclusivement à la musique.
Julien Koszul, grand-père d'Henri Dutilleux, lui donne des leçons d'harmonie à Roubaix et l'encourage à se rendre à Paris pour étudier le contrepoint et la fugue avec Eugène Gigout. Il s'inscrit en 1898 à la Schola Cantorum. Lui-même y enseigne le contrepoint entre 1902 et 1913, comptant parmi ses élèves Guy de Lioncourt, Jean Henry, Lucien Lambotte, Marcel Orban, Paul Le Flem, Roland-Manuel, Stan Golestan, Ladislas de Rohozinski, Erik Satie, Edgard Varèse.

Ancien officier de marine, il reprend du service à 45 ans pendant la Première Guerre mondiale. Démobilisé, il continue d'enseigner en privé ; viennent solliciter ses conseils : Bohuslav Martinů, Émile Goué, Jaroslav Křička, Hans Krása, Julie Reisserová, Josef Páleníček, Piotr Perkowski, Pedro Petridis, Conrad Beck, Cesare Brero, Luigi Cortese, Jean Martinon, Jacques Leguerney, Joseph Vals, Jorgen Jersild, Knudåge Riisager, Suzanne Rokseth, Alexandre Voormolen, etc. Son influence est grande sur les jeunes musiciens de l'entre-deux guerres qui le considéraient comme un chef de file est capitale.

Bien qu'influencé au début de sa carrière par Claude Debussy et Vincent d'Indy, son professeur d'orchestration, Roussel fit preuve assez vite d'une grande originalité. Sa musique se distingue par le raffinement de l'harmonie, les audaces rythmiques et la richesse du coloris toujours au service d'une musique pure libérée de tout pittoresque ou de références folkloriques. Il a laissé entre autres des mélodies, de la musique de chambre, diverses pièces pour piano, deux concertos (pour piano et pour violoncelle), quatre symphonies (la 3e, en sol mineur, est considérée comme l'un des chefs-d'œuvre du genre), les ballets Le Festin de l'araignée, Bacchus et Ariane et Aeneas. L'opéra-ballet Padmâvatî et le triptyque symphonique avec solistes et chœur Évocations furent inspirés par son voyage de noces aux Indes.

Il a vécu à Paris de 1929 à sa mort survenue à Royan des suites d'un malaise cardiaque. Il meurt le 23 août 1937, la même année que les musiciens Charles-Marie Widor, Louis Vierne, Gabriel Pierné, Henri Libert et Maurice Ravel.

La bibliothèque-musée de l'Opéra de Paris conserve son portrait peint par Claude-René Martin. Un timbre à son effigie a été émis par la Poste française pour le centenaire de sa naissance en 1969.

 

Vincenzo Fioravanti, 225 ans

par

Vincenzo Fioravanti est un compositeur italien né le 5 avril 1799 à Rome et mort le 28 mars 1877 à Naples.
Son père, Valentino Fioravanti, fut également compositeur.

Vincenzo Fioravanti a tout d’abord entamé des études de médecine -conformément au souhait de son père- qu’il a interrompues pour suivre des leçons de musique auprès de Giuseppe Jannacconi, qui avait déjà dispensé la formation musicale de Valentino.

Avec ses deux premières œuvres, Pulcinella molinaro spaventato dalla fata Serafinetta et La contadina fortunata, représentées respectivement en 1819 et 1820, Vincenzo avait déjà bien assis sa situation financière.

Il a composé principalement des opéras bouffes. Moins connu que son père, et n’ayant produit « que » une quarantaine d’œuvres opéristiques contre la bonne soixantaine de celui-ci, le répertoire de Vincenzo connut néanmoins un bon succès de son vivant.
Son plus grand succès fut Il ritorno di Pulcinella dagli studi di Padova créé en 1837.
Presque toutes ses œuvres furent présentées au Nuovo Teatro de Naples.

Peu après le décès de son père, survenu cette année-là, Vincenzo prend la charge de maître de chapelle (maestro di cappella) à la Cathédrale de Lanciano, une bourgade de la Province de Chieti dans les Abruzzes. Il compose alors surtout de la musique sacrée.

En 1843 il retourne à Naples et compose principalement des opéras comiques jusque vers 1855.
En 1866 il devient directeur honoraire, puis directeur titulaire de l’école de musique de l’Hospice des pauvres (Pia Opera del Regio Albergo dei poveri).
Depuis longtemps, Vincenzo souhaitait se concentrer sur l’enseignement musical, et il dispensa des leçons particulières.
Parmi ses élèves on compte le compositeur suisse Louis Niedermeyer.

 

Ludwig Spohr, 240 ans

par

Louis Spohr, né Ludwig Spohr le 5 avril 1784 à Brunswick dans la principauté de Brunswick-Wolfenbüttel au Nord du Saint-Empire et mort le 22 octobre 1859 à Cassel, est un compositeur, violoniste, chef d'orchestre et pédagogue allemand. Il a toujours signé ses œuvres avec la forme française de son prénom, comme il était courant à l'époque, et c'est comme Louis (et non Ludwig) Spohr qu'il est aujourd'hui mondialement reconnu.

Alors qu'il était considéré par ses contemporains l'égal de Haydn, Mozart et Beethoven, la réputation de Spohr a été rétrogradée par la postérité -en raison du maniérisme et des répétitions stylistiques notamment- au même titre que celles de Gluck, Cherubini et Hummel.
Son œuvre est prise entre la clarté et le formalisme du classicisme (Figaro de Mozart) et les expérimentations associées au romantisme du XIXe siècle (Tristan de Wagner).

La parution du catalogue thématique Göthel, au début des années 1980, a marqué un renouveau de l'intérêt musical pour ses œuvres et de sa position historique.
Depuis une petite vingtaine d'années, grâce au disque et à la mise en scène de ses opéras, il est possible d'avoir une évaluation plus judicieuse de l'artiste et de son influence sur ses contemporains.

 

Le compositeur George Benjamin, Prix Frontières du savoir de la Fondation BBVA

par

Le Prix Frontiers of Knowledge de la Fondation espagnole BBVA dans la catégorie Musique et Opéra a été décerné au compositeur et chef d'orchestre George Benjamin.
Le jury, présidé par la compositrice et professeure Gabriela Ortiz Torres, a souligné la  contribution extraordinaire du musicien britannique, ainsi que son impact sur la création contemporaine dans les domaines de la musique symphonique, de l'opéra et de la musique de chambre .
Dans un langage musical très personnel et reconnaissable, il est capable de communiquer directement avec le public, sans renoncer à un travail rigoureux et détaillé dans tous les aspects de la composition, en soulignant particulièrement sa maîtrise de l'orchestration, du timbre et d'une architecture de forme impeccable.
Sa musique symphonique et de chambre a été interprétée par les orchestres et institutions les plus importants du monde, mais le jury le souligne, avec ses quatre opéras -Into the Little Hill (2006), Written on Skin (2009-12), Lessons in Love and Violence (2015-17) et Picture a day like this (2023)- Benjamin parvient à moderniser le langage de l’opéra, en proposant de nouvelles structures narratives et en maintenant une dramaturgie émotionnelle qui connecte et émeut le public du 21e siècle. 

Création de "Music for Drakenstein" à Londres

par

Chaque saison, le Wigmore Hall de Londres choisit un compositeur en résidence.
Pour la saison en cours, c'est l’Australien Brett Dean, qui sera mis à l’honneur le 20 avril : le pianiste britannique Benjamin Grosvernor débutera son récital par la nouvelle oeuvre de Dean, Music for Drakenstein.

Guillermo García Calvo va quitter Chemnitz

par

Le chef madrilène Guillermo García Calvo ne renouvellera pas son contrat à Chemnitz, où il avait été nommé en 2016 directeur musical de l'Opéra de Chemnitz et de la Philharmonie Robert Schumann.
Son remplaçant sera Benjamin Reiners (°1983), qui deviendra directeur général de la musique à Chemnitz et directeur de l'Orchestre Philharmonique Robert Schumann à partir de 2025.

Reiners occupe le même poste au Théâtre Kiel depuis 2019 et jusqu'à la fin de la saison en cours. Il a dirigé une soirée de ballet au Théâtre de Chemnitz à l'automne 2023.
Il a commencé sa carrière en tant que répétiteur solo et chef d'orchestre au Gärtnerplatztheater de Munich. En 2011, il rejoint l'Opéra national de Hanovre en tant que 2e Kapellmeister, où il est promu 1er Kapellmeister après deux saisons. En 2016, il devient directeur général adjoint et premier chef d'orchestre du Théâtre national de Mannheim avant de prendre un poste à Kiel en 2019.

 

Le "Grand Opéra italien" à Vérone

par

Le 7 juin, le Festival des Arènes de Vérone inaugurera sa 101e édition avec un événement très spécial. Un gala international dirigé par Riccardo Muti célébrera la reconnaissance de la « pratique du chant lyrique en Italie » comme patrimoine immatériel de l'humanité par l'UNESCO.
L'événement, intitulé « Le Grand Opéra italien, site du patrimoine mondial », sera retransmis en direct dans le monde entier et impliquera 150 instrumentistes et plus de 300 choristes de toutes les Fondations de l'Opéra italien et des plus importants orchestres d'opéra.