Le Journal

De Francfort à New York

par

Le chef de chœur de l'Opéra de Francfort, Tilman Michael, rejoint le même poste au Metropolitan Opera de New York.
Il prendra ses fonctions cet été en vue de préparer la saison 2024/25, a annoncé mercredi le Met. «Il a une compréhension innée de la complexité de la voix et fait ressortir le meilleur des chœurs avec lesquels il travaille», a déclaré le directeur musical du Met Yannick Nézet-Séguin.

Tilman Michael (°Stuttgart, 1975) est chef de chœur à l'Opéra de Francfort depuis 2014. Il a auparavant occupé ce poste au Théâtre national de Mannheim. Sous sa direction, les deux chœurs ont été élus chœur de l'année par le magazine « Opernwelt ». Pendant dix ans, il a assisté le chef de chœur du Festival de Bayreuth. Il a travaillé dans les opéras d'Amsterdam, Dresde, Moscou, Stuttgart et Vienne ainsi qu'avec divers chœurs et ensembles vocaux de la radio allemande.

La Fondation Händel-Haus fait un achat important

par

La fondation Händel-Haus à Halle a acheté aux enchères une copie ancienne des quatre "Coronation Anthems" (hymnes de couronnement) de Georg Friedrich Händel.
Il s'agit d'un document extrêmement précieux et important pour l'histoire de la réception de la musique de Händel, a fait savoir la Händel-Haus mercredi. Haendel avait composé les œuvres chorales pour le couronnement du Roi George II et de la Reine Caroline en 1727.

L'un des anthems, "Zadok the Priest", fait toujours partie du cérémonial de couronnement britannique et a également retenti lors du couronnement de Charles III en mai 2023. L'hymne de la Ligue des champions de l'UEFA, créé en 1992, est basé sur le thème de cette composition.

La transcription des Anthems a probablement été réalisée peu de temps après la fin de la composition et dans l'entourage immédiat de Haendel. Le modèle est la partition de direction (perdue) de ce dernier. La transcription complète enrichit la collection de la maison natale du compositeur d'un bien très impressionnant, a-t-on indiqué.

L'acquisition auprès de la maison de vente aux enchères londonienne Christies a été soutenue par la Kulturstiftung der Länder (Fondation culturelle des Länder) ainsi que par des donateurs privés et le cercle des amis et mécènes de la maison de Haendel. Dans un premier temps, le manuscrit sera présenté dans l'exposition permanente de la Händels-Haus jusqu'à la fin du festival Händel le 9 juin, puis il ne sera plus présenté que dans des expositions individuelles.
La partition sera évidemment numérisée pour être mise à la disposition de tous.

"Dinorah"de Giacomo Meyerbeer, 165 ans

par

Le Pardon de Ploërmel, un opéra-comique en trois actes sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré. C’est la dernière œuvre lyrique du compositeur créée de son vivant.

La première représentation eut lieu le 4 avril 1859 à Paris à l'Opéra-Comique.
L'opéra a connu une certaine notoriété à l'étranger dans son adaptation italienne, Dinorah. Il contient l’air « Ombre légère » qui est resté très populaire, tant au concert qu’au disque où il a été interprété, entre autres, par Amelita Galli-Curci, Lily Pons, Mado Robin, Maria Callas, Anna Moffo, Joan Sutherland, Beverly Sills, June Anderson, Natalie Dessay ou Diana Damrau.

 

"Sinfonia" de Luciano Berio, 55 ans

par

Peu d’œuvres musicales de la période contemporaine (après 1945) auront fait couler autant d’encre que la Sinfonia de Luciano Berio, véritable labyrinthe de références ouvrant large la porte à l’exégèse.
Peu d’œuvres, surtout, auront forgé la célébrité d’un compositeur, jusque dans le malentendu (on aura pu, par exemple lire cette Sinfonia comme une célébration du collage anticipant la postmodernité musicale).
L’œuvre ne fait nullement référence à la forme symphonique ; littéral, son titre ne renvoie qu’à la volonté de faire sonner (-phonê) ensemble (sun-) plusieurs instruments (un orchestre et un groupe de huit voix solistes) et de combiner en une forme homogène une multitude de références musicales et textuelles.
Cette intention culmine dans le célébrissime mouvement central que la forme « en arche » -cinq mouvements d’envergures très différentes- met en exergue.

La Sinfonia est composée entre 1968 et 1969, à l’acmé d’une période marquée par l’essoufflement de l’orthodoxie sérielle et le besoin de régénérer le langage.
La pratique de la citation musicale apparaît alors chez certains compositeurs comme une sortie possible du sérialisme : une manière de rupture dans la rupture, capable de convoquer le passé sans s’égarer dans sa nostalgie.
L’heure est également celle du « pluralisme », un concept développé par le compositeur allemand Bernd Alois Zimmermann, auteur d’une œuvre strictement contemporaine de la Sinfonia et non moins emblématique : le Requiem pour un jeune poète. Il s’agit d’un vaste monument orchestral incorporant écriture sérielle, travail sur la voix proche du Hörspiel, collage de citations et improvisations de free jazz.

La Sinfonia marque un certain pas, prudent, en direction de ce pluralisme (un pas inattendu que ni Boulez ni Nono ne franchiront, par exemple) : à l’éclectisme des références littéraires, elle adjoint le jeu des citations musicales, auquel le compositeur se prête avec bonheur, sans toutefois y noyer l’autonomie de son œuvre.

Flausino Vale, 70 ans

par

Flausino Rodrigues Vale, né à Barbacena (Minas Gerais) le 6 janvier 1894 et mort à Belo Horizonte le 4 avril 1954, est un compositeur et violoniste brésilien.

Il était le fils de Francisco Hermenegildo Rodrigues Vale et Augusta Campos Vale.
Il a passé la majeure partie de sa vie à Belo Horizonte, de l'âge de 18 ans jusqu'à sa mort en 1954.

Flausino était un violoniste sui-generis, le "Paganini brésilien", selon Heitor Villa-Lobos. En 1930, Villa-Lobos était de retour d'Europe et avait trouvé au Brésil une critique hostile de sa production musicale et de ce qu'il considérait comme correct quant à l'éducation musicale du pays. Les deux musiciens se sont rencontrés à cette occasion et se sont enchantés de leurs idées originales sur la musique brésilienne.
De nombreuses conceptions de l'œuvre instrumentale de Villa-Lobos ont pour origine des rencontres de cette nature, avec des compositeurs et des instrumentistes qui "inventaient des choses" ailleurs.

Flausino était ce qu'on peut appeler "un esprit universel": avocat, journaliste, professeur d'histoire de la musique, poète et écrivain. Il a collaboré avec plusieurs journaux du pays en tant que chroniqueur musical, a publié des poèmes, des ouvrages théoriques sur la musique et des débats sur les questions brésiliennes, la faune et les Indiens, dont il était un puissant défenseur.

Flausino Vale était avant tout un compositeur avec ses propres idées. Autodidacte et pionnier -apparemment isolé du monde dans le Belo Horizonte des années 1920- il connaissait parfaitement le répertoire musical de tous les temps. Il maîtrise aisément les compositions pour violon de Bach, Beethoven, Paganini et les compositeurs de l'école franco-belge.

En tant que "Guimarães Rosa da música instrumental", il a créé son propre vocabulaire musical. Il a composé un discours mélodique et rythmique typique du sertão brésilien. Contrairement à ce qui se passe aujourd'hui chez les adeptes de la mondialisation culturelle, le lien de Flausino avec la culture européenne a renforcé les potentialités de la musique instrumentale brésilienne et ne les soumet pas aux stéréotypes des conservatoires.

Il a par exemple composé 26 préludes pour violon dont les titres révèlent l'authenticité de son inspiration: Batuque, Casamento na Roça, A Mocinha e o Papudo, A Porteira da Fazenda, Pai João, Viva São João, A Casinha Pequenina, Serenata Onírica, O Canto do Sabiá, et d'autres.

Il a produit de la musique pour chant, des chœurs orphéoniques, des partitions onomatopées, des pièces pour petits ensembles musicaux et des orchestres pour films muets.

L'importance de la musique de Flausino est révélée par les exécutions publiques et les enregistrements de ses préludes par des concertistes internationaux.
Jascha Heifetz a édité le prélude Ao Pé da Fogueira (Au pied du feu de joie) aux États-Unis, a exécuté et enregistré ce prélude dans les années 40.

Alfonso X El Sabio, 740 ans

par

Alphonse X, dit « Alphonse le Sage » ou « Alphonse le Savant » (en espagnol : Alfonso el Sabio), né le  à Tolède et mort le  à Séville, est un prince de la maison d'Ivrée, fils de Ferdinand III de Castille et de Béatrice de Souabe. Il fut roi de Castille et León de 1252 jusqu'à sa mort et, élu roi des Romains, également antiroi de Germanie de 1257 à 1273.
Il est particulièrement connu pour sa « littérature », un ensemble de productions culturelles et scientifiques variées produites à sa demande par différents savants de son temps.
Également compositeur important de la période médiévale, il a participé aux Cantigas de Santa Maria rédigés en galicien.

 

Murray Perahia remonte sur scène

par

Le 16 avril, après six ans d'absence due à des problèmes de main, le pianiste et chef d'orchestre Murray Perahia  remonte sur scène.
Ce sera au Wigmore Hall de Londres, accompagné par le Chamber Ensemble of the Academy of St. Martin in the Fields et dirigé par le violoniste Joshua Bell.
Perahia interprétera le quintette pour piano en mi bémol majeur op. 44 de Schumann, dans un programme qui comprend également la Partita pour octuor à cordes de Sally Beamish, une œuvre commandée par l'Academy pendant le séjour de Beamish en tant que compositrice en résidence, et l'octuor à cordes en mi bémol majeur op. 20 de Mendelssohn.

Le concert célèbre le centenaire de Sir Neville Marriner, fondateur de l'Academy of St. Martin in the Fields. Avec ce retour, Perahia rompt son long silence : "C'est un honneur de revenir sur scène pour ce qui sera une célébration spéciale de mon cher ami, Sir Neville Marriner. Je suis ravi de jouer à nouveau aux côtés des musiciens de l'Academy, avec lesquels je ressens un lien très spécial - et de revenir au Wigmore Hall".

A Beaune, Anne Blanchard passe la main

par

Cette 42e édition constitue un tournant dans l’histoire du Festival International d’Opéra
Baroque et Romantique de Beaune. Elle est à la fois la dernière programmée par la
directrice artistique et cofondatrice du Festival, Anne Blanchard, qui quittera ses fonctions
au 31 juillet, et la première placée sous la responsabilité du nouveau délégué général de
l’association, Maximilien Hondermarck, qui prendra ses fonctions au 1er juin et assurera
également à compter du 1er août la direction artistique des prochaines éditions du Festival.

Cofondatrice en 1982, avec son époux Kader Hassissi, de la manifestation qui est aujourd’hui le Festival International d’Opéra Baroque et Romantique de Beaune, Anne Blanchard en a fait l’une des principales vitrines en Europe du répertoire lyrique et vocal des XVIIe et XVIIIe siècles, étendu au XIXe siècle pour l’interprétation sur instruments d’époque.

Maximilien Hondermarck a été choisi par le Conseil d’administration, au terme d’un concours de recrutement public qui a vu l’examen de dix-huit candidatures.
L’ambition artistique de son projet, à la fois novateur et fidèle à l’histoire du Festival, sa pertinence du point de vue financier et organisationnel, le dynamisme de ses propositions culturelles à destination des publics et du territoire, et sa volonté marquée de s’impliquer personnellement dans la vie beaunoise et régionale, tout en représentant l’association au niveau national et international, ont séduit le jury.

Agé de trente-deux ans, Maximilien Hondermarck bénéficie d’une triple expérience de musicien, de journaliste et d’administrateur. Formé au sein de la Maîtrise Notre-Dame de Paris, titulaire d’un D.E.M. de chant du Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris, il s’est produit comme soliste et choriste au sein de nombreux ensembles, et la Fondation Royaumont l’a distingué parmi ses lauréats en 2023.
Titulaire d’un master Affaires publiques de Sciences Po Paris, il a successivement exercé à la Banque de France, a porté l’organisation du concours Corneille, concours international de chant baroque en Normandie, et est actuellement chef de cabinet du directeur général des patrimoines et de l’architecture au ministère de la Culture.

S’il se consacrera à temps plein à l’association et au Festival à compter de sa prise de fonction, nul doute que le vaste éventail de ses compétences représentera un atout précieux.

Hervé Boissière quitte medici.tv

par

Ce n'était plus un secret mais il l'a annoncé lui-même hier : Hervé Boissière quitte la direction de medici.tv. pour le poste de co-CEO du Festival de Verbier, avec Martin Engstroem.

Antoine Forqueray, 325 ans

par

Antoine Forqueray, né à Paris en septembre 1672 et décédé à Mantes-la-Jolie le  à l'âge de 71 ans, est un compositeur et gambiste français de la période baroque.

Il est le second d'une lignée de compositeurs qui comprend son père Michel I (1650- 1714) organiste, son fils Jean-Baptiste (1699-1782) comme lui violiste, son cousin Michel II (1681-1757), organiste et Nicolas-Gilles (1703-1761), organiste. La famille Forqueray est issue de Chaumes-en-Brie en Seine-et-Marne, également berceau des Couperin.

Le Mercure Galant d'avril 1682 nous apprend qu'il eut l'honneur, très jeune, de jouer de la basse de violon devant Louis XIV et que celui-ci demanda qu'on enseignât la viole au jeune musicien. Devenu gambiste virtuose, il est nommé musicien ordinaire de La Chambre du Roy Louis XIV en 1689.

Jusqu'en 1710, il est accompagné de sa femme, Angélique-Henriette Houssu, claveciniste, dans ses récitals. Ainsi, convié par la Duchesse du Maine, le couple se produit souvent à la Cour du Château de Sceaux, en compagnie de Robert de Visée. Il participe aux fêtes des Grandes Nuits de Sceaux dans le cercle des chevaliers de l'Ordre de la Mouche à Miel. À partir de 1710, le couple se déchire. Antoine Forqueray accuse Angélique-Henriette Houssu d'adultère le 11 novembre 17093. Par ailleurs, son épouse avait depuis 1700 porté plainte à quatre reprises pour violence conjugale auprès de commissaires parisiens, et commencé une procédure de séparation d'habitation avec son mari.

En 1736, il se retire à Mantes-la-Jolie où il meurt en 1744.

Antoine Forqueray n'a rien publié de son vivant. Quelques années après sa mort, son fils Jean-Baptiste publie 29 pièces de son père, pour la basse de viole et basse continue, en ajoutant trois pièces de sa composition (incluses dans la troisième suite). Il en publie également une adaptation pour clavecin seul.

Nous avons là des pièces de tout premier intérêt et, derrière leurs titres les plus divers, d'une grande variété d'esprit et de caractère. Parmi elles, des hommages à de grands confrères (Leclair, Rameau, Couperin), mais aussi des moments d'espièglerie (La Portugaise), de tendresse et de grâce (La Buisson), d'éclat théâtral (La Jupiter), voire de dépaysement instrumental (La Mandoline). Tout cela dans un langage très personnel où perce la fougue du musicien, un langage qui « compte parmi ce que l'époque a conçu en France de plus passionné, l'un de ceux pour lesquels l'épithète de baroque paraît le mieux convenir. »