Le Journal

Le Pittsburgh Symphony Orchestra prolonge Manfred Honeck jusqu'en 2033

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Le Pittsburgh Symphony Orchestra (PSO) a annoncé ce 10 juin 2026 la prolongation du contrat de son directeur musical Manfred Honeck jusqu'à la fin de la saison 2032/2033. Avec un mandat entamé en 2008/2009, le chef autrichien atteindra alors un total de vingt-cinq saisons à la tête de la phalange de Pennsylvanie — la plus longue durée jamais enregistrée dans l'histoire de l'orchestre.

« Depuis près de deux décennies, j'entretiens une relation très particulière avec cet orchestre », confie Manfred Honeck. « Notre lien repose sur la confiance, l'engagement et une volonté partagée d'atteindre le sens le plus profond de la musique que nous jouons. » Melia Tourangeau, présidente et directrice générale du PSO, salue de son côté « une connexion musicale et une confiance profondes » qui ont porté l'orchestre vers une reconnaissance internationale renouvelée.

Sous la direction du chef autrichien, le PSO a lancé la série discographique Pittsburgh Live! chez Reference Recordings, couronnée par douze nominations aux GRAMMY Awards et trois récompenses, dont celle de la Best Orchestral Performance pour le couplage Chostakovitch — Symphonie n° 5 / Barber — Adagio for Strings. La collaboration s'est également distinguée par de nombreuses tournées internationales : Festival de Salzbourg, Festival de Lucerne, Elbphilharmonie de Hambourg, Concertgebouw d'Amsterdam et Konzerthaus de Vienne. À l'été 2026, l'orchestre entamera sa quatorzième tournée européenne commune, du 26 août au 10 septembre, avec des escales à Merano, Varsovie, Hambourg, Cologne, Amsterdam, Essen, Salzbourg, Lucerne et Vienne.

Manfred Honeck a également initié à Pittsburgh une politique de commandes nourrie — Carlos Simon, Mason Bates, Lera Auerbach, James MacMillan, Samy Moussa, Jessie Montgomery — et développé, avec le compositeur tchèque Tomáš Ille, plusieurs suites symphoniques tirées d'opéras (Elektra de Strauss, Jenůfa de Janáček, Rusalka de Dvořák) ainsi qu'une version orchestrale des Cinq Pièces pour quatuor à cordes d'Erwin Schulhoff, toutes captées au disque. En février 2026, son engagement en faveur de la musique d'Anton Bruckner lui a valu la Médaille d'honneur de la Bruckner Society of America.

Tugan Sokhiev nommé Chef principal et Conseiller artistique de l'Orchestre de la Suisse Romande

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La Fondation de l'Orchestre de la Suisse Romande a annoncé ce 8 juin la nomination de Tugan Sokhiev au poste de Chef principal et Conseiller artistique. L'engagement court sur trois saisons à partir de 2026-2027, avec, dès 2027-2028, une résidence annuelle de six semaines à Genève.

La collaboration entre le chef ossète et la phalange genevoise s'est nouée en 2024 et s'est consolidée au fil des concerts — une 5ᵉ Symphonie de Prokofiev en octobre dernier, plébiscitée par les musiciens, semble avoir scellé l'accord. Au-delà de la baguette, Tugan Sokhiev sera associé aux décisions artistiques de la maison, notamment aux concours de recrutement, et travaillera programmation et tournées en concertation avec la Direction générale et la Commission artistique.

Pour Charlotte de Senarclens, présidente de la Fondation, ce « format collégial » incarne « une vision ambitieuse et résolument tournée vers l'avenir ». Le directeur général Steve Roger salue de son côté « la clarté, l'intensité dramatique » du chef et « sa capacité à créer une connexion profonde » avec les musiciens. Tugan Sokhiev évoque quant à lui une « affinité artistique de plus en plus profonde » avec l'orchestre et le désir d'« explorer les richesses du grand répertoire symphonique ».

Cette nomination marque un retour pleinement assumé du chef sur une position structurante en Europe, quatre ans après ses démissions retentissantes du Théâtre Bolchoï et de l'Orchestre National du Capitole de Toulouse, en mars 2022. L'OSR, qui cherchait une nouvelle figure tutélaire après le départ de Jonathan Nott, trouve en lui un partenaire au profil symphonique affirmé et à l'aura internationale intacte.

Barbara Hannigan dévoile sa première saison à la tête de l'Orchestre Symphonique d'Islande

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L'Iceland Symphony Orchestra vient d'annoncer sa saison 2026-2027, la première de l'ère Barbara Hannigan comme cheffe principale et directrice artistique. Une saison ambitieuse qui place le pianiste français Bertrand Chamayou en résidence et le compositeur islandais Hugi Guðmundsson au cœur d'un programme placé sous le signe de l'aventure et du partage.

« Both are essential. Both are for everyone. » La formule, signée Barbara Hannigan, résume l'esprit de cette première saison à Reykjavík : tradition et inconnu, répertoire ancré et territoires inexplorés, le tout offert à chaque auditeur sans hiérarchie. La cheffe canadienne, qui avait dirigé l'orchestre pour la première fois en 2021, prend officiellement les rênes de la phalange islandaise à l'automne et imprime d'emblée une marque forte.

Une ouverture sans entracte

Le ton est donné dès le 3 septembre 2026 avec le concert Attacca! — quatre œuvres enchaînées sans pause : From the Steeples and Mountains de Charles Ives, la création mondiale d'Undark de Hugi Guðmundsson, le 4'33" de John Cage et la Première Symphonie de Mahler. Hannigan reviendra tout au long de l'année dans son double rôle de cheffe et de soprano, qu'elle assume notamment dans Les Illuminations de Britten (10 septembre, dans un programme Roussel-Messiaen-Ravel) ou dans le Prométhée, Poème du feu de Scriabine avec scénographie lumineuse de Fabiana Piccioli (11 février 2027).

Bertrand Chamayou, artiste en résidence

Pour sa première résidence à Reykjavík — « j'ai toujours rêvé d'aller en Islande », confie-t-il —, Bertrand Chamayou se livre à un autoportrait en quatre rendez-vous : le Concerto en sol de Ravel couplé aux Oiseaux exotiques de Messiaen (10 septembre), un récital Songs without Words parcourant Mendelssohn, Ives, Schumann/Liszt, Crumb, Kurtág et la Wanderer Fantasy de Schubert (11 septembre), le Prométhée de Scriabine (11 février), enfin un récital en duo avec Hannigan autour de Messiaen, Scriabine et John Zorn (13 février). Une partition idéale pour ce pianiste dont la double exigence — virtuosité française et écoute du contemporain — épouse parfaitement le projet de l'orchestre.

Deux créations mondiales pour Hugi Guðmundsson

Compositeur en résidence, l'Islandais Hugi Guðmundsson signe deux créations mondiales : Undark en ouverture, et surtout Freyja le 27 mai 2027, œuvre écrite à six mains avec Hannigan et l'auteure canadienne Julie Salverson. Le livret s'inspire de la figure de Margrét Benedictsson (1866-1956), Islandaise émigrée au Canada à 21 ans devenue militante des droits des femmes et des enfants — un sujet qui résonne avec l'identité même de l'orchestre.

Une saison à plusieurs entrées

La programmation conjugue piliers symphoniques (Mahler 1, Beethoven 2 et 9, Bruckner 2 et 5, Brahms 1, Mozart 41), création contemporaine internationale (Brett Dean avec Isabelle Faust, Tan Dun dirigeant son Water Concerto, Thomas Adès joué par Johan Dalene, Erkki-Sven Tüür, Magnus Lindberg, Clara Iannotta) et un fort ancrage islandais avec la création mondiale posthume de The Deep – Requiem de Hjálmar H. Ragnarsson, la première islandaise des Shadows of Solace d'Anna Thorvaldsdóttir, et des œuvres de Bára Gísladóttir, Kjartan Sveinsson, Þuríður Jónsdóttir et María Huld Markan Sigfúsdóttir.

Le plateau d'invités impressionne : Isabelle Faust, Alina Ibragimova, Carolin Widmann, Elisabeth Leonskaja, Stefan Dohr, Avi Avital, Reginald Mobley côté solistes ; Edward Gardner, John Storgårds, Ingo Metzmacher, Eva Ollikainen, Giovanni Antonini, Andris Poga, Tomáš Hanus (chef invité principal) côté direction. Sans oublier un volet cinéma soigné — Ennio Morricone The Symphonic Experience, Psycho de Hitchcock/Herrmann en ciné-concert, Joe Hisaishi dirigeant Hisaishi le 2 avril, et Le Roi Lion sur la partition de Hans Zimmer.

Une saison-manifeste, qui confirme que l'Iceland Symphony Orchestra entend, sous l'impulsion de Hannigan, devenir l'un des laboratoires symphoniques les plus singuliers de la scène nordique.

Programme complet : en.sinfonia.is

Europasinfonie : douze orchestres européens lancent un concours international de composition

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Comment composer pour un orchestre dont les pupitres jouent depuis douze pays différents, reliés par un réseau numérique à faible latence ? C'est la question que pose Europasinfonie, projet hybride qui réunira, le 18 juin 2027, douze orchestres et ensembles symphoniques européens en un seul organisme virtuel. Un grand orchestre à cordes se produira en salle, tandis que les autres pupitres apparaîtront en direct sur de grands écrans LED, depuis leurs villes respectives. Devise du projet : « Douze pays. Un orchestre. »

Au cœur du dispositif, un concours international de composition lancé le 2 mai 2026. Trois commandes seront attribuées — deux œuvres orchestrales et une œuvre pour orchestre et chœur — à des partitions explorant les conditions artistiques inédites d'une interprétation distribuée en temps réel. Les candidats de moins de 35 ans sont particulièrement encouragés : au moins une des trois commandes leur sera réservée, sans qu'aucune limite supérieure d'âge ne soit fixée.

Le jury international se réunira les 28 et 29 septembre 2026 à Dresde. Les lauréats seront annoncés le 30 septembre, lors d'une conférence de presse au centre des expositions de la ville. La direction musicale du projet est confiée à Andrea Molino.

Les ensembles participants forment une cartographie représentative de l'Europe musicale : Dresdner Sinfoniker (Allemagne), Athens State Orchestra (Grèce), Brussels Philharmonic (Belgique), Estonian National Symphony Orchestra (Estonie), No Borders Orchestra (Serbie), Orchestra Sinfonica di Milano (Italie), Orquesta Sinfónica de Madrid (Espagne), Pannon Philharmonic (Hongrie), Sinfonia Varsovia (Pologne), Mozarteum Lab Choir Salzburg (Autriche), Czech Philharmonic Choir Brno (Tchéquie), ainsi qu'un partenaire britannique encore à confirmer.

Le développement technique est porté par la Hochschule Anhalt (Köthen), PxB Studios (Berlin), la Technische Universität Berlin et le Centre for Choral Education Research and Practice du Mozarteum de Salzbourg.

Plus d'informations : www.brusselsphilharmonic.be

Koshiro Takeuchi, Grand Lauréat du Concours musical international de Montréal 2026

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La 24<sup>e</sup> édition du Concours musical international de Montréal (CMIM), consacrée cette année au violon, s'est achevée le 4 juin 2026 à la Maison symphonique sur un doublé japonais retentissant. Le Premier Prix — titre de Grand Lauréat — est revenu au violoniste japonais Koshiro Takeuchi, 21 ans, qui interprétait le Concerto pour violon de Tchaïkovski avec l'Orchestre symphonique de Montréal placé sous la direction du chef invité Sascha Goetzel.

Sa compatriote Sara Watanabe, également âgée de 21 ans, s'est vu décerner le Deuxième Prix au terme d'une interprétation du Concerto pour violon n° 2 de Bartók que la critique a jugée particulièrement aboutie — certains observateurs n'hésitant pas à souligner sa supériorité musicale sur le lauréat. Le Troisième Prix est allé à l'Américaine Laurel Gagnon, 30 ans, qui a interprété le Concerto de Brahms et avait déjà brillé en demi-finale en remportant le prix Œuvre canadienne pour son interprétation de la Suite pour violon seul de Jean Papineau-Couture, ainsi que le prix Sonate pour sa lecture de la Sonate pour violon et piano n° 7 de Beethoven.

Le Prix du Public a couronné la jeune violoniste turco-belge Bade Dastan, 19 ans, l'une des cinq finalistes aux côtés du Chinois Aozhe Zhang, 17 ans. Ces cinq finalistes avaient été sélectionnés à l'issue d'un parcours draconien : plus de 250 candidatures, ramenées à 24 violonistes pour la première épreuve, puis à dix demi-finalistes et cinq finalistes.

Une dotation prestigieuse

Le Grand Lauréat repart avec une dotation exceptionnelle : une bourse en espèces de 30 000 dollars canadiens offerte en partenariat avec la Ville de Montréal, la bourse de développement de carrière Joseph-Rouleau de 40 000 dollars offerte en partenariat avec la Fondation Azrieli, ainsi qu'un prêt de trois ans du violon Giuseppe Guarneri del Gesù 1728-30 « ex-Christopher Warren-Green ». À cela s'ajoutent des engagements de concerts, des résidences et un accompagnement professionnel. Sara Watanabe et Laurel Gagnon reçoivent respectivement 15 000 et 10 000 dollars, complétés chacun par une bourse de développement de carrière de 10 000 dollars.

Un parcours déjà remarqué

Né à Tokyo, Koshiro Takeuchi étudie à la Manhattan School of Music et au Tokyo College of Music, où il se forme auprès de Koichiro Harada, Lucie Robert — qui présidait par ailleurs le jury de cette édition — et Mayuko Kamio. Il avait remporté en avril 2025 le Premier Prix de la première édition du Concours international de violon Ion Voicu, après avoir obtenu le Troisième Prix du Concours international Long-Thibaud en 2023, ainsi que le Cinquième Prix et le prix spécial de la meilleure interprétation d'une œuvre contemporaine au Concours Paganini la même année. En 2024, il faisait ses débuts avec l'Orchestre philharmonique de Tokyo dirigé par Tadaki Otaka, et s'est depuis produit avec l'Orchestre philharmonique George Enescu, l'Orchestre de la Garde républicaine et l'Orchestre symphonique de Tokyo. Il joue sur un violon de Francesco Ruggieri.

Sara Watanabe, native de Hyōgo, étudie également au Tokyo College of Music dans la classe de Machie Oguri et Koichiro Harada. Elle joue sur un Carlo Giuseppe Testore de 1690, prêté par la Nippon Violin Society. Sa prestation au Concours 2026 marquait ses débuts en Amérique du Nord.

Un jury international

La décision a été prise par le jury international du Concours 2026, présidé par la violoniste Lucie Robert et composé de Barry Schiffman, Glenn Dicterow, Ju-Young Park, Pavel Vernikov, Régis Pasquier, Simin Ganatra et Yuzuko Horigome. Cette édition aura confirmé la place du CMIM parmi les rendez-vous majeurs du circuit international, tout en suscitant un débat critique sur ses choix — preuve, peut-être, de la vitalité d'une compétition qui ne laisse personne indifférent.

Montpellier ressuscite Le Baiser de la Fée d'Akimenko sous la baguette de Kirill Karabits

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Annoncée dans la saison 2026-2027 dévoilée hier par Valérie Chevalier, la création mondiale de l'opéra du compositeur ukrainien Théodore Akimenko (1876-1945), endormi dans son manuscrit depuis plus d'un siècle, sera donnée à l'Opéra Comédie les 22, 23 et 27 décembre 2026. À la baguette : Kirill Karabits, défenseur passionné de l'œuvre du maître de Kharkiv.

Voilà l'un des événements lyriques majeurs de la prochaine saison française. À l'occasion du 150ᵉ anniversaire de la naissance de Théodore Akimenko (1876-1945), l'Opéra Orchestre national Montpellier Occitanie porte sur scène la création mondiale de son opéra Le Baiser de la Fée — sous-titré La Reine des glaciers (et ses fées) —, ouvrage fantastique en un prologue et trois actes composé en 1914, dont le manuscrit dormait depuis plus d'un siècle. Le livret de Michel Dimitri Calvocoressi s'inspire librement de La Vierge des glaces de Hans Christian Andersen, conte alpin que Stravinsky devait également mettre en musique en 1928 pour son propre Baiser de la fée. Curieuse coïncidence : Stravinsky fut justement, dans ses jeunes années à Saint-Pétersbourg, l'élève d'Akimenko, son tout premier professeur de composition.

Car Théodore Akimenko n'est pas un compositeur de seconde main que l'on exhume par curiosité d'archiviste. Né à Kharkiv, élève à Saint-Pétersbourg de Balakirev, Liadov et Rimsky-Korsakov, héritier direct du romantisme russe le plus raffiné, il fut un pédagogue reconnu, directeur du Conservatoire de Tiflis, professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg de 1903 à 1914, puis exilé après la Révolution — d'abord à Prague, puis à Paris où il mourut en janvier 1945. Sa fin de vie est marquée par un retour assumé aux sources ukrainiennes de son inspiration. Voix lyrique singulière, parfois comparée à Scriabine ou Grechaninov, son corpus pour piano, sa musique de chambre et son orchestre demeurent un continent à découvrir — et à entendre absolument.

C'est précisément le combat que mène Kirill Karabits depuis plusieurs saisons. Le chef ukrainien, ancien directeur musical du Bournemouth Symphony Orchestra, avait déjà créé en novembre 2022 à Poole et Portsmouth le Concerto pour violoncelle d'Akimenko, lui aussi resté un siècle dans les rayons d'une bibliothèque parisienne. Karabits le résume ainsi : « un compositeur important et complètement oublié, dont la musique mérite assurément qu'on s'y intéresse. » Avec Le Baiser de la Fée à Montpellier, il franchit une étape supplémentaire dans ce travail patient de réhabilitation : la rencontre avec la scène lyrique.

La production est confiée au jeune collectif italien Opera Popolare, lauréat du Ring Award 2025 et en résidence à l'Opéra Orchestre. La mise en scène de Giorgio Pesenti, dans des décors et costumes de Giulia Bruschi et Riccardo Mainetti, déploie un univers visuel hybride mêlant prises de vue réelles, théâtre d'objets et jeu vidéo. Sur le plateau, le ténor polonais Maciej Kwaśnikowski chante Rudy, entouré de Norma Nahoun (Babette), Charlotte Bonnet (La Reine), Armando Noguera (le meunier) et le Chœur et l'Orchestre national Montpellier Occitanie.

L'œuvre, chantée et surtitrée en français, constitue avec Hôtel Moctezuma de Diana Syrse l'une des deux créations mondiales annoncées dans une saison qui compte quatorze propositions lyriques. À ne pas manquer.

Herbert Blomstedt honoré d'un buste à la Berwaldhallen de Stockholm

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L'Orchestre symphonique de la Radio suédoise (Sveriges Radios Symfoniorkester) a dévoilé un buste en bronze du chef d'orchestre Herbert Blomstedt, réalisé par le baryton et sculpteur Karl-Magnus Fredriksson — chanteur de la Cour de Suède (hovsångare) et soliste de l'Opéra royal de Stockholm. L'œuvre prendra place de manière permanente dans le foyer de la Berwaldhallen, salle de concert de la Radio suédoise, où le public pourra désormais la contempler à chaque venue.

Pour raisons de santé, le maestro, âgé de 98 ans, n'a pu assister à la cérémonie d'inauguration. Chef principal de l'Orchestre symphonique de la Radio suédoise de 1977 à 1982, Herbert Blomstedt en est aujourd'hui le chef honoraire, fonction qu'il occupe également auprès de plusieurs grandes phalanges européennes et américaines, du Gewandhaus de Leipzig à la Staatskapelle de Dresde, en passant par le San Francisco Symphony.

« Nous sommes extrêmement heureux que Karl-Magnus Fredriksson ait accepté cette commande », souligne Staffan Becker, directeur de la Berwaldhallen et initiateur du projet. « La présence constante d'Herbert dans nos murs nous rappellera son immense amour de la musique et tous les fantastiques moments musicaux que nous avons partagés. Nous espérons qu'il reviendra bientôt diriger l'Orchestre symphonique de la Radio. »

Ettore Pagano remporte le Concours Reine Elisabeth 2026 de violoncelle

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C'est l'Italien Ettore Pagano qui remporte la troisième édition du Concours musical international Reine Elisabeth consacrée au violoncelle. Le jury, présidé par Gilles Ledure, lui a décerné le Premier Prix — Grand Prix international Reine Elisabeth / Prix de la Reine Mathilde, assorti d'une dotation de 25 000 € et d'une série de concerts en Belgique et à l'étranger.

Né à Rome en 2003, Ettore Pagano débute le violoncelle à l'âge de neuf ans. Formé au Conservatorio Santa Cecilia de Rome, il poursuit son parcours à l'Universität der Künste de Berlin dans la classe de Jens Peter Maintz, après être passé par l'Accademia Chigiana, la Pavia Cello Academy auprès d'Enrico Dindo et l'Accademia Stauffer de Crémone. À tout juste vingt-deux ans, il affiche déjà un palmarès considérable : Premio Abbiati de l'Associazione Nazionale Critici Musicali et ICMA Classeek Award en 2025, Deuxième Prix au Concours Enescu en 2024, Premier Prix au Concours Khachaturian en 2022. En finale, à Bozar, il a défendu la Symphonie concertante op. 125 de Prokofiev, aux côtés du Belgian National Orchestra dirigé par Antony Hermus, après l'imposé inédit de la compositrice Fang Man, Four Odes to the Tidings of Flowers. RTBF + 2

Le violoncelle Goffriller « Casals », en souvenir d'une amitié

Au-delà de la dotation, le lauréat bénéficie, grâce à la Fondation Pau Casals, du prêt pour quatre ans du violoncelle Goffriller « Casals ». Construit à Venise en 1733 par le luthier Matteo Goffriller, l'instrument fut acquis par Pablo Casals en 1908 ; le maître catalan en joua plus de soixante ans et l'utilisa pour tous ses enregistrements légendaires, le considérant comme « son plus cher ami ». Ce prêt, offert à l'occasion du 150ᵉ anniversaire commun de Casals et de la Reine Elisabeth, célèbre l'amitié et la vision sociale de l'art que partageaient les deux figures. L'instrument sera remis à Ettore Pagano le 2 juin par la Reine Mathilde, à la Chapelle musicale Reine Elisabeth. L'Avenir

Le palmarès

  • Premier Prix — Grand Prix international Reine Elisabeth / Prix de la Reine Mathilde (25 000 €) : Ettore Pagano (Italie)
  • Deuxième Prix — Prix du Gouvernement fédéral belge (Belspo, 20 000 €) : Tae-Yeon Kim (Corée)
  • Troisième Prix — Prix Comte de Launoit (17 000 €) : Leland Ko (États-Unis)
  • Quatrième Prix — Prix des Gouvernements communautaires (Fédération Wallonie-Bruxelles, 12 500 €) : Álvaro Lozano Cames (Espagne)
  • Cinquième Prix — Prix de la Région de Bruxelles-Capitale (10 000 €) : Yo Kitamura (Japon)
  • Sixième Prix — Prix de la Ville de Bruxelles (8 000 €) : Maria Zaitseva (Russie)

Les six lauréats non classés — Andrew Ilhoon Byun, Clara Dietlin, Lionel Martin, Krzysztof Michalski, Dilshod Narzillaev et Ivan Sendetsky — reçoivent chacun 4 000 € (avec le soutien de la Loterie Nationale) ainsi qu'un récital. Enfin, Álvaro Lozano Cames remporte le Prix RTBF Musiq3 et Tae-Yeon Kim le Klara Prijs, dotés chacun de 2 500 €.

Fondé en 1937, le Concours Reine Elisabeth sera consacré au chant l'an prochain

Disparition d'Edgar Morin (1921-2026)

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Le sociologue et philosophe Edgar Morin, né Edgar Nahoum le 8 juillet 1921 à Paris, s'est éteint le vendredi 29 mai 2026, à l'âge de 104 ans. Résistant, longtemps rattaché au CNRS et à l'EHESS, il laisse une œuvre transdisciplinaire considérable, dominée par les six volumes de La Méthode (1977-2004) et par ce concept de « pensée complexe » qui a essaimé bien au-delà des sciences humaines.

La musique n'était pas étrangère à cet horizon. Mélomane — amoureux de la chanson, du répertoire romantique et de l'opéra —, Morin a aussi vu sa pensée gagner la musicologie. Le colloque Musique et complexité. Autour d'Edgar Morin et Jean-Claude Risset (Paris, 2008, sous la direction de Nicolas Darbon) avait montré la fécondité de ses outils — reliance, dialogique, transdisciplinarité — pour penser la création sonore, du timbre à l'écriture. Le dialogue avec Risset, pionnier de l'informatique musicale, en formait le cœur.

Dès L'Esprit du temps (1962), Morin avait par ailleurs ouvert l'étude savante des musiques populaires et de la culture de masse, dont il demeure l'un des grands théoriciens.

Benedikt Spierings prend la tête de l'ASOBV, institution née de la fusion entre l'Opera Ballet Vlaanderen et l'Antwerp Symphony Orchestra

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Le conseil d'administration de l'asbl ASOBV a nommé, le 28 mai 2026, Benedikt Spierings directrice générale de l'institution née de la fusion entre l'Opera Ballet Vlaanderen et l'Antwerp Symphony Orchestra. Elle prendra ses fonctions au 1er septembre, succédant à Jan Raes, à la barre depuis 2020, qui se retirera le 31 août.

Violoniste de formation et musicologue, Benedikt Spierings a mené pendant plus de dix ans une carrière de consultante auprès de grandes entreprises privées et d'institutions publiques, avant de rejoindre l'Opera Ballet Vlaanderen en 2021 comme directrice de la planification centrale et de la production. Promue directrice de l'exploitation et directrice générale adjointe en 2024, elle accède aujourd'hui à la direction générale au terme d'une procédure de sélection approfondie, encadrée par un groupe d'experts internationaux. En misant sur une responsable issue de ses propres rangs, le conseil d'administration affiche un choix clair de continuité.

Officialisée le 1er mars 2026, la fusion donne naissance à la plus grande institution culturelle de Flandre. Les directions artistiques demeurent inchangées — Jan Vandenhouwe pour l'opéra et le ballet, Ulrike Niehoff pour l'orchestre — tandis qu'un successeur sera recherché au poste de directeur de l'exploitation. Trois grands chantiers attendent la nouvelle direction : l'élaboration du plan stratégique 2028-2032, la poursuite de la mise en œuvre de la fusion et la finalisation de projets d'infrastructure majeurs.

« C'est un grand honneur de me voir confier la direction de cette remarquable organisation fusionnée », déclare Benedikt Spierings, qui dit vouloir « construire un foyer inspirant et novateur pour l'opéra, la danse et la musique » et renforcer la position de la maison « dans le paysage culturel flamand et international ». Le président du conseil, Hugo Van Geet, salue de son côté « la bonne personne pour le bon rôle ».

Crédits photographiques : Wouter Van Vooren OBV 2026