Hans Wallat est un chef d'orchestre allemand, né à Berlin le et mort à Hilden le .
Hans Wallat reçoit sa formation musicale à Schwerin auprès de Rudolf Neuhaus. Outre son passage comme chef d'orchestre au Nationaltheater Mannheim, au Théâtre de Dortmund et au Deutsche Oper am Rhein, il a dirigé au Festival de Bayreuth en place de Karl Böhm, au Wiener Staatsoper, au Metropolitan Opera, au Théâtre Colón, au Théâtre Bolchoï, à l'Orchestre philharmonique de Munich et à l'Orchestre philharmonique de Berlin. Il est l'un des rares chefs d'orchestre à avoir été invité à diriger en Union Soviétique pendant la Guerre froide2.
Durant sa carrière, Hans Wallat privilégie des œuvres du répertoire allemand1. Il a dirigé plus de 90 fois la Tétralogie de Wagner et passe pour être un des meilleurs connaisseurs du cycle du Ring. Il a été l'une des figures majeures du Richard Wagner Festival Wels.
Alfred Roubenovich "Avet Terterian" (également Terteryan), Տերտերյան, 29 juillet 1929 - 11 décembre 1994, est un compositeur arménien, lauréat du prix Konrad Adenauer.
Terterian a composé huit symphonies (achevées), dont plusieurs sont enregistrées, un opéra et plusieurs œuvres de chambre.
Terterian était un ami et un collègue de Giya Kancheli, Konstantin Orbelyan et Tigran Mansurian. Dans une de ses lettres, publiée par son ami Isaak Glikman, Dmitri Chostakovitch a fait l'éloge de Terterian en le qualifiant de « très talentueux “ et de ” promis à un grand avenir “, après avoir entendu un enregistrement des œuvres de Terterian à la station estivale arménienne Maison des compositeurs à Dilijan, en Arménie.
Il étudie à l'Académie de musique de Bakou à partir de 1948, puis à l'Académie de musique Romanos-Melikian en 1951. Il a étudié la composition au Conservatoire d'État Komitas d'Erevan à partir de 1952 et a été secrétaire exécutif de l'Union des compositeurs arméniens de 1960 à 1963. Il est président du département de la musique au ministère arménien de la culture de 1970 à 1974. En 1985, il rejoint le Conservatoire d'Erevan en tant que professeur. En 1989, il s'installe dans le village d'Ayrivank, situé sur la rive occidentale du lac Sevan, dans la région de Gegharkunik en Arménie.
Le festival annuel de musique d'Ekaterinbourg porte le nom de Terterian.
L'œuvre Styx de Giya Kancheli, écrite pour alto solo, chœur et orchestre, est un adieu à ses amis Terterian et Alfred Schnittke, dont les noms sont chantés par le chœur pendant l'œuvre.
Le fils de Terterian, Ruben Terterian, a été professeur de musique à Samborondón, en Équateur, jusqu'à sa mort en janvier 2020, et ancien prorecteur du Conservatoire d'État Komitas d'Erevan.
Alma Maria Mahler, née Schindler, à Vienne le et morte à New York le , est une musicienne et compositrice de lieder.
Fille du peintre paysagiste Emil Schindler et de la cantatrice Anna Bergen (1857-1938), Alma Schindler grandit à Vienne. Parmi les amis de son père, on compte Gustav Klimt, à qui elle doit son « premier baiser » volé lors d'un voyage à Gênes en 1899.
Issue d'un milieu cultivé, musicienne, belle, intelligente, indépendante d'esprit, Alma Schindler est courtisée du Tout-Vienne. Elle fréquente quelques personnages éminents de la capitale, dont Klimt, le directeur de théâtre Max Burckhard et le compositeur Alexander von Zemlinsky, avec lequel elle aura une liaison probablement toute platonique qu'elle raconte dans son journal. C'est en 1901, à une soirée chez Berta Zuckerkandl-Szeps (belle-sœur de Georges Clemenceau) qu'elle fait la connaissance de Gustav Mahler, alors directeur de l'Opéra de Vienne depuis 1897. Un an après ils se marient, le , à la Karlskirche de Vienne5. Alma et Gustav Mahler, de dix-neuf ans son aîné, mènent une vie de couple tumultueuse. Son charme naturel et sa vivacité transforment Mahler qui rencontre, grâce à elle, d'éminents artistes comme le poète dramatique Gerhart Hauptmann, les peintres Gustav Klimt et Koloman Moser ou le chef de file de l'avant-garde musicale viennoise, Arnold Schönberg.
En épousant Mahler, elle a accepté d'abandonner ses propres aspirations artistiques en musique et en peinture. Le compositeur lui a effectivement mis le marché en main dans une longue lettre, envoyée durant leurs fiançailles. Si Alma Mahler l'épouse, elle doit renoncer à ses propres ambitions. Dans le cas contraire, le mariage n'aura pas lieu. Alma Mahler accepte, sans se douter des frustrations que cet accord va engendrer chez elle. Même s'il reconnaît en elle une musicienne douée, Gustav Mahler est avant tout un homme de son temps, qui attend d'une épouse qu'elle lui facilite la vie . Souvent sacrifiée au travail et à l'œuvre d'un mari distrait et exigeant, Alma Mahler succombe au charme de l'architecte Walter Gropius, avec lequel elle noue une relation extra-conjugale6, tout en excluant le divorce. En raison de l'échec de leur relation conjugale que Gustav Mahler attribue à son âge et sur les demandes répétées d'Alma Mahler, le compositeur consulte Sigmund Freud, le 27 août 1910 à Leyde, aux Pays-Bas, et s'entretient avec lui durant quatre heures lors d'une conversation-promenade. « Votre femme cherche son père dans l'homme qu'elle aime, vous êtes celui-là », lui dit-il8. L'entretien semble avoir été d'un certain secours au compositeur qui écrit à sa femme « …Suis joyeux. Conversation intéressante… » De fait, Gustav Mahler recouvre « sa capacité d'amour » pour Alma Mahler durant les derniers mois de sa vie9.
Alma Mahler a deux enfants avec Gustav Mahler, Maria (1902-1907), qui meurt des suites de la scarlatine compliquée d'une diphtérie, et Anna (1904-1988) qui deviendra sculptrice après avoir été l'élève de Giorgio De Chirico, à Rome.
À la mort de Gustav Mahler, en 1911, Alma Mahler, jeune veuve riche, est engagée, en novembre de la même année, comme assistante par le biologiste autrichien Paul Kammerer, qui devint son amant, leur relation prend fin au printemps 1912. Puis pendant deux ans, Alma Mahler est la maîtresse de l'écrivain et peintre Oskar Kokoschka1. Pendant cette idylle passionnée et chaotique, il peint pour elle des éventails où il peint des détails de leur vie amoureuse et de ses propres fantasmes. Alma Mahler est pour Oskar une égérie qui lui inspire de nombreux chefs-d’œuvre, il réalise la toile "La Fiancée du vent". Il désire l'épouser mais il la fatigue. Effrayée par la passion qu'elle suscite en lui, Alma Mahler rompt avec Kokoschka, qui part pour Berlin.
Alma Mahler qui, dans le même temps, fréquentait toujours l'architecte Walter Gropius, l'épouse le à Berlin. De leur union naît en 1916, leur fille Manon qui va mourir de la poliomyélite en 1935, à l'âge de 18 ans. Le compositeur Alban Berg, grand ami d'Alma Mahler et qui aimait beaucoup Manon, lui dédiera le Concerto à la mémoire d'un ange.
Oskar sombre dans la dépression qu'il combat en commandant en 1918 à Hermine Moss, une marionnettiste réputée, une poupée de lin et de crin à l’image d’Alma Mahler en grandeur nature. La réalisation prend environ 6 mois, il veut que la poupée soit l’exacte réplique d'Alma Mahler. Il vit comme maritalement avec sa poupée, sa servante Reisl s’occupe de la poupée et l’habille. La poupée finit avec la tête tranchée au cours d'une beuverie.
Dès 1919, Alma Mahler vit avec le romancier Franz Werfel. Enceinte de lui (elle a quarante ans), alors qu'elle est toujours mariée avec Gropius, elle divorce en 1920, mais leur enfant, Martin Carl Johannes, naît prématurément et meurt à dix mois. Elle épouse Werfel en .
En 1938, Alma Mahler et Franz Werfel fuient l'Anschluss1 et se réfugient en France, où ils trouvent asile auprès d'autres intellectuels exilés à Sanary-sur-Mer, dans le Var, (Exil en paradis, artistes et écrivains sur la Riviera (1933-1945), Manfred Flügge). Mais l'invasion et l'occupation de la France par les Allemands en 1940 les contraignent de nouveau à fuir avec l'aide du journaliste américain Varian Fry installé à Marseille. Ils franchissent à pied les Pyrénées pour se rendre en Espagne puis au Portugal d'où ils embarquent pour les États-Unis.
Ils s'installent à Los Angeles, où Werfel connaît le succès lorsque Le Chant de Bernadette est adapté au cinéma, avec notamment Jennifer Jones. Erich Wolfgang Korngold lui dédie son Concerto pour violon en 1945, date de la mort de Werfel. Alma Mahler, désormais surnommée la « veuve des quatre arts », part vivre à New York. Devenue citoyenne américaine en 1946, elle est alors une actrice majeure de la vie culturelle new-yorkaise. Elle est présente lors des répétitions de Leonard Bernstein, grand admirateur de la musique de Gustav Malher, ainsi qu'il l'a signalé dans son cours de 1973 à la chaire Charles-Eliot-Norton d'Harvard. Benjamin Britten considère qu'elle est un "lien vivant" entre Malher et Alban Berg et lui dédie son morceau Nocturne for Tenor and Small Orchestra14. En 1951, Alma Mahler-Werfel s'installa à New York, où elle avait acheté quatre petits appartements en copropriété dans un immeuble de l'Upper East Side (120 East 73rd Street). Elle vivait elle-même au troisième étage et utilisait un appartement comme pièce à vivre et le deuxième comme chambre à coucher.
Elle meurt le à l'âge de 85 ans.
L'histoire de sa vie a été adaptée au cinéma dans le film de Bruce Beresford, "Alma, la fiancée du vent". Elle a également été l'objet d'un best-seller de Françoise Giroud, "Alma Mahler, ou l'art d'être aimée". Il est à noter que sa présence dans l'imaginaire public est davantage liée aux rencontres de sa vie amoureuse qu'à ses œuvres -ce dernier ouvrage refuse explicitement, par exemple, de parler de sa musique.
Alma Schindler commence des études de composition avec Alexander von Zemlinsky en 1900. Mais elle n'est artistiquement productive que durant sa jeunesse. Elle compose quelques lieder et des pièces instrumentales, tout en commençant à travailler sur un opéra.
Un soutien de trois ans pour un jeune quatuor à cordes
Un jury d'experts composé de rédacteurs de la rédaction musicale de SWR Kultur a nommé le Viatores Quartet « SWR Kultur New Talent 2024 ». Le quatuor, composé de Louisa Staples, Johannes Brzoska, Gordon K.H. Lau et Umut Saglam, a été fondé en 2023 à la Hochschule für Musik Hanns Eisler de Berlin. À partir de décembre 2024, l'ensemble sera soutenu dans le cadre du programme SWR pendant trois ans avec des engagements pour des concerts, des productions en studio et une présence dans les médias.
Louisa Staples, Johannes Brzoska, Gordon K.H. Lau et Umut Saglam étudient depuis 2023 chez Tabea Zimmermann à Francfort-sur-le-Main et depuis 2024 également chez Oliver Wille à Hanovre. Le jeune quatuor s'est déjà produit dans des salles de concert renommées telles que la Philharmonie de Berlin, le Konzerthaus de Berlin et les Hindemith Tage à Francfort-sur-le-Main. Il s'est également produit au festival de musique AIMA à Ayvalik, en Turquie.
Le nom de l'ensemble est dérivé de Viatore, le voyageur, et fait référence aux quatre origines et cultures différentes des membres de l'ensemble, qui viennent de Grande-Bretagne, d'Allemagne, de Hong Kong et de Turquie.
Paul Dessau est un compositeur et chef d'orchestre allemand né le 19 décembre 1894 à Hambourg et mort le 28 juin 1979 à Königs Wusterhausen (République démocratique allemande).
Paul Dessau est issu d'une famille qui, en plus de son père mélomane, compte un oncle, Bernard Dessau, violoniste au Königlichen Oper Unter den Linden de Berlin, un grand-père chantre à la synagogue et un cousin, Jean Gilbert, chef d'orchestre et compositeur.
Initié jeune au violon, il étudie la direction d'orchestre à Berlin de 1909 à 1913.
Après la Grande guerre, Paul Dessau occupa des postes de chef d'orchestre à Hambourg, Cologne, Mayence et Berlin, tout en composant une musique d'avant-garde notamment pour le cinéma.
Engagé plutôt à gauche et d'origine juive, il quitta l'Allemagne dès 1933 pour la France, puis les États-Unis, avant de revenir en Europe après la Guerre et de se fixer à Berlin-Est. Il collabora alors avec Bertolt Brecht pour les musiques de scène de « Mère courage » et du « Cercle de craie caucasien ».
D'abord attiré par la musique dodécaphonique, il s'en est éloigné pour s'attacher à une musique réaliste, volontiers engagée et accessible au plus grand nombre.
Parallèlement à la composition d'œuvres pour le cinéma et le théâtre, il a écrit des œuvres chorales (In memoriam Bertolt Brecht, Requiem pour Lumumba, Lénine) et des opéras (Lancelot, Einstein).
Franz Seraph von Destouches, né le à Munich et mort le dans sa ville natale, est un compositeur, chef d'orchestre, pianiste, violoniste, violoncelliste et pédagogue allemand de musique classique.
Fils de Joseph Claudius Destouches (1729-1795), chambellan de la cour bavaroise, écrivain et poète, Franz Seraph von Destouches est le frère cadet de Joseph Anton et Cajetan Destouches.
Il commence sa formation musicale en prenant des leçons de musique et d'harmonie auprès du moine augustin Theodor Grünberger à Freising.
Son père, qui était conseiller de la chambre fiscale de la cour de l'électeur de Bavière, l'envoie étudier la composition sous la direction de Joseph Haydn à Vienne de 1787 à 1791.
De retour à Munich en 1791, il y met en musique l'opéra-comique Die Thomasnacht qui est représenté au théâtre national et au théâtre de la cour en 1792.
D'abord violoncelliste dans la chapelle du Prince Esterházy et pianiste de concert, il devient directeur musical de la ville d'Erlangen de 1797 à 1799, puis chef d'orchestre de la cour au service du Duc Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach jusqu'en 1810.
Entre 1811 et 1814, il occupe le poste de professeur de musique au séminaire de l'Université de Landshut.
De septembre 1814 à décembre 1820, Destouches est chef d'orchestre au service du Prince d'Oettingen-Wallerstein puis, de 1820 à 1842, chef d'orchestre de la cour de Hesse à Bad Homburg vor der Höhe.
Franz Seraph von Destouches passe ses années de retraite dans sa ville natale de Munich, où il meurt le
Le prix Hans Gál de l'Académie des sciences de Mayence et de la fondation Villa Musica est décerné cette année au quatuor avec piano Confringo. Selon le jury, le quatuor « se distingue par des interprétations ravissantes d'œuvres du romantisme tardif et du début de l'époque moderne ».
Le quatuor est composé de Eun Che Kim (violon), Philipp Sussmann (alto), Irena Josifoska (violoncelle) et Viktor Soos (piano). Les musiciens ont été récompensés individuellement par de nombreux prix lors de concours internationaux et ont étudié avec des pédagogues éminents tels que Herwig Zack, Jens Peter Maintz, Walter Küssner et Bernd Götzke. Ils sont boursiers du Concours musical allemand 2024.
Le jury comprenait les académiciens Claudia Eder et Julius Berger ainsi que la directrice artistique de la fondation régionale Villa Musica, Ervis Gega.
Le prix Hans Gál est décerné depuis 2020 par l'Académie des sciences et de la littérature de Mayence et la Villa Musica de Rhénanie-Palatinat. Le prix, d'un montant de 10.000 euros, est destiné à soutenir les jeunes ensembles. Le prix porte le nom du compositeur, musicologue et pédagogue Hans Gál (1890-1987), ancien directeur du Conservatoire de Mayence, qui devint plus tard la Hochschule für Musik et le Conservatoire Peter Cornelius. Après la prise de pouvoir par les nationaux-socialistes, Hans Gál, qui était d'origine juive hongroise, fut immédiatement mis en congé et quitta l'Allemagne la même année. Jusqu'à l'annexion de l'Autriche, la famille a vécu dans des conditions difficiles à Vienne et a émigré en Grande-Bretagne en 1938. En 1945, Hans Gál obtint la nationalité britannique et enseigna à l'Université d'Édimbourg jusqu'en 1955. En tant que compositeur, il laisse derrière lui une œuvre considérable qui s'inscrit dans la tradition de Johannes Brahms, Franz Schubert et Jean-Sébastien Bach.
Concerts: Steinway Xmas days – Festival de piano et autres claviers
Du 16 décembre 2024 à 20:00 au 21 décembre 2024 à 19:00 Salle de concert de l'IMEP et Namur Concert Hall, rue Juppin 28 et 83 rue Rogier, Namur, 5000Un grand moment musical à ne pas manquer!
Cette année, l’IMEP organise son “Festival du piano et autres claviers” en collaboration avec le CAV&MA.
Durant toute la semaine, des événements auront lieu dans la salle de concert de l’Institut mais également au Namur Concert Hall. En effet, le Grand Manège a acquis deux pianos d’exception; un Chris Maene Straight Concert Grand et un Steinway modèle D. Ces merveilles vont chanter plus que d’ordinaire en ce mois de décembre 2024, des concerts, des récitals, des sessions éducatives, la présence de la compositrice Jacqueline Fontyn par exemple… Ne manquez pas ces “Steinway Xmas days”!
Audition de Noël de la classe de flûte à bec de Thomas Deprez
Le 20 décembre 2024 à 10:30
Salle B1.007 Musique Ancienne, rue Henri Blès 33A, Namur, 5000
Gratuit – Sans réservation
Le professeur Thomas Deprez et les étudiant.e.s
de la classe de flûte à bec vous invitent à célébrer Noël avec des oeuvres de J.S. Bach, A. Corelli, G. Sammartini, G.Ph. Telemann, A. Vivaldi, G.F. Händel.
Gautier Bouchat Aurore Colin Jacqueline Emontspohl Rachel Galloy Clémentine Rennotte Louis Vansilliette
Avec la très aimable collaboration de Vitor Barbero au clavecin
"Primero sueño", l'adaptation opératique du poème de Sor Juana Inés de la Cruz créée à New York.
En janvier prochain, le Met Cloisters de New York accueillera la première mondiale de Primero sueño, une œuvre créée par la compositrice Paola Prestini et l'auteur-compositeur-interprète Magos Herrera. L'adaptation opératique du poème éponyme de Sor Juana Inés de la Cruz, publié pour la première fois en 1692, sera jouée sous la forme d'une procession qui conduira le public à travers les cloîtres du musée new-yorkais.
Le poème "Premier Rêve" aborde la quête de la connaissance et la réflexion spirituelle, à travers les thèmes du mysticisme et de la relation avec la nature. Dans l'adaptation de Prestini et Herrera, le texte original sera présenté dans un format qui combine la musique et des éléments visuels, tels que des projections et des effets de lumière.
Magos Herrera jouera le rôle de Sor Juana, accompagnée par l'ensemble vocal Sjaella, qui donnera vie aux différentes images du poème. La mise en scène sera dirigée par Louisa Proske, avec la chorégraphe Jorrell Lawyer-Jefferson.
Le spectacle comprendra des dispositifs acoustiques et des sources lumineuses personnalisés que les chanteurs porteront, permettant au public d'entendre des aspects intimes de la voix de Sor Juana, et qui serviront également de surfaces de projection et produiront des effets de lumière pendant le spectacle.
Étienne Ozi (Nîmes, - Paris, ) est un bassoniste, compositeur et pédagogue français.
Étienne Ozi est considéré comme le plus grand bassoniste de son temps. Ce Nîmois d’origine s’installe à Paris en 1779 et y fait une magnifique carrière. En effet, il joue jusqu’en 1790 au Concert Spirituel au moins 37 concertos pour basson dont 19 sont de sa composition2. L'Almanach musical, à propos d'un concert donné en , relate par exemple3 : « M. Ozi a joué sur le basson un concerto. Cet instrument prend sous les doigts de ce virtuose une harmonie si flatteuse pour l'oreille du spectateur, qu'on ne peut s'empêcher d'applaudir l'Artiste qui l'anime, et de prendre part au plaisir qu'il prend lui-même à jouer de cet instrument ».
Lié comme Mozart à la franc-maçonnerie4, il eut pour protecteur le duc d’Orléans et fut premier basson de la musique du Roi. Musicien pour de nombreuses institutions (du Cirque du Palais-Royal en 1790 à la Chapelle de musique de Napoléon, en passant par le Théâtre de la République et des Arts en 1799-1800), compositeur pour un basson à six ou sept clés et directeur de la maison d’édition du Conservatoire, Ozi est également connu pour son enseignement. Il fut en effet professeur à l’École gratuite de musique de la Garde nationale parisienne, futur Conservatoire national de musique de Paris, dans lequel il enseigna jusqu'en 1813. L'établissement affiche dès l'origine son intention d’unifier l’enseignement, à travers l’élaboration d’un ensemble d’ouvrages pédagogiques qui seront imposés aux élèves. Quatorze méthodes officielles, tenant compte de l’évolution la plus récente de la facture instrumentale, voient ainsi le jour entre 1800 et 1814, dont celle d'Ozi pour le basson.
D’impact international, la Nouvelle Méthode de basson6 d’Ozi adoptée par le Conservatoire pour servir à l’étude dans cet établissement (1802), premier manuel complet pour l’apprentissage du basson en France, « contient les Principes détaillés pour l’Étude du Basson, des Exercices dans tous les Tons avec Accompagnement de Basse, douze Sonates d’une difficulté progressive, Trente Gammes variées et Quarante deux Caprices. Elle renferme aussi la manière de conserver l’Instrument, et les Moyens de faire les Anches. »