Le Journal

Un orgue de l'antiquité gréco-latine pour la villa romaine La Olmeda

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Le Conseil provincial de Palencia construit un orgue de l'antiquité gréco-latine. Il a présenté la nouvelle machine hydraulique qui sera installée dans la villa romaine La Olmeda (dans la municipalité de Pedrosa de la Vega), sur le site archéologique. Il s'agit d'un orgue doté d'un mécanisme hydraulique semblable à ceux utilisés dans l'antiquité gréco-latine.

L'hydraulis est devenu populaire dans la Rome antique, qui a étendu l'utilisation de cet instrument à l'ensemble de son empire comme accompagnement musical des spectacles dans les théâtres, les amphithéâtres et les cirques ainsi que dans les rassemblements sociaux et liturgiques. Précisément, à La Olmeda, un de ces rituels a été réalisé pour la première de l'hydraulis, la consecratio, un cérémonial qui était réalisé dans la religion de la Rome antique pour qu'un mortel passe à l'état de divinité, mais ce nom était également donné au rite de création d'un espace ou d'un lieu sacré -aedes-, ce qui a été mis en scène sur le site de Palencia, avec des acteurs dans le rôle des seigneurs de la villa romaine tardive qui recevaient le nouvel instrument et le consacraient aux éléments.

Le nouvel hydraulis a été construit dans le Taller de Organería y Arte Acitores, dirigé depuis 1983 par Federico Acitores à Torquemada, qui a souligné qu'il s'agissait d'un défi intéressant et difficile, un instrument unique datant de deux mille ans dont il n'existe aucun vestige physique, et c'est ainsi que nous travaillions jusqu'à présent. Un tetrachord hydraulis (c'est-à-dire avec quatre rangées de tuyaux) de dix-huit notes diatoniques, selon les modèles grecs, a été installé à La Olmeda, apte à fonctionner pleinement lors des représentations musicales.

Le projet va au-delà de la construction de l'instrument puisqu'il vise également à promouvoir la recherche et à produire du matériel de diffusion et didactique, avec une reconstitution vidéo et des images tridimensionnelles qui facilitent la compréhension de son mécanisme particulier où l'eau et l'air sont combinés pour extraire les sons de l'instrument -ainsi que les clés de l'évolution historique de l'hydraulis.

En guise d'avant-goût de la nouvelle offre culturelle que proposera l'Olmeda, Alberto Ruiz a offert une démonstration musicale de la nouvelle hydraulis lors de la cérémonie d'ouverture. Une autre des activités promotionnelles prévues pour cet instrument est sa présentation à Madrid, plus précisément au Musée national d'archéologie, un événement qui devrait avoir lieu avant l'été prochain.

Le label "Diversité" au Festival d'Aix en Provence

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Le Festival d’ Aix en Provence reçoit le label « Diversité »:  mis en place en 2008, ce label  atteste de bonnes pratiques et d'exemplarité en termes de prévention des discriminations, de respect de l'égalité des chances et de promotion de la diversité dans la gestion des ressources humaines.

Un Strad mis en vente

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Le violon Stradivarius "Da Vinci" de 1714 qui a appartenu à Toscha Seidel sera mis aux enchères en juin. Seidl l'a acheté pour 25 000 dollars en 1924 et a déclaré qu'il ne s'en séparerait pas pour un million de dollars.
À sa mort en 1962, il a été vendu à Muriel Rubin, une violoniste de Toronto qui s'est installée à Los Angeles. Elle l'a vendu en 1974 chez Sotheby's pour 34 000 £. En 2007, il est passé dans les mains de Tokuji Munetsugu, propriétaire d'une chaîne de restauration rapide à Nagoya, au Japon. Il l'a prêté aux gagnants du Concours de violon Munetsugu Angel.

Le prix musical de la Fondation Jürgen Ponto.

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Le quatuor berlinois Leonkoro reçoit cette année le prix musical de la Fondation Jürgen Ponto. Le prix est doté de 60.000 euros et s'accompagne d'invitations à de grands festivals. Les musiciens se produiront au Beethovenfest de Bonn, au Heidelberger Frühling et au Schleswig-Holstein Musik Festival. Le prix leur sera remis à l'été 2023.

Fondé en 2019, le quatuor composé de Jonathan Masaki Schwarz et Amelie Cosima Wallner (violonistes), Mayu Konoe, (alto) et Lukas Minoru Schwarz (violoncelle) impressionne par sa forte présence sur scène, alliée à une brillance technique et à un dévouement passionné à l'œuvre, a déclaré le jury. Malgré sa courte existence, l'ensemble a déjà sa propre signature musicale. "Sa vitalité, son goût du risque ainsi qu'une richesse de couleurs particulière déclenchent chez l'auditeur une attraction irrésistible.

Le prix de musique de chambre est décerné tous les deux ans depuis 2012. Jusqu'à présent, il a été décerné au Quatuor Amaryllis, au Quatuor Schumann, au Quatuor Aris, au Quatuor Vision String et au Quatuor Goldmund.

Direction à Munich

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Après le licenciement de Valery Gergiev, l'Orchestre Philharmonique de Munich a trouvé deux nouveaux chefs d'orchestre pour les prochains programmes de concert. Pour les concerts des 17 et 18 mars à Munich et du 20 mars à Vienne, l'orchestre a fait appel à l'Autrichien Manfred Honeck.
Trois autres concerts seront dirigés par le Letton Andris Nelsons. Le 19 mars à Munich, le 21 mars à Vienne et le 22 mars à Francfort/Main.

Un centenaire à Bilbao

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Ces 10 et 11 mars, le Bilbao Orkestra Sinfonikoa (BOS) célèbre ses 100 ans d'histoire avec deux concerts au Palacio Euskalduna sous la baguette de Leonard Slatkin. Le programme comprend le Kaddish de Maurice Ravel et la Symphonie n° 2 "Résurrection" de Gustav Mahler. Il s'agit de deux compositeurs d'une grande importance symbolique dans l'histoire de l'orchestre : Ravel, compositeur d'origine basque, a dirigé le BOS le 10 novembre 1928, tandis que Mahler a été très tôt un compositeur très présent dans le répertoire de l'Orchestre symphonique de Bilbao (il a été joué pour la première fois en décembre 1929).

Le BOS a donné son premier concert au théâtre Arriaga le 8 mars 1922 sous la direction de son premier chef d'orchestre, Armand Marsick, et depuis lors, il est devenu un élément essentiel de la vie culturelle de Bilbao. Les célébrations de son centenaire comprennent un large éventail d'activités, notamment la commande et la création de trois œuvres de trois compositeurs : un concert pour piano et orchestre de Gabriel Erkoreka, Tiempo silente de Javier Quislant, et Utopías d'Isabel Urrutia.

Un concert au musée Guggenheim Bilbao et un concert-projection avec la bande sonore du Seigneur des anneaux sont également prévus. Le BOS a également promu une nouvelle édition des Quatre poèmes symphoniques d'Andrés Iasi qui seront joués pendant les deux saisons du centenaire, ainsi qu'un cycle de conférences et une exposition itinérante sur l'histoire de l'orchestre.

Une exception de taille

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L'Orchestre Philharmonique de New York a confirmé hier que  le David Geffen Hall ouvrira ses portes le 22 octobre au lieu de la date prévue de 2024 et qu'il coûtera 550 millions de dollars au lieu d'un milliard -dont la totalité a été couverte par des dons.

Ensemble, nous avons créé une maison pour un orchestre du XXIe siècle, qui exige non seulement une véritable polyvalence, mais aussi la création de nouveaux espaces publics qui invitent tous les New-Yorkais, a déclaré la présidente du NY Phil, Deborah Borda.

Toute la façade a été ouverte pour qu'elle ne ressemble plus à une forteresse.

Midimep

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Le mardi 15 mars à 12:30, le Confluence Quintet vous invite à découvrir ou redécouvrir les Tableaux d’une exposition de Modeste Moussorgski dans un arrangement d’Arthur Frackenpohl.
Œuvre composée en 1874 à Saint-Pétersbourg, c’est à la base une musique pour piano. Elle est divisée en 10 mouvements et 6 interludes. Les interludes, ou Promenades, assurent la transition entre les mouvements. Ceux-ci décrivent des images très différentes allant du gnome difforme et boiteux aux contes traditionnels russes, en passant par la campagne polonaise.

Le Confluence Quintet est composé de Gabriel Di Mezzo et Nicolas Grau Ribes à la trompette, Nathan Surquin au trombone, Bastien De Mol à l’euphonium et au tuba et Loïc Cerfontaine au cor d’harmonie. Ils sont tous élèves de l’IMEP. Le public aura le privilège d’assister au tout premier concert de ce jeune quintet.

 

Entrée gratuite. Pas de réservation nécessaire. Salle de concert de l’IMEP.

 

Alex Quitin, reporter de l’IMEP.

Muzio Clementi, 190 ans

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Le compositeur italien Muzio Clementi est né le  à Rome et décédé le  à Evesham en Angleterre. Rattaché à la période classique, principalement connu de son vivant comme pianiste, mais également organiste et claveciniste. Il est considéré comme le premier à avoir composé spécifiquement pour le piano.
Il eut une influence notable sur Ludwig van Beethoven2.

Clementi est connu pour son recueil d'études pianistiques Gradus ad Parnassum auquel Claude Debussy fait allusion dans le premier mouvement de sa suite Children's Corner qui s'intitule Docteur Gradus Ad Parnassum. De la même manière, ses sonatines ont été le passage obligé dans l'apprentissage du piano pendant tout le xxe siècle. Erik Satie, qui était contemporain de Debussy en a fait une caricature dans sa Sonatine bureaucratique.

Clementi composa près de 110 sonates pour le piano. Certaines des plus anciennes et des plus faciles furent rééditées sous la forme de sonatines après le succès obtenu par ses sonatines de l'opus 36. Elles continuent d'être très appréciées comme pièces d'exécution assez facile. Pourtant, à l'exception de l'opus 36, les sonates de Clementi sont souvent d'exécution plus difficile que celles de Mozart -ce dernier écrivit dans une lettre adressée à sa sœur qu'il ne lui conseillait pas de jouer les sonates de Clementi à cause des difficultés techniques, de l'écartement des doigts qu'elles nécessitent, et de la difficulté des accords dont il pensait qu'elle pouvait se faire du mal en les jouant.

Outre ses compositions pour piano solo, Clementi a composé une grande quantité de pièces musicales d'autres sortes, y compris des symphonies reconstituées depuis peu, sur lesquelles il a longuement travaillé et que l'on commence progressivement à considérer comme des œuvres intéressantes et de qualité. Si Clementi est généralement absent des programmes de concerts, on trouve de plus en plus d'enregistrements discographiques qui lui sont consacrés.

Mozart était animé d'un manque de respect patent pour Clementi : de ce fait, on les a généralement considérés comme des rivaux irréconciliables. Mais la réciproque n'était pas vraie, autant qu'on puisse en juger, de la part de Clementi, et de toute façon, les propos peu amènes de Mozart à l'encontre de Clementi n'étaient pas destinés, dans son esprit, à être révélés en public.

Le pianiste russe Vladimir Horowitz fut saisi d'une prédilection toute particulière pour Muzio Clementi après que son épouse, Wanda Toscanini lui eut offert les œuvres complètes de celui-ci. Horowitz les mettait au même niveau que les pièces les plus accomplies de Beethoven. C'est en grande partie à lui que Clementi doit d'être à nouveau considéré comme un musicien digne d’intérêt, plus près de nous, à Andreas Staier, Maria Tipo et à Constantino Mastroprimiano, au pianoforte.

Arthur Honegger, 130 ans

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Le compositeur suisse Arthur Honegger est né le  au Havre et décédé le  à Paris. Il a passé toute sa vie en France.

En 1911, deux ans après s'être inscrit au Conservatoire de Zurich, Honegger le quitte pour le Conservatoire de Paris, où il étudie le violon et rencontre Darius Milhaud et Jacques Ibert. Il est élève de Charles-Marie Widor et Vincent d'Indy. En 1918, il quitte le Conservatoire, ayant déjà composé des mélodies, son premier quatuor et un poème symphonique, Le Chant de Nigamon.

Très attaché au renouveau du répertoire, il est influencé par Igor Stravinsky, sur lequel il écrit un essai en 1939. Compositeur prolifique et désireux d'illustrer la transformation de la société, notamment par la technique ou le sport, Honegger écrit pour le théâtre, la radio et le cinéma aussi bien que pour la salle de concert : ballets, chansons, concertos, musique de chambre, musiques de films, opéras, oratorios, symphonies.

En 1921, il connaît le succès avec le Roi David, pièce de René Morax, qu'il transforme en oratorio en 1924. Son œuvre la plus célèbre, créée en 1923, est Pacific 231, premier de trois mouvements symphoniques et dédiée à la locomotive à vapeur éponyme. Les deux autres mouvements du triptyque s'intitulent Rugby et Mouvement symphonique no 3.

Sa première symphonie date des années 1929-1930. Plus tard, durant l'Occupation, il compose ses Trois Poèmes (sur un texte de Claudel), ses Trois Psaumes et sa Symphonie no 2 pour orchestre à cordes et trompette ad libitum. Composée en 1941, ses mouvements évoquent la mort, le deuil, puis la libération.
En parallèle il enseigne la composition à l'École normale de musique de Paris où il aura parmi ses élèves Yves Ramette, futur auteur de six symphonies.
Sa Symphonie no 3, intitulée liturgique, son oratorio Jeanne d'Arc au bûcher (1938) d'après un texte de Paul Claudel, et son dramatique Roi David (1921) soulignent la religiosité de ce compositeur protestant. Durant la seconde moitié des années 30, il fera chez la famille Gosselin (au Manoir du Clap) une lecture de Jeanne au Bûcher. Parmi ses œuvres qui ont le plus compté pour lui, il citait aussi son opéra Antigone (1926).

Sa symphonie n° 3 (dite « Liturgique », 1946) est très liée aux années difficiles que le monde venait de vivre du fait de la 2e guerre mondiale. Chacun des trois mouvements comporte un sous-titre d'origine liturgique. Elle est composée comme suit : Dies iræ (« Jour de colère »), Allegro marcato ; De profundis clamavi (« Des profondeurs j'ai crié vers toi »), Adagio ; Dona nobis pacem (« Donne-nous la paix »), Andante.

En 1925, Arthur Honegger a une liaison avec la chanteuse d'opéra Claire Croiza, de laquelle naît un fils, Jean-Claude. En mai 1926, il épouse la pianiste Andrée Vaurabourg (1894-1980) qu'il avait rencontrée au Conservatoire de Paris en 1916 ; leur fille Pascale naît en 1932. Ils demeurent à Paris (tout en logeant dans des appartements séparés) durant la guerre, vivant notamment de commandes pour musique de film.

Sa quatrième symphonie est sous-titrée : Deliciæ Basiliensis (Les Délices de Bâle). La cinquième est dite Symphonie di tre re (« des trois ré », qui ponctuent chacun de ses trois mouvements).

En 1953, il est nommé membre étranger de l'Académie des beaux-arts et, l'année suivante, il est fait grand officier de la Légion d'honneur. Il est par ailleurs critique musical et professeur à l'École normale de musique de Paris. Il est également l'un des membres du groupe des Six, avec Georges Auric, Louis Durey, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre. Outre les Six, il a fréquenté Paul Claudel, Jean Cocteau, Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Pierre Louÿs, Pablo Picasso, Erik Satie, Jean-Louis Barrault et Paul Valéry, dont certains lui ont fourni des sujets pour ses œuvres.

La diversité de la musique d'Honegger reflète sa volonté de faire de la musique un moyen d'expression à vocation humaniste. Ainsi, il a souvent aspiré à une musique défaite de trop de formalisme, de trop de séduction et d'habitudes (Cri du monde, 1931). La crainte d'une surmédiatisation de la musique se reconnaît dans sa recherche d'une musique authentique, capable de porter un message, parfois philosophique voire religieux (Symphonie liturgique, 1945). Désireux de se renouveler à chaque œuvre, il a exploré différents genres et techniques en s'intéressant tout autant à l'harmonie de Claude Debussy, à la rythmique d'Igor Stravinsky, à la forme beethovenienne, au génie d'Arnold Schönberg (en excluant le sérialisme) et même à la musique électronique.
Il ne répugna pas à la complexité lorsque cela lui semblait nécessaire, comme dans Horace Victorieux (1921) ou dans ses symphonies. Comme d'autres artistes de son temps, tels Albert Camus, il cherche à émouvoir, notamment au travers d'œuvres religieuses, ce qui explique le succès de Jeanne d'Arc au bûcher (1935) entre autres.

Connu pour son humanisme, il a aidé les compositeurs des générations suivantes tels qu'Olivier Messiaen, dont il a confirmé après sa première écoute qu'il serait « l'un des plus grands compositeurs de son temps ».