Le Journal

Tout juste avant le foot

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Si vous avez l'intention de vous cloîtrer, loin de tout signal hertzien, jusqu'à la mi-juillet, nous vous signalons tout de même le concert de gala qui ouvre les festivités ce soir à Moscou, sur la Place Rouge (ou sur medici.tv !).
Plácido DomingoJuan Diego Flórez, Anna NetrebkoYusif EivazovIldar AbdrazakovAida Garifullina et Albina Shagimuratova seront de la partie dans un environnement musical qui ne comporte pas la moindre surprise : l'Orchestre du Mariinsky et Valery Gergiev.
Le programme est en ligne mais  sous réserve de modifications : on y croise Tchaïkovski, Gounod, Bizet, Donizetti, Verdi, Glinka, Offenbach, Puccini et des airs russes parmi lesquels  l'incontournable Kalinka...

Le ténor Hubert Delamboye est décédé

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Nous venons d'apprendre le décès du ténor néerlandais Hubert Delamboye, à l'âge de 72 ans.

Hubert Delamboye avait étudié le piano au conservatoire de Maastricht et le chant avec Leo Ketelaars. Diplômé en 1974, il se produisit rapidement dans presque toutes les grandes maisons : New York, Tokyo, Paris, Berlin, Munich, Amsterdam, Bruxelles, Turin, Salzbourg, Vienne, Bregentz, Zurich,...

En plus de son vaste répertoire de concerts, on l'a retrouvé à l'opéra pour Tamino, Lucio Silla, Florestan, Max, Hoffmann, Don José, Samson, Pollione, Otello, Cavaradossi, Canio, Herod, Bacchus, Nureddin, Hauptmann (Wozzeck), Tichon (Katja Kabanova) et les rôles wagnériens de Mime, Loge et Siegmund.

Il a travaillé avec Claudio Abbado, James Lavine, Kurt Masur et Nikolaus Harnoncourt, avec Otto Schenk, Jean-Pierre Ponnelle, Giorgio Strehler, Peter Stein et Herbert Wernicke.

La Scala se souvient

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La semaine prochaine, la Scala (Venise) reprendra le Fidelio de 2014 et honorera la mémoire de Vittore Veneziani et d'Erich Kleiber.
Il marquera le 80e anniversaire de la Leggi Razziali de 1938, les lois raciales mises en place par Mussolini et excluant les Juifs de la vie publique.

Vittore Veneziani, le chef de chœur de La Scala, n'eut plus accès au théâtre jusqu'au retour de Toscanini en 1946. Et le chef autrichien Erich Kleiber, qui devait conduire Fidelio en mars 1939, se dédit par solidarité. Dans un télégramme, il expliquait : Je viens d'apprendre que les portes de La Scala seront fermées à vos concitoyens juifs. La musique est faite pour tout le monde, comme le soleil et l'air. Quand cette source de consolation, si nécessaire en ces temps difficiles, est refusée à un être humain simplement parce qu'il appartient à une religion et à une race différentes, je ne peux collaborer ni en tant que chrétien ni en tant qu'artiste.

« Jeunes Talents » à l’IMEP

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Conscient que la formation exigeante des jeunes musiciens doit débuter le plus tôt possible, l’Institut supérieur de Musique et de Pédagogie de Namur (IMEP) a mis en place un cursus spécifique dédié aux jeunes qui présentent un talent exceptionnel (discipline instrumentale ou vocale).

Cette organisation assure aux Jeunes Talents la réponse à leurs attentes artistiques mais aussi la formation de base indispensable dans les domaines de la culture générale, de l’apprentissage des langues, de l’autonomie et de la discipline.

Horaires adaptés
: la collaboration avec l’Athénée Royal de Jambes permet une réduction de la charge horaire en enseignement secondaire et libére trois après-midis pour les cours artistiques à l’IMEP.

Organisation de cours spécifiques 
: une série de cours soigneusement sélectionnés offre une formation la plus riche et la plus complète possible :
- Instrument principal
- Formation musicale
- Histoire de la musique
- Formation corporelle
- Chant – initiation aux techniques vocales
- Chant d’ensemble
- Orchestre
- Lecture et transposition
- Travail avec accompagnateur
- Harmonie pratique
- Piano 2nd instrument
- Musique de chambre

Expérience scénique : de nombreux concerts sont organisés pour préparer les jeunes à la scène (récital, concours nationaux et internationaux).

Logement et confort matériel : organisation d’un internat (pour que les étudiants puissent loger dans le Namurois) et mise à disposition de pianos et de locaux de travail, à l’école et à l’internat.

Chute sans gravité de Bernard Haitink

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Vendredi soir, pendant les applaudissements qui suivaient le concert, le chef néerlandais Bernard Haitink (89 ans) a fait une chute sur la scène.
Le Concertgebouw Orkest est rassurant dans un communiqué de presse où il précise que le chef va aussi bien que possible compte tenu des circonstances mais qu'il doit prendre un peu de repos.
C'est Kerem Hasan, son chef assistant, qui a pris la relève pour le concert suivant.

Décès de Sergio Segalini

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On vient d'apprendre le décès de Sergio Segalini hier, à l’âge de 73 ans.
Critique dont la plume féroce faisait un critique particulièrement redouté (Opéra Magazine), il fut rédacteur en chef du magazine Opera International de 1979 à 2003.

Né à Castell'Arquato (Italie), il s’était installé en France et avait obtenu un diplôme de musicologie à la Sorbonne. Il fut directeur artistique de la Fenice (Venise) : J’associe le souvenir de Sergio Segalini, grand connaisseur de la musique et du bel canto, au jour où, sous sa direction musicale, la Fenice a ressuscité avec la Traviata. Cette œuvre est devenue le symbole de la renaissance de notre théâtre, a déclaré son directeur artistique actuel, Fortunato Ortombina.

Sergio Segalini fut aussi directeur artistique de plusieurs festivals dont celui de Martina Franca, en Italie, pendant 16 ans. Et les ouvrages qu'il a consacrés aux artistes (Maria Callas, Teresa Berganza ou Giacomo Meyerbeer) sont autant de témoignages de son amour pour l’art lyrique.

Le palmarès de Montréal

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Au Concours de Montréal, c'est le ténor coréen Mario Bahg qui a remporté le 1er Prix dans la catégorie Aria et le baryton John Brancy dans la catégorie Mélodie.
Les 2e Prix vont à Emily D’Angelo (Aria) et Julien van Mellaerts (Mélodie), et les 3e Prix à Konstantin Lee et Clara Osowski.

David Garett doit encore annuler

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Le violoniste David Garrett doit encore annuler ses concerts pour les trois prochains mois : il est contraint de se ménager encore pour récupérer de son opération d'une hernie discale.
Il devrait retrouver les scènes à la mi-septembre.

L'autre Scala

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La Scala de Paris va renaître le 11 septembre 2018, après une vingtaine d'années de fermeture. Frédérc Biessy, son directeur général, est tombé amoureux du 13 boulevard de Strasbourg (10e arrondissement).

Consacré à toutes les disciplines, des arts plastiques à la musique contemporaine, le théâtre sera doté de 220 panneaux acoustiques variables, un gradin rétractable et une jauge modulable de 550 places pouvant aller jusqu'à 750. L'architecture d'intérieur est signée Richard Peduzzi, collaborateur fétiche de Patrice Chéreau, et l'acoustique de Philippe Manoury. Rodolphe Bruneau-Boulmier, compositeur et producteur, partie de l’équipe en tant que conseiller musique.

Rien à voir avec la Scala de Milan.
Fondé en 1873 par une veuve fortunée, il fut d’abord un music-hall avant de connaître plusieurs vies. Ce qui est prodigieux dans l'histoire de ce lieu, c'est qu'à chaque fois, quelqu'un a détruit intégralement ce qu'il y avait avant et inventé quelque chose qui était à la pointe de l'innovation, explique Frédéric Biessy.
A la fin du 19e siècle, c'était le lieu où il fallait passer si on voulait être consacré super vedette, explique Olivier Schmitt, conseiller artistique du projet. Mistinguett, Mayol, Fréhel ou Yvette Guilbert s'y sont produits.
Avec la Première Guerre Mondiale vint la première vague des destructions et reconversions de théâtres parisiens et la Scala devient en 1915 un théâtre de boulevard où sont repris tous les succès de Feydeau, poursuit-il.
Avec l'apparition du cinéma parlant dans les années 30, le théâtre se reconvertit et diffuse des films français et américains en exclusivité.
Dans les années '70, quand le cœur économique de Paris s'est déplacé et que le quartier d'affaires a périclité, la Scala devient le premier multiplexe pornographique avec cinq salles, 800 fauteuils, attirant dès lors prostitution et drogue.
En 1999, la plus grande église baptiste brésilienne, l'Eglise universelle du royaume de Dieu l'achète mais jette l'éponge quand la Scala est finalement classée lieu de culture.

Fermé jusqu'en 2016, il est alors racheté par Frédéric et Mélanie Biessy (à la tête d'un fonds d'investissement lucratif de 3,8 millions d'euros) qui se lance dans l'aventure.
Le metteur en scène Thomas Jolly, Le Balcon, Bertrand Chamayou, Les Cris de Paris, Robert Negro et Emile Parisien, le jongleur et acrobate Yoann Bourgeois la dramaturge Yasmina Reza figurent parmi les artistes au rendez-vous pour cette première saison qui débutera le 11 septembre 2018.

 

Mikis Theodorakis honoré à Salzbourg

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Le compositeur grec Mikis Theodorakis est désormais Docteur Honoris Causa de l'Université de Salzbourg. Mise à l'honneur de sa musique intemporelle et son engagement en faveur des droits de l'homme.

Mikis Theodorakis est né en 1925 sur l'île grecque de Chios.
Pendant l'occupation de la Grèce, il a rejoint la résistance contre l'Allemagne, l'Italie et la Bulgarie. En 1944, il a pris part à la bataille d'Athènes contre les Britanniques, ce qui a conduit à son arrestation en tant qu'opposant au régime en 1947. Après deux ans de prison, il est diplômé du Conservatoire d'Athènes.
En 1954, il émigre à Paris où il termine ses études.
En 1967, il s'oppose à la nouvelle dictature en Grèce et il est à nouveau arrêté et torturé. En 1970, Jean-Jacques Servan-Schreiber réussit à persuader le gouvernement grec d'exiler Theodorakis.
A la fin de la dictature, il a été célébré par les Grecs comme un héros.
En 1983, il a reçu le Prix Lénine pour la paix. Avant Salzbourg, il a été honoré par les universités de Montréal, Thessalonique, Volos, Tel Aviv et Istanbul.
La musique du film Zorba le Grec est l'une de ses œuvres les plus célèbres mais on lui doit aussi des symphonies, des cantates, des ballets et des opéras... sans oublier ses chants de rébellion contre la dictature des colonels.