Le Journal

Les risques du métier...

par

Le violoncelliste français Gautier Capuçon est contraint d'annuler tous ses concerts au cours des deux mois à venir du fait d'une douleur à l'épaule.
Au Verbier Festival, on apprend qu'il sera remplacé par Patrick Demenga, Clemens Hagen et Frans Helmerson.

Chaises musicales

par

Kirill Karabits quittera son poste  Generalmusikdirektor à Weimar l'année prochaine. Son contrat n'a pas été renouvelé.

Quant à Vasily Petrenko, il quittera en 2020 l'Orchestre Philharmonique d'Oslo qu'il aura dirigé pendant  sept ans.

Le Domino Noir est récompensé

par

A l'Opéra Royal de Wallonie, un des grands moments de la saison fut sans conteste, en février dernier, la redécouverte du Domino Noir d’Auber, une co-production avec l’Opéra Comique qui a remporté un beau succès tant à Liège qu'à Paris.
Le Domino Noir a reçu aujourd'hui à Paris le Grand prix du meilleur spectacle lyrique de l’année décerné par l’Association professionnelle de la critique de théâtre, musique et danse.

 

Un nouveau record à Leipzig

par

Le Festival Bach de Leipzig peut se féliciter d'un nouveau succès : le record de visiteurs établi l'année dernière a été battu avec près de 80 000 invités de 40 pays différents.
Au total, 161 événements ont eu lieu, pour lesquels environ 3 000 artistes sont venus à Leipzig, dont 40 chorales et 45 orchestres.
Ces chiffres sont dus, en partie, à la Première du Cantata Ring : 30 cantates sacrées de Bach en 48 heures avec des interprètes tels John Eliot Gardiner, Masaaki Suzuki, Ton Koopman et Hans-Christoph Rademann.

Le Festival Bach de Leipzig a eu lieu pour la première fois en 1908, à l'initiative de la New Bach Society fondée en 1900. Depuis 1999, il est organisé chaque année par les Archives Bach de Leipzig pour le compte de la ville.
L'année prochaine, le festival aura pour devise Hof-Compositeur Bach.

 

Aristophil encore...

par

La première version de Scena con Rondo, une scène du dernier acte des Nozze di Figaro (Mozart) ainsi qu'un fragment d'une sérénade de jeunesse composée à Vienne en juillet-août 1773 seront vendues aux enchères par la maison Ader Nordmann ce 20 juin à Paris.
On apprend sans surprise que ces manuscrits font partie, eux aussi, des milliers de pièces saisies chez Aristophil, la société française au coeur d'une vaste escroquerie aux dépens d'épargnants de plusieurs pays dont le président fondateur, Gérard Lhéritier, a été mis en examen en 2015 pour escroquerie en bande organisée et pratique commerciale trompeuse.

 

Créée en 2003, la société Aristophil avait proposé à quelque 18.000 particuliers d'investir leurs économies dans de prestigieux manuscrits qui se sont révélés largement surpayés par rapport aux prix du marché. Les victimes de cette escroquerie -parmi eux, de nombreux Belges- attendent maintenant depuis plusieurs années la mise en vente de la collection dont les premières pièces (des manuscrits du Général de Gaulle, un brouillon du Petit prince,...) ont commencé à être dispersées en décembre 2017.

 

RIP Gennady Rozhdestvensky

par

Nous venons d'apprendre le décès, ce jour, du chef russe Gennady Rozhdestvensky.

Né à Moscou en 1931, il était le fils du chef d'orchestre et pédagogue Nikolai Anosov et de la soprano Natalya Rozhdestvenskaya. Il a adopté le nom de jeune fille de sa mère sous sa forme masculine pour sa carrière professionnelle afin d'éviter les soupçons de népotisme.

Il a étudié la direction d'orchestre avec son père au Conservatoire de Moscou et le piano avec Lev Oborin. A 20 ans, encore étudiant au Conservatoire, Gennady Rozhdestvensky est engagé au Théâtre Bolchoï où il fait ses débuts en dirigeant La Belle au Bois dormant de Tchaïkovski. Sa relation avec le Bolchoï allait s'inscrire dans la durée : il en devient le chef principal de 1964 à 1970 et, en 2000, le chef en titre. Il y dirigera plus de trente opéras et ballets, assurera la première mondiale du ballet Spartacus de Khatchaturian et la première russe du Songe d'une Nuit d'Eté de Britten. A partir de 1956, il tournera avec le ballet du Bolchoï dans de nombreux pays d'Europe, d'Asie et d'Amérique.

Pendant de nombreuses années, Gennady Rozhdestvensky a dirigé l'Orchestre Symphonique de la radio de Moscou et il est aussi le premier chef soviétique à occuper le poste de chef principal d'orchestres étrangers tels le BBC Symphony Orchestra à Londres, le Wiener Symphoniker et le Royal Stockholm Philharmonic Orchestra.
Il a dirigé les plus grands orchestres : le Berliner Philharmoniker, le Royal Concertgebouw Orchestra, le Boston Symphony Orchestra, le Chicago Symphony Orchestra, le Cleveland Orchestra, l'Israel Philharmonic Orchestra, le London Symphony Orchestra, le Yomiuri Nippon Orchestra, le Konzerthausorchester à Berlin, l'Orchestre de Paris, l'Orchestre du Teatro dell'Opera di Roma, l'Orchestre Symphonique national estonien, l'Orchestre Symphonique de Varsovie, l'Orchestre Philharmonique de Leningrad, l'Orchestre Philharmonique tchèque, l'Orchestre Symphonique National danois.... tandis qu'à l'opéra, on le retrouve au Royal Opera House Covent Garden (Boris Godunov, The Golden Cockrell et The Nutcracker), à l'Opéra de Paris (The Queen of Spades), à La Scala (The Legend of Tsar Saltan de Rimsky-Korsakov et Der fliegende Holländer),...

Gennady Rozhdestvensky a créé de nombreuses œuvres de compositeurs soviétiques dont Le soleil des Incas d'Edison Denisov (1964), et il a assuré la première occidentale de la Quatrième Symphonie de Dmitri Chostakovitch au Festival d'Edimbourg en 1962.
En 2001, il dirigeait la première mondiale de la version originale de The Gambler de Prokofiev au Bolchoï mais il démissionne peu après pour cause de "désertion des chanteurs, problèmes de production et hostilité de la presse moscovite".
Il a participé à des dizaines de premières mondiales : œuvres nouvelles ou redécouvertes -dont certaines lui ont été dédiées- pièces de Prokofiev, Chostakovitch, John Tavener, Alfred Schnittke, Rodion Shchedrin,...
Dans les années '70, il a dirigé aussi l'Opéra de Chambre de Moscou, y ressuscitant Le Nez, l'opéra "perdu" de Chostakovitch, et y dirigeant The Rake's Progress.

Sa discographie prolifique révèle sa curiosité insatiable et fait de lui l'un des chefs d'orchestre les plus enregistrés de tous les temps. Son catalogue comporte quelque 800 œuvres différentes.

En 1982, il avait créé le nouvel Orchestre du Ministère de la Culture de l'URSS avec lequel il avait donné des centaines de concerts en Russie et à l'étranger et enregistré plus de 200 œuvres, dont les intégrales des symphonies de Chostakovitch, Prokofiev, Glazunov, Bruckner, Alfred Schnittke et Arthur Honegger, ainsi qu'un grand nombre d'œuvres de E. Denisov et Sofia Gubaidulina.

En 1969, il avait épousé la pianiste Viktoria Postnikova.

Gennady Rozhdestvensky nous a quitté. Le monde musical a perdu un grand chef d'orchestre polyvalent, un musicien très cultivé, un esprit clair et exigeant, un style d'interprétation dosant subtilement logique, intuition et spontanéité.

 

La médaille Goethe pour Peter Eötvös

par

Cette année, le compositeur et chef d'orchestre Peter Eötvös recevra la médaille Goethe avec trois autres lauréats : la militante brésilienne des droits de l'homme Claudia Andujar et les metteurs en scène Heidi et Rolf Aberhalden du collectif colombien Mapa Teatrode. Pour le Goethe-Institut, Peter Eötvös a promu et façonné une culture musicale européenne commune après la guerre froide et la chute du mur de Berlin.

Peter Eötvös est né en 1944 à Odorheiu Secuiesc, anciennement partie de la Hongrie, aujourd'hui partie de la Roumanie. De 1958 à 1965, il étudie à l'Académie de musique de Budapest puis s'installe à Cologne pour y étudier la direction d'orchestre.
De 1968 et 1976, il est membre de l'Ensemble Karlheinz Stockhausen et de 1971 à 1979, il travaille à la WDR Köln. En 1991, il retourne en Hongrie et fonde l'Institut Eötvös à Budapest puis il va enseigner à la Musikhochschule de Karlsruhe.
Eötvös collabore régulièrement avec les orchestres philharmoniques de Berlin, Munich et Vienne et il a dirigé à Londres, Lyon, Bruxelles, Madrid, Paris...
De 1994 à 2004, il est chef principal de l'Orchestre de chambre de la radio de Hilversum. Il a déjà été honoré de nombreux prix.

 

Jonathan Swensen s'impose à Erevan

par

Le violoncelliste danois Jonathan Swensen (21 ans), disciple de Torleif Thedéen en Norvège, s'est vu attribuer le 1er Prix du 14e Concours International de Violoncelle Khachaturian à Erevan (Arménie). Le Prix est doté de 15 000 $ US et de concerts importants.

Le 2e Prix va au Russe Fedor Amosov et le 3e Prix a été attribué conjointement à Chi-Wong Hong (Corée du Sud) et Rustem Khamidullin (Russie).

Le jury était composé de Suren Bagratuni (Président), Lee Yi Yang, Meehae Rhyo, Sergei Roldugin, Stefan Kropfitsch, Viktor Uzur et Ling-Yi Ou Yang.

Prix Liliane Bettencourt 2018

par

Le Prix Liliane Bettencourt pour le chant choral (en partenariat avec l’Académie des Beaux-Arts) s'adresse aux chœurs qui font la renommée de l’art choral français.
Après les maîtrises et chœurs d’enfants en 2017, l’édition 2018 était consacrée aux chœurs professionnels.
Le jury présidé par Thierry Escaich et composé de Gilbert Amy, Laurent Bayle, Edith Canat de Chizy, Gilles Cantagrel, Laurence Equilbey, Sofi Jeannin et Fayçal Karoui a attribué le Prix 2018 à l'ensemble Les Métaboles, ensemble mixte de jeunes chanteurs fondé en 2010 et dirigé par Léo Warynski, qui investit le répertoire contemporain pour chœur a capella.
Il sera en résidence à la Fondation Royaumont dès 2019 pour une durée de trois ans.

 

 

Le public de la Philharmonie de Paris

par

La Philharmonie de Paris dispose enfin des résultats d’une étude menée par le Ministère de la Culture et le département des études, de la prospective et des statistiques (Deps) qui a recueilli les données de 38 185 spectateurs âgés de 15 ans et plus de septembre 2016 à août 2017.
La moyenne d'âge du public adulte est de 47,9 ans, tous types de concerts confondus, conforme à l’âge moyen des Français.
L’âge moyen des spectateurs des concerts de musique classique est lui de 51,3 ans, bien inférieur aux 57,7 ans de l'étude de 2013-14 sur les publics des orchestres en France. Et les spectateurs des concerts non classiques (jazz, musiques actuelles, musiques du monde) affichent un âge moyen de 42,7 ans.

La diversité de la provenance géographique des spectateurs :
- 48% habitent Paris, principalement dans le nord-est où est implantée la Philharmonie,
- 37% viennent de la région Ile-de-France (principalement Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis).
Malgré les craintes entendues avant l’inauguration de la Philharmonie, il y a bien eu un report du public de l’ouest (Pleyel, La Villette) vers l’est de Paris, analyse Loup Wolff, chef du Deps.

Parmi les 38 185 visiteurs interrogés, 30% ont déclaré venir pour la première fois. Un chiffre qui grimpe à 55% quand il s’agit d’une exposition ou du Musée de la musique. Cela confirme que le projet bâti pour la Philharmonie est le bon, explique Laurent Bayle. Il ne faut pas laisser le classique tout seul. C’est la multitude d’activités proposées autour du concert qui attire le nouveau public (expositions, Musée de la musique, ateliers éducatifs...

On constate une surreprésentation de visiteurs diplômés : 65% des personnes interrogés ont un niveau bac +4 au minimum,  une catégorie qui ne représente que 21% de la population d’Ile-de-France et 11% de la population française.
Mais, pour Laurent Bayle, lorsqu’on pratique une ouverture, ce sont les catégories déjà habituées à fréquenter les établissements culturels qui répondent en premier.

Il ajoute par ailleurs que cette étude ne prend en compte que les visiteurs âgés de 15 ans et plus. Il y a 300 000 enfants qui ne sont pas comptabilisés et qui constitueront une partie des publics de demain. Une Philharmonie des enfants devrait d’ailleurs voir le jour en 2020-21 : un espace de 1 000 m2 qui devrait accueillir jusqu’à 250 000 enfants par an.