Les 4 finalistes du Concours International de violon IsangYun 2017 de Tongyeong (Corée du Sud) sont :
- Nigel Armstrong (États-Unis)
- Ji Won Song (Corée du Sud)
- Eimi Wakui (Japon)
- Nancy Zhou (États-Unis)
Le jury est composé cette année de Michael Haefliger (Président), Pierre Amoyal, Ju-Young Baek, Pavel Berman, Ida Kavafian, Boris Kuschnir, Kyoko Takezawa, Gerhard Schulz et Vera Tsu Wei-Ling.
Le Premier Prix reçoit un montant de 30 000 000 KRW (22.500 Euros).
Le Concours est organisé depuis 2003 par la Fondation Internationale de Musique de Tongyeong, en hommage au compositeur coréen Isang Yun (1917-1995).
Né à Sancheong (aujourd'hui en Corée du Sud) en 1917, Isang Yun s'intéresse tôt à la musique et commence à l'étudier en 1933. Au milieu des années 1930, il rejoint l'Osaka College of Music puis, en 1938, il va travailler avec Tomojiro Ikenouchi à Tokyo.
Quand le Japon s'engage dans la Seconde Guerre mondiale, il retourne en Corée, prend part au mouvement indépendantiste coréen et sera emprisonné par les Japonais en 1943.
Après la guerre, il s'engage dans l'aide sociale, crée un orphelinat pour les orphelins de guerre et enseigne la musique à Tongyeong et à Busan. Après l'armistice qui met fin à la guerre de Corée (1953), il commence à enseigner à l'Université Nationale de Séoul. En 1955, il reçoit le Seoul Culture Award et part dès l'année suivante poursuivre sa formation en Europe : à Paris (1956-57), il étudie la composition avec Tony Aubin et Pierre Revel ; à Berlin-Ouest (1957-59), il travaille avec Boris Blacher, Josef Rufer et Reinhard Schwarz-Schilling. En '58, on le retrouve aux cours d'été de musique contemporaine de Darmstadt et il débute sa carrière en Europe. La première de son oratorio Om mani padme hum (Hanovre, 1965) et celle de Réak (Donaueschingen, 1966) lui confèrent une renommée internationale. Avec Réak, il introduit l'idée sonore de la musique cérémoniale sino-coréenne et des imitations du saenghwang (coréen), du sheng (chinois) ou du shō (japonais) dans la musique d'avant-garde occidentale.
A partir d'octobre 1959, Isang Yun vit en Allemagne : Krefeld, Fribourg-en-Brisgau et Cologne (Cologne) avant de s'établir à Berlin-Ouest en 1964 grâce à une bourse de la Fondation Ford. Mais en raison d'une visite en Corée du Nord en 1963, il est enlevé par les services secrets sud-coréens le 17 juin 1967 et emmené à Séoul. Prison, torture et condamnation à la réclusion à perpétuité. Une pétition internationale initiée par Guenter Freudenberg et Francis Travis est alors adressée au gouvernement sud-coréen, signée par 200 artistes parmi lesquels on compte Igor Stravinsky, Herbert von Karajan, Luigi Dallapiccola, Hans Werner Henze, Heinz Holliger, Mauricio Kagel, Joseph Keilberth, Otto Klemperer, György Ligeti, Arne Mellnäs, Per Nørgård, Karlheinz Stockhausen et Bernd Alois Zimmermann. Libéré le 23 février 1969, Isang Yun retourne à Berlin-Ouest le mois suivant. En 1971, il obtient la nationalité allemande. Il ne retournera jamais en Corée du Sud mais à partir de 1973, il milite pour la démocratisation de la Corée du Sud et la réunification du pays.
Yun enseigne la composition à la Hochschule für Musik, au Theater und Medien Hannover (1969-71) et à la Hochschule der Künste à Berlin-Ouest (1977-85). Au nombre de ses étudiants, Kazuhisa Akita, Jolyon Brettingham Smith, In-Chan Choe, Conrado del Rosario, Raymond Deane, Francisco F. Feliciano, Masanori Fujita, Keith Gifford, Holger Groschopp, Toshio Hosokawa, Sukhi Kang, Chung-Gil Kim, Wolfgang Klingt , Erwin Koch-Raphaël, Isao Matsushita, Masahiro Miwa, Hwang-Long Pan, Martin Christoph Redel, Byong-Dong Paik, Bernfried Pröve, Takehito Shimazu, Minako Tanahashi, Masaru Tanaka, Michail Travlos, Jürgen Voigt.
Après 1979, Isang Yun retournera à plusieurs reprises en Corée du Nord pour y présenter les nouvelles techniques de composition occidentales et ses propres oeuvres. En 1982 a lieu à Pyongyang (Corée du Nord) son premier festival et, en 1984, l'Institut de Musique Isang Yun y ouvre ses portes. Un ensemble y est fondé sous son nom et il développe le projet d'un concert réunissant des musiciens des deux Corée(s) à Panmumjom, mais cette tentative échouera en 1988.
Deux concerts concerts seront consacrés à ses œuvres à Séoul (1982) avec pour interprètes Heinz Holliger, Ursula Holliger et Francis Travis, puis Roswitha Staege et Hans Zender. Invité en 1994 à assister à un festival dédié à sa musique en Corée du Sud, il ne pourra pas faire le voyage du fait de conflits internes et externes et la Corée du Sud exigera de lui une confession écrite de repentance qu'il refusera de produire.
Ysang Yun décédera à Berlin le 3 novembre 1995 d'une pneumonie à Berlin.
La Société Internationale Isang Yun y sera fondée en février 1996.