Le Journal

Tous malades...

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Dure fin de saison pour les chefs !
Après Yannick Nézet-Séguin à Berlin, c'est Kirill Petrenko qui vient d'annuler ses concerts avec l'Orchestre du  Concertgebouw d'Amsterdam les 14, 15 et 16 juin pour des raisons de santé. Il sera remplacé par Cristian Macelaru.
Et puis le Bayerischer Rundfunk a annoncé que Gustavo Dudamel, qui devait diriger les 15 et 16 juin à la Herkulessaal de Munich, a aussi dû annuler pour cause de maladie. Là, c'est Juanjo Mena qui prendra la baguette.
Un peu plus tard, la Philharmonie Luxembourg annonçait à son tour que, malade, le chef vénézuélien Rafael Payare était contraint d'annuler une série de concerts dont celui du 16 juin en ses murs et qu'il sera remplacé par Dmitry Liss.
Ce n'est pas tout : après Munich, Gustavo Dudamel ne viendra pas à Luxembourg non plus. Il devait diriger l'Orchestre de Bavière le 17 juin et, là aussi, on peut compter sur Juanjo Mena.
A suivre ?
Oui ! On vient d'apprendre que Michael Tilson Thomas ne dirigera pas la tournée finlandaise de l'Orchestre Symphonique de Londres. C'est Dima Slobodeniouk qui le remplacera ce 13 juin.
Et le Royal Liverpool Philharmonic Orchestra annonce de son côté que le chef tchèque Juraj Valcuha est malade, lui aussi, et ne pourra pas diriger le concert du 15 juin. Marzena Diakun prendra sa place.

Ouverture d'une enquête à Rouen

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Des incidents se sont déroulés vendredi, juste avant le début de la représentation de La Bohème au Théâtre des Arts de Rouen. Quelques minutes avant le début du spectacle, plusieurs individus (entre 3 et 6) qui étaient entrés avec des billets réguliers et portant des masques de chat ont jeté depuis le balcon des tracts signés du collectif Sauvage comme Jacqueline, et accusant le metteur en scène, Laurent Laffargue de viol : Laurent Laffargue, metteur en scène de La Bohème a violé notre amie. Il en a agressé d’autres (…) Nous aimons l’opéra, mais nous l’attaquons quand il protège en son sein des violeurs (…) Nous abattrons les murs du privé tant que ces crimes se perpétueront dans l’indifférence.
Laurent Bondi, le secrétaire général-adjoint de l’Opéra était présent dans la salle.

Les protestataires ont ensuite pris la fuite après avoir déclenché deux alarmes, ce qui a provoqué l’évacuation du public: les spectateurs ont dû patienter sur l’esplanade du Théâtre des Arts avant de pouvoir regagner la salle et assister à la représentation qui a débuté avec une heure de retard.
L’Opéra a décidé de porter plainte : Une évacuation de tant de personnes, c’est toujours potentiellement dangereux et nous sommes en période d’état d’urgence, explique Laurent Bondi.

Une enquête a dès lors été ouverte par le parquet de Rouen portant notamment sur l’entrave à la manifestation artistique précise Pascal Prache, le Procureur de la République qui ajoute qu’il n’y a « pas eu d’interpellations. »

Joint par France 3 Normandie, Frédéric Roels, le Directeur de l’Opéra, confirme avoir été averti par ses équipes d’un comportement déplacé de Laurent Laffargue, tard en soirée, vis-à-vis d’une personne de la production et il précise qu'il est intervenu pour que le metteur en scène ne soit plus en contact avec cette personne.
Laurent Laffargue a quitté Rouen en début de semaine.

Klaus Peter Flor à Milan

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Le successeur de Xian Zhang à la tête de l'Orchestre Symphonique La Verdi (Milan) a été désigné : il s'agit de Klaus Peter Flor.

Fondé en 1993 par Vladimir Delman, l'Orchestre La Verdi eut Ricardo Chailly pour directeur musical de 1999 à 2005, compte Wayne Marshall et Helmut Rilling parmi ses principaux chefs invités et Rudolph Barchaï en fut très proche durant de nombreuses années tandis que Radovan Vlatkovic (corniste) et Simone Pedroni (pianiste) furent nommés Artistes en Résidence, sans oublier le travail accompli avec John Axelrod.
En choisissant Xian Zhang pour directeur musical après Ricardo Chailly, La Verdi lui permit de devenir la première femme à occuper ce poste dans un orchestre symphonique italien.

Xian Zhang continue de diriger l'Orchestre symphonique de New Jersey et est l'invitée principale de l'Orchestre National de la BBC au Pays de Galles.

Palmarès du Concours van Cliburn

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Les résultats ont été annoncés hier soir.
Le 1er Prix va à Yekwon Sunwoo (28 ans, de Corée du Sud).
Les 2e et le 3e Prix ont été décernés aux Américains  Kenneth Broberg (23 ans) et Daniel Hsu (19 ans).
Le Prix du Public attribué les auditeurs en direct, ou via le site du Concours ou encore sur Medici.tv est allé à la seule femme qui participait à l'épreuve finale, Rachel Cheung (26 ans, Hong Kong).

A Madrid, Lova fête ses 10 ans

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A Madrid, le Teatro Real célèbre le 10e anniversaire du Projet Lova - L'Opéra, un véhicule d'apprentissage, une initiative qui, en 2006-07, engageait la participation de trois écoles publiques et qui, en 10 ans, a mobilisé plus de 7000 étudiants de quinze communautés autonomes. Des élèves et étudiants qui ont participé à la production de plus de 250 opéras.

Ce projet né en 2006 de l'initiative de Mary Ruth McGinn, elle-même enseignante, est basé sur une réalisation à Seattle dans les années 70, puis reprise par l'Opéra de Washington. Chacun des enfants -entre 5 et 16 ans- intervient activement dans le travail de librettiste, compositeur, scénographe, technicien d'éclairage, menuisier, attaché de presse... Il s'agit donc de travailler ensemble, dans la durée, pour atteindre l'objectif : créer, produire et mettre en scène ce travail qu'ils ont eux-mêmes créé.

Lova ne vise pas "un beau produit", c'est une tâche purement éducative à laquelle participent tous les élèves d'une classe, rappelle Joan Batabosch, le Directeur artistique du Real.

Pour Pedro Sarmiento, qui coordonne le projet, cette initiative est une expérience de travail de groupe et de gestions des émotions pour arriver, ensemble, à réaliser quelque chose et dont les résultats principaux sont la confiance et le respect.

Les apprentissages spécifiques sont assurés en même temps que le développement de la personne, sa pensée critique,... les étudiants apprennent les contenus du programme, mais d'une manière plus ludique rassure Patricia Jimenez qui, en 2007 et 2008, a participé au projet .

Sceptique comme de nombreux parents aux débuts du projet, Pilar Camacho est la mère d'un participant et désormais elle y met elle-même la main à la pâte : les enfants mûrissent beaucoup plus vite. Lova, c'est comme la vie : ils doivent tout faire, trouver leur emploi, le financement, faire avancer un projet ... tout seuls.

Pour célébrer cet anniversaire, le Théâtre Royal offrira ce dimanche un spectacle (fermé au public) avec de nombreuses propositions amusantes pour les jeunes et la participation de la soprano Sara Blanca, de l'acteur et metteur en scène Paco Mir, du dramaturge Juan Mayorga et du journaliste Rubén Amón.

La culture, poids lourd de l’économie genevoise

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Nos collègues de la Tribune de Genève "décodaient" hier les résultats de la première étude approfondie permettant de chiffrer les bénéfices engendrés par les activités créatives et culturelles dans le canton. En voici l'essentiel.

" Cette analyse quantitative du poids de l’économie créative et culturelle (ECC) à Genève a été menée par José Ramirez, professeur d’économie d’entreprise à la Haute Ecole de gestion, sur mandat conjoint de la Ville et du Canton, à travers, respectivement, le Département de la culture et du sport (DCS) et le Département de l’instruction publique, de la culture et du sport (DIP).

Les résultats confirment un fait déjà établi dans d’autres villes suisses et européennes, et dont beaucoup, à Genève, avaient l’intuition: la culture occupe une place prépondérante dans l’économie du canton. Que ce soit en termes d’emplois ou de valeur ajoutée -soit la différence entre le chiffre d’affaires et les achats nécessaires pour réaliser l’activité- le secteur s’inscrit en deuxième position, derrière la finance mais devant l’horlogerie ou la construction. Avec presque 4,6 milliards de francs de valeur ajoutée et plus de 6% des emplois dans le canton, il s’agit d’un secteur majeur de l’économie genevoise.

Grâce à cette démonstration quantifiée, voilà un outil précieux en matière de politique publique. Elle prouve l’importance des soutiens publics comme facteur de dynamisme en général et pour l’aide à l’entrée sur un marché en particulier, comme celui du livre ou du cinéma. Elle contribuera également à déterminer ce qui encourage ou, au contraire, freine le secteur. On sait par exemple qu’un des tout premiers moteurs, ce sont les locaux à prix abordable pour des artistes ou des personnes actives dans l’innovation. L’ECC comprend en effet une foule d’indépendants et de micro-entreprises.

Ce dernier élément ressort d’ailleurs clairement de l’examen du professeur Ramirez : davantage qu’ailleurs, les processus de production dans l’ECC sont principalement réalisés dans des entités de petite taille (associations, fondations, sociétés anonymes ou autres), comptant moins de 10 employés, pour beaucoup à temps partiel. La cohabitation de ces modestes organismes avec de plus grandes structures fait la preuve de l’impressionnante diversité du paysage culturel genevois, lequel est loin de s’inscrire uniquement dans le secteur subventionné: à côté des musées ou des théâtres, dont l’existence dépend essentiellement des contributions publiques, quantité d’architectes, de bijoutiers ou de designers pourvoient à la richesse du canton. Toutes les formes de créativité y sont représentées, et ce de manière professionnelle. Une créativité qui s’exprime bien sûr dans les arts, mais aussi dans la presse, l’enseignement, l’industrie du jeu, la préservation du patrimoine ou les agences de brevets.

Enfin, particularité de ce secteur en pleine expansion entre 2011 et 2014, le nombre d’emplois associés à la culture à Genève a augmenté de 2,9% contre 1,6% pour le reste de l’économie. Certains biens et services culturels génèrent ainsi des externalités positives, autrement dit un agrément dont on profite sans en avoir payé le coût, qui contribue au bien-être global, à la qualité du lien social et même à la santé de la population.

Reste maintenant à valoriser le contenu de cette étude qui a identifié un nouvel acteur dans le paysage économique genevois. Il faut décloisonner, mettre en commun les ressources de ce puzzle fort étoffé mais encore très segmenté, ouvrir le dialogue avec les instances économiques, faire reconnaître cette richesse et ce poids par le secteur créatif et culturel lui-même.

La culture en trois cercles et treize domaines
L’économie créative et culturelle n’est pas une notion standard. Elle englobe une large palette d’activités, qui varie selon les études et rend de ce fait délicate leur comparaison. L’analyse du professeur Ramirez a défini un champ propre à Genève, en prenant en compte les définitions de l’Office Fédéral de la culture et de l’Ocstat, ainsi que le champ d’intervention des pouvoirs publics genevois, à l’aide du répertoire des entreprises du canton. Le chercheur a organisé son cadre statistique autour de 13 domaines d’activité et de trois "cercles concentriques". Les premiers incluent musique, livres, arts plastiques, film/TV/radio, arts vivants, design/photographie/publicité, architecture, industrie du jeu et software, artisanat, presse, enseignement et formation, préservation et administration publique, divers autres (notamment organisation de congrès ou agences de brevets). Les trois cercles symbolisent les fonctions de l’ECC: au cœur réside la production artistique brute, comme le dessin, la danse et l’édition de livres; le deuxième cercle regroupe la diffusion et la commercialisation de ces biens, comme le commerce d’œuvres d’art, les services de réservation de tickets ou les ventes de journaux; la couronne extérieure comprend la gestion, l’administration et la formation, soit par exemple l’organisation de salons, les hautes écoles spécialisées ou la gestion des bibliothèques. Il est à noter que seuls la presse et les arts vivants s’inscrivent dans les trois cercles. En outre, le domaine «divers autres» est celui qui a le plus de poids, notamment en matière d’emploi."

La Ministre Françoise Nyssen s'entoure de compétences

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En France, Claire Guillemain rejoint le cabinet de Françoise Nyssen au Ministère de la Culture, en qualité de conseillère spectacle vivant. Elle aura en charge les dossiers du théâtre, de la danse, de la musique mais aussi toute le champ social, notamment le suivi de l’accord sur l’intermittence. Claire Guillemain a une formation musicale et travaille depuis vingt ans dans le secteur.
Elle était jusqu’ici Directrice Générale de l’Orchestre National de Lorraine et de Metz en Scènes. Auparavant, elle avait  occupé les fonctions de directrice déléguée de l’ensemble musical La Simphonie du Marais (direction Hugo Reyne) avant d’être déléguée générale du syndicat PROFEDIM depuis 2009. Elle a aussi été Présidente de la Fédération des Entreprises du Spectacle vivant, de la Musique, de l’Audiovisuel et du Cinéma (FESAC) qui regroupe 32 organisations professionnelles dans 9 champs conventionnels du spectacle vivant et enregistré.
Elle a reçu cette année les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur et les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres.

En savoir plus sur http://www.sceneweb.fr/claire-guillemain-sera-conseillere-spectacle-vivant-de-francoise-nyssen-ministere-de-culture/#YVisMBz3KUeO7P3H.99

Les Proms à Paris ?

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La Philharmonie de Paris clôturera ce soir sa saison sur une note originale.
Après l’Ouverture des Noces de Figaro (Mozart) et la Symphonie n°4 de Beethoven, Thomas Hengelbrock et l'Orchestre de Paris proposeront un programme invitant le public à la danse : l’Ouverture de la Chauve-Souris (Strauss) et des airs de l’Orphée aux enfers (Offenbach).
La Philharmonie souhaite ainsi transposer à Paris l’atmosphère des Proms de Londres.
Pour la circonstance, la salle sera configurée spécialement, avec 800 places debout.

Stéphane Denève s'envole

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L'Orchestre Symphonique de Saint-Louis a annoncé hier la nomination de son nouveau chef (le 13e de son histoire) qui succèdera à David Robertson.
Il s'agit du Français Stéphane Denève (45 ans), déjà fréquemment invité là-bas depuis 2003. Le contrat de trois ans débute avec la saison 2019-20.
Avec le Brussels Philharmonic qu'il dirige actuellement, Stéphane Denève s'impose encore dans les plus récents souvenirs puisqu'ils ont accompagné les Finalistes du Concours Reine Elisabeth la semaine dernière.
Principal chef invité chef invité de l'Orchestre de Philadelphie et directeur du Centre for Future Orpertral Repertoire (CffOR), Stéphane Denève a dirigé précédemment le Royal Scottish National Orchestra (2005-12) et l'Orchestre symphonique de la radio de Stuttgart/SWR (2011-16).

Un héros local à Londres

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Cette année, le récipiendaire du Prix national de Héros inconnu organise des voyages à l'opéra pour les jeunes locaux.
Anthony Garner aura 70 ans au moment de la remise des Housing Heroes à Londres.

Quand il s'est rendu compte que les jeunes qu'il croisait osaient rarement se risquer au-delà de leur quartier malgré tout ce qu'offre Londres, Anthony Garner a décidé de "faire quelque chose" pour leur ouvrir de nouvelles perspectives culturelles.
Il s'est d'abord tourné vers des entreprises locales pour le parrainage puis il a contacté le Royal Opera House et l'a persuadé d'offrir des billets à tarifs réduits pour "ses" jeunes et leurs parents.
Depuis lors, Anthony Garner a obtenu un financement pour ses programmes de visites, y compris aux Kew Gardens, Tate Modern et London Zoo.

Je voulais les emmener vers un autre horizon culturel et voir s'ils en tireraient davantage de fierté.[...] Kew Gardens est mon meilleur souvenir : à mesure que le jour passait, je les voyais sourire parce qu'ils avaient découvert des choses qu'ils n'avaient jamais vues auparavant
. [...] Il y a 25 à 30 endroits où j'aimerais organiser des visites, y compris le Musée des sciences et le Musée Victoria et Albert.
Vous habitez bien plus d'endroits que celui où vous êtes domicilié. Avec eux, votre monde se développe et vous vous rendez compte que vous vivez dans un environnement incroyable.