Le Journal

Alexander Liebrech pour succéder à Brigitte Fassbaender

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C'est le chef Alexander Liebreich qui, dès l'automne, va succéder à Brigitte Fassbaender à la direction artistique du Festival Richard Strauss à Garmisch-Partenkirchen

Né à Ratisbonne en 1968, Alexander Liebreich a fondé le Chœur de Chambre de Regensburg, étudié les langues romanes, la musicologie, la direction de choeur et d'orchestre à l'Université de Musique et des Arts de Munich et au Mozarteum de Salzbourg.
Après avoir emporté le Concours de direction Kirill Kondraschin (1996), il sera assistant de Sir Colin Davis et de Roberto Abbado à l'Opéra de Bavière. Il a dirigé l'Orchestre Philharmonique de la Radio à Amsterdam et a été chef invité de nombreux orchestres : l'Orchestre du Concertgebouw, l'Orchestre Symphonique de la BBC, l'Orchestre Philharmonique de Munich, l'Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin, l'Orchestre Symphonique de la NHK de Tokyo, l'Orchestre Philharmonique de Dresde, l'Orchestre Symphonique de Berlin,...
De 2006-2016, il est chef et directeur artistique de l'Orchestre de Chambre de Munich. En 2012, il prend les mêmes fonctions à l'Orchestre Symphonique National de la Radio Polonaise. De 2011 à 2014, il dirige le Tongyeong Festival International (Corée du Sud) puis, à partir de 2015, le festival de musique de Katowice Kultura Natura.
C'est en 2015 aussi qu'il est nommé professeur invité à l'Université de Musique et des Arts de Munich.

Elisabeth Chojnacka est décédée hier à Paris

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Considérée par l'ensemble de la critique internationale comme une artiste hors du commun, la plus grande interprète du clavecin moderne, elle est louée comme telle : "clavecin torride, enflammé", "énergie et passion", "rythme miraculeux", "virtuosité prodigieuse et insolente", "profonde musicalité".
Née à Varsovie en 1939, Elisabeth Chojnacka y parcourt le cycle complet des études musicales tel que pratiqué en Pologne, c'est-à-dire intégré au cursus universitaire général, et sortira « Master of Arts » de l'Ecole Supérieure de Musique de  Varsovie.
Elle part ensuite à Paris pour étudier le clavecin et le répertoire baroque auprès de la claveciniste belge Aimée van de Wiele. Elle vivra en France une grande partie de sa vie.
En 1968, elle remportait le Premier Prix au Concours de Vercelli.
Dans les mêmes années, elle découvre les quelques pièces contemporaines existantes qui éveilleront son intérêt. Désormais, elle sera l'inspiratrice d'œuvres de Górecki, Mâche, Xenakis, Ligeti, Halffter, Ferrari Jolas, Gubaidulina, Nyman, Matalon, Risset, Monnet, pour ne citer qu'eux... Elle a aussi initié un répertoire entièrement nouveau, pour le clavecin et orgue positif (avec Xavier Darasse, à partir de 1975), pour clavecin et percussion (avec Sylvio Gualda, à partir de 1981). Et elle a collaboré avec la chorégraphe Lucinda Childs (1991).
Sa discographie (chez Erato, Wergo, Auvidis Naxos, Nonsuch, Opus111, Timpani...) reflète cet éclectisme : des enregistrements de Poulenc, Ohana (Grand Prix de l'Académie Charles Cros 2003), Xénakis, mais aussi des œuvres du XVIe au XXe siècle, du ragtime et du tango.
Sa virtuosité et son insatiable soif de nouveaux répertoires font d'Elisabeth Chojnacka la digne héritière de sa compatriote Wanda Landowska : l'une des très grandes clavecinistes d'aujourd'hui, dont la carrière l'a menée des États-Unis au Japon à l'invitation des plus grands orchestres et festivals (Cleveland Philarmonia, Munich, Orchestre National de France, Suisse Romande...).
Elle menait par ailleurs une carrière de pédagogue et de conférencière ; depuis 1995, elle enseignait le clavecin contemporain au Mozarteum de Salzburg, une classe créée pour elle, ce qui constitue un événement sans précédent au monde.
Elle compte aussi parmi les membres fondateurs (1991) de l'Association des Artistes Polonais en France et elle était membre de la Société Historique et Littéraire Polonaise.
En 2009, elle a reçu le prix de l'Union des Compositeurs Polonais, ainsi que "Gloria Artis" , Medaille d'or du mérite pour la Culture.

Le CMIREB au CD, que de Premières !

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Le concours de violoncelle est, en soi, une grande première. Mais ce n'est pas tout !
Si les tout premiers enregistrements d’Oistrakh, Gilels, Kogan, Fleisher ou Ashkenazy avaient été conservés et étaient exploitables aujourd’hui, ils feraient le bonheur des collectionneurs.

C’est la raison pour laquelle, cette année, le Concours enregistre l'intégralité des épreuves, depuis les premières éliminatoires à Flagey. Nul doute qu'on en retrouvera des extraits dans le coffret annuel de 4 CD.

Et, encore une grande première, les prestations de chacun des 12 finalistes seront disponibles en CD dès le lendemain de leur passage en finale au Palais des Beaux-Arts. On y trouvera leur concerto interprété la veille avec le Brussels Philharmonic sous la direction de Stéphane Denève et une sélection de leurs prestations en demi-finale (en récital ou dans leur concerto) ainsi qu’au premier tour. Ces disques seront en vente tous les soirs au Palais des Beaux-Arts et sur le site www.cd-elisabeth.be jusqu'au 9 juin, veille de la sortie du coffret officiel.

Ce coffret officiel de 4CD sera à nouveau un collector réalisé une fois encore en un temps record (6 jours top chrono), mais toujours avec un haut niveau d’exigence technique et artistique, il fera également peau neuve dans sa présentation. Distribué par [PIAS] Harmonia Mundi, il sera disponible chez tous les disquaires et dans la plupart des points de ventes de la grande distribution dès le samedi 10 juin. Et il peut déjà être précommandé sur le site du Concours Reine Elisabeth et le site www.cd-elisabeth.be.

Et, comme les années précédentes, c'est l'équipe DeZES | LesSIX (6 étudiants « critiques » choisis par la RTBF et la VRT) qui assurera la sélection d’un des disques du coffret : leurs coups de cœur, sans aucune contrainte extérieure.

Enfin, après les premières rééditions « monographiques » de lauréats commencées en 2016 avec une sélection des prestations de Jean-Claude Vanden Eynden, Abdel Rahman El Bacha et Frank Braley lors de leurs Concours, le label muso édite cette année un coffret de 3 CD dédié au violon avec Gidon Kremer (3e Prix en 1967), Edith Volckaert (5e Prix en 1971) et Yuzuko Horigome (1er Prix en 1980), trois violonistes qui ont chacun marqué l’histoire du concours de violon à leur façon. Ce coffret historique est déjà disponible et le site www.cd-elisabeth.be propose des offres exclusives.

 

Une destinée peu commune

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Lundi dernier, la mezzo-soprano Barbara Smith Conrad est décédée à l'âge de 79 ans. Grande artiste de la scène lyrique américaine, elle s'est produite régulièrement au Metropolitan Opera et consacrait une grande partie de ses activités à l'enseignement.
Et son nom reste associé à la lutte contre les discriminations raciales aux Etats-Unis.

A 19 ans, Barbara Smith Conrad est choisie pour interpréter le rôle de Didon dans une production scolaire de Didon et Enée de Purcell à Austin (Texas). Mais après des mois de répétition et à deux semaines du début des représentations, elle en est écartée : elle est afro-américaine et son partenaire sur scène est blanc, ce qui ne passe pas auprès de plusieurs étudiants qui refusent de les voir ensemble sur scène. Joe Chapman, député démocrate, et Logan Wilson, président de l’Université, décident du spectacle pour éviter une « mauvaise publicité » à l’école, qui se prépare à voter son projet de finance. Elle reçoit des menaces téléphoniques et doit faire faire à des actes d'intimidation.  J’ai ressenti une telle souffrance, confie-t-elle en 1998, j’ai pleuré intérieurement pendant des années.
Mais les médias nationaux l'apprennent et relaient l'information. Les voix s’élèvent alors contre l’attitude de l'Université, suivies de manifestations d’étudiants, pétitions, prise de parole publique de huit législateurs et Barbara Smith Conrad devient une figure de la lutte contre la ségrégation raciale.
Harry Belafonte lui propose alors de financer ses études dans l'université de son choix. Mais elle décide de rester à l’Université du Texas et y obtient son diplôme de musique en 1959. Sa carrière l’emmène sur les scènes du monde entier, du Metropolitan Opera à l’Opéra de Vienne, de Porgy and Bess, à Rigoletto ou Carmen.
Dans les années 80, l’Université du Texas lui présentera ses excuses en créant une Bourse à son nom.

Le Concours de Cincinatti tire sa révérence

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Nous venons d'apprendre que le Concours International de piano de Cincinnati, fondé en 1956, a décidé de cesser ses activités, faute d'argent.
Une décision irrévocable puisque les procédures de dissolution sont en cours pour aboutir en juin.

Nouveau chef

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Thomas Søndergård sera à la tête du Royal Scottish National Orchestra à partir de septembre 2018. Il y succède à Peter Oundjian.

Âgé de 48 ans, Søndergård en est déjà le principal chef invité depuis 2011.
Il dirige actuellement l'Orchestre national de la BBC (Pays de Galles), qu'il quittera donc l'année prochaine.

Problème de visas

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Pour la première fois de son histoire, le Boston Early Music Festival a dû annuler un concert faute de visas. Il a introduit la demande à deux reprises mais ils ont été refusés les deux fois, sans motif.
Voici leur déclaration:
Le Boston Early Music Festival annonce avec regret que, en raison des complications de visas, Han Tol et le Boreas Quartett Bremen ne pourront pas donner leur concert programmé. Nous restons enthousiastes à l'idée de présenter ces instrumentistes dynamiques à une date ultérieure.

Les voies du ciel...

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L'orchestre des étudiants du Curtis Institute était ce week end à Londres, en route vers Salzbourg.
L'annulation de tous les vols à partir des aéroports de Heathrow et Gatwick a mis fin à leur voyage : leur concert ce lundi à Salzbourg a dû être annulé...

Quand le ciel vous tombe sur la tête

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Le Concertgebouw d'Amsterdam dû être évacué la semaine dernière alors que s'y déroulait un Danse Event : des fragments du plafond se sont effondrées sur les danseurs, interrompant la prestation de Dixon et Job Jobse pour d'évidentes raisons de sécurité.
C'est un moulage en plâtre qui cédait, au-dessus de la scène de la Grande Salle.
Il a été enlevé et, désormais, tout est en ordre selon le communiqué diffusé : On examine si le dommage est lié à l'événement. Le Concertgebouw accueille des événements de danse quelques fois par an car nous souhaitons qu'il soit accessible au plus grand nombre de personnes possible. Tous les concerts et les répétitions à venir continueront.

Une rue pour Farinelli à Madrid

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Nos collègues du mensuel espagnol Scherzo soutiennent une pétition lancée mercredi (sur change.org) à l'initiative du journaliste Jesús Ruiz Mantilla et qui réclame qu'une rue de Madrid soit dédiée à Farinelli.
Carlo Broschi, connu sous le nom Farinelli, était le castrat le plus célèbre de son temps et l'un des chanteurs les plus remarquables de l'histoire de la musique.
Il a passé 22 ans à Madrid (1737-1759), au service Felipe V et Fernando VI. Il y assure la partie musicales festivités royales mais il ne se contente pas de cela : il se consacre à l'introduction de l'opéra italien en Espagne et il y parvient merveilleusement puisque les Espagnols en sont encore friands aujourd'hui.