Si mignon… un peu décadent.
Ces paroles du futur ministre de la propagande nazie, Joseph Goebbels, à propos Siegfried, le fils unique de Richard Wagner, sont au cœur de l’exposition qui se tient jusqu’au 26 juin au Schwules Museum (Musée homosexuel) de Berlin, sous le titre Siegfried Wagner : Bayreuths Erbe aus andersfarbiger Kiste » (Siegfried Wagner : le prince héritier homo de Bayreuth).
Présentée en collaboration avec la Société internationale Siegfried Wagner, le Musée Richard Wagner de Bayreuth et le site Operalounge.de, elle retrace, à l’aide de nombreux témoignages (portraits, lettres, photos, disques et séquences filmées), l'itinéraire de l’héritier, compositeur, librettiste, chef d’orchestre et metteur en scène, au sein du clan Wagner et de la sulfureuse saga de Bayreuth.
Siegfried Wagner est né à Tribschen, près de Lucerne (Suisse), le 6 juin 1869. Fruit de l’union adultère de Wagner avec Cosima, la seconde fille de Liszt alors mariée au chef d’orchestre Hans von Bülow, il porte le nom d’un héros de l’opéra sur lequel travaillait son père à sa naissance.
Louis II de Bavière est son parrain et il est destiné au trône de Bayreuth, mais il n’en prendra la direction artistique officielle qu’en 1908, partagé entre des idées nouvelles qui lui valent l’inimitié des réactionnaires et la tradition incarnée par Cosima, laquelle veillera au grain...