Les Concertos du Concours : le 3e Concerto de Rachmaninov - Guide d'écoute

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3e Concerto pour piano op. 30 en ré mineur de Sergueï Vassilievitch Rachmaninov (1873 - 1943)
C'est à Ivanovka au sud-est de Moscou, dans la propriété de campagne de la famille, une sorte de datcha, simple, rustique, habillée de bois, que Rachmaninov composa, entre le printemps et l'automne 1909, son concerto réputé pour être le plus difficile au monde. Josef Hoffman à qui l'oeuvre était dédiée refusa de la jouer. "Ce n'est pas pour moi" disait-il. Officieusement, on peut dire que l'oeuvre est dédiée à Vladimir Horowitz. Celui-ci qui jouait toute l'oeuvre de Rachmaninov rêvait de rencontrer son idole. Lors de sa première tournée aux Etats-Unis, le rêve devint réalité. Le 8 janvier 1928,  dans les sous-sols de la Maison Steinway de New York, il joue le 3e Concerto, Rachmaninov tenant le deuxième piano. Celui-ci écrit : "Il s'est jeté sur la musique comme un tigre affamé. Avec son audace, sa bravoure, son intensité, il l'a dévoré tout cru". Médusé, il déclare au pianiste : "Cette oeuvre vous appartient".
Le 3e Concerto pour piano émanait d'une commande pour un public américain. Du fond de sa campagne, le compositeur n'était pas très chaud. Sachant combien le public d'Outre-Atlantique était féru d'éclats, il veilla à toucher sa cible. Ce qui fut fait. Une des conditions pour accepter la tournée aux Etats-Unis fut de posséder un clavier muet; et c'est durant la traversée que le compositeur-pianiste travailla le concerto. Accueil mitigé lors de sa création à New York le 28 novembre 1909 sous la direction de Walter Damrosch: ovation du public, reproche de la critique alléguant ses longueurs, ses passages à vide, les doigts brisés du pianiste. Dans la presse américaine, on peut lire : "Monsieur Rachmaninov fut rappelé plusieurs fois par le public qui insista pour qu'il rejoue, mais il leva les mains dans un geste signifiant qu'il était d'accord pour rejouer mais que c'étaient ses doigts qui ne l'étaient pas. Cela fit beaucoup rire le public qui, à ce moment-là le laissa partir".
Quelques semaines plus tard, le 16 janvier 1910, Rachmaninov le rejoua sous la direction de Gustav Mahler au Carnegie Hall. Celui-ci eut fort à faire et, connaissant les exigences du chef, les répétitions connurent des prolongations qu'apprécia le pianiste, moins les musiciens de l'orchestre. Le 3e Concerto retomba ensuite dans l'oubli, et il fallut attendre les années '30, grâce notamment à Vladimir Horowitz, pour qu'il trouve sa place au répertoire. Peut-être la difficulté de l'oeuvre rebutait-elle les pianistes ? Corroborant les propos de Arie Van Lysebeth, il est significatif de voir que, parallèlement à l'évolution de la technique du piano, le 3e Concerto de Rachmaninov, communément appelé "Rach 3", se retrouve de plus en plus dans le programme des candidats à des concours internationaux. Pour citer quelques chiffres, aucun candidat (sur 28) ne l'avait programmé au Concours Reine Elisabeth en 1952, 1,4% des candidats l'avait programmé en 1956, 8,7 % en 1972, 8,9 % en 1983 et 13 % cette année, la palme revenant toujours au 1er Tchaikovski avec 21,9 % cette année.
Le 3e Concerto fut popularisé par le film "Shine" en 1996 faisant le portrait du pianiste australien David Helfgott jouant "l'oeuvre la plus difficile au monde" lors d'une compétition au Royal College of Music d'Angleterre.
Mais revenons à un petit détail amusant à propos du 3e Concerto. Quelle fut la motivation la plus forte pour décider le compositeur à ses rendre aux Etats-Unis et composer un nouveau concert ? Les émoluments escomptés servirent à réaliser son voeu le plus cher : l'achat d'une voiture. Et son choix se fixa sur une Mercedes "Lorelei", une voiture de grand standing, rare en Russie, surtout dans les campagnes qu'il aimait parcourir.

A L'ECOUTE

Effectif orchestral : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinette en si bémol, 2 bassons, 4 cors en fa, 2 trompettes en Si bémol, Timbales en ré, ut, la, violons 1, violons 2, altos, violoncelles, contrebasses.
Durée : env. 43'

Interprétation choisie pour les extraits : Orchestre National de Belgique, dir.: Georges Octors. Piano : Andrei Nikolsky (1er Prix Concours Reine Elisabeth 1987)

I . ALLEGRO MA NON TANTO (YouTube)
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é mineur.  4/4

Thème I
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Les cordes en sourdine, cadence des basses et des timbales, tenue des cors, évocation d'un thème suivie de son délicat accompagnement aux bois, le piano entre sur une douce mélodie diatonique qui va se développer, commodo indique la partition, sur 25 mesures

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Mélodie qui paraît toute simple. Mais remarquez au passage toutes les consignes d'interprétation notées. De façon plus générale, on constate 26 indications de modifications de tempi à travers tout le mouvement. On pourrait parler d'un grand rubato global. La difficulté est donc due non seulement à la rapidité et l'amoncellement des notes (très souvent des accords de 7 ou 8 notes -pour les deux mains- qui se suivent très rapidement). On revient à la signification première du mot "virtuosité" qui allie le travail des doigts à celui de l'interprétation par la qualité de son, la palette de dynamique, la conduite des phrases.
Certains disaient qu'il avait emprunté son thème à une mélodie populaire. A un ami, il écrivait, en 1935 : "Le premier thème de mon 3e Concerto n'est emprunté ni au chant populaire ni à la musique d'église. Il s'est tout simplement composé lui-même […] je ne pensais qu'à la sonorité. Je voulais "chanter" la mélodie au piano... et lui trouver un accompagnement adéquat... rien de plus important". Cette mélodie est toutefois fort proche d'un hymne de la tradition Znamenny chanté à matines dans les monastères kiévins.
Cette mélodie était-elle entrée dans le subconscient du compositeur ? Toujours est-il qu'à l'écoute du concerto entier, on la retrouve un peu partout, évoquée, revenant tel un fantôme, distillée çà et là, jusqu'à son accompagnement qui servira à forger le Thème du Finale.
3 mesures de transition au piano (nous verrons que les thèmes sont chaque fois préparés par trois ou quatre mesures)
et l'orchestre reprend le 1er Thème sur des ornementations du piano, de plus en plus brillantes et complexes avec des passages contrapuntiques

N'hésitez pas un peu plus loin à porter votre attention sur les bois qui jouent un très beau rôle dans ces passages virtuoses du piano, le plus souvent évocateurs du Thème, les chaudes  interventions des cors, alors que les cordes le donnent en entier.
Mes. 77. env. 2'26''. Clôturant cette ornementation du thème, une petite cadence où le piano joue seul, veloce.RACH-3_I-83

 

Et puis, mes. 82 (2'48''), "Moderato", les violoncelles et contrebasses ouvrent douze mesures de transition nous annonçant que l'on va passer à un autre type d'exposé, plus lyriqueRACH3_I_1b

Comme on le disait plus haut, Rachmaninov a l'habitude d'annoncer son thème par quelques mesures; elles contrastent ici par le rythme. La petite cellule rythmique que l'on avait déjà pu entendre aux vents (Mes. 69 et sv.) et que l'on retrouvera pour clôturer le mouvement. La mélodie est la même que le second thème mais elle est travaillée ici rythmiquement (Mes 94 env. 4'26'')

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Treize mesures plus loin, le piano énonce le Thème 2 (mes. 108 env. 4'02''), bientôt en dialogue avec les bassons, les cors, les clarinettes. Pure beauté !

Thème II
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Remarquez ici aussi la multiplicité des indications expressives. A partir de la mes. 121 (env. 5'03'') le piano va développer ce 2e Thème en larges accords aboutissant à un premier climax (mes. 124 env. 5'12''). Ensuite, vous entendez subrepticement arriver la deuxième partie du petit thème rythmique que le piano va orner de ses traits et qui servira de transition avant d'entreprendre une variation du Thème 2 (mes. 148 env. 6'05'') 

Quelques mesures de transition et... on entend revenir le Thème I sur lequel sera bâti le 

DEVELOPPEMENT
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Mes. 164 env. 6'35''). Rachmaninov reprend les quatre premières mesures du 1er Thème et les module -ut mineur, sol mineur, ré mineur- aux bassons, une résurgence d'un motif du 1er Thème. pp suivi de poco crescendo indique la partition. Les bassons et les violoncelles -sur tenues des cors et des contrebasses- et puis la main gauche du piano donnent les premières mesures du Thème I que va développer le piano par de petits traits virevoltants. 
Mes. 200 env. 7'47''. Più vivo : Variation de la tête du Thème I

qui nous conduira au fff, 2e climax (mes. 216 env. 8'16'') et tension la plus forte du mouvement, son redoutable sommet suivi, 40 Mesures plus loin (mes. 240 env. 8'53''), de la détente, une musique dépouillée de ses accords dans la nuance piano.
Ce moment d'apaisement va se poursuivre par un dialogue entre le soliste et l'orchestre sur des petits motifs du Thème I toujours et une progression descendante de motifs qui annonce comme une conclusion de l'épisode (mes. 257 env. 9'15''), suivie 4 mesures de calme absolu où le piano ponctue les tremolos des cordes, la tenue des cors et le petit balancement des clarinettes (mes. 284 env. 9'57'')

préparation de la 

Cadence 
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Il fallait bien ces quatre mesures de repos pour le pianiste qui va entreprendre une longue cadence d'une difficulté absolument redoutable. Rachmaninov en a écrit deux versions, l'une encore plus redoutable que celle jouée habituellement. Sans doute était-elle injouable? Dans ses enregistrements, le compositeur lui-même joue la version "allégée", le légendaire Horowitz aussi; et c'est cette version "allégée" qui est jouée habituellement. Le piano traverse toute l'étendue du clavier, toute celle des nuances, toute celle des sonorités, l'usage simultané de tous ses doigts. Un troisième climax au milieu de cette cadence peu après lequel interviendra la flûte entonnant la tête du Thème 1, suivie du hautbois, puis de la clarinette et enfin du cor, et puis le piano repart "Moderato" dolce puis accelerando

Coda
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Mes. 203 env. 15'52''. Une micro-réexposition sur le 1er Thème, en entier cette fois, pp, identique à son énoncé dans l'Exposition. Le piano la prolongera par de derniers traits tandis que le petit motif rythmique évoqué plus haut passera subtilement dans l'orchestre d'un pupitre à l'autre. Et ce premier mouvement verra sa fin dans un decrescendo évasif.

II. INTERMEZZO (YouTube)

Le mouvement lent, Adagio, est d'une forme assez simple en 3 volets, soit A B A', A' étant plus court que A, avec néanmoins quelques surprises. A et A' sont formés de variations sur le thème principal et B est un scherzo, une valse fantastique.

A. L'orchestre expose, seul, un long thème mélodique de couleur modale propre à l'inspiration populaire, un thème pastoral qui semble évoquer les vastes plaines russes et qui rappelle un peu la Symphonie du Nouveau Monde d'Antonin Dvorak.
Le Thème fait son entrée au hautbois -ce qui ajoute au caractère pastoral- et passera ensuite aux autres bois et au cor avant d'être prolongé par les cordes
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Remarquez à nouveau la quantité de notations expressives -au théâtre, on parlerait de disdascalies, terme que l'on peut tout à fait appliquer à la musique.
Comme dans le mouvement précédent, Rachmaninov aime préparer l'arriver d'un thème avec quelques mesures annonciatrices. Ce qu'il fait aussi ici.
2'14''. Le piano entre au bout de 30 mesures par quatre octaves descendantes dans les basses et la nuance forte. Après quelques mesures annonciatrices, il passe dans une tonalité très éloignée du départ qui était dans la zône de La Majeur (3 dièses).
Mes. 37 env. 2'37''. On passe dans la zône de Ré bémol Majeur (5 bémols).

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Et puis, le piano poursuit avec une 1ère Variation du Thème, en triolets, dans un esprit assez proche du début du mouvement.
Il la reprendra une seconde fois, fortissimo, 
mais entre les deux intervient, à la basse du piano, une gamme montante se dessinant dans des sextolets et triolets. La tension s'annonce, et annonce les climax à venir

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tandis que l'orchestre la soutient par des petits motifs du thème.
Après la reprise de la 1ère variation revient, par deux fois, la "gamme de tension" qui va "perdendo" avant "Più vivo", f, une 2e Variation (mes. 71 env. 4'47'') : les premiers violons l'énoncent sur de larges accords du piano

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qui reprendra ensuite la mélodie.
Mes. 84. env. 5'48''. 3e Variation qui nous porte au sommet de ce 2e mouvement dans un parfait dialogue avec l'orchestre dans un long crescendo qui aboutit sur un premier Climax de tension suivi d'une courte détente et reprend ensuite vers un second Climax.

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Ecoutons plutôt :

La petite "gamme tension", bien calmée maintenant, clôt l'épisode et voici la partie

B. Mes. 125 env. 7'47''. Poco più mosso", retour dans la zône de La Majeur, une Scherzo fantastique, une valse, une partie centrale d'une texture sonore et pianistique affinée qui sera parcourue ci-et-là par des motifs du Thème principal et le 1er Thème du premier mouvement passant d'un pupitre à l'autre de l'orchestre tandis que le piano parcourt le clavier par des triolets de doubles croches ininterrompus dans la mesure 3/8, certains de ses traits rapides rappelant aussi le 1er Thème du 1er mouvement.

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A'.  Mes. 188 env. 9'00. Reprise du Thème initial. Ecoutons la beauté des interventions des bois et du cor piano espressivo.
Puis, deux arpèges en rafale (mes. 208 env. 10'20'') suivies de quelques mesures tumultueuses au piano pour attaquer, sans pause, le 3e Mouvement.

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III. FINALE - Alla breve
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Ceux qui reprochent à Rachmaninov le caractère trop démonstratif de ce 3e Concerto parlent de ce mouvement comme d'une série de thèmes prétextes à une surenchère d'ornements pianistiques. Virtuosité pianistique, il en est évidemment question. Mais ce mouvement est strictement structuré en une forme ABA où, ô surprise, la partie centrale B est faite d'une suite de variations du 2e Thème du 1er mouvement et une allusion à la Transition dans ce même 1er mouvement, assurant ainsi à l'oeuvre une unité cyclique.
Il s'ouvre par une formule rythmique de chevauchée qui parcourra presque tout le mouvement, en valeurs rapides ou plus lentes, en rythme croches/noires ou en rythmes pointés.

A. Exposition

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Dès la 3e mesure (env. 0'03'') entre le piano avec un premier : Thème 1
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Mes. 39 (env. 45''). Apparaît un 2e Thème : Thème 2

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dont les martèlements sur les premiers temps ne nous échappent pas. Le piano conclut ce 2e Thème en adoptant les rythmes du 1er Thème que vont affirmer les trompettes, et le piano poursuit sa route toute en ornementations.

A la mesure 72 (env. 1'26'') apparaît le Thème 3, en syncopes

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qui va se décliner 30 mesures plus loin, "meno mosso", en une version plus lyrique sur le rythme syncopé que reprennent les cordes (Mes. 103 env. 2'05'')

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le lyrisme va se développer vers un climax d'expression  ff suivi d'une conclusion de l'exposition au Tutti.

B. "Développement"

Contrairement à un développement "classique" qui se fait sur un ou plusieurs thèmes de l'Exposition, Rachmaninov fait un retour au premier mouvement et plus précisément à son second thème qu'il va varier à six reprises et dans la tonalité principale de Mi bémol Majeur. A cette partie centrale, il donnera l'appellation Scherzando, indiquant par là un côté rythmique et léger. C'est ainsi que le Thème 2 du premier mouvement (que nous allons appeler I-TH2) va se développer "molto leggiero" au piano, tels des feux follets, tandis que les cordes poursuivent sur un rythme pointé dans la nuance ppp (Mes. 154 env. 3'22'').
I-TH2 1ère variation

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Mes. 171 env. 4'16'' I.TH2 2e variation
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Mes. 187 env. 5'13'' "meno mosso" I.TH2 3e variation

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A nouveau, montée de tension et puis détente. Et puis, les bois reprennent le thème dans la version "leggiero" jouée plus tôt par le piano (+/- 5'50'') et le piano va l'orner de ses traits arpégés.

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A la mesure 210 env. 6'30'',  nouvelle surprise : c'est le Thème de transition du 1er mouvement que Rachmaninov nous fait entendre, joué aux altos et aux violoncelles, qui offre un magnifique dialogue avec le piano qui l'accompagne par des accords éminement expressifs en triolets

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Nouvelle surprise encore, le I-TH2 revient en une 4e variante (Mes. 218 env. 6'56'') dans la tonalité éloignée de Mi Majeur (on passe de 3 bémols à 4 dièses) dans la nuance pp, tel la petite madeleine de Proust, comme un souvenir

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Ecoutez l'appel des cors. Le discours va s'amplifier, allant "poco a poco crescendo" vers un nouveau climax suivi d'une détente sur I-TH2 , virevoltant, l'orchestre assurant sa permanence rythmique (Mes. 231 env. 7'49'').

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Le piano s'en donne longuement à coeur joie dans une multitude de traits dans les aigus du piano qui vont se terminer ppp. Il est vrai que dans ce mouvement, il a peu connu le registre grave.

Quatre mesures d'apaisement, quatre mesures de choral dignes d'un chant monastique (Mes. 248 env. 8'40'') avant que reprenne aux cordes le rythme de chevauchée qui ouvrait le mouvement ouvrant ici la Réexposition.

C. Réexposition

Dans tout ce qu'elle a de plus classique :
Mes. 252 (+/- 9'). Thème 1 (à l'orchestre cette fois, le pianiste se repose un tout petit peu avant un introduction et la reprise du Thème).
Mes. 280 (+/- 10'02''). Thème 2 au piano - Thème 1 réparti entre l'orchestre et le piano.
Mes. 301 (+/- 10'35''). Thème 3. 
Mes. 359 (+/- 11'13''). Version lyrique du Thème 3 vers des climax expressifs.
Mes. 390 (+/- 11'53''). Surprise. Qu'annoncent les quatre traits mystérieux de l'orchestre ? Et bien, le retour du 1er Thème du 1er Mouvement qui revient comme une ombre fantasque déclinée sur le thème de la chevauchée dans le grave du piano. Il va poursuivre sa course, allant de plus en plus crescendo jusqu'à se faire diabolique, pour aboutir à une courte cadence du piano ff.

Coda. Mes. 447 (+/- 12'47''). "Vivacissimo" "ff molto marcato"  sur la version lyrique du Thème 3 accompagné dans la nuance p par l'orchestre. Le piano, toujours "plus marcato" et vers le fff  déploie tous ses possibles sonores, le pianiste toute la force de son corps pour conclure Presto sur une longue gamme descendante suivie de fougueux accords brisés et quatre accords sff... quoi de mieux pour soulever une salle, même si elle n'est pas peuplée de seuls Américains ?   

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