D. Le Concerto pour piano de Schumann - 3e mouvement Allegro Vivace

par

Troisième mouvement : Allegro vivace

Une fusée des cordes (a tempo stringendo - serré) nous plonge dans un impétueux 3e mouvement, parfait équilibre entre une construction serrée de Forme Sonate à deux thèmes A et B et une profusion d'éléments nouveaux, des Motifs qui donnent à cette forme une allure de Rondo, avec ses couplets et ses refrains, le MOTIF 1 agissant comme un refrain revenant à six reprises. Nous les avons représentés dans la "ligne du temps" ci-dessus par six languettes noires qui "rythment" les deux thèmes de la Forme Sonate.

- Mesures 1-260 : EXPOSITION formée de deux thèmes

  • - mesures 1-80, un premier thème (A) dans la tonique (La Majeur),
  • - mesures 81-259, un second thème (B) à la dominante (Mi Majeur),

- Mesures 260-389 : DEVELOPPEMENT sur les différents thèmes

- Mesures 390-631 : REEXPOSITION des deux thèmes :

  • - mesures 390-460, le premier thème (A) à la sous-dominante en Ré Majeur,
  • - mesures 461-631, le second thème (B) dans la tonique (La Majeur)

- Mesures 632-662, une transition vers la coda

- Mesures 663-871, une CODA

EX29

EXPOSITION

Mes.1             t = 0’ 0’’
Un cri de joie de neuf mesures annonce le thème A. Et ce premier motif (MOTIF 1) va "pigmenter" l'ensemble du troisième mouvement. On peut le considérer comme un REFRAIN.

MOTIF 1SCHUMANN III - Refrain Motif 1


A la mesure 10, apparaît le THEME A  développé en seize mesures que les cordes accompagnent par une ligne typiquement « schumanienne » en gamme descendante :

Mes. 10                      t = 0’ 6’’SCHU 3_THEME A (31Bis)


Le thème est répété une seconde fois.
A la mesure 40, le piano solo dialogue sur un nouveau thème avec l’orchestre (MOTIF 2)

MOTIF 2pomegranate juice and viagra together online shopping


et se faufile dès la mesure 57 au milieu d’une extraordinaire succession harmonique déclinée par l’orchestre.

Le piano s’efface à la mesure 80 sur une arpège de si majeur qui laisse l’orchestre entamer en pp le Mi Majeur pseudo-martial du second thème auquel répondra le piano qui prolongera le rythme dans la couleur mordorée de sol dièse mineur

THEME B
Mes. 80                      t = 0’ 56’’ SCHU III_THEME B


avant de se lancer à la mesure 105 à une décoration de cette marche qui annonce curieusement les délicates dissonances du néo-classicisme stravinskien tandis que l'orchestre poursuit le rythme de la marche.

Mes. 105                    t = 1’ 15’’EX34


Cette marche se dissout alors dans un dialogue question-réponse entre le piano et l’orchestre :

Mes. 120                    t = 1’ 26’’
MOTIF 3
Ex 35


S’ensuit, au piano, une (longue) période de virtuosité et de transitions harmoniques successives, les cordes continuant à ponctuer le discours par le rythme du thème B.
Cette période se conclut par huit mesures du tutti orchestral du MOTIF 1 (Refrain)

Le pianiste reprend le premier plan par des alternances d’unissons à l’octave aux deux mains pour terminer sur un long trille de douze mesures en dessous desquels la main gauche du piano reprend puissamment le MOTIF 1 (Refrain).

Mes. 227 SCHU III Mes 227 & suiv


Il rend enfin la parole à l’orchestre pour un tutti conclusif sur le refrain MOTIF 1 (Refrain) qui mène à la mesure 259

DEVELOPPEMENT
entamé par un fugato des cordes sur le MOTIF 1 (Refrain)

Mes. 259                    t = 3’ 2’’

EX37


A la fin du fugato, changement de tonalité: on passe en Fa Majeur (Mes. 283). Une suave mélodie du hautbois (MOTIF 4) s’élève; elle est directement reprise par le piano, puis, en petit canon, par les flûtes et les violons.

Mes. 283                    t = 3’ 18’’
MOTIF 4
EX 38 Motif 4


Par une technique pianistique que Schumann avait déjà utilisée dans la terminaison de l’exposition et qui va être largement exploitée dans la coda finale, le piano répond en unissons et octaves alternés à cette courbe mélodique,
Mes. 294                    t = 3’ 27’’
EX39


Les développements modulants sur cet élément structurel amènent progressivement à une sorte de calme Barcarolle (MOTIF 5) énoncée dans la tonalité de do mineur avec le 4e degré haussé qui lui donne toute sa couleur et dont le rythme de balancement sera repris sur un motif mélodique fort proche au début de la coda finale.

MOTIF 5
Mes. 321                    t = 3’ 45’’
EX40


Comme on a pu l'entendre dans la deuxième partie de cet extrait, le développement se poursuit entrecoupé de réminiscences des accords d’ouverture du premier mouvement.

A la mesure 350, le MOTIF 4 sera repris aux cordes, suivi du MOTIF 5 dans la tonalité de si bémol mineur suivi des réminiscences des accords d'ouverture du premier mouvement et le développement se conclura dans le court refrain thématique (MOTIF 1) exposé par les cors et les bois sur les basses du piano à la mesure 377 :

Mes. 377                    t = 4’ 24’’Ex 45


REEXPOSITION (mes.389)

THEME A en tutti orchestral suivi du piano cette fois dans la tonalité de Ré Majeur (lors de l'exposition, il était énoncé en La Majeur). Cette réexposition à la sous-dominante (au lieu de la dominante) était parfois pratiquée chez les classiques. Par rapport à l'exposition où le Thème A à l'orchestre suivi du piano etait donné deux fois, Schumann se contentera d'énoncer une seule fois ce thème maintenant bien connu.

Mes. 389                    t = 4’ 33’’
EX46


Le Thème A sera suivi du MOTIF 2 comme dans l'Exposition.


Suivant les contraintes de la forme sonate, on entend une évolution strictement équivalente à celle de l’exposition ; le second thème martial transposé en La Majeur est ainsi réénoncé à la mesure 460 par les cordes:

Mes. 460                    t = 5’ 22’’EX43
suivi du piano et se poursuit par le motif "décoratif" (cfr. mes. 105) suivi du dialogue piano orchestre (cfr. mes. 120) suivi du long passage virtuose suivi des octaves alternées aux deux mains suivi du long trille ponctué par le refrain (MOTIF 1) suivi du Tutti orchestral sur l'entièreté du THEME A (seul le début du thème avait été énoncé dans l'exposition), transition vers la CODA

CODA
La longue coda finale de 208 mesures débute à la mesure 663 par un balancement similaire à ce qui avait été annoncé par le piano à la mesure 321 du développement, motif mélodique étant légèrement différent.

MOTIF 6
Mes. 663                    t = 7’ 44’’
EX42


Cette coda superbement construite varie les différents motifs rencontrés et les parsème de rappels du MOTIF 1 (Refrain).
- Mes. 663 = variante du Motif 5 (cfr. Mes. 321 du développement)
- Mes. 679 : Pédale de tonique annonçant une fin. Mais ! Rebondissement et nouveau départ.
- Mes. 687 : Variante du
Motif 5 (Barcarolle).
- Mes. 703 : sous les accords du piano, les clarinettes et les cordes rappellent le Motif 1 (Refrain) sur un rythme modifié.
- Mes. 727 : Rappel du Motif 4 aux flûtes et clarinettes suivies des bassons sur des battues du piano dans la nuance forte.
- Mes. 739 : Jeu du piano en octaves alternées (cfr. mes. 227).
- Mes. 751 : Retour du Motif 6 qui ouvrait la Coda (mes. 663).
- Mes. 767 à 774 : Pédale de tonique (cfr. Mes. 679 à 686).
- Mes. 775 : rappel du Motif 1 (Refrain) aux premiers violons, hautbois et bassons.
- Mes. 791 : Jeu du piano en octaves alternées (cfr. mes. 227 et 739).

- Mes. 803 : Un moment de calme apparaît dans une variation en forme de valse du Motif 6, la Barcarolle qui ouvrait la cadence.

Mes. 803                    t = 9’ 17’’
EX41


- Mes. 838 : Jeu du piano en octaves alternées (cfr. mes. 227, 739 et 791).
La coda se conclut par une série d’arpèges du piano soutenues par les cadences orchestrales.

LES OEUVRES CONCERTANTES APRES LE CONCERTO POUR PIANO

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