L’indéniable réussite des ‘Troyens’ à la Scala de Milan

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Pour six représentations à guichet fermé, la scène milanaise reprend la production de David McVicar conçue pour le Royal Opera de Covent Garden en juin 2012 et dirigée déjà par Antonio Pappano. Que dire des décors d’Es Devlin et des costumes de Moritz Junge, sinon que, dans ‘La prise de Troie’, le gigantesque cylindre métallique laissant apparaître une monstrueuse tête de cheval est aussi impressionnant que les murailles à étages de Carthage et cette maquette de cité servant de plateforme à l’action de la seconde partie ? Avec les Chœurs et Orchestre de la Scala, Antonio Pappano a accompli un labeur de préparation intense ; et, de bout en bout, le discours dramatique est d’une intensité hallucinante, tout en sachant ménager les voix solistes. En premier lieu, il faut saluer la prestation de Gregory Kunde, remarquable Enée tant par la sûreté de ses aigus que par la qualité de sa prononciation française ; et l’on adressera les mêmes éloges à Anna Caterina Antonacci, ‘la’ Cassandre du moment par la grandeur de l’incarnation, même si, par moments, certaines pages nécessiteraient une ampleur sonore plus grande. Daniela Barcellona atteint les mêmes sommets dramatiques, mais se fait trahir par un français trop approximatif, ce que l’on dira aussi du Chorèbe de Fabio Capitanucci ou de l’Iopas de Shalva Mukeria. Par contre, Paolo Fanale a la facilité d’aigu d’Hylas, Giacomo Prestia, l’anxiété prémonitoire de Narbal, Alexander Duhamel, la stature de Narbal. Le reste de la distribution est de qualité aussi constante que les éclairages conçus par Wolfgang Göbbel. Et le public milanais comprend aisément pour la première fois qu’il a affaire à un chef-d’œuvre.
Paul-André Demierre
Milan, La Scala, le 26 avril 2014

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