Hommage à Sir Andrew Davis

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King of Kings. Jean-Sébastien Bach (1685-1750) / Orchestrations de Sir Andrew Davis (1944-2024). BBC Philharmonic Orchestra, direction Sir Andrew Davis et Martyn Brabbins. 2023 et 2024. Livret en anglais. 68’23’’. Chandos. Chan 20400. 

La mythique Scala de Milan et l’expérience de Riccardo Chailly aux Prem’s

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Nouveau festival symphonique de la Philharmonie de Paris, les Prem’s (inspirés des célèbres Proms – abréviation de « Promenade Concerts » – de Londres) rencontrent un franc succès. Pour le quatrième concert, après le Gewandhaus de Leipzig (dans deux programmes distincts) et les Berliner Philharmoniker, et avant l’Orchestre de Paris, les invités étaient la mythique la Scala de Milan, qu’il n’est pas besoin de présenter.

Ils venaient avec leur chef principal et directeur musical depuis 2015 (qui laissera la place, en 2026, à Myung-Whun Chung, bien connu du public parisien pour avoir été à la tête, de 2000 à 2015, de l'Orchestre philharmonique de Radio France) : Riccardo Chailly. La relation entre ce chef très populaire, et cette institution légendaire est très ancienne, puisqu’à l’âge de vingt ans, il y a plus d’un demi-siècle, il y avait été nommé assistant de Claudio Abbado. Et, de fait, leur complicité (même si bien entendu quelque cent choristes et quatre-vingt instrumentistes ne sont pas tous les mêmes) est flagrante.

Deux compositeurs d’opéra italiens étaient au programme : Giuseppe Verdi en première partie, Gioachino Rossini en seconde. Pour chaque opéra, des extraits : à une exception près, d'abord une pièce instrumentales, puis un, deux ou trois chœurs.

Rare et superbe butin dans la floraison du madrigal émanée des anciens Pays-Bas méridionaux

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Si Breve è’l Tempo. Œuvres de Giovanni de Macque (c1550-1614), Peter Philips (c1560-1628), Andrea Gabrieli (1533-1585), Séverin Cornet (c1530-1582), Jean de Turnhout (c1550-1614), Andreas Pevernage (c1542-1591), Cornelis Verdonck (1563-1625), Luca Marenzio (1553-1599), Jean Desquesnes (fl. 1590), René del Mel (c1554-1598), Alessandro Striggio (1540-1592), Jean de Castro (c1540-c1600), Roland de Lassus (1532-1594), Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525-1594). La Compagnia del Madrigale. Rossana Bertini, Francesca Cassinari, Alena Dantcheva, soprano. Elena Carzaniga, Annalisa Mazzoni, alto. Giuseppe Maletto, Raffaele Giordani, ténor. Guglielmo Buonsanti, Matteo Bellotto, basse. Livret en français, néerlandais, anglais, allemand ; paroles des chants en langue originale et traduction quadrilingue. Octobre 2023. 64’38’’. Musique en Wallonie MEW 2410

Philippe Guilhon-Herbert, hommage à Ravel

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Le pianiste Philippe Guilhon-Herbert rend hommage à Ravel à travers un album monographique (Indédens Calliope Records). C'est un parcours personnel, poétique et hautement réussi au fil de partitions du compositeur français. Philippe Guilhon-Herbert répond aux questions de Crescendo Magazine.

Votre album monographique célèbre l’anniversaire Ravel 2025. Quel est votre lien personnel avec la musique de Ravel. Comment l’avez vous découvert ?

Alors que je connaissais l'oeuvre de Debussy depuis mon plus jeune âge, j'ai découvert celle de Ravel à l'âge de 15 ans, en étudiant Une barque sur l'océan ;  , je fus saisi par la fluidité et la délicatesse extrêmes de l'écriture comme de la virtuosité (Jeux d'eau, Ondine, Toccata, une Barque sur l'océan, son Trio avec piano...) Plus avant, ses pièces orchestrales également (Daphnis et Chloé notamment) ont accompagné, comme toute son œuvre, mon parcours de musicien.

Dans le livret, vous parlez du rôle joué par l’Académie Ravel de Saint-Jean-de-Luz dans votre appropriation de l’univers ravélien, pouvez-vous nous en parler ?

Ces trois participations à l'Académie Ravel de St Jean de Luz en 1997, 98 et 2000 sont de merveilleux souvenirs : le cadre, les rencontres, le partage (en musique de chambre), les découvertes (la maison natale de Ravel à Ciboure)... J'y ai travaillé Ondine et la Valse avec Jean-François Heisser, Alain Planès, et fus lauréat de l'Académie en 1997 ; précieux souvenirs en effet...

Cet album propose une sélection d'œuvres de Ravel.Comment les avez-vous choisies ?

Les pièces ont été choisies afin d'offrir un éventail complet de l'œuvre pour piano de Maurice Ravel ;  le rythme et la danse, la féerie, la virtuosité, la poésie et la contemplation sont tour à tour exprimés à travers cette sélection.

Par exemple, de Gaspard de la nuit, il y a le seul "Ondine". Pourquoi ne pas avoir enregistré l’intégrale ?

Ce disque hommage offre un éventail de l'œuvre de Maurice Ravel, alternant pièces célèbres et extraits de recueils. J'ai joué Gaspard de la Nuit au Musée Debussy de Saint- Germain-en-Laye lorsque j'étais encore étudiant, puis régulièrement en Allemagne les années suivantes ;  devant choisir, pour une raison de timing, une de ses trois pièces pour ce disque, j'ai finalement opté en faveur “d'Ondine” plutôt que de “Scarbo”.

La Neuvième de Mahler par les Berliner et Petrenko : inoubliable

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Après le Gewandhaus de Leipzig, et avant la Scala de Milan et l’Orchestre de Paris, c’était au tour des Berliner Philharmoniker de participer à cette première édition des Prem’s, ce festival symphonique inspiré par les Proms de Londres. Le parterre avait été dégagé d’une bonne partie des gradins, les sièges en avaient été retirés, et ce sont sept cents spectateurs qui, debout, pour un prix raisonnable (15 €) étaient au premières loges.

Au programme, la Neuvième Symphonie de Gustav Mahler. Pas plus que Beethoven, Schubert ou Bruckner, et malgré leurs tentatives, Mahler n’a pu en mener à bien une Dixième. Cette Neuvième sera donc sa dernière. Elle a la particularité de commencer et de finir par deux longs mouvements lents (près d’une demi-heure chacun), qui encadrent deux mouvements rapides plus courts (près d’un quart d’heure chacun tout de même). Elle dure donc presque une heure et demie, dont deux tiers que l’on peut avoir tendance à vouloir d’écouter les yeux fermés. Autant dire que la position debout n’était pas, a priori, la plus favorable.

A priori. Car avec cette interprétation exceptionnelle de fluidité, de cohérence, de maîtrise et de splendeur, nous n’avons pas vu le temps passer. Et le public, assis comme debout, a été d’une attention remarquable.

A Genève, une ouverture de saison éclectique pour l’OSR

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Pour ouvrir la saison 2025-2026, l’Orchestre de la Suisse Romande présente pour deux soirées au Victoria Hall un programme éclectique que dirige son chef titulaire, Jonathan Nott.

La première partie comporte deux pages de notre époque. De la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, Ciel d’hiver est une transcription pour orchestre réduit du mouvement central d’Orion, triptyque gigantesque composé en 2002 et créé l’année suivante à Cleveland sous la direction de Franz Welser-Möst. Cette pièce évoque le chasseur Orion, fils de Poséidon, qui avait le don de marcher sur la mer et qu’à sa mort, Zeus aurait transformé en constellation. Jonathan Nott en dégage le caractère énigmatique sur fond de harpe, alors que le piccolo livre une incantation que développeront le premier violon, la clarinette, le hautbois et la trompette en sourdine. L’éventail sonore se dépolie par paliers en sollicitant les cuivres. Puis la vision s’estompera en fines touches que ponctuera la harpe toujours aussi mystérieuse.

À la Philharmonie, le Gewandhaus inaugure la première des Prem’s

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Pour cette nouvelle saison 2025-2026, la Philharmonie de Paris lance un nouveau festival symphonique : les Prem’s. Clin d’œil assumé aux fameuses Proms de Londres (abréviation de « Promenade Concerts », c'est-à-dire un concert où les gens peuvent déambuler librement), les Prem’s n’en ont cependant pas l’envergure : quand 5000 spectateurs sont debout à Londres, ils ne sont que 700 à Paris, au parterre. Bien entendu, cela fait partie de la volonté de démocratiser la musique, qui est dans l’ADN de la Philharmonie : les places sont à 15 €.

Quatre orchestres étaient invités. Avant le Berliner Philharmoniker, la Scala de Milan et l’Orchestre de Paris, c’est le Gewandhaus de Leipzig qui lançait la fête. Et doublement : sous la direction de son directeur musical (depuis 2018) Andris Nelsons, il donnait deux concerts, deux soirs de suite, avec des programmes tellement copieux qu’ils auraient pu remplir trois soirées !

Entre héroïsme et lyrisme au Festival George Enescu

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Pour cette nouvelle journée au Festival George Enescu, nous retrouvons les deux mêmes orchestres que la veille et dans les mêmes lieux, à savoir le Rotterdam Philharmonic Orchestra et le Czech Philharmonic. 

Trois pièces sont au programme du concert du Rotterdam Philharmonic Orchestra : l’Intermède pour Instruments à Cordes, Op.12 de George Enescu, le Concerto pour piano N°2 en fa majeur de Dimitri Shostakovich et la Troisième Symphonie en mib majeur, Op. 55 de Ludwig van Beethoven, dite « Héroïque ». Nous retrouvons Lahav Shani à la direction mais aussi comme soliste au piano.

La phalange néerlandaise met le compositeur roumain George Enescu à l’honneur avec l’Intermède pour Instruments à Cordes, Op.12. Dans cette œuvre constituée de deux mouvements, Allègrement et Très lent, Enescu propose une autre vision de sa musique avec une pièce plus subtile, inspirée des esthétiques impressionnistes. Cette délicate interprétation de Lahav Shani et de l’orchestre nous plonge dans le concert avec la plus grande des douceurs.

Lahav Shani endosse le double rôle de soliste et de chef d’orchestre dans la pièce suivante : le Concerto pour piano N°2 en fa majeur de Shostakovich. Le premier mouvement, Allegro, débute avec les bois. Ces derniers jouent d’ailleurs un rôle essentiel dans ce concerto. Très vite, le piano rentre en scène avec ce premier thème aux allures d’une marche. Lahav Shani et l’orchestre font ensuite preuve de lyrisme dans le second thème avant de conclure avec brio. Le célèbre second mouvement, Andante, est un moment de grâce et d’introspection. La délicatesse du jeu de Lahav Shani, cumulée au son chaleureux de l’orchestre, nous donne un beau moment de poésie musicale. Le troisième mouvement, Allegro, conclut de manière joyeuse et enjouée cette interprétation du concerto. La formation néerlandaise et son chef principal sont plus que chaleureusement applaudis pour cette belle performance où la communion entre les artistes était de mise. 

Portrait en musique de la princesse Anne Amélie de Prusse

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Liebe Amalia. Œuvres d’Anna Amalia de Prusse (1723-1787), Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784), Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788), Johann Philipp Kirnberger (1721-1783). Jean Brégnac, flûte. Chantal Santon Jeffery, soprano. Daria Fadeeva, pianoforte, Yoann Moulin, clavecin, clavicorde. Marie Rouquié, violon. Jennifer Hardy, violoncelle. Nicolas Bouils, flûte.Décembre 2022. Livret en français, anglais, allemand ; paroles en langue originale et traduction trilingue. 77’48’’. Harmonia Mundi HMM 905378